‹ Itinéraire archéologique de ParisChapitre 37 sur 41 · VII. Enceintes *le Paris · texte numérisé non relu

VII. Enceintes *le Paris

En commençant ce livre, notre but a été surtout de signaler aux étrangers, et même à nos concitoyens, les monuments anciens qui ont bravé jusqu'à ce jour les insultes du temps ou des hommes, et dont l’élude, sans rien ôter au mérite du Paris moderne, peut cependant nous démontrer que le Paris d’autrefois le valait bien. Les murs d’enceinte de la ville ont disparu ; nous ne nous arrêterons donc pas longtemps à dire ce qu’ils furent jadis. Notre plan d’ailleurs en apprendra bien plus que nous ne pourrions le faire par la description la plus exacte ; ajoutons-y seulement les expli-

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cations nécessaires. Quel que puisse être le poids de ses deux mille années d’existence, Paris n’a pas cessé de croître, et aujourd’hui même il semble à la veille de remplir l’espace immense qui se prolonge jusqu’aux dernières limites des fortifications nouvelles.

Afin de ne pas reproduire ici une nomenclature interminable de noms de rues et de places, nous prions nos lecteurs de suivre, sur le plan , le développement des diverses enceintes, et nous nous réduisons à quelques renseignements historiques. Lorsque Paris se trouvait renfermé dans l’île de la Cité , il avait pour défense une épaisse muraille, et pour fossé le lit de la Seine; deux places d’armes, le Grand et le Petit-Châtelet, couvraient les ponts qui rattachaient l’île aux rives droite et gauche du fleuve. Il est certain qu’une enceinte fut aussi construite pour protéger les faubourgs qui s’étaient établis, dès l’époque romaine, au nord et au midi. On a cru pouvoir attribuer cette enceinte à Louis VI; mais les preuves manquent à l’appui. Au moment de partir pour la croisade, en 1188, Philippe- Auguste prescrivit aux bourgeois de Paris de faire travailler immédiatement à l’édification d’une enceinte nouvelle, garnie de tours et de portes. On commença parla portion septentrionale; elle était terminée en 1208, quand on entreprit la partie méridionale, dont l’achèvement dut avoir lieu vers la fin du règne du même prince. La tour de Nesle, si souvent mise en scène dans l’histoire et dans les descriptions de Paris, datait de cette époque; elle s’élevait sur l’emplacement qui est maintenant occupé par le pavillon oriental des bâtiments de l’Institut. Des inscriptions du temps de Louis XIV, posées rue Dauphine, n» 50, rue Saint-Jacques, à l’angle de la rue Saint-Hyacinthe, dans la cour de la maison Oudot, et rue Mouffetard, n« i 09, indiquent la place des anciennes portes de Buci, Saint-Jacques et Saint-Marcel. Les travaux de continuation delà rue Soufllotont causé la destruction d’une tour et d’une courtine, à laquelle les Jacobins avaient adossé leur couvent dans la suite du xiim siècle. Un fragment du mur de Philippe-Auguste existe dans la rue Clovis, près la rue des Fossés-Saint-Victor ; on peut voir aussi un reste de tour, dans une maison de la rue Mazarine, derrière l’Institut.

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Sous le règne de Cliarles V, Tenceinte reçut une extension considérable du coté du nord; celle du sud fut seulement réparée et mise en bon état de défense. Durant les deux siècles qui suivirent, les grands terrains vagues déjà renfermés dans les murailles se couvrirent de maisons et d’édifices publiques; mais les limites de la ville ne changèrent pas. Louis XllI les recula du coté du nordouest, h peu près jusqu’à la ligne des boulevards actuels; des bastions s’étendirent au delà de l’enclos des Tuileries. Louis XIV pensait que des remparts n’étaient pas nécessaires à la capitale d’un grand empire, et que Paris ne devait avoir pour portes que des arcs de triomphe. Des allées d’arbres vinrent former à la ville une enceinte pacifique ; elles prirent le nom de boulevards, qui rappelle l’existence des anciennes fortifications. Les portes Saint- Denis et Saint-Martin, magnifiquement ornées de sculptures, s’élevèrent sur le boulevard du Nord. Le mur d’octroi, qui subsiste encore, fut construit sous le règne de Louis XVI ; l’architecte Ledoux dessina les pavillons des barrières , dont la structure a plus de bizarrerie que de beauté. Enfin, en 1840, une loi décida que Paris serait fortifié encore une fois. Les travaux furent dirigés avec une activité extraordinaire. L’enceinte continue n’a pas moins de trente-six kilomètres de pourtour, et treize forts en défendent les approches. De toutes les entrées de Paris, la plus grandiose est aujourd’hui l’arc de triomphe de l’Étoile, commencé par Napoléon pr, et terminé par Louis-Philippe, monument colossal consacré à la gloire des armées françaises.

Une bastille était autrefois un fort, une place d’armes. Il en existait plusieurs sur divers points de l’enceinte de Charles V, notamment la bastille Saint-Denis et la bastille Saint-Antoine. La hasiille S ai nt-Antoine ù hhsé , comme prison d’État, une sinistre renommée. C’était d’ailleurs un monument remarquable, composé de huit grosses tours rondes, qui se reliaient entre elles par de hautes couitines. Des statues, placées sur la face principale, représentaient Charles VI , la reine Isabeau de Bavière, deux de leurs fils, et saint Antoine. Personne n’ignore comment le peuple de Paris s’empara de cette forteresse, le 14 juillet 1789, Quelques

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semaines après, on dansait sur les ruines du redoutable édifice. Le clief-lieu de chacun des nouveaux départements reçut un modèle

de la Bastille, taillé dans une des pierres qu provenaient de la démolition; il s’en est conservé dans un grand nombre de nos musées.

Après les forts et l’enceinte, les monuments militaires de Paris sont encore les casernes ; l’ancienne École-Militaire, au Champ-de- Mars; le musée d’artillerie, qui possède une merveilleuse collection d’armures du moyen âge et d’armes à feu ; l’iiôtel des Invalides, tout meublé de trophées, d’étendards et de pièces de canon d’un rare travail. Il faut visiter aux Invalides la galerie des plans en relief de nos places fortes; quelques-uns de ces plans, exécutés sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV, nous font voir d’antiques cités, comme Arras, Saint-Omer, Besançon, et bien d'auires, encore peuplées des innombrables édifices dont le moyen âge les avait dotées.

TABLE ALPHABÉTIQUE

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