AFFREUSE SALETÉ AUX DARDANELLES
contre à chaque pas des tortues de terre, et chaque fleuve, ruisseau ou étang fourmille de tortues aquatiques.
Je ne conçois vraiment pas pourquoi on n’exporte pas ces animaux en France, où ils sont considérés comme un mets d’une grande délicatesse et où ils se payent si cher. Mon guide me dit qu’il était sûr que dix ouvriers pourraient ramasser en quelques jours une centaine de milliers de tortues.
Arrivé à midi à Rinkoï, je louai, moyennant vingtcinq piastres, deux chevaux pour me conduire aux Dardanelles, où j’arrivai à quatre heures de l’aprèsmidi. Je m’arrêtai à l’unique hôtel de la place, où je pris une chambre. Étant harassé de fatigue, je m’étendis sur le lit et m’endormis immédiatement. Mais à peine eus-je dormi un quart d’heure que je fus réveillé en sursaut par des douleurs atroces aux mains, au visage et à la nuque; et quelle ne fut pas mon horreur, lorsque je me vis couvert de punaises, dont j’eus la plus grande peine à me débarrasser!
Malheureusement il n’y avait aucun départ de bateau à vapeur pour Constantinople avant le 11 août; il me fallut donc passer trois nuits aux Dardanelles.
Four ne plus être tourmenté par la vermine, je passai les nuits couché hors de la ville, sur le sable du rivage de la mer, en faisant veiller auprès de moi deux ouvriers grecs, armés de pistolets et de poignards, et, pendant le jour, je me tins à l’hôtel, en lisant sur le balcon qui donne sur la mer.
Je profitai de mon séjour aux Dardanelles pour