DISPARITION DES CHÊNES
chure de la ravine dans la mer, et sans doute les troupeaux de pores étaient conduits matin et soir par cette pente pour être abreuvés dans la ravine, de l’eau de la fontaine Aréthuse, car il n’y a aucune autre source dans les environs. Il est vrai que cette pente, qui est d’abord très-douce, devient plus raide sur les trente-trois derniers mètres de sa longueur et descend sous un angle de trente-six degrés, de sorte qu’il parait impossible que des porcs gras, et surtout des femelles pleines, aient pu la descendre et la monter deux fois par jour. Mais, sans aucun doute, dans l’antiquité, il y avait à cet endroit un chemin large et commode qui descendait en zigzag. J’ai pris beaucoup de peine pour retrouver les traces de ce chemin ; mais, comme je n’avais avec moi aucun instrument pour faire des fouilles, je n’ai pas pu y parvenir.
Les troupeaux d’Eumée étaient nourris de glands ( 0 ( /., XIII , 409); Ithaque avait donc alors une grande abondance de chênes : mais cet arbre a totalement disparu de l’ile.
Le seul arbre cultivé aujourd’hui à Ithaque est l’olivier ; mais une maladie s’y est déclarée il y a deux ans , et jusqu’à présent tous les efforts pour y porter remède sont restés sans succès. L’écorce et les feuilles de l’olivier malade deviennent noirâtres et émettent une odeur fétide; l’arbre fleurit encore, mais ses rares fruits restent chétifs et tombent avant d’atteindre la maturité. Jusqu’à présent le mal a été limité à un certain nombre d’arbres, et on ne le croit pas conta-