RELIGION
Un auteur de la fln du m® siècle, Jamblique, présente les Égyptiens comme croyant à un dieu unique, universel, incréé. S'étant produit lui* même, il n*a pas de commencement. Il est antérieur à tout ce qui existe. Puis Jamblique ajoute que , au-dessous de ce dieu suprême , sont rangés d'autres dieux qui expriment ses attributs divinisés. Ainsi Ammon est cette force cachée dans la nature qui amène toutes choses à la vie. L'esprit intelligent qui résume toutes les intelhgences , c'est Imouthès. Phtah est le démiurge qui accomplit toutes choses avec art et vérité. Osiris est le dieu bon et bienfaisant. Si Jamblique est l'écho fidèle des traditions égyptiennes , il faudrait donc penser qu'un monothéisme particulier, détourné de sa voie par la croyance à des dieux subalternes personnifiant les qualités de l'Être^ a été le fondement de la religion de l'Egypte.
Les monuments y de leur cMfe, \^%^et^ ^^^xças^<svx^ quelques traces de cette croyance, k 'l^-Kxsvax:^'^ Atea est souvent nommé le dievi'^xv, h.'W^^'^
3t AVANT-PaOPOS.
Mcmphis , Ammon et Phtah sont revêtus des attributs du dieu suprême. Ammon est son propre pore k lui-môme. II est le dieu générateur dès le commencement, rÊtre double, à la fois père et mère et existant dès Fétemité.
Sur cette base s^élevait tout Tédiflce de la religion égyptienne. Au seul initié du sanctuaire , on réservait sans doute la connaissance du dieu abstrait, du dieu caché dans les profondeurs inaccessibles de son essence. Mais à Tadoration moins épurée du peuple, au peuple qui a besoin d*un dieu en quelque sorte palpable et tangible, on offrait les images des divinités gravées sur les murs des temples. Voilà les idées qui sont acceptées jusqu'à présent dans la science , et le passage classique sur lequel tout repose est le passage de Jamblique.
Malheureusement, plus on étudie la religion égyptienne, plus le doute s'accroît sur le caractère qu'il faut lui attribuer déflnitivement. Une source extraordinairement féconde de matériaux vient d'être mise à notre disposition par le déblaiement des temples de Dendérah et d'Edfou. D'une extrémité à l'autre, ces temples sont couverts de légendes et se présentent avec toutes les apparences de deux livres qui traitent ex professa de la reUgion, en général, et, en particulier, des dieux auxquels ces temples sont dédiés. Mais, ni dans ces temples, ni dans ceux qui nous sont connus depuis longtemps , n'apparaît le c^/'ei/ unique de Jambliqne. Si Ammon est à Thèbes <' /e premier du premier », si P\ila\i es\. li ^^m^Uia /c parc des êtres ^ sans commencement m^u^ ^'^^V
que tous les dieux égyptiens sont revêtus séparément des attributs de l'Être. En d'autres termes, on trouvera partout des dieux qui sont immortels et incréés; mais on ne trouvera nulle part le Dieu unique, invisible, sans nom et sans forme qui plane au sommet le plus élevé du panthéon égyptien. Le temple de Dendérah aujourd'hui exploré dans la plus cachée de ses inscriptions n'en fournit certainement aucune trace. Ce qui semblerait plutôt ressortir de l'étude de ce temple, c'est que, chez les Égyptiens, l'univers était Dieu lui-môme et que le panthéisme formait la base de la religion. Nous serions donc porté à modifier dans ce sens les idées générales que nous avons émises dans la Notice du Musée (4® édition , p. 20). « La théologie des Egypte tiens, chez qui Orphée a puisé la sienne, dit « Eusèbe dans sa Préparation Évangélique , recon- « naissait que l'univers est Dieu formé de plusieurs « dieux qui composent ses parties . » Au passage de Jamblique il feindrait ainsi substituer, comme autorité classique , le passage d'Eusèbe.
Quoi qu'il en soit et quel que soit le point de vue sous lequel on doit considérer les dieux égyptiens , ces dieux ne recevaient pas dans toute l'Egypte un culte égal. Ammon régnait à Thèbes, Phtah à Memphis, Ghnouphis à Éléphantine, Horus à Edfou, Hathor à Dendérah, Neith à Sais , Soutekh à Tanis. L'Egypte était ainsi divisée en districts religieux comme elle était divisée en distrieU ç^^^^t^.^^avo^^'SiN chacun de ces districts avait son e\\V\,^ XçicaN. ^ ^"^ ^^'^ dieux se partageaient ainsi le go\ïveTTi.cuv«îi^ ^^^
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gieux du pays. Une exception était faite, cependant, en faveur d'Osiris. Dieu du monde de» âmes, Osiris était le dieu universel et régnait également sur toutes les parties de l'Egypte.