INSCRIPTION EN CARACTÈRES INCONNUS
les nombres turcs, arabes et persans a55, et ledernier est composé des deux lettres et lesquelles, lues ensemble, signifient « que » en turc et en persan. Il ne resterait donc à trouver que la signification du signe Je suppose qu’il est seulement mal fait, et qu’on a voulu faire le nombre V (sept).
S’il en est ainsi, l’inscription se lirait : « a557 que. » 11 ne resterait alors qu’à trouver pourquoi le premier 5 est mis dans une espèce de parenthèse quadrangulaire.
Sans aucun doute, cette pierre a appartenu à un ancien bâtiment ou monument turc, sur lequel il y a eu une inscription plus longue, et les autres pierres, qui portaient le reste de l’inscription, se sont perdues (i).
Je ne puis pas comprendre que les caractères de cette inscription aient jamais pu embarrasser les esprits, et que l’idée ne soit jamais venue à personne que la pierre pouvait être placée à l’envers dans le mur.
Nous retournâmes ensuite à Bounarbaschi, où mon
(i) Mon savant ami Ernest Renan croit que le mot aS” est seulement mal écrit, et qu’on a voulu exprimer le mot Ai— ( année) ;
il croit en outre que le chiffre f"'* n’est pas un a , mais un 3 ou
un 4, et que le signe ^ n’a pas de signilication. S’il en est ainsi, l’inscription signifierait : « année 355 ou 455 », notamment de l’hégire. Comme 33 années lunaires mahométanes répondent à 32 de nos années, l’inscription daterait de l’année 966 de notre ère,
si le chiffre est un 3, ou de l’année io63 s’il est un 4.
144 course d’achille et d’hector.
hôte me remit mon pain ; et, mon guide étant prêt avec le cheval, je partis aussitôt pour explorer toute l’étendue de terrain qu’on croit à tort avoir été occupée jadis par Troie. Je croyais ne pouvoir mieux faire que de suivre la même route qu’ Achille et Hector auraient dû parcourir en courant trois fois autour de la ville, selon les indications d’Homère (//., XXII, i43-i48et 157-166).
Si les sources au pied de la colline de Bounarbaschi étaient bien celles dont parle Homère (XXII, 147 - 1 55), ce que je ne peux pas admettre, alors le circuit de Troie et le chemin des deux héros seraient faciles à trouver.
Voyons quelles sont les indications d’Homère :
Apollon, sous la forme d’Agénor, avait attiré Achille au bord du Scamandre (XXI, 6oo-6o5), qui se trouve à deux kilomètres des deux sources. Hector restait devant les portes Scées (XXII, 5-6) :
ËxTopa 8 ' aÙToO picïvai ôXoyi Morp’ £ 77 £&tio£v, lXtou lïpoirapotfle, TTbXauv te 2 xaiàov.
a La l’arque funeste enchaîne Hector, et le fait res- « ter là devant Ilion et les portes Scées. »
Achille court du Scamandre vers la ville (XXII,
Ù; fi:: ôv, 7 rpoTÎ geotu p.éya (ppovswv cëeëïixei,
Seuàptevo; < 5 <j 8 ’ 177770; chÔXoÿo'po; cùv ôyjaç iv,
Ü; pcc tc pcta ôé/101 TiTaivop.£vo; ite8îoic>.
À^tXXeù; Xanjiripà Tro'&a; xai yoûvctT’ cvcopta,
COUttSE d’aCIIIIXE ET IMIKCTOK. I 4Ü
« En disant cela, il s’élance vers la ville, plein d’un « noble orgueil, avec la célérité d’un coursier qui r tire le char dans les jeux et allonge facilement le r pas dans la plaine; ainsi Achille meut rapidement r les pieds et les genoux. »
Il atteint devant les portes Scées Hector qui fuit, saisi d’effroi (XXII, 1 36- 137 ) :
ÉxTopa S\ oji £voï)<s*v, îXe Tpôpio; • où§' as’ eT’^ÉxXïi
Audi ji-ïvciv, 07T15O Sk irûXa; XÎTït, (ir, $s çoêïidei;.
« Hector, en le voyant, est saisi d’effroi ; il n’osa a plus y rester ; il laissa les portes derrière lui et s’enr fuit. »
Hector fuit, poursuivi par Achille; ils passent la colline du Guet et celle du Figuier; en courant toujours sur la route carrossable, le long du mur, et arrivent aux deux sources (XXII, i/|5-i48) :
Oi iSè r api cxoïruiv xai èpiveov VivepioevTa TetyEo; atèv ûïùx xoct 1 àiAaçiTov èffseûovTO •
Kpouvw 5’ îxavov xotXXippôb), evôa iïè TnnYal Aoiai àvaiacouct 2xaixavÿpou SivrievToç.
« Ils passèrent en courant sur la route carrossable « la colline du Guet et la colline du Figuier battu des « vents, et ils arrivèrent aux deux fontaines limpides, r d’où jaillissent les deux sources du Scamandre
« tournoyant. » #
Ils passent les deux sources (XXII, ;
146 COURSE I)' ACHILLE ET d’hECTOR.
Tîi la îTapaJpajiir r,v, «pEÛywv, ô S’ SxiaQe Suoxcov.
a Ils les dépassèrent, l’un fuyant, l’autre poursui- « vant. »
Ils courent ainsi trois fois autour de la ville de Troie (i65-i66) :
Ûî tw Tpi; Upiapioio TtoXiv rcepl ^ivt,Ôï;ti|v K ap'îra'Xtp.ot'ît TtoSsaai * 6 eot Sé Te iràvre; àpwvto.
« Ainsi ils courent avec leurs pieds rapides trois « fois autour de la ville de Priam ; tous les dieux les « contemplent. »
Plusieurs commentateurs d’Homère prétendent que la préposition « i«p£ » (autour), a, à cette place, la signification de « 7 r*pâ » (auprès), et entendent ainsi que la course des deux héros a été trois fois le long de la muraille de Troie, entre les deux sources et le Scamandre. Mais cette interprétation est dans cet endroit inadmissible, car Homère nous représente la course des deux héros au-delà des deux fontaines.
Strabon a aussi compris lesdits vers dans ce sens ; car, en parlant d ' lliurn-Novum , il écrit (XIII, i, page 109 , cd. Tauchnitz) : « OùS' ij toû Extopo; Si rapi-
SpOfAYl 77Epi TT.V IToX'.V V/il Tt E'J^OyOV , O’J yOtp ETTl TZtûiàpopEo; 1 à vûv, 5 là xr,'i cuvent pà^ tv • ii Si ■Ktxlouà. Z/ti TrepiâpojAriv. » — « !.a course d Hector autour de la ville a n'est pas non plus probable , parce qu'on ne peut « pas courir autour , à cause du prolongement mona tagneux, tandis qu'on ponçait courir autour de /' nuit donne ville. »
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Je me rendis d’abord au Scamandre, au fleuve principal, d’où j’allai, le long du pied de la colline de Bounarbaschi, en ligne droite, jusqu’aux sources, en suivant ainsi le même chemin, vers l’ouest, qu’Acbille a nécessairement dû parcourir pour trouver Hector devant les portes Scées. Arrivé aux sources, je tournai au sud-est, en suivant l’espèce de ravine entre la colline de Bounarbaschi et le rocher contigu; car, si Troie a jamais existé sur ces hauteurs, la position de ses murs semble être exactement indiquée par la localité.
Après une marche très-pénible d’une heure, j’arrivai, du côté sud-ouest de la colline, sur laquelle on croit avoir retrouvé Pergame, à une pente rapide, d’environ i5o mètres de haut, que les deux héros ont été obligés de descendre pour parvenir au Scamandre et pour faire le tour de la ville. Je laissai mon guide avec le cheval en haut et j’allai en bas du précipice, qui descend d’abord sous un angle d’environ 45 degrés, et puis sous un angle d’environ 65 degrés, de sorte que je fus obligé de marcher à reculons et à quatre pattes. Il me fallut presque un quart d’heure pour arriver en bas, et j’ai remporté de cette descente la conviction qu’aucun mortel, ni même une chèvre, n’a jamais pu courir au pas de course en bas d’une pente qui descend sous un angle de 65 degrés, et qu’Homère, si exact dans sa topographie, n’a pas pu vouloir nous faire croire qu’Hector et Achille aient jamais fait trois fois à la course cette descente impossible, en faisant le tour de la ville.