‹ Ithaque, le Péloponnèse, Troie;Chapitre 67 sur 140 · GASPILLAGE DES MONNAIES · texte numérisé non relu

GASPILLAGE DES MONNAIES

alors seulement à se servir de monnaies. Bien certainement ces monnaies en argent ont, dans tous les temps, été ramassées partout où on les trouvait, et néanmoins on en trouve encore aujourd’hui, après a6oo ans, de grandes quantités.

Supposons à présent que la France soit abandonnée par ses habitants, .le crois qu’alors on ne trouverait pas même dans tout le pays, vingt-six siècles après cet abandon, un sou en cuivre, et, beaucoup moins encore, une monnaie en argent ou en or, malgré les milliards de francs qui ont été ici en circulation depuis des siècles.

Les quantités de monnaies en cuivre, et souvent aussi en argent et en or, qui sont journellement trouvées par les paysans dans la campagne romaine, sont vraiment fabuleuses. En Asie, on peut même indiquer les marches des armées d'Alexandre le Grand et des Romains, et les places de leurs campements, par les nombreuses monnaies qu’elles ont laissées sur leur passage. Et pourtant nous voyons par les anciens auteurs que Mammon avait déjà dans l’antiquité autant d’adorateurs fervents que de notre temps. Gomme le dit Virgile ( Æn ., III, 56) :

. . . Quid non mortalia pectora cogis Auri sacra famés ?

« A quoi ne pousses-tu pas les cœurs des mortels , « exécrable faim (désir) de C or? »

J’ai entendu dire à Rome que le gaspillage des monnaies dans l’antiquité provenait de ce que les

TEMl'LE DE JUPITER PANHELLÉMOS. 131

anciens étaient de grands joueurs; mais celte explication n’est aucunement satisfaisante, car chacun jouait pour gagner, et celui qui gagnait empochait naturellement l’enjeu, et il n’y a aucune raison de supposer qu’il ait pu le laisser par terre.

Ainsi, ce fait reste pour moi inexplicable.

Dans l’intérieur de l’île d’Ègine, à quatorze kilomètres de la ville, on voit encore les ruines du temple de Jupiter Panhellénios, dont vingt-deux colonnes et la plus grande partie de l’architrave sont conservées. Cet édifice est construit de pierre poreuse couverte de plâtre. Sur la corniche et sur l’architrave, on voit encore des traces de peintures ; on découvre aussi quelques traces du plâtre couleur vermillon , dont le pavé était couvert.

Strabon décrit l’ile comme pierreuse et peu fertile ; mais, depuis son temps, l’industrie des habitants et l’accumulation de la poussière atmosphérique ont rendu le sol très-productif.

Le climat de l’ile est excellent, car les hivers sont très-doux, et, par suite de la constante brise rafraîchissante, on n’a jamais à se plaindre de la chaleur excessive pendant l’été.

Le lendemain matin, je louai, moyennant 1 1 francs, une barque, et je me fis conduire au Pirée , où j’arrivai à dix heures du matin, et une heure plus tard j’étais à Athènes.

Je n’entreprends pas ici de donner la description des antiquités de la capitale de la Grèce, car elles sont déjà trop connues par les ouvrages de plusieurs sa-

l’illustre théoclête bimpos.

vants illustres , qui en ont fait des études approfondies. Je me borne donc à dire que, ayant eu le bonheur d’y trouver mon savant ami et ancien maître de langue grecque, Théoclète Bimpos, devenu homme de lettres très-distingué, professeur à l’Université d’Athènes et archimandrite, j’ai joui pendant huit jours de sa conversation instructive.

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