‹ Ithaque, le Péloponnèse, Troie;Chapitre 76 sur 140 · I .'il · texte numérisé non relu

I .'il

Après trois quarts d’heure de marche le long du fleuve, j’arrivai de nouveau à l’endroit d’où j’étais parti, et d’où a nécessairement dù partir Achille en courant droit le long des murs de Troie vers les portes Scées. J’avais mis en tout deux heures à faire le tour de l’emplacement qu’on attribue à l’ancienne ville.

Je me dirigeai de là de nouveau vers Ballidagh (ainsi est appelée la partie sud-est des hauteurs de Bounarbaschi) , en traversant l’emplacement attribué à Troie du nord au sud, et en cherchant à droite et à gauche si je ne pourrais pas trouver quelque pierre taillée, quelque tesson ou quelque autre indice qu’une ville y ait jadis existé; mais rien, absolument rien, ne portait la moindre trace de la main de l’homme.

Mycènes et Tiryns ont été détruits il y a 2335 ans, et pourtant il en reste des ruines telles, qu’elles dureront encore 10,000 ans, et qu’aprés 10,000 ans elles seront encore l’objet de l’admiration universelle. Nonseulement en creusant la terre sur l’emplacement de Mycènes et de Tiryns, mais en examinant la surface du sol, on trouve des quantités immenses de tesson, et dans 10,000 ans ou y trouvera encore ce même tesson, par la raison qu’il ne se détruit pas dans la terre.

Troie était détruite 722 ans seulement avant ces deux villes : si donc cette ville eût réellement existé sur l’emplacement qu’on lui assigne sur les hauteurs de Bounarbaschi, on trouverait là certainement encore aujourd’hui autant ou presque autant de ruines qu’on en voit à Mycènes et à Tiryns ;J car les constructions

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cyclopéeunes ne se perdent pas sans laisser de trace, et les morceaux de tuile et de poterie se retrouvent partout où des habitations d’hommes ont existé.

En supposant même, ce qui est impossible, que les Troyens n’aient eu ni poterie ni tuiles, qu’ils aient habité des maisons de bois et que les pierres de leurs murs se soient en allées en poussière, nous trouverions au moins des traces de leurs rues sur les rochers qui recouvrent la plus grande partie de la Troie de Bounarbaschi . Mais l’aspect sauvage de ces rochers, leurs énormes inégalités, l’absence totale de la moindre surface nivelée et unie prouvent jusqu’à l’évidence qu’ils n’ont jamais porté une habitation humaine.

Cependant, comme la théorie de l’existence de Troie sur les hauteurs de Bounarbaschi trouve de nouveaux

et toujours de nouveaux défenseurs, qui y croient aveuglément comme à un dogme, et en parlent avec pleine assurance, je crus de mon devoir, dans l’intérêt de la science, de faire des fouilles en maints endroits. Mais le jour était déjà trop avancé; il était deux heures de l’après-midi lorsque je rejoignis mon guide ; je différai donc mes fouilles jusqu’au lendemain, et j’employai le reste de la journée à explorer le haut plateau de Ballidagh, à 3 kilomètres sud-est de Bounarbaschi.

Ce plateau se termine par une élévation de 10 mètres, qui est à 137 mètres au-dessus du niveau de la mer, et forme un autre petit plateau peu accidenté, qui a 190 mètres de long, tandis que sa plus grande largeur du nord au sud est à peine de 100 mètres.

Le consul Halin, avec l’architecte Zeller, a fait sur

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