DES MESURES HEBRAÏQUES DE LONGUEUR
Je terminerai cet écrit par quelque discussion des mesures hébraïques propres aux espaces. Cette discussion se lie d’autant mieux à ce qui précède, qu’elle fournit des preuves sur plusieurs points. Il ne paroît pas équivoque que la coudée, dite en hébreu ameh [per aleph , nieni , he) en langue chaldaïque ametha , appelée par les Grecs Trvixu; , d’où est venu le mot de pic, et autrement wXsvyî , d’où les Latins ont pris le mot àiiilna, ne soit un élément de mesure cpi’il soit très essentiel de vérifier. La mesure que cette coudée a prise ci-dessus par rapport à l’étendue du Temple paroît assez convenable pour qu’elle en tire déjà grand avantage. Voyons si elle se peut répéter d’ailleurs, ou déduire de quelque autre moyen.
Si l’on s’en rapporte au ra])bin Godolias sur l’opinion de Maïmoiiides, la coudée hébraïque se compare à l’aune de Bolo^jne ; et, de cette comparaison, le docteur Cumberland, évêque de Peterborough, a conclu la coudée de vingt et un pouces anglois et sept cent trente-cinq millièmes de pouce , comme je l’apprends d’Arbutlinot ( Traité des Poids , Mojmoies et Mesures ) ^ ce qui revient à vingt pouces et environ cinq lignes du pied de Paris , et ne diffère par conséquent que d’une ligne en déduction, de l’évaluation propre au dérah ou à la coudée égyptienne.
Mais un moyen de déterminer la mesure de la coudée hébraïque, duquel je ne sache point qu’on ait fait usage, tout décisib qu’il puisse paroître, est celui-ci ; Les Juifs conviennent à définir Xiter sabhaticum , ou l’étendue de chemin qu’ils se permettoient le jour du Sabbat, en dérogeant au précepte du xvF chapitre de Y Exode ^ v. 3o : Nulliis egrcdiatiir de loco suo die septimo ; ils conviennent, dis-je, sur le pied de deux mille coudées. L’auteur de la Paraphrase Chaldaicpie s’en explique positivement , à l’occasion du V. 6 du chap. P" du livre de Ruth. OEcumenius confirme cette mesure par le témoignage d’Origène, lorsqu’il dit que le mille , étant égal au chemin sabbatique , comprend iTTiXwv. Le Traité des Mesures Judaïques composé par saint Epi])hane, qui, étant né Juif et dans la Palestine, devoit être bien instruit du fait dont il s’agit, nous apprend que l’espace du chemin sabbatique revient à la mesure de six stades. Pour donner à la coudée en question plus que moins d’étendue , on ne peut mieux faire que d’employer ici le stade ordinaire, dont huit remplissent l’esj)ace d’iin mille romain, et qui semble même avoir prévalu sur tout autre stade dans les bas temps. La mesure de ce stade , définie à quatre-vingt-quatorze toises deux pieds huit pouces , étant multipliée par six , fournit cinq cent soixantesix toises quatre ])ieds. En décomposant ce calcul en pieds ^ on y trouve trois mille quatre cents pieds, qui renferment (juarante mille huit cents pouces. Et, en divisant cette somme de pouces en deux mille parties, chacune de ces
parties se trouve de viiijjt pouces et deux ciiicjuièmes de pouce. Or, le produit de ce calcul sembleroit en quelque sorte lait exprès ])our servir de vérification à la mesure déduite ci-dessus. Que s’en faut-il même que l’évaluation (jui vient d’être conclue ne soit |)récisément la même que celle que nous avons employée précédemment pour la coudée hébraïque , en la croyant une même mesure avec le dérali ou la coudée égyptienne? La diversité d’une ligne et un cinquième ne doit-elle pas être censée de petite considération dans une combinaison de cette espèce ? Outre que la diversité ne va pas à un deux-centième sur le contenu , il faudroit, pour que cette diversité put être regardée à la rigueur comme un défaut de précision dans l’emploi du dérah ])our la coudée hébraïque, qu’on fût bien assuré que les six stades faisoient étroitement et sans aucun déficit le juste équivalent des deux mille coudées. Il ne conviendroit pas aussi de trouver à redire à la compensation que saint Epiphane donne de six stades pour deux mille coudées, sur ce qu’il peut avoir négligé d’y ajouter un trente-quatrième de stade , ou la valeur de seize à dix-sept pieds.
Les Juifs ont eu une mesure d’espace à laquelle, outre le terme de heratli , que quelques commentateurs croient lui être propre, ils ont adapté celui de mil (ymein , jod , lained) au pluriel inilin. Ouoiqu’on ne puisse douter que cette dénomination ne soit empruntée des Romains, cela n’em]>êclie ])as que, chez les Juifs, le mille n’ait sa définition distincte et particulière, laquelle est donnée sur le pied de deux mille coudées; ce qui se ra])porte précisément à ce que dit OEcumenius , que l’on vient de citer. Plusieurs endroits de la Gérnare , indiqués par Réland [Palœstina , vol. pag. 400), nous apprennent que les Juifs compensent la mesure du mille par sept stades et demi. Le terme dont ils se servent pour exprimer le stade est ris (resch ,jod , samech ) , au pluriel risin. Il peut s’interpréter par le latin carriculiini ^ qui est ])ropre à la carrière du stade, curriculum stadiiy dans Auiu-Gelle {Noct. Atticar.^ lib. l , cap. i ). La jonc-
lion de quatre milin compose cliez les Juifs une espèce de lieue, nommée parseh {pe , resch>, samedi, he). Dans la langue syriaque , paras signilie étendre , et parseh étendue. Et il est d’autant plus naturel que ce terme paroisse emprunté de cette langue, qu’elle étoit devenue propre aux Juifs dans les temps qui ont suivi la captivité. On trouvera dans Réland ( pag. 397 ) un endroit du Talmiid c[ui donne })ositivement la définition du mille judaïque à deux mille coudées, et la composition de la parseh de quatre milles. Les deux mille coudées assujetties à la mesure précise du dérah font cinq cent soixante - neuf toises deux pieds huit pouces. En multipliant cette somme par quatre , la parseh se trouve de deux mille deux cent soixante-dix-sept toises quatre pieds huit pouces. Cette mesure ne diffère pres- ({u’en rien de notre lieue françoise, composée de deux lieues gauloises , et dont vingt-cinq font presque le juste équivalent d’un degré.
Le docte Réland, partant de la supposition que le mille judaïque n’est point différent du mille romain, et comparant le nombre de deux mille coudées dans l’un, à celui de cinq mille pieds dans l’autre , conclut la coudée à deux ])ieds et demi. Mais, quoiqu’on ne puisse disconvenir que Lé tendue de la domination romaine n’ait rendu le mille romain presque universel, toutefois il est bien certain que la mesure de ce mille ne peut être confondue avec celle qui nous est donnée du mille judaïque. Et outre que révaluation de la coudée qui résulteroit de l’équivoque est naturellement difficile à admettre, excédant la vraisemblance en qualité de coudée , une simple comparaison de nombres, destituée des rapports essentiels, ne peut se soutenir contre une définition positive, et qui éprouve des véi'ifications. Il y a un endroit de la Gémare qui définit le chemin d’une journée ordinaire à dix parsaiit (tel est le |)luriel àe parseh). Si la parseh équivaloit à quatre milles romains, il en résulteroit quarante milles. Mais les anciens ne vont point jusque là dans cette estimation : ils s’en tiennent communément à vingt-cinq milles , ou deux cents
stades, et si Hérodote (liv. v) y emploie deux cent cinquante stades, il faut avoir é^ard à ce que l’usage des stades à dix au mille est propre à cet historien en beaucoup d’endroits. Les géographes orientaux conviennent aussi sur ce nombre de vingt - cinq milles pour l’espace d’une journée commune , ce que les maronites qui ont traduit la Géographie d’El-Edrisi dans l’état ou nous l’avons, ou ])hitôt son extrait, ont noté dans la })réface de leur traduction. Et quand les Orientaux ont ])aru varier sur le nombre des milles , en marquant quelquefois trente au lieu de vingt-cinq , c’est à raison delà différence des milles, qu’ils n’ont pas toujours emj)loyés à la rigueur sur le ])ied du mille arabique, dont les vingt-cinq peuvent écjuivaloir trente ou trente et un d’une espèce pins ordinaire. Par l’évaluation qui est propre à la parseb, les dix faisant la compensation de trente milles romains , il est évident qu’une mesure sensiblement supérieure sort des bornes de ce dont il s’agit. Le père Lami a objecté à Yillalpando , sur une pareille opinion, que la coudée hébraïque égaloit deux pieds et demi romains; que, la hauteur de l’autel des ])arfums étant indiquée de deux coudées , il auroit fallu (jue la taille du prêtre qui faisoit le service et répandoit l’encens sur cet autel eût été gigantesque. 11 est constant que les convenances que nous avons rencontrées sur le local, à l’égard du Temple , n’auroient point eu lieu avec une mesure de la coudée plus forte d’environ un quart que celle qui est ici donnée. Le pied romain s’évaluant mille trois cent six dixièmes de ligne du pied de Paris , les deux ])ieds et demi renferment trois cent vingt-six lignes et demie , ou vingt-sept pouces deux lignes et demie. On remarquera même, au surplus, que Villalpando attribuoit encore au pied romain quelque excédant sur cette définition.
Je n’ai observé ci-dessus la convenance fortuite qui se rencontroit entre la parseb et notre lieue françoise, que pour communiquer à cette parseb l’idée de ce qui nous est propre et familier. Mais la même convenance entre la parseb et une ancienne mesure orientale ne doit pas être également
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regardée comme l’effet du hasard. Cette extrême convenance sera j3lutôt la vérification d’une seule et meme mesure. J’ai fait voir , dans le Traité des Mesures itinéraires , que le stade, qui revient à un dixième du mille romain, convenoit précisément à la mesure des marches de Xénophon, et qu’en conséquence de l’évaluation faite ])ar Xénophon lui-méme du nombre des stades en parasanges, il paroissoit constant que trente stades répondoient à une parasange. Cette compensation n’a meme rien que de conforme à la définition précise qu’Hérodote , Hésychius , Suidas, ont donnée de la parasange. En multipliant ])ar trente la mesure de soixante - (juinze tofses trois pieds quatre pouces, à laquelle le stade de dix au mille est défini, on aura par ce calcul deux mille deux cent soixante-six toises quatre pieds, Or, cette évaluation de la parasange n’est qu’à onze toises de la parseh; de manière que deux pieds deux pouces de plus sur la définition du stade qui sert à composer la parasange mettroient le calcul rigidement au pair. Si même on veut donner par préférence dans la supputation qui résulte de la comparaison que saint Epi- ])hane a faite du mille judaïque ou chemin sahhaticjue avec six stades ordinaires , savoir, cinq cent soixante-six toises quatre pieds, et qu’on multiplie cette valeur ])ar quatre pour avoir la parseh , on rencontrera précisément les deux mille deux cent soixante-six toises quatre pieds qui sont le produit de nos trente stades. Qui ne conclura de là que la parseh n’est autre chose que la j)arasange persane, babylonienne, comme on voudra rap[)eler ? La parseh ne renfei-me-t-elle pas en elle-même la composition des trente stades, puisque le mille judaïque , la quatrième partie de la parseh, est comparé })ar les Juifs à sept stades et demi? Ajoutons que les noms de parseh et de parasange ont assez d’affinité pour concourir avec l’identité de mesure; et que, comme les termes de et de parseh trouvent dans l’ancien langage oriental, chaldaïque, de même que syriaque, une interj)rétation propre et littérale qui ne peut renfermer de sens plus convenable à l’égard de la
t;îiose même, c’est acquérir indubitablement la sijjniïicalion ])ro])re du mot de parasange. La parseli n’étant point mentionnée dans les livres saints, il y a tout lieu de eroire (pie les Juifs ne l’auront adoptée que depuis leur captivité dans le |)ays de Babylone.
Mais remarquez quel enchaînement de convenances ! La définition de la parasange a son existence, indépendamment de ce qui constitue la parscb ; car cette ])arasange dé|)end d’un stade ])articulier, lequel se ])roduit par des moyens tout-à-fait étrangers à ce qui paroît concerner ou intéresser la parasange même, comme on peut s’en éclaircir par le Traité que j’ai donné des Mesures. La parseb , d’un autre coté, sort d’éléments absolument différents, et [)rend ici son principe de ce que la coudée égyptienne paroît une mesure de la plus haute antiquité, et dont il semble vraisemblable que le peuple hébreu ait adopté l’usage. Sur ces jirésomptions ( car juscpie là il n’y a, ce semble, rien de plus ), rap])lication de cette coudée à la parseli trouve une vérification ])lus précise qu’on ne pourroit oser l’espérer, dans ce qui se doit conclure de la mesure ([ue saint Épipliane donne de la quatrième partie de la parseb. Toutes ces voies différentes, dont aucune n’a de vue sur l’autre, conduisent néanmoins aux mêmes conséquences , se réunissent dans des points communs. On ne pourroit se procurer plus d’accord par des moyens concertés. Ou’en doit-il résulter? Une garantie mutuelle, si l’on ])eut employer cette expression , de toutes les ])arties et circonstances qui entrent dans la combinaison.
La connoissance positive de la coudée hébraïque est un des princi])aux avantages d’une pareille discussion. Il est bien vrai que le père Lami, ainsi que quelques autres savants, avoit déjà proposé la mesure du dérab pour cette coudée , mais sans en démontrer positivement la propriété , ou la vérifier par des a])plications de la nature de celles qui viennent d’être produites. Il semble même que la précision de cette mesure ait en quel([ue manière échappé au père Lami , puisque , nonobstan t sa conjecture sur le dérah ,
il conclut la coudée hébraïque à vingt pouces (liv. i, ehap. ix, sect. i) : Nos, dit -il, cubitum Hebrœum facimus vigmti pollicum.
La coudée hébraïque étoit composée de six palmes mineurs , et ee palme est appelé en hébreu tophach ( teth , phe , Jiheth). La version des Septante a rendu ce mot par celui de qui est propre au palme dont il s’agit, et que les
définitions données par Hésychius et par Julius Pollux fixent à quatre doigts. Par conséquent la coudée contenoit vingt-quatre doigts ; et c’est en effet le nombre de divisions que porte la eoudée égyptienne ou dérah , sur la colonne de Miliias , qui est le nilomètre près de Fostat ou du Vieux- Caire. Abul-feda est eité par Kircher , pour dire que la coudée légale des Juifs , la meme que régy])tienne, contient vingt-quatre doigts. Dans Diodore de Sicile ( liv. i ) , lorsqu’il parle du nilomètre qui existoit à Memphis, et qu’il appelle Nsaoa/.oTto? , on trouve mention non seulement des coudées qui en faisoient la division , mais eneore des doigts ^ (5'axTuXouç, qui étoient de subdivision par rapport à la coudée.
En conséquence de la mesure qui est propre à cette coudée , le tophach ou palme revient à trois pouces cinq lignes de notre ])ied; et j’observe que cette mesure particulière a l’avantage de paroître prise dans la nature. Car, étant censée relative à la largeur qu’ont les quatre doigts d’une main fermée, comme Pollux s’en explique, l’étude des proportions entre les parties du corps peut faire voir que cette mesure eonviendra à une statue d’environ cinq pieds huit pouces françois; et cette hauteur de stature, qui fait le juste équivalent de six pieds grecs, ])asse plutôt la taille commune des hommes qu’elle ne s’y confond. Mais si le palme,. qui fait la sixième partie de la coudée hébraïque, prend cette convenance avee une belle et haute stature, et qu’on ne sauroit passer sensiblement sans donner dans le gigantesque , il s’ensuivra que la mesure de cette coudée ne peut, en tant que coudée, participer à la même convenance. Le père Lami , en fixant la coudée héhraï(|ue
à pouces, en a conclu la hauteur des ])aLriarche8 à (juat)'e-viii<jLs pouces, ou six pieds huit pouces , ce qui est cont'oi nie en proportion à ee princii)e de Vitruve : Pes altltLidinls corporis seætæ , cuhitus qiiartœ. Sur cette proportion, la mesure prise du dérah produiroit sept pieds moins deux pouces. Si une telle hauteur de taille devient admissible, au moyen d’une distinction particulière entre la race des |)remiers hommes et l’état aetuel de la nature, toujours est-il bien constant que la mesure de la coudée en question excède les bornes que les hommes ont reconnues depuis loiqj-tem])s dans leur stature ordinaire. De manière que , relativement à la hauteur de la taille à laquelle la mesure du ])alme paroît s’assortir en partieulier, ou cinq pieds et environ huit pouees , la coudée proportionnelle n’iroit qu’à environ dix-sept pouces. Or, les rabbins j)aroissent ])ersuadés que l’on distinguoit la coudée commune de la coudée légale et sacrée, dont l’étalon éloit déposé dans le sanctuaire; et cette coudée commune différoit de l’autre par la su])pression d’un tophach. Ainsi, se réduisant à cinq tiphuchim ( pluriel de tophach ) ou à vingt doigts, et ])erdant la valeur de trois pouces cinq lignes, sa longueur revenoit à dix-sept pouces et une ligne. Quoique le ])ère Lami ait combattu la tradition judaïque sur cette coudée commune , toutefois la grande analogie de ])roportion tpii s’y rencontre lui peut servir d’appui. Le témoignage des rabbins trouve meme une confirmation positive dans la comparaison que Josèphe a faite de la coudée d’usage chez les .luifs avec la coudée attique. Car, cette coudée se déduisant de la proportion qui lui est naturelle avec le pied grec , lequel se compare à mille trois cent soixante parties ou dixièmes de ligne du pied de Paris , revient à deux mille quarante des memes parties, ou deux cent quatre lignes , qui font dix-sept pouces. Rappelons-nous , au surplus, ce qui qui a été ci-dessus rapporté d’Ezéchiel , en traitant de la mesure du Temple , lorsqu’il prescrit aux Juifs de Bahylone d’enqdoyer , dans la réédification du Temple , une coudée plus forte d’un travers de main que l’ordi-
naire. Ce travers de main n’étant antre chose cjne le palme mineur, ou tophacli, n’est-ce pas là cette distinction formelle de plus ou de moins entre deux coudées , dont la ])lus foible mesure paroît meme prévaloir par l’usage ? Mais , en tombant d’accord que la coudée inférieure étoit admise durant le second Temple , on pourroit par délicatesse, et pour ne porter aucune atteinte au précepte divin, qui ne souffre qu’un seul poids , qu’une seule mesure , vouloir rejeter la coudée en question pour les temps qui ont précédé la captivité : en quoi toutefois on ne seroit point autorisé absolument par le silence de l’Ecriture, puisque, dans le Deutéronome ( cap. iii , v. 11 ) , la mesure du lit d’Og , roi de Basan, est donnée en coudées prises de la proportion naturelle de l’homme, in cubito ^>^>^;ou, selon la Vulgate , ad mensuram ciihiti virilis manus. Bien qu’un nombre infini de mesures , qui enchérissent sur leurs ])rinci])es naturels, par exemple, tout ce que nous appelons pied, sans entrer dans un plus grand détail, autorise suffisamment la dénomination de coudée dans une mesure aussi forte que celle qui paroît ])ropre à la coudée égyptienne et hébraïque; toutefois, la considération de ces principes devient souvent essentielle dans la discussion des mesures , et il ne faut point la perdre de vue. C’est à elle ([uej’ai dû la découverte du pied naturel , dont la mesure et l’emploi ont trouvé leur discussion dans le Traité des Mesures itinéraires que j’ai donné.
Nous avons donc dans cet écrit une analyse des mesures hébraïques qui, bien qu’indépendante de toute application particulière, se concilie néanmoins à la mesure d’enceinte de Jérusalem et de l’étendue du Temple, selon que cette mesure se déduit des diverses indications de l’antiquité conférées avec le local meme. Il paroît une telle liaison entre ces différents objets ici réunis, qu’ils semblent dépendants les uns des autres , et se prêter, sur ce qui les regarde, une mutuelle confirmation.