‹ Itinéraire archéologique de ParisChapitre 36 sur 41 · HUES ET PLACES · texte numérisé non relu

HUES ET PLACES

commerçants n’ont pas envahies jusqu’à ce jour, comme les rues Saint-Dominique, de Grenelle et (le Varenne, l’architecture du siècle de Louis XV nous apparaît avec la spiriluellc originalité de ses plans et les finesses de son ornementation. Dans les rues de la Chaussée-d’Anlin, ces pdites 7naisons charmantes, dernières œuvres du xviiie siècle, destinées aux plaisirs des gens de Cour, ont disparu derrières les hautes façades de ce qu’on appelle maintenant des maisons de produit, à six étages d’appartements où l’on respire à peine.

L’administration de la ville a plus d’une fois formé le projet de rappeler par des inscriptions les événements les plus notables dont les maisons et les rues de Paris ont été le théâtre, et de constater de la même manière l’existence des grands édifices (jui ont été détruits. L’exécution de ce projet aurait a])pris au Parisien sa propre généalogie, qu'il ne connaît guère; l’étranger aurait rencontré à chaque pas ces souvenirs historiques, en l’absence desquels un monument n’est souvent qu’une lettre morte. Les inscriptions posées jusqu’à ce jour sont très-peu nombreuses. Celles que nous connaissons imPupient le lieu où fut assassiné Henri IV, rue Saint-Honoré, n° 3; la maison où na(|uit Molière, en 1620, rue de la Tonnellerie, n» 3, et celle où il est mort, en 1673, rue de Hichelieu, n« 31; dans la rue de Vaugirard, auprès du jardin du Luxembourg, une autre maison que le célèbre acteur tragique, Henri Lekain, habitait au moment de sa mort, en 1778; sur le quai Conti, n» o, au coin de la rue de Nevers, un édifice de bien modeste apparence, oîi Napoléon Honaparte, alors simple officier d’artillerie, sortant de l’école de Hrienne, demeurait, en 178o, au ciiKpiième étage. Nous avons cité l’inscription de la rue d'Arcole, qui marque l’emplacement de l’église de Saint-Pierre aux Homfs. Sur une maison du quai Napoléon, nos g et 1 1 , on ht qu’lléloïse et Abélard l’habitaient vers 1118, et que la construction actuelle succéda, en 1819, au logis du chanoine Fulbert.

Comme les rues, les j)laces du vieux Paris ont vu renouveler, à des époques récentes, les bâtiments qui forment leur enceinte. Les ))lus anciennes , /(/ place Mauhert , i)or exemple, si renommée

RUES ET PLACES, dans les fastes universitaires, ne sont plus garnies que de maisons vulgaires et modernes. Deux seulement, la place Royale et la place l)anj)hine, nous restent telles que le roi ITemi IV les fit faire, la première, en 1G03, sur les ruines du palais des Tournelles; la seconde, en 1608, sur remplacement de deux petites îles, dans Tune desquelles les chevaliers du Temple sont morts sur le bûcher, en 1314. Ces deux places sont encore entourées de grands édifices en briques et en pierres, décorés de panneaux, de bossages et de fenêtres à frontons. Ceux de la place Royale décrivent un immense quadrilatère, sur lequel s’ouvrent cent quarantequatre arcades livrées à la circulation publique. C’est bien là le style de l’ancienne architecture française, qui suivit la renaissance et précéda Père moderne; nous la voyons avec son appareil bicolore, ses pilastres, ses refends, ses grands combles d’ardoises que surmontent des épis de plomb façonnés en ornements divers. On a vanté avec raison la disposition judicieuse de la place Royale; au pourtour, de vastes galeries réservées aux gens de pied ; puis, quatre larges chaussées pour les cavaliers et les voitures; aü centre, un jardin protégé par une grille de fer. La grille avait été posée sous le règne de Louis XIV, dont elle portait les emblèmes ; elle a été remplacée, il y a quinze ans , par une clôture de mauvais goût en fonte.

Les monuments de nos places, statues équestres ou pédestres, arcs de triomphe, colonnes commémoratives, datent tous du siècle présent. Les fontaines ont été construites pour la première fois, ou refaites, depuis le XVII® siècle. Une seule, celle des Innocents, appartient au style de la renaissance. Pierre Lescot l’érigea au coin de la rue Saint-Denis et de la rue aux Fers ; Jean Goujon sculpta, dans les trumeaux et dans les frises, des nymphes, des tritons et des enfants du dessin le plus charmant. Transportée, en 1785, au milieu de la place des halles, cette fontaine a dû éprouver, dans son ajustement, quelques modifications indispensables; mais du moins ont-elles été opérées avec le scrupule le plus respectueux.

C’étaient autrefois de hautes croix de pierre, élevées sur des marches et accompagnées de statues, qui occupaient le point cen-

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Irai de nos places. Chaque carrefour avait la sienne. II s’en trouvait aussi aux angles de quelques rues, ou ailleurs encore, pour conserver le souvenir soit d’un grand forfait, soit d’une action mémorable. Ainsi, on voyait, il n’y a pas un siècle, dans la rue Saint-Denis, près de la rue du Ponceau et du couvent des Dames de Saint-Chaumont, la première des sept croix de pierre qui marquaient, sur la route de Paris à Saint-Denis, les stations où s’était arrêté Philippe le Hardi , portant sur ses épaules le cercueil de saint Louis, le 22 mai 1271. Celte croix avait la forme d’une pyramide , entourée de trois statues royales, et surmontée d’un crucifix.

Nous regrettons fort, pour notre part, la di.sparition presque complète des hôtels du moyen âge, avec leurs créneaux, leurs portes munies de tourelles, leurs donjons et leurs chapelles; nous voudrions qu’on nous eût laissé quelque chose de ces maisons bourgeoises dont la décoration était si variée et si divertissante, avec leurs poutrelles illustrées de saints patrons, de fabliaux, de scènes comiques, d’animaux bizarres, leurs girouettes enluminées, leurs enseignes originales. Les marchands aimaient à faire sculpter, au-dessus des ogives de leurs boutiques, quelque ligure sérieuse ou plaisante, pour attirer l’attention du passant, et plusieurs de nos rues doivent le nom qu’elles gardent encore à quelques-unes de ces vieilles enseignes depuis longtemps supprimées. La truie qui file, l’âne qui joue de la vielle, le chat qui pêche , la chèvre qui danse, étaient particulièrement affectionnés des boutiquiers du moyen âge.

Nous voyons encore dans la rue du Four, no 63, et dans la rue aux Fèves, no 6, deux bas-reliefs en pierre, xvie siècle, représentant la fontaine de Jouvence et la chaste Suzanne. Sur la place Saint-Michel, à l’extrémité de la rue de la Harpe , le roi David chante, en s’accompagnant sur l’instrument dont cette rue porte le nom. Dans la rue du Dragon, no 24, un hôtel garni a pris pour enseigne un plat remarquable de Bernard de Palissy, qui représente la victoire de Samson sur le lion, et tout près de là le monstre dont sainte Marguerite triompha est sculpté en pierre sur une des

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portes d’un passage, qu’on appelle du même nom que la rue ellemême 1.

Les maisons les plus anciennes de Paris ont été toutes replâtrées et défigurées. Elles se reconnaissent à leurs pignons en charpente, qui font face à la rue. 11 en est, mais en bien petit nombre, dont les étages supérieurs empiètent sur la voie publique, au moyen de consoles qui leur permettent de dépasser l’aplomb des piliers du rez-de-chaussée. Ces vieilles demeures bourgeoises se rencontrent dans la rue Saint-Honoré , près la rue Croix-des-Petils-Champs , dans le quartier Saint-Germain-l’Auxerrois , à côté de la tour Saint-Jacques, sur le parvis Notre-Dame et sur la place de l’École, dans la rue de la Harpe, etc. Dans la rue Saint-Denis, à l’angle de la rue des Prêcheurs, l’arbre généalogique de Jésus-Christ sort du liane de Jessé, portant sur ses branches latérales douze rois de Juda, et sur son rameau le plus élevé la mère du Sauveur*; il monte ainsi jusqu’au comble d’une maison, qui date de la lin du XV® siècle. M. Lenoir avait recueilli, au musée des Petits-Augustins, une encoignure de même style, qui représentait aussi un grand arbre. Celui-ci était chargé de pommes; une armée de jeunes singes, grimpant de branche en branche, en faisait tomber les fruits, tandis qu’un autre, plus vieux et plus rusé, assis au pied du tronc, les ramassait à son profit. Ce curieux pommier avait longtemps occupé l’angle formé par la rencontre de la rue des Vieilles-Etuves avec la rue Saint-Honoré. Au lieu de ces encoignures de bois sculpté , les maisons plus considérables et plus solidement bâties se terminaient à leurs angles par de gracieuses tourelles. Rien de plus joli à l’intérieur que les petites pièces, circulaires ou polygo-

* Rue des Canelles, n. 18, des cannes nageant sur un étang, bas-relief en pierre. — Rue du Cherche-Midi, autre bas-relief, un personnage qui dessine un cadran solaire. — Rue des Bourdonnais, n. 39, une tête de vieillard à barbe d’or, au-dessus d’une porte, xviie siècle.

Un marchand de comestibles de la rue Saint-Antoine, n. 134, a ressuscité l’emblème de la truie qui file.

* Tous les personnages étaient autrefois rehaussés d’or et de couleur.

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nales, ainsi disposées. De là, on pouvait voir ce qui se passait dans trois ou quatre rues voisines. Les maçons de nos jours font une guerre acharnée aux tourelles; on s’imagine les remplacer avantageusement par des pans coupés, c’est-à-dire par une des choses du monde les plus désagréables, à noire avis. Nous avons vu détruire tout nouvellement celles de la place de Grève, de la rue Jean Tison, de la rue de la Tixeranderie. Cette dernière dépendait d’une maison que Scarron avait habitée en compagnie de sa femme, qui depuis, chacun le sait, échangea l’humble demeure de son premier mari contre les royales splendeurs de Versailles. Les tourelles les plus intéressantes qui aient survécu jusqu’à présent se trouvent dans la rue Hautefeuille ; dans celle de l’École-de-Médecine, au coin de la rue du Paon; dans la vieille rue du Temple, à l’angle de celle des Francs-Bourgeois; dans la rue des Prêtres- Saint-Germain-l’Auxerrois, au presbytère de l’église paroissiale. La rue Hautefeuille en possède encore six à elle seule, dont trois sont posées en encorbellement à des coins de rues C tandis que les trois autres se rangent sur la façade d’une même maison. Nous laissons de côté quelques autres tourelles quadrangulaires, dont la construction ne date que du xvii® siècle.

Pour terminer ce que nous avions à dire des habitations particulières, il nous reste à faire mention de quelques hôtels que nous choisirons parmi les plus anciens, sans nous occuper de ceux du XVIII® siècle, dont il subsiste encore de si nombreux modèles.

La mairie du 4*^ arrondissement est établie, à peu de distance de la tour Saint-Jacques, dans un édifice aujourd’hui très-défiguré, qui, depuis la seconde moitié du xiv® siècle, servait de demeure au commandant du guet de Paris. La porte existe avec ses moulures et sou arc en ogive. En dépit des restaurations modernes, on aperçoit encore çà et là quelques vestiges de la construction ancienne.

La porte ogivale , flanquée de deux tourelles et accompagnée de

1 La tourelle à l’angle de la rue Percée faisait partie d’un bâtiment qu’on appelait Vhôtel de Fécamp, Elle est revêtue intérieurement d’une boiserie sculptée de moulures et d’arabesques, xvi® siècle.

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rolonnettes, que le connétable Olivier de Clisson fit construire à son liotel delà rue du Chaume, a été débarrassée, il y a peu d’années, des masures dont elle était obstruée. Quant à l’hotel lui-même, il fut rebâti , à diverses reprises , par les ducs de Guise et par les princes de Soubise. La cour d’honneur, somptueusement décorée de colonnades, est l’œuvre de l’architecte Lemaire, qui la dessina en 1706. Le salon principal est de Boffrand, et Boucher en a fait les peintures. L’édifice a reçu de grands accroissements sous le dernier règne; il contient l’immense et magnifique dépôt des archives générales de France, si riche en documents historiques de toutes les époques de la monarchie.

L'hôtel de Sens, ancienne propriété des archevêques sénonais, appartient à la dernière période du moyen âge. Il s’élève sur un carrefour formé parla rencontre des rues de l’Hôtel-de-Ville , du

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Figuier, de l’Étoile, des Barrés et du Fauconnier. L’archevêque Tristan de Salazar le construisil presque entièrement, 1473-1519; le cardinal Duprat y fit exécuter quelques travaux d’achèvement. Vaste enceinte, portes en ogive, tourelles, fenêtres à croix de pierre et moulures, porche voûté, cheminées de briques, grandes salles; au fond de la cour, un donjon carré. La chapelle a été détruite. Le cardinal de Pellevé, archevêque de Sens, l’un des principaux chefs de la Ligue, réunissait dans cet hôtel les personnages les plus importants du parti catholique; il y mourut, le 22 mars 1594, tandis qu’on chantait le Te Deum à Notre-Dame pour l’entrée du roi dans Paris.

Nos lecteurs savent que les débris de Vhôtel de la TrémouiUe sont maintenant exposés dans la première cour de l’École des beaux-arts. L’édilice était situé dans la rue des Bourdonnais; il a été détruit de 1841 à 1842; la maison qui en tient lieu porte le no 31 . Déjà dégradé par une foule de marchands et d’industriels, qui avaient voulu l'approprier à leurs habitudes vulgaires, le manoir des princes de La TrémouiUe n’en demeurait pas moins la plus élégante construction civile du moyen âge qui se fût conservée à Paris. Sa tourelle surtout était un chef-d'œuvre de sculpture et de légèreté. Le style était celui de la fin du xv^ siècle. Quelques portions de balustrades sont encastrées dans les murs de la cour. Le chancelier du Bourg et les Bellièvre avaient succédé dans cet hôtel aux La TrémouiUe.

Hôtel Scipion , bâti au xvr siècle pour Scipion Sardini , gentilhomme italien, rue Scipion, quartier Saint-Marcel. Dans la cour, un corps de logis de la renaissance; arcades, armoiries, médaillons sculptés de figures en buste.

Rue des Noyers, no 74, à l’angle de la rue Boutebrie, au fond de la cour d’une maison dite de la reine Blanche , une très-jolie porte, du temps de Henri H environ ; colonnes corinthiennes cannelées, entrelacs, cartouches, têtes de femmes, génies.

Hôtel Carnavalet , rue Culture-Sainte-Catherine et rue Neuve- Salnte-Catherine , au Marais, commencé par Jean Goujon et par Jean Bullant, pour le président des Ligneris ; vendu, en 1578, à

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Françoise de la Beaune , dame de Carnavalet ; continué par Ducerceau; achevé par François Mansard. Sculptures admirables de Jean Goujon; à la façade, des trophées, des lions, une Renommée, des enfants soutenant un cartouche ; au fond de la cour, les quatre Saisons.

Rue de Rivoli, n» 114, autrefois rue de Béihisy, quelques restes sans importance d’un hôtel, qui paraît avoir été réédifié au xviie siècle. Suivant une vieille tradition, au sujet de laquelle il s’est d’ailleurs élevé quelques contestations , l’amiral de Goligny habitait, en ce lieu même, un hôtel plus ancien, lorsqu’il fut assassiné dans la fatale nuit de la Saint-Barthélemy.

Rue Pavée au Marais, à l’ande de la rue Neuve-Sainte-Catherine, un hôtel remarquable, commencé par Diane de France, fille légitimée du roi Henri II ; terminé par Charles de Valois, duc d’Angoidême ; acheté, dans le cours du xvii'' siècle, par l’illustre famille de Lamoignon , dont il porte le nom. Le premier président , Guillaume de Lamoignon, y avait formé une précieuse bibliothèque. Par allusion au nom de Diane de France, les sculpteurs ont représenté , sur les murs et dans les frontons , comme ils l’avaient fait pour Diane de Poitiers, des croissants, des cors de chasse, des têtes de cerfs et de chiens.

Rue Geoffroy-l’Anier, n° 26, un hôtel très-élégant et restauré avec soin, commencement du xvii" siècle; appareil en briques et en pierre; perron à double rampe; pilastres; rinceaux; mascarons d’hommes et de femmes; fenêtres à frontons sculptés de monogrammes.

Hôtel (le Mayenne, rue Saint- Antoine, à côté de l’ancienne église de la Visitation , aujourd’hui affectée au culte calviniste. L’édifice fut construit par Ducerceau pour le duc de Mayenne, qui joua un rôle si important comme lieutenant-général du royaume pour la Ligue. L’architecture est d’un style bizarre.

Hôtel de Béthune , rue Saint-Antoine , presque en face de la rue Saint- Paul, bâti par Ducerceau, pour Maximilien de Béthune, duc de Sulli, l’ami et le ministre de Henri IV, sur une partie de l’emplacement du palais des Tournelles. Façades richement sculptées.

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disposées autour d’une vaste cour quadrangulaire ; génies tenant des casques et des armes ; dans les trumeaux, figures des Saisons; plusieurs étages de fenêtres , décorées de curieux mascarons et de rinceaux.

Hôtel de Beauvais, rue Saint- Antoine, n<> 82. Pierre de Beauvais et sa femme, Catherine Bellier, première femme de chambre de la reine Anne d’Autriche , le firent élever par Lepautre. Vestibule orné de colonnes doriques et de trophées i ; cour ovale avec pilastres et mascarons; pour monter au premier étage, où se trouvaient les grands appartements, un bel escalier avec colonnes corinthiennes, bas-reliefs, armoiries et balustrade formée d’entrelacs à jour. La reine Anne était à l’hôtel de Beauvais le 26 août 1 660, pour voir passer le cortège triomphal de Louis XIV et de sa femme , Marie-Thérèse.

Hôtel Saint- Aignan, rue du Temple, no 71, par Pierre Lemuet. Porte monumentale ; cour environnée d’arcades et de grands pilastres d’ordre corinthien, 11 a été habité par le comte d’Avaux, célèbre dans les négociations diplomatiques du xviie siècle , et par le duc de Saint-Aignan , chef du conseil royal des finances , du temps de Louis XIV.

Hôtel de Hollande , rue Vieille-du-Temple , par Pierre Cottard , au xvii® siècle. Sculptures de bon goût à la porte d’entrée et sur les façades de la cour ; au revers de la porte, un grand bas-relief par Regnaudin , représentant Romulus et Remus allaités par la louve et trouvés par le berger Faustule. Les appartements étaient ornés de bas-reliefs et de peintures, par Sarazin, Poerson, Vouet, Dorigny et Corneille.

Hôtel de Lmjnes ou de CheVreuse , rue Saint-Dominique Saint- Germain, en face de la place Saint-Thomas-d’ Aquin. Pierre Lemuet en fut l’architecte, et Marie de Rohan-Montbazon , duchesse de Chevreuse, la première propriétaire. Architecture très-simple, dhin noble caractère; dans l’escalier, des peintures représentant

1 Des têtes de bélier, alternant avec des mufles de lidn, forit allusiotl au nom de famille de Madame de Beauvais.

ENCEINTES DE PARIS

des porliqucs et des groupes de personnages. Cette belle demeure appartient encore à la famille de Luynes; mieux que toute autre, elle rappelle ces anciens hôtels où les grands seigneurs d’autrefois, protecteurs nés des arts, se plaisaient à réunir des livres, des tableaux et des curiosités de toute espèce.

Hôtel Lambert, à l’extrémité orientale de Plie Saint-Louis, construit par Levau, peint et décoré par Lesueur et Lebrun, pour le président Lambert de Torigny. La munificence du prince Czartoriski nous a conservé ce monument, dont nous avons eu, il y a quelques annés, à craindre la destruction. Belle porte à refends; cour ovale, ornée de deux ordres de pilastres; la galerie où Lebrun a représenté les travaux d’Hercule. Le musée du Louvre possède plusieurs ouvrages de Lesueur, entre autres, des Muses, qui viennent de riiôtel Lambert. A quelques pas de cet édifice, sur le quai d’Anjou, Yhôtel de Pimodan , qui contient aussi de somptueux appariements à lambris dorés et une très-belle galerie.

Citons encore la maison en style de la renaissance, qui fut construite à Moret, du temps de François Rr, et que nous avons vu apporter pierre par pierre dans les Champs-Elysées, sur le cours la Reine, tout près des galeries de l’Exposition universelle. 11 a fallu, comme on peut le croire, en refaire à neuf une grande partie. Il y reste cependant de gracieux détails, une arcature élégamment ajustée, et de jolies scènes de vendanges sculptées en bas-relief.

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