LA FONTAINE ARÉTHL'SE ET LE COR AI
Après le bain j’allai avec mon guide visiter la partie sud de l’île.
Au commencement nous eûmes un bon chemin ; mais ensuite un misérable sentier tellement escarpé et si plein de pierres glissantes que je fus obligé de descendre de cheval et de marcher à pied. Après deux heures nous arrivâmes à la fameuse fontaine d’Aréthuse, qui se trouve au pied d’un rocher perpendiculaire de trente-quatre mètres de haut, appelé Corax {Corbeau).
Il parait certain que cette fontaine a été jadis extrêmement abondante et violente , car devant elle se trouve une ravine de trente-quatre mètres de profondeur et de soixante-dix mètres de largeur, qui s’étend jusqu’à la mer, distante d'un kilomètre, et qui a été évidemment creusée dans le rocher par l’impétuosité des eaux de l’Aréthuse. Mais à présent cette fontaine coule avec une telle lenteur qu’on ne parviendrait pas à en puiser deux cents litres par jour.
Homère parle de l’Aréthuse et du Corax dans ces beaux vers ( Od XIII, 407-410) :
Arjtiç Tovye miessi 7rapv)(tevov • ai Ùi vûiovTai Ilàp Kopaxoç itrrpij, tiri t e xpyiVj; ÀpeSoucp,
Êuâo’joai pâXavov jASvottxéa, xai pu>.av üSup IL'vou'îai, TaÔ’ ueaai Tpe'çtt veOa>.ütav aXoq>Y)v.
« Tu le trouves assis près du troupeau , qui paît «à côté du rocher Corax, en mangeant des glands « doux, près de la fontaine Aréthuse, et en buvant