XIV
11 est impossible de savoir l’évaluation des propriétés en fonds de terres , ainsi que la proportion qu’il peut y avoir entre les domaines, les propriétés particulières , et la masse gé-
Y a-t-il beaucoup de propriétaires de teiTes ?
Ces propriétés sont-elles considérables et assurées?
Le gouvernement n’hérite-t-il point de ceux qui
JUSTiFlGATlVES.
QUESTIONS. SOLUTIONS
ne laissent pas d’enfants, nérale. Le gouvernement possède en
comme il hérite de tous propre Une grande partie de terres ,
ses agents ? . . , , i . i
® mais il n a aucun cadastre des pro-
priétés particulières. 11 perçoit la dîme sur les récoltes , et rien sur les fonds de terres ; de manière que tant que les champs d’un particulier restent en friche ils ne rapportent absolument rien au gouvernement. On ne voit point ici de grands propriétaires de terres comme en Europe. Toute propriété est sous la sauvegarde de la loi et n’éprouve que très rarement l’avidité du fisc. Le gouvernement, depuis c]uelque temps, et particulièrement sur la fin du règne d’Aly- Bey, s’est assez respecté lui-même pour ne pas toucher aux biens de ses sujets et même à ceux de ses agents qui, après avoir fait des fortunes assez considérables et en avoir joui paisiblement , en ont laissé la propriété à leurs héritiers.
Les Hanefis ( ce terme générique désigne les Turcs et les Mamelueks ) qui meurent sans enfants ou autres héritiers légitimes peuvent disposer , selon la loi , du tiers de leurs biens , et le fisc hérite du reste.
11 hérite aussi de tous les Melckis ( ce sont des Maures ) qui ne laissent point d’enfants mâles ; et si les héritiers sont des filles, le fisc entre en partage avec elles selon la loi. On
ITIJN, X. II.
OIJESTIONS.