ESNEH
daciion des textes est si mauvaise, si entrecoupée de jeux de mots, de calembours, de lettres détournées de leur valeur, qu'il faut une attention soutenue et presque une aptitude spéciale pour deviner le sens des phrases qui se cachent sous la pitoyable écriture dont nous avons des échantillons sous les yeux. Au plafond, cependant, on aperçoit des chapiteaux de colonnes qui, à travers l'enduit de fumée noire dont ils sont recouverts, laissent voir un travail soigné et délicat, et une pureté de forme qui , dans un temple de cette époque , semble dès l'abord assez étonnante. C'est que l'architecture n'a pas suivi dans leur chute rapide la gravure et la sculpture. Peu de temps après l'avènement des Ptolémées, la gravure et la sculpture ont, en effet, toujours été en déclinant, comme si les Grecs n'avaient pu s'habituer à ces formés conventionnelles et toujours un peu en dehors de la nature que la tradition imposait à ces deux arts. L'architecture, au contraire, s'est émancipée. Elle est entrée dans une voie nouvelle où elle a presque tout gagné. La colonne a pris de la grâce. Sans renoncer encore au principe des architraves monolithes et, par suite, sans se décider à élargir ses entre-colonnements, elle monte plus hardiment vers les plafonds. C'est surtout dans les chapiteaux que rinûuence est manifeste. Certes le beau bouquet de lotus épanouis qui , à Philœ par exemple, forme un si délicieux motif de chapiteaux, est déjà en germe à Médinet-Abou et à Karii^k. UaÀ&>^wtô.Nî^'^^^'^^^^ ces anciennes formes son\. mo^\^^^^ ^"^ x^^^xss&s
*iOt VOYAGE DANS L H AUTE-ÉG YPTË.
de nouvelles sont créées. En un mot , tés firecs ont laissé périr entre leurs mains, presque 4^9 leur arrivée en Egypte , Tart savant et traditiomiel de la sculpture en relief. L'architecture, moins hiératique, a pris, au contraire, un certain essor, puisque c'est sous les Grecs seulement que commencent à paraître , comme la manifestation d*an art transformé , la colonne qui n*a plus Tair de s'écraser sous ses architraves et le chapiteau aux lignes curieusement entremêlées dont le pronaos d*Esneh nous offre quelques remarquables exemples.
D'Esneh à El-Kab 28 kil.
D'El-Kab à Edfou 22 »
D'Esneh à Edfou 50 »
De Boulaq à Edfou 8i2 »
En Ire Esneh et Edfou ^ la seule station digne d'arrôter le voyageur est El-Kab , l'ancienne Eléthyia. El-Kab est célèbre par ses grottes et un très petit temple de la XVIII» dynastie construit dans la plaine à 3 ou 4 kilomètres de la rive. El-Kab était antrefois un point stratégique. C'est à El-Kab, en effet, que débouche la gorge c\yw. iaicvlitait les descentes des Rérouscha (les BicYian* aeVxiçX^^a^^X^^vû&^sw^tions du temps nous moulTetvV t«ln«l^ç^^xvV ^v *w««:^
le tertUgàHf égyptien. Aussi une forteresse, dont on voit'fiieQre les remparts , avait-elle été élevée à El-Kab. Elle est en briques crues et remonte pro** bablement à TAncien Empire.
Le temple d*Edfou est un de ces monuments qui s'annoncent eux-mêmes et dont aucune description ne peut donner une idée. Son magnifique pylône , son mur d'enceinte, sont uniques en Egypte. Quant au temple proprement dit, il rappelle de si près comme plan (sinon comme détails d'architecture) le temple de Dendérah qu'il n'est personne qui n'en soit frappé.
Le déblaiement d'Edfou est le plus grand travail archéologique ordonné par S. A. le Vice-Roi. Il y a quelques années le village moderne avait envahi le temple , et ses terrasses elles-mêmes étaient couvertes de maisons, d'étables, de magasins de toute sorte. A l'intérieur, les décombres s'étaient entassés presque jusqu'aux plafonds des chambres. On se rend compte de l'effort qu'a coûté le déblaiement en entrant anjou'd'hoi dans ce temple où il n'est pas une ligne de texte qui ne soit facilement accessible à la curiosité du voyageur où à l'étude du savant.
Le temple d'Edfoti a été fondé par Ptolémée IV Philopator; c'e»i À e« prince qu'appartiennent le sanctuaire et le» ehunthr^i^ qui ^entourent, la chapelle et, en géfiér^l^ toute la partie postérieure du temple propreiiieiit âiL La dééoralion de quelques saUes do centre e^i à» l^UîitU&f&NV V\»^»^^>«t .Xa.
namentale en avant de Tédiflce est de Ëvergfète II. Le conloir extérieur port les noms dn même Évergète, de Tan Plolémée XI Alexandre. Ënfln le pjlôi coré, Binon construit, sous le rogne de I Dionysos.
De curieuses inscriptions, qui occupe dtt tonhassement de Textérieur du teni] d*6tre signidlées. Nous y apprenons ( des chambres avait son nom, de tel rien ne serait plus facile aujourd'hui q stituer en hiéroglyphes le plan topogi Tédiflce. Les dimensions de ces mdnM!
en coudées et en subdivisions de coud outre données ; et comme la confronta chambres elles-mêmes peut ôlre faite que nous possédons des termes de i rigoureux entre ]es anciennes mesures et les mesures modernes. Notons enc< chitecte du temple qui s'appelait EUei 8UPhtah{Imouthé$\e grand flis de Phtah œuvre (I). Enfin n'oublions pas d'ajo autre inscription nous apprend que le t mencé sous Philopator, terminé sous a été achevé , après des interruptions des guerres, en quatre-vingt-quinze s'applique sans aucun doute à la const
(1) Ce nom ii*est pas celui de Tarchitacte du te:
à JSdfott 00 préire nommé le El-em-hotep Oêr-si
y MVêtt on prêtre nomme \e Som-ar^ >xti %:
S'hoiep-ên^ê, etc. Le ^l-«Tn-Hot«p Oer-t\-PKtaK «
mun, mt non pA« un nom pro^te. vNot* de la
prement dite et non à la décoration, puisque du commencement du règne de Philopator jusqu'à la mort de Dionysos, le dernier des rois dont le temple porte les cartouches, il s*est écoulé cent soixantedix annéçs.
Dans un coin de Tune des cliambres où il a été porté sans ancun doute par des mains relativement modernes, est un monolithe de beau granit gris tacheté qui, à juste titre, attire Tattention. A Dendérah, le Sanctum Sandorum est une niche qui occupe une paroi de la chambre du fond. Ici le Sanctum Sanctorum est le monument que nous avons sous les yeux. Les inscriptions qui le décorent en certifient la provenance et la date, et on peut affirmer que le monolithe en question avait été creusé par Nectanébo I®' (XXX® dynastie) pour servir de naos au temple maintenant détruit auquel le temple actuel succède. Il est inutile d'ajouter que, comme & Dendérah, cette sorte de châsse monumentale servait à enfermer l'emblème mystérieux qui était le palladium du temple.
Le temple d'Edfou,'sans y comprendre le pylône et le mur d'enceinte, a 40 mètres de façade et 7i met. 85 cent, de profondeur totale. Avec le pylône sa façade est de 76 mètres, et sa profondeur de i37 met. 00 cent. La hauteur du pylône est de 33 mètres, 10 mètres de moins que la colonne de la place Vendôme.
Le temple d'Edfou et le temple de Dendérak s^c^^i.
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sont si évidemment le proàaVX. ^feVa. tb&w\^ ^«sx%v.
répondant aux mêmes besoins religieux, que /> destination matérielle des parties de Tun doit être la destination matérielle des parties de Taotre. C*est ce que Tétude des inscriptions d'Edfou met hors de donte. Les prêtres s'assemblent dans la deuxième salle hypostyle : on prépare la grande procession du jour de Tan dans la chapelle; les offrandes sont emmagasinées dans certaines chambres, etc., etc. (i). Quant au pylône, rien n'indique qu'il ait jamais servi à autre chose qu'à annoncer de loin Tédiflce auquel il sert d'entrée monumentale. A la façade extérieure du pylône , on rema^ que quatre cavités prismatiques dont le fond est vertical. L'usage n'en est pas douteux. C'est dans ces cavités que l'on encastrait les immenses mftti surmontés de banderoles qui servaient à la décoration du pylône. Placés simplement sur le sol, ces mâts, qui ne devaient pas avoir moins de 45 mètres de hauteur , n'auraient jamais présenté de suffisantes garanties de solidité s'ils n'avaient été maintetenus contre le pylône par des appareils ad hoc. C'est au dépôt et au libre jeu de ces appareils que servaient celles des chambres intérieures du pylône dont les fenêtres carrées se voient au dehors dans l'alignement vertical des rainures.
(1) Voyez ci-dessus la description du temple de Dendérali, page 106.