FOUILLES DANS L’ACROPOLE
bâtiment de 7 mètres de long sur autant de large, dont les murs sont extérieurement mis à jour jusqu’aux fondements et mesurent environ 3 mètres de haut. Nous y trouvâmes une masse immense de morceaux de tuiles et de poterie, et entre autres un pot de terre cuite, d’une forme élégante, et semblable aux vases qu’on trouve dans les tombeaux de Corinthe. Les pierres dont le bâtiment est composé ne sont point taillées sur le côté intérieur du mur, de sorte qu’elles forment les unes sur les autres des saillies irrégulières de 20 à 3o centimètres, ce qui semble prouver que, même jusqu’à la hauteur de 3 mètres, il n’y avait que des substructions, sur lesquelles s’élevait le bâtiment proprement dit. Mais la masse immense de débris de ménage, dont ces substructions sont remplies et couvertes, ne laisse pas de doute que, pendant de longs siècles, d’autres maisons n’aient été construites sur les ruines du bâtiment et au-dessus des substructions.
Le soir venu, nous retournâmes à Bounarbaschi, où je payai mes ouvriers en les engageant de nouveau pour le lendemain. Comme il était déjà trop tard pour aller au Scamandre, je fis mon souper aux Sources, où je passai de nouveau la nuit sur le rocher.
Le lendemain, i4 août, je partis à cinq heures du matin avec mon guide et mes ouvriers, et nous allâmes d’abord vers l’est au Scamandre, et ensuite vers le nord, dans le lit sablonneux de ce fleuve. La chaleur avait rendu le sable si sec et si mouvant que
LE KIMAR-SOU, L’ANCIEN THYMBRIUS. 171
mon cheval ne pouvait pas m’y porter; je donnai donc l’animal à mon guide pour le conduire à travers champs à Hissarlik {Ilium- Novuni), tandis que je continuais la route à pied avec les cinq ouvriers.
Après une heure de marche pénible dans le sable, nous arrivâmes à l’endroit où le petit fleuve Kimar- Sou, l’ancien Thymbrius, qui vient des collines dites de Callicolone, se jette dans le Scamandre; on aperçoit à peine ce petit fleuve, à cause de la multitude d’arbres dont ses bords sont couverts.
Nous remontâmes la rive du Thymbrius, et nous arrivâmes à environ un kilomètre de son confluent, à la « ferme » appelée Ëatak, qui couvre le village ruiné d’Akchekin et occupe l’emplacement de l’ancienne ville de Thymbra et le site du temple d’Apollon Thymbrien : une inscription en l’honneur de ce dieu, que le docteur Hunt y a mise à jour, ne laisse pas de doute à ce sujet.
Selon Strabon (XIII, i, p. 107, édit. Tuucknitz), ce temple était à l’endroit même où le Thymbrius se jette dans le Scamandre; il semble donc que ce dernier ait reculé son lit d’un kilomètre plus à l’ouest. Mais, comme Strabon n’a pas visité les lieux luimême, il est bien possible qu’il y ait eu une petite inexactitude dans le rapport qu’on lui en a fait, comme en effet il y a tant d’autres erreurs dans les rapports de Démétrius de Scepsis.
Dans la ferme de Batak, le sol est partout parsemé de tesson , et l’on y voit aussi de nombreux restes de murs, dont l’étendue ne permet pas de douter que
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Thymbra n’ait été une ville de quelque importance. Frank Calvert, à qui la science de l’archéologie est redevable de tant de découvertes importantes, a réussi à découvrir la nécropole de Thymbra, et les fouilles qu’il y a pratiquées ont enrichi sa vaste et splendide collection d’antiquités d’une multitude de vases dont l’exécution révèle un art très-perfectionné.
Dans cette vallée de Thymbra campèrent les Lyciens et les Mysiens : a ITpoç 0up.ëpn; S' êXa^ov Aujcioi, Muaioi t’ àyspwyoï. » Fers Thymbra sont campés les Lyciens et tes Mysiens superbes (//., X, 43o).
Mes ouvriers me dirent que le Kimar-Sou coule d’abord par une vallée étroite bordée de hautes montagnes, et qu’il passe ensuite par un véritable labyrinthe de grands blocs de pierre, où il est traversé par l’aqueduc antique dont j’ai déjà parlé.
Le lit de ce fleuve n’a que 8 à io mètres de large, et l’eau y est si basse qu’elle coule à peine; mais ses bords, d’environ i mètres de haut, sont escarpés, ce qui fait supposer qu’il est très-rapide et plein d’eau en hiver et au printemps.
Nous nous dirigeâmes de la ferme de Batak au nord-ouest, et nous arrivâmes bientôt à un marais, nourri de sources appelées Judan , d’où sortent deux ruisseaux dont l’un coule au sud-est et se jette dans le Kimar-Sou (le Thymbrius ), et l’autre coule au nordouest vers la mer. Ce dernier, appelé par les habitants de la plaine Kalifatli- Asmak, a un lit profond; il n’a pas d’eau courante pendant les grandes cha-