‹ Ithaque, le Péloponnèse, Troie;Chapitre 35 sur 140 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Dans les habitations champêtres on voit revivre l'antiquité classique. — Férocité des chiens qu’on adoucit en s'humiliant devant eux. — Type d'un vieillard de la campagne d'Ithaque; son patriotisme, son orgueil national, son avidité de s’instruire. — Bain nocturne. — Ancien chemin de l’Aréthuse au palais d'Ulysse. — L’identité de la pente est du mont Palæa-Moschatn avec l’emplacement de la capitale homérique.

Le mardi, i!\ juillet, je partis à cinq heures du matin à cheval avec mon guide pour explorer la partie sud-est et sud de l’ile, à gauche de l’Aréthuse; mais les difficultés du terrain étaient telles que nous fûmes bientôt forcés de laisser le cheval dans un champ et de faire le reste de l’excursion à pied.

Dans chaque maison de paysan de file d’Ithaque on voit revivre l’antiquité classique, et on ne peut s’empêcher de penser à la description qu’Ilomère fait de la station du divin porcher Eumée (Or/., XIV, 5-ia) :

Tov h' a p’ èvt Tpo^o'(jtqi eup’ •/jjxevov, evOa oi aùVè,

Y'|i*iXï] a/SpiTO, rapKJxérTtp èvt y wpqi,

KaXv) ré fteyaXvi Te, ~£pî^pop.oç ’ -J5v pa auëtoT? iç

FÉROCITÉ DES CHIENS d’ ITHAQUE.

Auto; SeitiaÔ’ ôsotiv, aîroiyou-tvoio âvaxTo;,

No'ooiv Jtozoîvviç y. ai AaÉpTao yepovTo;, tuTOÎoiv Xatcci, xal èôptyxcoaev àyep^w,

Sraupoi); va tô; eXacos SiauxEct; îv9a /.ai Evôa, Iluxvoù; xai Oap.Éa;, tô jxs*Xav 5puô; âpi'pixîâaoa;.

a 11 le trouva assis sur le seuil de la maison , au a lieu où, sur un plateau élevé, il avait bâti de hau- « tes, grandes et belles étables isolées; le porcher les « avait bâties lui-même, pour les porcs, en l’absence a du roi, sans l’aide de la maîtresse ni du vieillard « Laërte, avec des pierres qu’il avait transportées « lui-même; et il les avait encloses d’une haie d’épines ; « il avait planté à l’extérieur une ligne continue de « pieux drus et nombreux taillés dans le cœur noir a du chêne. »

Les habitations sont toujours construites sur des plateaux élevés; elles se trouvent toujours au milieu d’une basse-cour, entourées d’une muraille de cailloux négligemment entassés les uns sur les autres ; le haut de cette muraille est partout garni d’une haie d’épines sèches, et d’une palissade épaisse de bâtons pointus.

En m’approchant de ces habitations isolées dans les champs , soit pour acheter des raisins , soit pour boire de l’eau, j’étais toujours assailli par une masse de chiens. Jusqu’alors j’avais toujours réussi à les tenir à une distance respectueuse en leur jetant des pierres, ou en feignant seulement d’en ramasser. Mais, ce jour-là, voulant entrer dans une cour de paysan au sud de l’ile, je fus attaqué avec fureur par quatre

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