‹ Ithaque, le Péloponnèse, Troie;Chapitre 16 sur 140 · FOUILLES PARMI LES RUINES DU PALAIS D’ULYSSE · texte numérisé non relu

FOUILLES PARMI LES RUINES DU PALAIS D’ULYSSE

«de l’olivier touffu; je taillai la surface du tronc à « partir de la racine; je le rabotai habilement avec a l’airain, au cordeau; j’en fis le pied du lit et je le « forai partout avec la tarière : sur ce pied je cons- « truisis entièrement le lit en l’incrustant d’or, d’ar- « gent et d’ivoire, et en y étendant des courroies de « cuir de bœuf teintes d’une pourpre éclatante. »

Mais nous ne trouvâmes rien que des débris (le tuiles et de poterie, et à 66 centimètres de profondeur nous mimes le rocher à nu. Dans ce rocher il y avait bien des crevasses dans lesquelles les racines de l’olivier auraient pu pénétrer; mais tout espoir de trouver là des objets archéologiques avait disparu pour moi.

Je fis ensuite fouiller le sol à côté, car j'y avais découvert deux pierres de taille, qui semblaient avoir fait partie d’un mur, et après trois heures de travail les ouvriers mirent à jour les deux couches inférieures d’un petit bâtiment de 3 mètres de large sur 4 a j5 de long; l’ouverture de la porte avait i mètre de largeur. Les pierres étaient bien taillées et avaient 33 centimètres de long sur autant de large; elles étaient jointes par beaucoup de ciment blanc comme la neige, dont j’ai rapporté des morceaux. Il y avait une couche épaisse de ce ciment même au-dessous de la rangée inférieure de pierres. La présence de ce ciment ne me laisse pas de doute qüè ce bâtiment ne soit au moins de Sept siècles postérieur à la guetre de Troie, car je n’ai encore jamais vu de ciment dans les constructions de l’âge héroïquë. Nous trouvâmes

DÉCOUVERTE d’uN PETIT CIMETIÈRE DOMESTIQUE. 31

encore dans cette excavation beaucoup de débris de tuiles peu cuites, courbées, et même une tuile entière de 66 centimètres de long sur autant de large ; puis beaucoup d’autres tessons.

Pendant que mes ouvriers étaient occupés à cette fouille, j’examinai tout l’emplacement du palais d’Ulysse avec la plus rigoureuse attention ; et, ayant trouvé une grosse pierre, dont une extrémité semblait décrire une petite ligne courbe , — peut-être la centième partie d’un cercle, — je détachai avec mon couteau la terre de la pierre, et je vis que celle-ci formait un demi-cercle. En continuant à fouiller un peu avec le couteau, je m’aperçus sans peine qu’on avait complété le cercle de l’autre côté par de petites pierres mises les unes sur les autres, qui formaient comme une miniature de mur. Je voulus d’abord creuser ce cercle avec le couteau, mais il n’y avait pas moyen d’y parvenir ; car la terre mêlée d’une substance blanche, que j’ai reconnue être de la cendre d’os calcinés, était presque aussi dure que la pierre. Je me mis donc à fouiller à coups de pioche ; mais à peine eus-je avancé de dix centimètres que je Cassai un beau mais tout petit vase, rempli de cendre humaine. Je continuai alors à creuser avec la plus grande précaution, et je trouvai une vingtaine de vasès, de fortne bizarre et parfaitement différents les uns des autres : les uns étaient couchés, les autres debout ; mais malheureusement, à cause de la dureté de la terre, et faute de bons instruments, j’en cassai la plupart en les extrayant , et je n’en pus emporter que

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