‹ Itinéraire de Paris à Jérusalem (volume 3)Chapitre 33 sur 35 · IX · texte numérisé non relu

IX

Y a-t-il quelques caravanes dans le royaume ?

Où vont-elles ? Font-elles un commerce considérable ? Quels sont les objets d’échanges? Rendentelles quelque chose au gouvernement ?

Deux caravanes font chaque année des voyages réglés à Tunis; l’ime vient de Gonstantine et l’autre de Godemes. Celle de Gonstantine se renouvelle huit à dix fois l’année , achète de la mercerie, de la quincaillerie, des drogues, des é|)iceries, du drap, des toiles, de l’argenterie, des bijoux et des bonnets de la fa-

QUESTIONS

Le gouvernement s’estil réservé quelque brancbe de commerce ?

XP.

A quelles sommes se sont montées , l’année, dernière (1787), les exportations de Tunis pour le Levant, et les importations duLevantàTunis?

SOLUTIONS

brique de Tunis , qu’elle paie avec du bétail , des bernus et des piastres fortes coupées. Celle de Godemes fait rarement plus de trois voyages ; elle apporte des nègres, achète delà mercerie, de la quincaillerie, des toiles, d’autres articles détaillés ci-dessus , et généralement tout ce qui peut servir à alimenter le commerce qu’elle fait dans l’intérieur de l’Afrique : le gouvernement ne retire aueun droit direct sur ces caravanes.

Les branches de commerce que le gouvernement s’est réservées sont les cuirs, les cires qu’il abandonne annuellement à une compagnie de Juifs ou de Maures, moyennant une rétribution de draps, d’étoffes ou d’argent; les soudes ou barils qu’il vend au plus offrant; la pèche du thon, dont le privilège se paie annuellement vingt mille francs; celle du corail, pour laquelle la compagnie d’Afrique paie annuellement à peu près la meme somme.

XP.

Il est de toute impossibilité de calculer, même d’une manière approximative, les exportations de Tunis pour le Levant. Les douanes, dispersées dans les différents ports du

QUESTIONS. SOLUTIONS

royaume, ne tiennent que des registres informes : il se fait d’ailleurs beaucoup de contrebande, que les gouverneurs et les douaniers facilitent parce que le premier profit leur en revient.

xir etxiir.

A quelles sommes se sont montées , à la même époque, les exportations de Tunis pour l’Europe, et les importations de l’Europe à Tunis ?

xriie.

Dans quels ports ont été faits les chargements, et par les vaisseaux de quelle nation de l’Europe ou du Levant a eu lieu ce commerce ?

XIP et XIIF.

Le tableau succinct, et aussi fidèle qu’il est possible, que l’on va donner ci-après, répondra pleinement à ces deux questions.

Résultats des états de commerce de Vannée 1787.

Les marchandises que nous avons importées de Tunis montent à 5,225,844

Celles que nous avons extraites, à 4,634,531

Reste donc en excédant de p. 591,313 En résumant ces deux premières sommes qui font 9,860,375

En comparant ce total à celui du commerce actif et passif de toutes les nations étrangères,

qui monte à 5,108,477

Il résulte que la balance est

en notre faveur 4,751,898

Il en est de même des tonnages respectifs ; le nôtre monte à... T. 12,806 Celui des étrangers, à. ... T. 6,870 Le nôtre l’emporte de T. . . , 5,936

OTTESTIONS. SOLUTIONS.

Les étrangers eux-mêmes ont mis en activité une partie de nos bâtiments. Les chargements ont été faits à Tunis, Bizerte, Porto - Farina , Sousse et Gerbis; quant aux marchandises d’entrées, elles entrent toutes dans le royaume par le port de la Goule tte.

Selon la note mise au bas des Questions de M. l’abbé Raynal, il se trouve que l’importation de Marseille àTunis ne s’est élevée, enl787, qu’à 1,009,963 L, tandis que d’après l’état ci-dessus elle monte à 5,225,844 1.

La différence étonnante qui se trouve entre ces deux calculs, provient de ce qu’on n’a com|)té dans les premiers que les marchandises proprement dites, tandis qu’on y a ajouté l’argent reçu de Marseille , et les traites tirées directement sur cette ])lace, ou par la voie de Livourne ; ces deux objets se montent à 4,215,881 L; et c’est effectivement, à peu de chose près, l’excédant qui se trouve en espèces de ce calcul à celui qui a été remis d’ailleurs à M. l’abbé Raynal.

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