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Il est évident qu’il manque beaucoup de lettres à cette inscription.
Le reste du sarcophage , qui avait trois mètres de long , était également en pierre , mais sans inscription et fort mutilé.
L’ouvrier me montra les os humains qu’il y avait trouvés et qui étaient bien conservés, surtout la tète. Il avait trouvé, en outre, dans le sarcophage une lance de bronze, deux scarabées égyptiens, sur un desquels les hiéroglyphes sont très-distincts ; une bague en pierre; huit monnaies en cuivre, dont une d’Ægium ayant sur un côté un aigle et sur l’autre la tête de Ëacchus couronné de lierre, avec l’inscription AIDEflN (les sept autres monnaies étaient rongées par la rouille) ; puis une idole de Minerve en terre cuite ; un morceau de flûte en pierre avec l’inscription suivante : H^AFTTM ; un morceau de pierre polie ressemblant beaucoup à une corne de mouton ; de petits cubes de pierre verte et enfin les débris d’une épée de bronze.
Le brave ouvrier semblait avoir plus d’admiration pour l’argent que pour Homère ; il me demanda d’a-
ÎSO l’acropole de polis.
bord aoo francs pour ces objets; mais, à force de marchander, je les obtins enfin pour iS francs.
La présence de la lance et de l’épée dans le sarcophage, et la grandeur de celui-ci , ne me laissent pas de doute que le défunt n’ait été un guerrier distingué.
Dmitrios Loïsos était occupé à fouiller le sol à côté du susdit sépulcre, et ne tarda pas à retirer deux clous grossiers en fer, qui étaient tellement mangés par la rouille qu’ils tombèrent en petits morceaux au contact de la main. « Ces clous me font croire qu’il y a eu dans cet endroit un cercueil en bois, » dis-je à l’ouvrier, et à peine eus-je prononcé ces paroles qu’il mit à jour une grossière idole phénicienne en terre cuite, une élégante statuette de Minerve également en terre cuite, et plusieurs monnaies de cuivre mangées par la rouille. Je lui achetai tous ces objets pour i franc L |o c.
Immédiatement au-dessus de cet endroit, sur une colline de cent mètres de haut, on voit les ruines de l’ancienne acropole de Polis. J’y montai pour les examiner; mais il n’en reste que des murs d’enclos, en pierres grossièrement taillées, de i à 2 mètres de long, et de 1 mètre à i m 3 o de large. J’y vis un tombeau qu’on venait de découvrir dans le rocher ; mais on n’y a trouvé que des débris d’os et une bague en argent, mais aucune inscription. Cette citadelle est insignifiante , si on la compare avec celle du palais d’Ulysse sur l’Aétos. On voit de là très-bien la petite île de Dasealion, qui est à dix kilomètres au nordouest de Polis et à trois kilomètres de Céphalonie.
I, 'école d’homère.
Le nom de Dascalion n’est, sans aucun doute, qu’une abréviation de Ai&araa}.eïov (école ) , un moine y ayant établi une école au dix-septième siècle. A présent l’ile est inhabitée ; mais l’on y voit une maison et une petite église, où un prêtre de Céphalonie vient deux fois par mois dire la messe. Comme c’est la seule île dans le détroit qui sépare Ithaque de Céphalonie, on croit que c’est l’île d’Astéris d’Homère IV, 84a- 847 ), mais à tort. Je reviendrai sur ce sujet et je donnerai de nombreuses preuves que c’est impossible.
Nous visitâmes ensuite les deux sources appelées vulgairement « ai Sûo imyaî («Xavû&aTo; » (les deux sources d'eau noire ), dont l’eau, quoique parfaitement claire, a néanmoins la singulière propriété de teindre en noir.
Près de ces deux sources, au milieu d’une vallée d’une grande fertilité, se trouve un édifice sans toit de 8“33 de long sur 5 m 3a de large et de 3 mètres de haut, que la tradition désigne comme l’école d’Homère. Les murs sont bâtis en pierres de taille de i m 67 de long sur autant de large, mises l’une sur l’autre sans ciment ni attaches. La rangée inférieure de pierres parait être beaucoup plus ancienne que le reste. Dans un des murs il y a une niche, où il y avait probablement une statue.
A côté de ce bâtiment un escalier taillé dans le rocher, mais presque détruit par le temps, et dont on peut à peine reconnaître les degrés, conduit dans une magnifique vigne.
Nous nous reposâmes un peu dans le village voi-*
52 LE MONT ÀNOGE, LE NÉRITOS ij'lIOMÈHE.
sin, appelé Stavros, où l’on me fit également l’accueil le plus cordial, et nous montâmes ensuite sur le mont Anoge, le Nérilos d’Homère, qui s’élève à environ mille mètres au-dessus du niveau de la mer.
Au lieu des forêts dont cette montagne était couverte du temps d’Homère, on n’y voit à présent qu’un très -petit nombre d’oliviers. Une route d’environ 2 n, G6 de large, et assez bien faite, conduit en spirale du village de Stavros au couvent de la Sainte- Vierge, sur le sommet de la montagne, et de là, en zigzag, du côté sud, jusqu’en bas. L’ascension est un peu fatigante ; mais, arrivé au sommet , on est bien récompensé de sa peine , car le panorama est vraiment admirable : on voit de là toute l’ile d’Ithaque, avec ses nombreux golfes, toutes les îles Ioniennes (excepté Corfou), l’Acarnanieet le Péloponnèse.
Nous ne retournâmes à Vathy qu’à la nuit tombante. Le lendemain i 3 juillet, je pris comme d’habitude mon bain à quatre heures du matin, en me faisant conduire en barque à une petite île, au milieu du port. Sur cet îlot les Anglais ont fait construire une prison, lorsque les îles Ioniennes se trouvaient encore sous leur protection. A présent les cellules de la prison sont sans locataires, et la ville les emploie comme arsenal maritime. Autour de cette prison est un vaste trottoir où l'on se déshabille, et d’un saut on se trouve dans l’eau, profonde à cet endroit de huit à dix brasses. La température de l’eau est, le matin, de vingt-huit degrés, et, le soir, de trente.