GÉNÉRALITÉS
A. De la décoration des temples et de sa disposition matérielle. — La décoration des temples comporte quelques éclaircissements auxquels nous donnerons place ici.
On sait déjà que la décoration des temples est formée de tableaux, que ces tableaux sont rangés côte à côte et sur plusieurs étages superposés , de manière à couvrir symétriquement de haut en bas les parois des chambres. On sait encore que tous les tableaux sont composés sur un plan uniforme. Le roi est d'un côté , la divinité de l'autre. Les textes qui accompagnent les tableaux sont aussi rédigés sur un même plan. Du côté du roi, ses noms, quelques titres en rapport avec rolSrande faite , en outre, les paroles que le roi est causé prononcer; du côté de la divinité , ses noms , ses titres , et une réponse où des dons sont concédés en rapport avec J'o/Franàe, Pour donner une idée générale des tableaux comme disposition et comnie Tfeà«LÇ.\ioii ^ /jous choisirons f pour le décrire, loxxX. X^xfe^'îXT^
férienr de Tune des parois da corridor H dans le nple de Dendérah (i ).
1^' tableau. Le roi offre à la déesse Hathor le se qui sert dans les hiéroglyphes à écrire le mot ur. Gomme témoignage de sa satisfaction, la esse promet au roi toute espèce de honheur et de e.
2® tableau, Hathor et Horus d'Edfou sont debout 'une des extrémités du tableau. A l'autre extrété le roi fait Toffrande des deux sistres, émîmes qui représentent plus particulièrement dans temple le mal vaincu et par déduction la joie. 3ue tu sois aimé par les femmes, répond Hathor, aisant allusion à celui des deux sistres qui exrime la joie, que tu sois agréable à leurs maris. » us , de son côté , répond à l'offrande de l'autre e : « Que l'Egypte marche selon ta volonté ; que foules aux pieds les contrées étrangères. »
tableau. Le roi offre l'encens et une libation
•is-Onnophris et à Isis « pour emplir leurs na-
s divines des parfums de l'encens et rafraîchir
cœur par l'eau du nouveau Nil ». En échange,
)romet au roi une inondation favorable, pen-
3 'Isis lui assure une longue domination sur
'■ et les autres pays qui produisent l'encens.
leau. Le roi offre deux vase?» t«TO^\\^ \^
ord du corridor, registre mfèrVeMT a ^^lmO^ç^ «^ «*^"
vin à Hathor et à un diea qui parait être Horns. Ilathor lui promet les régions qui produisent les meilleurs raisins, c'est-à-dire Kenemen, Test'es et Neham, Horus promet des vins jusqu'à satiété.
o'' tableau. En moitié temps qu'il lui offre des fleurs , le roi s'adresse en ces termes à la déesse Ilathor : « Je t'apporte des bouquets de fleurs de « toute sorte , pour que tu embellisses ta tête de « leurs couleurs. » Dans sa réponse la déesse promet au roi que, sous son règne, la terre sera égayée par une verdure florissante.
f)^ tableau. Offrande de l'hiéroglyphe qui exprime les champs à Hathor et à son fils Hor-sam-ta-ui. Le dieu Ahi , dédoublement de la personne du roi considéré comme troisième personne de la triade , est devant Hathor. Les dons concédés au roi sont le blé par quantités immenses et, en général, toute espèce de céréales.
1° tableau. Le roi et la reine offrent les deux sistres à Isis et à Ahi pour solliciter la faveur de ces divinités. Isis accorde au roi l'amour de ses sujets.
8^ tableau. Le roi est en présence d'Isis et d'Horsam-ta-ui. 11 fait une offrande générale de victuail les, de fleurs, de fruits, de pains. Réponse d'Isis : « Je t'accorde tout ce qui est dans le ciel, tout ce que pi'oduit la terre, tout ce qu'amène \ô ^\\. » ^^ponse d'Hor-sam-ta-u'î : « Je VaccoTâiG VomV ç.^ ^\
i( émane des rayons solaires pour emplir ta demeure « de vivres. »
Le visiteur n*a plus maintenant à hésiter. En entrant dans rintérieur d*nn temple, il est certain que ce qu'il y rencontrera ce sont des tableaux, et que dans ces tableaux il trouvera invariablement une oflËrande d'un côté , un don concédé de l'autre , le tout exprimé en une sorte de dialogue entre les personnages que le tableau représente.
B. De la décoration des temples et de sa signification. — Quand on visite un temple égyptien, on s'habitua facilement à voir, dans les chambres et sur les tableaux qui les décorent , le% chapitres et les pages d'un même livre Qonçu d'un seul jet et se développant sur les murailles du temple , depuis la porte d'entrée jusqu'au fond du sanctuaire. Le roi adorant et pendant son adoration développant une idée commune à tout le temple , tel serait alors le fond de la décoration du monument.
Dans les temples d'origine pharaonique (Karnak, Louqsor, Medinet-Abou , Abydos , etc.), cette règle n'a, en général, aucune application. La décoration est vague. Le roi adore la divinité du lieu. Mais le tableau n'a aucune raison d'être à une place plutôt qu'à une autre , ou , pour mieux dire , on trouve à l'entrée du temple des tableaux qu'on transporterait tout aussi bien au fond sans nuire à la clarté de l'ensemble (1).
(IJ Les six chambres voûtées du gTauâk. \.«ta^\^ ^ Kîo^^^^ ^"^^^ exception à cette rè^le. Tous les taVAea.\x:t ^otkX Tf^^xS-^*^ ^'^^ ^
. Mais les temples d'origine ptolémaïque sont plus précis. La composition y est plus savante. La décoration de chaque chambre est mise en rapport avec sa destination. On peut étudier à ce pcnnt de vue les deux salles qui sont appelées à Edfou et à Dendérah le trésor du temple (1). Le roi se présente à la porte de la chambre, tenant en main un coffret dans lequel sont enfermés des lingots d'or et d'argent, des pierres précieuses. Dans TintérieyST, il est représenté offrant à la divinité des colliers , des sistres, des coiffures enrichies de pierreries, des miroirs, des sceptres. Dans les autres chambres (2) qui sont le laboratoire du temple, le m.bffre les huiles, les essences, les aromates qu'on ^f 'prépare et qui doivent servir soit à parfumer le temple, soit à oindre les statues de^ dieux. En quelques circonstances, malheureusement trop rares, on y trouve même, réparties en plusieurs tableaux, les diverses scènes successives d'une action commune. Quand on entre dans le temple de Dendérah par la magniflque salle aux vingt-quatre colonnes, on trouve immédiatement à droite en entrant quatre tableaux qui méritent de fixer l'attention. Avant de
rémonies que le roi devait y célébrer successivement. Le roi se présentait au côté droit de la porte, parcourait la salle dans tout son pourtour, et sortiût par le côté gauche. Des statues étaient disposées dans la chambre. Le roi ouvrait la porte du naos où elles étaient enfermées. Dès que la statue^pt^vaissait à ses yeux il lui offrait l'encenSf il enlevait le yétMoent qui la couvrait, il lui imposait les mains, il la parfumait, ll4a recou-
iva/£ de son vêtement, etc., etc.
^y Halle j du plan de Dendérah ci-joint.
^ ««^^« F du plan de Dendérah ci-joint.
pénétrer dans le lieu saint, le roi doit se soamettrc à une -sorte d'initiation. Dans le premier tableau il a les sandales aux pieds, le bâton de la marche en main; il entre dans le temple, précédé des cinq étendards qui probablement l'accompagnent dans sa route. Le tableau suivant nous montre la scène de la purification. Le roi est purifié par Teau de rinondàtion que Thoth et Horus sont censés lui verser sofis la forme de deux jets de croix ansécs. Dans le troisième tableau, le roi reçoit les deux couronnes, qui expriment la souveraineté sur rÉgypte,^ des mains de la déesse du sud et des mains de lH, déesse du nord. Après son couronnement , le roi est admis en présence d'Hathor, guidé d'un côté par Mont de Thèbes, de l'autre par Ton m d'HéliopoHs. 11 s'avance pour goûter le bonheur de contempler la majesté divine. En échange la déesse lui promet « des annales écrites pour l'éternité », c'est-à-dire une gloire éternelle (1). C'est le sujet du quatrième tableau. Des scènes épisodiques non moins intéressantes se trouvent à Edfou dans les deux premières salles. Le roi sort de son palais; il vient poser la première pierre du temple. Il façonne lui-même une brique. Il trace sur le sol le sillon qui marque la limite de l'aire du temple. Il pose une pierre dans les fondations. Il fait la cérémonie de
(1) En eatllBit dans la première salle du temple d'Edfou, on aperçoit à droite et à g^auche deux édicule^ «ti^'8c^^%> ^'«\v'&\^'s> murs entre lea colonnes de la façade. LTêôîvcvùft ^^ ôx^vw^ «sxN». bibUotbèque. Jj'édicuïe de gauche est iBu^eXÀX^ cXi^^sîox^ ^^^*=^ roi venait se iR>umettre aux cérémome» aie \«w ^.viyAr*'^^^^'
â. **• ' 42 AVANT-fllOPOS.
la présentation du temple au dieu pour lequel il Ta élevé. A cette occasion, il coupe le cou à un oiseau, etc. (1).
MaiB, à part ces scènes épisodiqnes, il est difflcile de démêler à première vue Tidée qui a présidé à la décoration d*une chambre. A la rigueur on la trouve dans les temples d'origine ptolémaïque (Dendérah , Edfou , Thèbes , etc.). Mais on la chercherait en vain dans les autres.
C. Des Mammisi. — A côté de beaucoup de temples d'époque ptolémaïque, on voit des édifices plus petits, reconnaissables aux figures monstrueuses qui décorent les chapiteaux des colonnes et paraissent comme ornement en diverses parties de l'intérieur. Les auteurs du grand ouvrage de la Commission d'Egypte ont nommé ces temples des Tf/phonium ; Champollion les a appelés des Mammisi, Scion Champollion, « on construisait toujours ces « Mammisi à côté des grands temples où une triade « était adorée ; c'était l'image de la demeure cé- « leste où la déesse avait enfanté la troisième perce sonne de la triade. »
Il est à remarquer que les figures monstrueuses dont nous venons de parler n'ont rien à faire avec Typhon, le dieu du mal et l'éternel ennemi d'Osiris. Le dieu ainsi figuré s'appelle Bés en égyptien. Loin de présider au mal , il est le dieu qui symbolise la
^^y ^ouF des acèneë Aoalugues, voyez \ft re|^»tx« \xit«t\««» «a oatraat à droite dans ia salle B du tempU de \>èixdikt«ii.
PRÉPARATloJl' AU VOYAGE. 43
joie , la danse , et c'est à ce titre qu'il parait si souvent sur les objets de toilette. C'est à ce titre aussi que ses images sont sculptées sur les murailles des Mammisi, On voit par là combien l'appellation de Typhonitmi est impropre. Les Typhonia dont parle Strabon à propos de Dendérab seraient plutôt les diverses parties du désert affectées à la nécropole.
D. Des cartoaches royaux. — On ne peut faire un voyage dans la Haute-Egypte sans savoir ce que c'est qu'un cartouche. Un cartouche est cet encadrement elliptique terminé par une base qu'on remarque sur toutes les murailles des temples égyptiens et dont d'autres monuments nous offrent de fréquents exemples. Le cartouche est toujours un nom de roi, ou de reine, ou, en certains cas, de princes et de princesses. Quand il s'agit des rois , les cartouches vont le plus souvent par deux. Le premier est ce qu'on appelle le cartouche-prénom ; le second est ce qu'on appelle le cartouche-nom. Habituellement le cartouche-prénom est précédé des titres de roi de la Haute et de la Basse-Egypte, le cartouchenom du titre le Fils du Soleil.
D'autres titres, tels que celui de seigneur des deux mondes, seigneur des diadèmes, les remplacent quelfois.
Le plus souvent les cartouches reposent sur leur base et prennent la position verticale. En certains cas, cependant, que légitiment les w&^^^'s» ^'è.^^^^tare égyptienne, ils peuvent fette ç.awOûfe?5».
Quand on visite un temp\e , W la\x\.Vo>û\^^^^'^^'^
attention aux cartouches. Ils donnent la date du monument.
E. Résumé des époques les plus connues de l'histoire égyptienne. — Les cartouches connus jusqu'à présent sont extrêmement nombreux, et, pour un voyage de la Haute-Egypte , il n'est pas nécessaire de les connaître tous. Au risque de quelques redites, nous résumerons ici les époques et les noms en présence desquels un voyage de la Haute-Egypte fait le plus souvent rencontrer le visiteur.
Dans un voyage de la Haute-Egypte on ne trouve rien des trois premières dynasties, excepté peutêtre la Pyramide à degrés de Saqqarah. Les Grandes Pyramides (Chéops , Ghéphren , Mycérinus) sont de la IV''. Le tombeau de Ti, le tombeau de Phtahhotep et, en général, tous les tombeaux qu'on visite à Saqqarah , sont de la V®. Pour trouver la VI", il faut s'arrêter en quelques localités peu fréquentées, comme Zawiet-el-Maïtin, Qasr-es-sayad , les rochers au fond du cirque d'El-Kab, etc. La nécropole d'Abydos a fourni au Musée de Boulaq de bonnes stèles de la VI^ dynastie.
La VII°, la VIII», la IX«, la X« dynastie? correspondent à un vide complet. Aucun monument connu n'y prend date d'une manière certaine.
La XI" dynastie est une renaissance. Thèbes devient capitale pour la première fois. La partie de la /jécropo)e de Thèbes, appelée Drah-abou'1-neggah , ^'^i /'r/npiucemcni des tombes de VdW* d^ug^sUc. /'rv j'//o dynasUe est représeaicc ^at \e* Votcùù^^
de Béni-Hassan, et on trouve fréquemment les noms de ses rois dans la nécropole d'Abydos. PiMidant les fouilles que nous avons faites à Kamak, nous avons découvert des débris assez nombreux de statues et de tables d'offrandes appartenant à cette époque.
La XIII'^ et la XTV" dynasties ont laissé peu de souvenirs. C'est à peine si quelques cartouches de leurs rois figurent sur des scarabées et sur des statues trouvées dans la nécropole d'Abydos. Près d'Assouan et dans l'île de Séhel (première Cataracte) des noms de rois de la X1I1« dynastie sont sculptés sur des rochers.
Les Pasteurs occupent les trois dynasties suivantes (XV«, XVI®, XVII«). Ici grand vide monumental. La vie nationale est éteinte. On ne trouve de iou venir des Pasteurs que dans la Basse-Egypte et particulièrement à San (la Tanis de la Bible). Thèbes à elle seule résume la XVIII% la XIX% la K® dynasties. L'Egypte renaît après l'expulsion des isteurs et la civilisation prend un essor consirable. On agrandit Kamak. On bâtit Deir-el-Bari, Louqsor, le temple de Qoumah, le Ramesm, Médine{-Abou. Dans la vallée de l'Ouest et à »-el-Molouk on creuse les souterrains destinés à snir les tombeaux des rois de ces trois dyies.
XXI® dynastie est double. A Thèbes les grands- •es d'Ammon usurpent le i^ownq>\ï ^\. ^^ IwjN» %mer rois. Ih achèvent \e \.erû.^\^ ^^ Çîùsy«^« it ce temps la dynastie \ègW\m^ x^^^«^ ^'^•^-
nis. Elle ajoute quelques constructions au temple de cette ville.
De la XXIP dynastie à la XXVI«, on trouve peu de traces monumentales. Cette période est remplie par de grandes luttes , soutenues à la fois au nord et au sud. Le mur dit des Bubastites à Kamak est de la XXll^ dynastie. Une partie du mur méridional de Kamak et un petit temple bâti au nord, précisément au pied de Tenceinte , portent le nom de Sabacon et de Tabraka, rois Étbiopiens de la XXV®.
La XXYP dynastie (troisième renaissance) s*est peu occupée de la Haute-Egypte. Elle règne à Saîs. On trouve, cependant, des noms de ses rois sur la colonne pencbée de la grande cour de Kamak et sur les grosses colonnes de Louqsor.
La XXVIl» dynastie est aux Perses. La XXVIII% la XXIX®, la XXX® répondent à une époque agitée pendant laquelle TÉgypte, préoccupée de la présence des Perses , songe à toute autre chose qu'à construire. Les Perses laissent quelques souvenirs sur les rochers de la vallée d'Hamamât, près de Qéneb. On rencontre des souvenirs épars d'Achoris, de NéphéritèS) sur les murs de Médinet-Abou et dans les hypogées d*Abd-el-Qournah. Nect|ipébo U élève quelques constructions (les plus anciennes qu*on y trouve) dans Tlle de Philœ.
La XXXI® dynastie est de nouveau aux Perses. Darius
règne ; il est renversé par Alexandre qui commence
/a XXXll^, Son /ils Alexandre II constmit la porte
^^onUes montants sont encore débovil ^^V^^liantine.
Philippe restaure Je sanctuaire de gramX. di^ Y^Ttvcàk.
PRÉPARATION AU VOYAGE. 'kl
Viennent les Ptolémées. Philadelphe (Ptolémùo II) 3nstruit une partie importante de Philœ ; il s'cmare pour y graver ses cartouches de quelques pans e mur laissés inoccupés par ses prédécesseurs dans is immenses constructions de Karnak. Évergète 1^^ Holémée III) fait élever en avant du temple de bons, à Tlièbes, la porte monumentale qui fait endant à l'autre porte située au nord et due ùga- (ment à ce prince. Philopator (Ptolémée IV) fonde ir la rive gauche du Nil à Thèbes le joli petit ternie de Deir-el-Médineh; il commence l'admirable lifice qu'on voit à Edfou. On trouve à Philœ les irtouches d'Épiphane (Ptolémée V). Philométor tolémée VI) parait à Philœ , à Karnak ; on lit son >m au fond de la salle hypostyle d'Esneh. Éverte II (Ptolémée IX) bâtit le petit temple situé à lest du temple de Ghons à Karnak ; il grave ça à ses cartouches sur des murs inoccupés à Mé- 3t-Abou, à Deir-el-Médineh, à Karnak; il contila construction d'Edfou et de Philœ; il cornée la construction d'Ombos et du spéos d'El-Kab. p U (Ptolémée X) et Alexandre (Ptolémée XI) hent sur les traces de leurs prédécesseurs et ipent paHiculièrement d'Edfou. Le dernier de inces fonde Dendérah. A Ombos , à Edfou , k rah, à Philœ, on trouve des traces nombreuses nysos (Ptolémée XIII). Le fils de Cléopâtre, Cé- 'Ptolémée XVI), figure àDendérahetàErment.
d rÉgypte devient romaine , Ve% ^tm^^^^vsx'î* ut à titre de successeurs dfc?» W^x^wva» ^ la XXXiy^ et dernière dym^Xi^- Vfc^ ^^^
pereurs suivent les traditions des Ptolémées. Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron, continuent la décoration de Dendérah , dont Tibère fonde le magnifique pronaos. Les noms des mêmes princes se trouvent à Philœ , à Esneh. Néron paraît à Ombos , Nerva à Esneh , Trajan au Mammisi de Dendérah , Adrien à Philœ , Maro-Aurèle à Esneh. Décius (250 de notre ère) est le dernier empereur dont le nom paraisse sur les monuments. Après lui la chaîne est brusquement rompue et ne se renouera jamais.
En résumé , le voyageur qui ne veut pas approfondir le sujet peut se contenter de retenir les noms dès dynasties et des localités que nous indiquons ici.
IV® dynastie. Pyramides.
1V«, V" dynasties. Saqqarah.
XII« dynastie. Béni-Hassan. Nécropole d'Abydos.
Xlll*' dynastie. Nécropole d'Abydos.
XVIII», XIX% XX« dynasties. Thèbes et ses deux rives.
XXll® dynastie. Le mur des Bubastites à Kamak.
XXV« dynastie. Petit temple de Sabacon au nord de Kamak.
XXVI® dynastie. Colonnes à Kamak et à Louqsor*
XXVIl® dynastie. Rochers d'Hamamât.
XXXII** dynastie. Porte à Éléphantine , Sanctuaire de granit à Kamak.
XXX111<' dynastie. Les Ptolémées à Dendérah, Ermeni , Esneh , Ombos , Philœ.
A'ÀXIV^ dynastie. Les Em[>ereviTs^\i^Ti^fe\^«X.îi. Esneb.
De toutes ces familles royales, celles qu'on appelle la IV«, la XII% la XVIU«, la XIX«, et les Ptolémées ont incontestablement laissé le plus de traces sur le sol égyptien.
F. Recommandations aux Toyageurs pour la consenration des monuments. — L'importance des monuments qui couvrent les rives du Nil n'a pas besoin d'être démontrée. Ils sont pour l'Egypte les témoins de sa grandeur passée et comme les parchemins de son antique noblesse. Ils représentent pour les étrangers les pages déchirées des archives de l'un des peuples les plus glorieux du monde.
Mais, plus les monuments de l'Egypte sont précieux, plus il faut tenir à les conserver. De leur conservation dépend en partie le progrès de ces belles études qui ont pour objet l'histoire de l'Egypte ancienne. Il faut aussi les conserver, non pas seulement pour nous qui en jouissons aujourd'hui , mais pour les égyptologues de l'avenir. Il faut que dans cinquante ans , dans cent ans, dans cinq cents ans, rÉgypte puisse encore montrer aux savants qui viendront la visiter les monuments que nous décrivons ici. Ce que la science à peine née du déchiffrement des hiéroglyphes en a tiré, est immense. Que sera-ce quand plusieurs générations de savants se seront appliquées à l'étude de ces admirables ruines , de plus en plus fécondes à mesure qu'on les connaît mieux?
Aussi ne cesserons-nous de recotoiîiajûÔL^t ^^^^ ^'^~ siteurs de la Haute-Egypte de s'ab^VemT ^^ ^^'^ ^"^
fantillages qui consisteht à écriro des noms sur des monuments. Qu'on visite l'intériour du tombeau de Ti , à Saqqarah , et on verra que ce tombeau a plus souffert par la main des visiteurs depuis dix ans, que pendant les six mille ans de sa durée antérieure. L'admirable tombe de Séti P', à Bab-el- Molouk , est à peu près perdue , et c'est à peine si nous réussissons à obtenir que le mal ne devienne pas plus grand encore. Je ne sais si M. Ampère, qui visitait TÉgypte en 1844, n'a pas dépassé la mesure dans ces lifi^nes que j'extrais de son journal de voyage. Mais je ne les transcris pas moins pour montrer à quels jugements s'exposent ceux qui , innocemment peutrêtre , gravent leurs noms sur les monuments : « La première chose qui frappe en u approchant du monument (la Colonne de Pomu pée) , ce sont des noms propres tracés en carac- « tères gigantesques par des voyageurs qui sont i( venus graver insolemment la mémoire de leur « obscurité sur la colonne des siècles. Rien de plus « niais que cette manie renouvelée des Grecs qui '( flétrit les monuments quand elle ne les dégrade « pas. Souvent il a fallu des heures de patience « pour tracer sur le granit ces majuscules qui le « déshonorent. Comment peut-on se donner tant « de peine pour apprendre à l'univers qu'un homme i< parfaitement inconnu a visité un monument, et « que cet homme inconnu l'a mutilé? » Je recomyiiatide la Jecture de ces lignes au jeune voyageur 'intén'cain qui, en i870, a visité Ua T\ù\ie% dô la ^^aute^Égypte, un pot de goudron î\ \a. m^Àxv, «X ^
laissé sur tous les temples des traces indélébiles son passage.
G. Recommandations aux voyageurs en faveur de papyrus. — Nous n'avons aucune recommandatioi à faire aux voyageurs qui désirent acheter des antiquités et les emporter comme souvenir de leui* visite aux ruines de la Haute-Egypte. Il y en a d'excellentes fabriques à Louqsor.
Mais aux visiteurs qui voudraient employer utilement leur voyage je recommanderai les papyrus. 11 n'est pas, en etfet, de monuments qui aient plus de prix que les papyrus. On sait toujoui*s à peu près ce que peut donner un temple, ce que peut donner un tombeau. Avec les papyrus on entre lans l'inconnu. Tel papyrus peut se trouver qui oit plus important qu'un temple tout entier, et il st certain que si jamais une de ces découveiles qui mouvellent la face d'une science est faite en égyplogie , c'est à un papyrus qu'on le devra.
Les fouilles étant interdites en Egypte et pas un nan n'ayant été donné , on serait tenté de croire \ les occasions d'acheter des papyrus ne se prêtent jamais. Elles se présentent quelquefois, s les voyageurs de la Haute-Egypte ont vu ces hs qui travaillent dans les parties des ruines où nurs de briques crues sont en démolition. Ce . viennent y chercher, c'est la poussière proveie l'émiettement des briques c^'\V^ ^\!«^^vs^ e engrais. Mais de temps k %.\x\x^ wxxfc X^^^^sn». ' leur arrive, et il n'est pas Taxfe oo^^ ^^'^ ^^
pyrus aient été ainsi trouvés. Il ne faut pas oublier non plus que, malgré toutes les interdictions, des fouilles clandestines sont pratiquées, particulièrement à Thèbcs , et que là aussi , au milieu de bien d'autres monuments , des papyrus peuvent ôtrc découverts. C*est aux voyageurs à s'informer, à interroger, non-seulement à Thèbes, mais sur la plupart des points où la dahabieh s'arrête. La belle collection de M. Harris d'Alexandrie a été ainsi formée, cbemin faisant, et M"' d'Orbiney a acheté par hasard le papyrus qui est maintenant au Musée Britannique et qui a rendu son nom célèbre. Dans l'état actuel des études égyptiennes, on ne peut pas rendre à la science un plus grand service qu'en sauvant les papyrus que le hasard fait tomber entre les mains des fellahs et qui, tôt ou tard, sont détruits si on néglige de les recueillir.
//. Bibliothèque de voyage. — Il serait à désirer qu'une petite bibliothèque, destinée à mettre les voyageurs au courant des questions générales qui regardent l'égyptologie, fût déposée à bord do tous les bateaux. On la composerait ainsi qu'il suit :
Carte topograpkique de l'Egypte, levée pendant
l'expédition de l'armée française, par le colonel Ja-
cotin , carte jointe au grand ouvrage do la Com-
injsswn d'Egypte, mais se vendant séparément
r^7 feuilles).
C^rte hydrographique de la Basse , de la Mo>jetw.e
PRÉPARATION AU VOYAGE. o\i
et de la Haute-Egypte, par M. Linant de Bellcfouds (4 feuilles). Paris, Longuet, rue de la Paix, 5.
Précis du système hiéroglyphique, par Champollion. Paris, à l'Imprimerie royale, 1828.
Lettres écrites d'Egypte, par Champollion, 2"'' édition. Paris, Didier, 1868,
Grammaire égyptienne, par Champollion. Paris, Didot, 1836.
L'Egypte ancienne, dans Y Univers pittoresque ^ par GhampoUion-Figeac. Paris, Didot, 1839.
Voyage et recherches en Egypte et en Nubie, \mv L'S. Ampère. Paris.
Manners and customs of the ancient Egyptians, par sir Gardner Wilkinson , I'® série, 3 vol. Londres, 1837; 2™® série, 2 vol. et I vol. de planches. Londres, 1841.
Modem Egypt and Thebes, being a description of ^QVPi» par sir Gardner Wilkinson, 2 vol. Londres, 1843.
The Egyptians in the time of the Pharaons, par sir Gardner Wilkinson. A cet ouvrage est joint un appendice sous le titre de An introduction to the study of the Egyptian hieroglyphs, par S. Birch, Londres, 1857, excellente préparation à l'étude des hiéroglyphes.
Beiseberichte aus ^gypten, pat ^. ^\:\yç;y5çv.Vfc>^sJk, Brockhaus, i8o5.
54 AVANT-PBOPOS.
Histoire (VÉgypte dés les premiers temps de son existence jusqu'à nos jours, première partie comprenant r Egypte sous les rois indigènes, par H. Brugscli. Leipsik, Henrichs, 1850.
Manuel d'Histoire ancienne de l'Orient jusqu'aux guerres médiques. Les Égyptiens, tome 1°', par M. François Lenormant. Paris, A. Lévy , \ 869.
Histoire ancienne des peuples de V Orient, par G. Maspero. Paris, Hachette, i875.
Dans cette liste ne flgurcnt pas les ouvrages qui ont fondé sur des bases si solides la réputation de M. de Hougé, de M. Brugscli, de M. Gliabas, de M. Goodwin, de M. Lepsius, de M. Bircli, de M. Maspero, de M. Picrret, de M. Grébaut, de M. Naville; ou n'emporte pas ces travaux de haute portée dans une excursion sur le Nil, et les voyageurs qui sont désireux de les étudier sont précisément ceux qui sont assez avancés déjà pour que nous n'ayons pas besoin de les leur indiquer.
Le chemin de fer, qui met en communication Alexandrie et le Caire , ne fait plus de la première de ces villes qu'une station de la route qui, de Marseille, de Brindisi, de Trieste et de Constantinople , amène les voyageurs en Egypte. On ne s'arrête pas à Alexandrie. Le véritable voyage d'Egypte commence au Caire.
On vient en Egypte , parce que l'Egypte est l'Orient, parce que l'Egypte est un de ces pays illustres qu'un homme d'éducation ne peut plus se dispenser d'avoir vu; mais on y viendrait certainement beaucoup moins si, au-delà du Caire, il n'y avait pas comme attrait principal du voyage la Haute- Egypte, toute resplendissante de. ses ruines.
C'est à Assouan que la plupart des voyageurs de la Haute-Egypte s'arrêtent. Quelques-uns franchissent l«r première Cataracte et vont jusqu'à Ouady- Halfa. Cet Itinéraire ne s'adresse (\vl'à. ç.^\i3w ^^'^^xiv teurs qui se contentent de VaàïmT^X^ SV^ \^'^\î^ comme limite extrême de leur \o^^^^ ^wxX'^'^^
Le chemin do fer do la Kaut«-Égypte no dépas; pas encore Hinich (1), et, du Cairo à Minieli, il n'y l'ion à visiter. Au-delà de Minicli, des routes existe ii mais on ne trouve ni hûtels, ni voitures, ni monti rcs capables d'un trajet suivi. Quand on se décide tm voyage de la Haute-Egypte , on no peut dot lif^siter sur le choii des moyens de transport. I .Nil est la seule grand'route de l'Egypte, et, par co séquent, dès son arrivée au Caire, le visiteur de s'enquérir, soit de la dahabieh, soit du bateau vapeur qui va le conduire au but du voyage et ramener.
Mais, en attendant que les préparatifs soient acli vÉs, ou peut, sans presque quitter le Cairo, rayoi ncr autour de la ville et aller visiter successivome: en une excursion d'un jour quelques lieux antiqu qu'on trouve aux environs.
Nous commencerons par ces derniers.
(1) Il vu aujourd'hui ju*qu'b Siont (ddm de la 3* édjlioa).