PREMIER MÉMOIRE
Je diviserai celte introduc
+ . tion en Là 0 mier, je prendrai l’histoire deux mémoir
de Sparte et d’Alhèn nduirai jusqu’à
Chandler et Leroï ont, il est vrai, parlé k ne âge ; mais le tableau tracé par ‘In d'être complet, Ils se sont con-
en profitant de leurs travaux, je (âcherai de suppléer à ce qu’ils ontomis.
Quant à l'histoire de Jérusalem, elle ne présente aucune obscurité dans les siècles barbares ; jamais on ne perd de vue la ville sainte. Mais lorsque les pèlerins vous disent : « Nous nous ren- « dimes au tombeau de Jésus-Christ, nous entrâmes dans la « grotte où le Sauveur du monde répandit une sueur de sang, « elc., elc., » un lecteur peu crédule pourrait s’imaginer que les pèlerins sont trompés par des traditions incertaines : or, c’est un point de critique que je me propose de discuter dans le second mémoire de celte Introduction.
Je viens à l’histoire de Spartegt d'Athènes :
Lorsque lesRomains commencèrent à se montrer dans l’Orient, Athènes se déclara leur ennemie, et Sparte embrassa leur fortune. Sylla brûla le Pirée et Munychie (a); il saccagea la ville de Cécrops, et fit un si grand massacre de citoyens, que le sang, dit Plutarque (b), remplit toutle Céramique, et regorgea par les ports.
Dans les guerres civiles de Rome, les Athéniens suivirent le parti de Pompée, qui leur semblait être celui de la liberté : les Lacédémoniens s’attachèrent à la destinée de César; celui-ci refusa de se venger d'Athènes. Sparte, fidèle à la mémoire de César, combattit contre Brutus à la bataille de Philippes (ec); Brutus avait promis le pillage de Lacédémone à ses soldäts, en cas qu’il obtint la victoire. Les Athéniens élevèrent des statues à Brutus, s’unirent à Antoine, et furent punis par Auguste. Quatre ans avant la mort de ce prince (d), ils se révollèrent contre lui (e).
Athènes demeura libre pendant le règne de Tibère (f). Sparte vint plaider et perdre à Rome une petite cause contre les Messéniens, autrefois ses esclaves. Il s’agissaitde la possession du temple de Diane-Limnatide : précisément celte Diane dont la fête donna naissance aux guerres messéniaques. , Fr
Si l’on fait vivre Strabon (g) sous Tibère, la description de Sparte et d'Athènes par ce géographe se rapportera au temps dont nous parlons.
Lorsque Germanicus passa chez les Athéniens, par respect pour leur ancienne gloire, il se dépouilla des marques de la puissance, et marcha précédé d’un seul licteur ().
Pomponius Méla écrivait vers le temps de l'empereur Claude. Il se contente de nommer Athènes en décrivant la côte de l’Attique (1). |
Néron visita la Grèce ; mais il n’entra ni dans Athènes, ni dans Lacédémone (j).
Vespasien réduisit l'Achaïe en province romaine, et lui donna pour gouverneur un proconsul (k). Pline l’Ancien, aimé de Vespasien et de Titus, parla sous ces princes de divers monuments de la Grèce.
Apollonius de Tyane, pendant le règne de Domitien, trouva les lois de Lycurgue en vigueur à Lacédémone (().
Nerva favorisa les Athéniens. Les monuments d’Hérode Atticus et le voyage de Pausanias sont à peu près de cette époque (m).
Pline le Jeune, sous Trajan, exhorte Maxime, proconsul d'A-
* chaïe, à gouvérner Athènes et la Grèce avec équité (n).
Adrien rétablit les monuments d'Athènes, acheva le temple de Jupiter Olympien, bâtit une nouvelle ville auprès de l’ancienne, et fit refleurir dans la Grèce les sciences, les lettres et les arts (0).
Antonin et Marc-Aurèle comblèrent Athènes de bienfaits (p). Le dernier s’attacha surtoutärendre à l'Académie Son ancienne splendeur : il mulliplia les professeurs de philosophie, d'éloquence et de droit civil, et en porta le nombre jusqu’à treize : deux platoniciens, deux péripatéticiens, deux Sloïciens, deux épicuriens, deux rhéteurs, deux professeurs de droit civil et un préfet de la jeunesse. Lucien, qui vivait alors, dit qu’Athènes était remplie de longues barbes, de manteaux, de bâtons, de besaces.
(a) Ans av..J.-C. 87.—(b) Plut, in Syll ; Appian, — ee a Plut. in Vit, Brut, 44. — (ad) 41 + Plut, in Ant: 94. m4 Pme me AS de À App.; (f 25. RE Rs 4 25. De Sit. orb, lib. 9,— (a) 18. Tacit: La 4h. 2 nT = De Steele ONU Xiphe in Ner, — (k) 79: Diosez(ÿa91: Phi. in “Vite Apol. Ty. —
m) 97. Eutr.; Viet; Dio, — (n) 115, pin. : | S () 176, Capit, Dio. (J'TE Piaéjan, 118: 24, — (o) 134, Dio.; Spart.; Euseb.
Msn “5 Pa
qi
Le Poi yhistor deSolin parut vers la fin de ce siècle. Solin décrit Plusieurs monuments de la Grève. Il n'a pas copié Pline le Nattraliste aussi servitement qu'on s'est plu à le répéter
Sévère:priva Athènes d'une partie de ses priviléges ; pour Ja punir de s'être déclarée en faveur de Pesceunius Niger (a).
Sparte, tombée dans l'obsenrité- tandis qu'Athènes altirait encore les regards du monde, mérita la honteuse estime de Caracalla; ce prince avait. dans son armée un bataillon de Lacédémoniens, el une garde de Spartirles auprès de sa personne (b).
Les Seythes ayant envahi la Macédoine, au temps de l’empereur Gallien, mirentlesiége devan! Thessalonique. Les Athéuiens, effrayés, se hâtèrentde relever lesnurs que Sylla avaitabattus (c).
Quelques années après, les Hérules pillèrent Sparte, Corinthe et Argos, Athènes {ut sauvée par la bravoure d’un 4e ses ciloyens nommé Dexippe, également connu dans les lettres et dans les armes(d) z |
- L'archontat fut aboli à ceile époque, le stratége, inspecteur de
Vagora où du marehé, devint le premier magistrat d'Athènes (e).
Les Goths prirent cette ville sous le règne de Claude LE Hs
voulureut brüler les bibliothèques; mais un des Barbares S'y opposa : « Conservons, dit-il, ces livres qui rendent les Grecs si «faciles à vaincre, et qui leur tent l'amour de la gloire. » Eléodème , Athénien échappé au malheur de sa palrie ; rassembia ses soldats, fonditsur Les Goths, en tua un grand nombre, et dispersa le reste; il prouva aux Goths quê la science n'exclut pas le courage (f). |
Athènes se remit promptement de ce désastre; car on la voit peu de temps après offrir des honneurs à Constantin el en r'ecévoir des grâces. Ce prince donna au gouverneur de l'Attique le titre de grand duc, titre qui, se fixant à une famille, devint héréditaire, et finit par transiurmer la république de Solon en une principaut@othique. Pite, évêque d'Athènes, parut au concile de Nicée (g). + APR U
Constance, successeur de Constantin, après la mort de ses
frères, Constantin et Constant, fit présent de plusieurs iles à la ville d'Athènes (A). ca Julien, élevé parmi les philosophes du Portique, ne s’éloigua d'Athènes qu’en versant des larmes. Les Grégoire , les Gyrille , les Basile, les Chrysostôme, puisèrent leur sainte éloquence dans la patrie de Démosthènes (i).
Sous le règne du grand Fhéogose, les Goths ravagèrent VÉpire et la Thessalie. Ils se préparaient à passer dans la Grèce; mais ilsen ‘urent écartés par Théodore, géuéral des Achéens. Athènes reconnaissante éleva une statue à son libérateur (j).
< Honorius et Arcadius tenaient les rênes de l'empire lorsque Alaric pénétra dans la Grèce. Zosime raconte que le conquérantaper- Gt, en approchant d'Athènes, Minerve qui le menaçait du haut de la ciladelle, et Achille qui se teuait debout devantles remparts. Si l'on en Lo den Debe Alarie ne saccagea point une ville que prolégeaient les héros et les dieux (k). Mais ce récit à bien l’air dune fable. Syné:ius, plus près de l'événement que Zosime, compare Athènes incendice par les Goths à une victime que la flamme a dévorée, et dont il ne reste plus que les ossese On croit que le Jupiter de Phidias périt dans celle in-
sion des Barbares (m). x
erEIte, Argos, ls villes de l'Arcadie, de l'Élide et de la La-
Fe RP LOS le sort d'Athènes ; « Sparte, Si fameuse, dil Fr: fi poues sosime, ne put élre SAUVCE ; SES conci[oyens 1 abandon-
a Ebses chefs la trahirent : ses chets, vils ministres des
& Lrans injustes et déb pt CAR CPAS NEA TE
She ee. et débauchés qui gouvernaient l'État (x). » dé ‘IQn, en venant chasser Alaric du Péloponèse, acheva de esoler cet infortuné HER: ‘ P > © e pays.
Alüvnuïs, fille de Léon à lille de Léonce le Philosophe, connue sous le nom
(a) 191: Herodian.; Spart:; Dio.
Trebell, — (+) Chandi, Trav. — (f)
"7 4-01). hi
7e) 244 Herodiaus— (6) 260. Trebell; Zon: — (5) #61: Fi) #54, Zos..l a Per (9) 823. Liban:, Or.; Zone — (4) 337. Eurap.; + 55 Jul, Ep, ad Ath; Grez., Cyre; bas.z Chiys Os ape Bibl.
Val. - 772 Zner UT 4 :
W k TL. Los, . +3 Chaudl, inserip, ant, — Eu Sté em. à Pr. edit, — (m) Cüandi. Trav, (») Loshb de 395, Los. hi, 5, —— (0) Sy ep. Op.
nète, ces Esclavons sont les ancêtres des Maniolies, et ceux-ci
ta à sldts
d'Eudoxie (a), était née à Athènes, et ellé éponsa Théodose le Jeune (4). 3
Pendant que Lécnee tenait les rênes de l'empire d'Orient, Gen= séric:se jeta de nonveat sur V'Achaïe (b); Procone ne nous dit
invasion.
Le même:historien fait ainsi la peinture des ravages des Bar>
baros, dans son histoire secrète : « Depuis que Justinien gouverné « Pempire. la Thrace, la Chersonèsé, la Grèce, el tout le pays « qui s'étend entre Constantinople et le golfe d’Ionie, ont été ra= « vagés chaque année par les Antes, les Slavons et les Hunss
pois quel fut le sort de Sparte et d’Athènes dans cette nouvelle | ÿ 4
| « Plus de eux cent mille Romains ont été tués ou faits prison+ «niers à chaque invasion des Barbares, et les pays que j'ai « nommés sont devenus semblables aux déserts de la Seythie (c): »
Justinien fit réparer Les murailles d'Athènes et élever des lors 3 sur l'isthme de Corinthe. Dans la liste des villes que ce prince embellit et fortifia, Proccpe ne cite point Lacédémone, On re- . « marque aupres des ernpereurs d'Orient une garde laconienne ow | tzaconienne, selon la prononciation alors introduite. Cette garde, armée de piques, portait une espèce de cuirasse ornée (le figures de liou ; le soldat était vêtu d’une casaque de drap, et couvrait sa tête d’un capuchon; le chef de cette milice s'appelait Stratoz pedarcha (d). CNE De NIRC f
L'empire d'Orientavaitétédivisé en gouvernements appelés Thémata. Lacédémone devint l'apanage des frères on des fils ainés | de l'empereur. Les princes de Sparte prenaient le titre de Des=! potes, leurs femmes s'appelaient Despamnes, et le vouvernements Despotat. Le despote résidait à Sparte ou à Corinthe (2). | Fr. €
{ei commence le long silence de l'histoire sur le pays le plus fameux de l'univers. Spon et Chandler perdent Athènes de vue pendant sept cents ans : « Soit, dit Spon, à cause du défunt de | « l'histoire, qui est courte et obscure dans ces siècles-1à on que :
« la fortune lui eût accordé ce long repos (e). » Cependant on découvre dans le cours de ces siècles quelques traces de Sparte et d'Athènes. .
Nous retrouvons d’abord le nom d'Athènes dans Théophylacte Simocate , historien de l'empereur Maurice. H parte des muses” qui brillent à Athènes dans leurs plus superbes habits f), ce qui” prouve que, vers Fan 390, Athènes était encore le séjour des musées.”
! L'Anonyrhe de Ravenne , écrivain gotl qui vivait vrälsemblaz" blément au septième siècle, nomme trois fois Athènes dans sa G66 graphie (g), encore n’avons-nous de celle géographie qu'un extraits mal tait par Galatéus. rte es à à
Sous Michel LL, les Esclavons se répandirent dans la Grèce (he Œhéoctiste les battit et les poussa jusqu'au foud du Pélo soièsens Deux hordes de ces peuples, les Ezerites et les Milinges, se can" tonnèrent à l'orient et à l'occident du Taygète, qui se norumaitN dès lors Pentadactyle. Quoi qu’en dise Constantin Porphyrogé="
ne sont point les descendants des anciens Sparliates, comine ou le soutient aujourd'hui, sans savoir que ce n est qu'une opinion ridicule de Constantin Porph yrogénèle (3)..Ce sont sans doute
PARA EE RON RE Ce CTI r œs trous tr lois DO dé, No dés =) -
4) On n'a pas fait attention à l’ordre chronologique, et l’on place malà £ propos le mariage d'Eudoxie avant la prise d'Athènes par Alaric. Zouare dit qu'Eudoxie , chassée par ses frères, Valérius et Genèse, avait été obligée de fuir à Constantinople. Valérius-et Genèse vivaient paisiblement dans leur pas trie, et Eudoxie les fit élever aux dignités de l’empire. Toute cette histoirë du mariage et de la famille d'Eudoxie ne prouverait-elle pas qu'Athènes ue souffrit pas autant du passage d'Alarie que le dit Synésius, ét que Zusime Ê pourrait bien avoir raison, du moins pour le fait, 4ÿ
(2) Ce titre de despote n’était pas cependant particulier à la principauté de Sparte; et l'on trouve des despotes d'Orieut, de Thessalie, qui sett ut uaë grande confusion dans l'histoire. be ps.
(3) L'opinion de Paw, qui fait descendre les Maniottes, non des $, arr 0 A
(a) 433. Zon. in Th. 1. —(b) 430. Procop, de Bell. Vaud. lib.1, €. 5. — te) à <. ER. l c. 454 (d) 527. Procups de Ædif. Hib.'4, cap. 2; Cod, Curop age 152. Séipte — 1 SATA Voy, loin. 2: — (f) 990, L'héoph. div, 8, cap. 4, ap, Byz, Seript, — (i) 660. are Fe qi et L, — (ñ) 840. Loust. Porph, de Adimin, Luips £a
D , ces Esclatons qui changèrent le nom d'Amyclée en celui de Sclabochorion. soi?
Nous lisons dans Léon le Grammairien (a) que les habitants de Ja Grèce, ne pouvant plis supporter les injustices de Chasès, fils de Job et préfet d'Achaie. le lapidèrent dans une église d'Athènes,
endantde règne de Constantin VIE.
Sous Alexis Gomnène, quelque temps avant les croisades, nous voyons les Turcs ravager les îles de l'Archipel et toutes Les côtés de l'Occident (b). |
. Dans un combat entre les Pisans et les Grecs , un conte , natif du Péloponèse, sigrala son courage vers l’an 1085 (c) : ainsi le Pé'oponèse ne portait point encore le nom de Morée.
Les guerres d’Alexis Comnène , de Robert et de Boémond eureut pour théâtre l'Épire et la Thessalie , et ne nous apprenuent rien de là Grèce proprement dite. Les premiers croisés passèrent
aussi à Constantinople . sans pénétrer dans l’Achaïe (d). Mais,
sous le règne de Manuel Comnène, successeur d'Alexis, les rois de Sicile, les Vénitiens, les Pisans et les autres peuples occidentaux se précipitèrent sur le Péloponèse et sur l'Altique. Roger Ler, roi de Sicile, transporta à Palerme les artisans d'Athènes; has biles dans la culture de la soie (e). C'est à peu près à celle époque que le Péloponèse changea son nom en celui de Morée ; du moins
je trouve ce nom employé par l'historien Nicétas (f). Il est proz bable que les vers à soie venant à se multiplier dans l'Orient, on
fut obligé de multiplier les mûriers : le Péloponèse prit son nouveau nom de l'arbre qui faisait sa nouvelle richesse, e.
Roger s'empara de Corfou , de Thèbes et de Corinthe , et eul la hardiesse, dit Nicétas, d'attaquer les villes-les plus avancées dans le pays (4). Mais, selon les historiens de Venise, les Vénitiens secoururent l'empereur d'Orient, batlirent Roger, et l'ernpéchèrent de prendre Corinthe (4 . Ge fut en raison de ce service qu'ils prétendirent, deux siècles après ; avoir des droils sur Corinthe et sur le Péloponèse. LAN Pme
11 faut rapporter à l'an 1170 le voyage de Benjamin de Tudèle en Grèce : il traversa Patras, Corir cet Thèbes, Lil lrouva dans ie dernière ile deux male Ji qi als Ge de soie, et s’occupäient de la teinture’en p ur Fe (à, FRE EI ;
Eustathe était alars évêque de Thessalonique done encore-cultivées avec succès dans leur patrie, puisque ce Eus'uthe est le célèbre commentateur d'Hoinère. eo
Les Français, ayant à leur tête Boniface, Marquis de Mont- Fvrrat, et Baudouin, comte de Flandre: les Vénitiens, sous la conduite de Dandolo, chassèrent Alexis de Constantinople, et rétablirent Isaac l’Ange sur le trône, Ils s’emparèrent bientôt de la couroune pour leur propre compte. Baudouin, comte de Flandre eut l'empire, et le marquis de Mont- Ferrat fut déclaré roi de Thessalonique (3). Er
Dans ce temps-là, un petit (yran de la Morée, appelé Sgure, et natif de Napoli de Romanie, vint mettre le siége devant san EE lasvéque Michel coma
on a le : C «+ Let archevêque avait composé un poëme dans lequel il Comparait lAthènes de Périclès à l’Athènes du douzième siècle. [] reste encore quelques de de ce poëme manuscrit, in-4, ne 963, p. 116, à la Biblio.hèque royile. |
Quelque temps api es, Athènes Ouvri{ses portes au marquis de Moui:Ferrat; Boniface donna l'investiture de la sei 1
Br gneurie «le Thèbes el d Athènes à Uthon de La Roche ; les successeurs d’0thon prirent le litre de ducs d’Alhènes et de grands sires de Thèbes. Au rapport de Nicétas, le marquis de Mont-Ferrat porta
mais des Laconiens affranchi Û a TH TU " ee S par les Romains ; n’est fondéé sur aucune vraisemblance historique.
(4 915. Leo. Vit, Const, e, 2. — (b) 1081, Leo. Ann. Comn. 1, 7, — {e) 1085, Ann, Comn D. 11; cap. 9. — (dt) 1085 .et séq. Ann. Conn. Jibe 4 5% ut Cle, (e) 110, — ML fs = 48 su Se 140, Nièel.; An. Corn, 1, 2, cap. fi. (4) Cor, pag. 17 — {i 10, Ilinèr. Benj, Tudel. —(;) 1204, Nic, in Bald, Vire < PR
Nic, in Bald, cap. 3, | ER Hop A UE DETTE IE
que 1e tres étajen
ses armes jusqu'au fond de la Morée ; il se saisit d'Argos el de Corinthe, mais il ne put s'emparer du château de cette dernière ville, où Léon Suure se renferma (a).
Tandis que Boniface poursuivail ses succès , un coup de vent amenait d’autres Français à Modon, Gcofltoide Ville-Hardouin, qui les conrandail, et qui revenait de la Térre-Sainte, se rendit auprès du marquis de Mont-Ferrat, alors occupé an siége de Na-
oli. Geelfoi, bien reçu de Bonitace, entreprit avec Guillaume de Champlite kt conquête de la Morée (b). Le succès fépondit aux espérances; toutes les villes se rendirent aux deux chevaliers. à l'exception de Lacédémone où régnait un tyran nommé. Léon
Chumarète (e). Peu de temps après, la Morée fut remise aux Vénilieus : elle leur appartenait, d’après le traité général conclu” à Constantinople entre les croisés. Le corsaire gérois Léon de Seutrano se rendit maitre un moment de Coron et de Moon; mais il en fut bientôt chassé par les Vénitiens (?).
Guillaume de Champlite pril ie titre, de prince d’Achaïe. A la mor! de Guillaume, Geoffroi de Ville-Hardouin hésita des biens de sou ami, et devint prince d’Achaïe et de Morée (e). |
La naissance de l'empire ottoman se rapporie à peu près au
temps dont nous parlons. Soliman Shab sortit des solitudes des Tauures-Oguziens, vers l'an 1214. et s’AVatiCà vers PAsie-Mi: neure {np Démétrius Cantémir, qui nous à donné l'histoire des Tures d'après les auteurs originaux, mérite plus de confiance que Paul Jove et les auteurs grecs, qui confondent souvent les Sarrasins avec les Pyres,
Le marquis de Mont-Ferrat ayant été tué, sa veuve fut déélarée régenle du royaume de Thessalonique. Athènes, tasse apparemuent d'obêir à Qthon de La Roche ou à ses descendants, voulut se donner aux Vénitiens; mais elle fut traversée dans ce dessein par Magaduce, tyran de Morée : ainsi la More avait vraisemmblabiement secoué le joug de Ville-Hardouin oudes Vénitiens. Ce nouYeau tyran, Magaduce, avait sous lui d'autrestyrans ; car, outre Léon Suure, déjà nommé. on trouve un Étienne, pêcheur, siynore di molti stati nella Morea, dit Giacomo Diedo (y).
Théodore Lascaris reconquit sur les Francs une partie de la Morce (A). La lutte entre les empereurs latins d'Orient et les emporeurs grecs rélirés en Asie dura cinquante-sept années : Guilhume de Ville-Hardouin , successeur de Geoffioi, était devenu prince d'Achate (à); il tomba entre les mains de ce Michel Paléoloxue, empereur grec, qui rentra dans Constantino le au mois d'août de l’année 1261. Pour obtenir sa liberté, Guillaume céda à Michel les placesqu’il possédaiten Morée; il les avail conquises sur les Vénittens el sur les petits princes qui s’élevaient et disparaissaient lour à tour : ces places étaient Monembasie, Maïna, Hiérace el Misjtra. C’est la première fois qu'ou lit ce nom de Misitra ? Pachyinère l'écrit saus reflexion, sans étonnement, et p "es que sans y penser : comme si celte Misitra, petite seigneurie d'un gentilhomme français, n'était pas l'hérilière de Lacédémonce.
Nous avons vu un peu plus haut Lacédéinone parailre sous son ancien nom, lorsqu'elle était gouvernée par Léon Chamarète; Misitra fut donc, pendant quelque temps, contemporaine de Lacédémone, re #8
G illaume céda encore à l'empereur Michel Anaplion et Argos ; la conrée de Ciustérne demeura en contestation. Guillaume est cé mème prince de Morée dont parle le sire de Joinville : |
Lors vint. . ........1 Avec mainte armeure dorée, Celui qui prince est de Morée (j). *
Diedo le nomme Guillaume Vulie, en relranchantainsi }9 moitié
du nom (k).
Pachymère nomme, yers ce lemps-là, un certain Théodose,
(u) Nic. in Bald, cap- 4. — (+) tool a e: 173 et 8.; Dutang.; Hist, Const. lib. 1, = {c) Nie, ‘in Bald: :eap+ 9. — (d) Lors; Gino. Dicd, Sior, del, rep: Ven, —(e) 1210. Dicirge ilist, Const, lib. 2. — (f) 1214. Cantem, Hist, de ’etups où live 1, — (g) Died. Sur, ve e . bb. 5.-— (h) 1214. — (5).1256. Pachym. |. 1, 3 et 5. Ducange; Hisi, Const. lib, 5. &-f) AE
Lust. de samt Louis; Ducang, Annot, — (x) Died. Stor, dc:a reps de Venus 1.63 Pam, libs 2
moine de Morée, qui, ditl’historien, était issu de la race des dise de ce pays : nous voyons aussi l’une des sœurs de Jean, héritier du trône de Constantinople. épouser Matthieu de Valincourt, Franais venu de Morée.
* Michel fit équiper une flolte, et reprit les îles de Naxos, de Paros, de Céos, de Caryste et d’Orée; il s'empara en. même lens de Lacédémone, différente ainsi de Misitra, cédée à L empereur pour la rançon du prince d’Achaïe : on voit des Lacédémoniens servir sur Ja flotte de Michel; ils avaient, disent les historiens, élé transférés de leur pays à Constantinople, en considération de leur x LL is fit ensuite la guerre à Jean Ducas Sebastocralor, qui s’élait soulevé contre l'empire; ce Jean Ducas élait fils Ha turel de Michel, despote d'Occident. Michel l’assiégea dans la ville de - Duras.
Jean trouva le moyen de s’enfuir à Thèbes, où régnait un prince ,
Des Catalans, cherchant aventure sous Ja conduite de Ximenès; de Roger et de Bérenger vinrent ofcir leurs services à l'empereur d'Orient. Mécontents d’Andronic, ils tournèrent leurs armes contre l'empire. Ils ravagèrent l'Achaïe, et mirent Athènes au nombre de leurs conquêtes (a). C’est alors et non pas plus tôt qu’on y voit régner Delves, prince de la maison d'Aragon. L’his< toire ne dit point s’il trouva les héritiers d’Othon de La Roche en possession de l'Attique et de la Béotie. ÿ
L'invasion de la Morée par Amurat, fils d'Orcan, doit être pla=
cée sous la même date (b) : on ignore quel en fut le succès (4).
Les empereurs Jean Paléologue et Jean Cantacuzène voulu-: rent porter la guerre dans l'Achaïe (c). Ils étaient invités par l'évêque de Coronée et Jean Sidère, gouverneur de plusieurs-villes. Le grand duc Apocauque, qui s'était révolté contre l'empereur,
pilla la Morée,et | y mit tout à feu et à sang (d).
Reinier Accia-
juoli, Florentin,
sire Jean, que Pachymère appelle grand seigneur de Thèbes (b), et qui élait peut-être un descendant d’0thon de La Roche.
Ce sire Jean fit épouser à son frère Guillaume la fille de Jean, bà-
chassa les Catalans d'Athènes. {l gouverna cetle ville pendant quelque temps; et, n'ayant point d’héritiers légitimes, illa laissa par testament à la république de Venise (e); mais An toine , son fils na-
e pl | EN
tard du despote } Cf 16) RRN IL pp Se.
| d'Occident. : = u PQ E. | dt D ee | : qu NZ eg enleva Athènesaux Six ans après, . | Vénitiens un prince issu dé ù. JAN JA) : A téine ES l'illustre famille È UE AA de l’Atti M pee des princes de Mo- | q
rée disputa à Veceus le patriarcatde Constantinople.
Jean, prince de Thèbes, mourut; son frère Guillaume fut son hérilier : Guillaume devint aussi, par sa femme, pelite- | s fille du despote
d'Occident, prince d'une partie de la Morée, car le despote d'Occident, en dépit des Vénitiens et du prince d’Achaïe, s'était emparé de cette belle province (c).
‘ Andronic, après la mort de Michel son père, monta sur le trône d'Orient (d). Nicéphore, despote d'Occident, et fils de ce Michel, despote qui avait conquis la Morée, suivit Michel empereur dans la tombe, il laissa pour héritier un fils nommé Thomas. et une
fille appelée Zt EE. Fe à 3 roi #6 Naples moe C1 épousa Philippe, petit-fils de Charles,
aples : elle lui apporta en mariage plusieurs villes, et
ee a DoUe de pays. Il est donc Probe que les Siciliens vRe duelques possessions en Morée. ;
fort avansés sis Je trouve une princesse. d'Achaïe, veuve et despote (e) : te à qu Andronic voulait marier à son fils Jean, femme de Guillag Princesse élait peut-être la fille ou même la ] an me Prince d’Achaïe, que nous avons vu faire à guerre à Michel, père dAtdronic:
Quelques années après, un tremblement de terre ébranla Modon et plusieurs autres villes de la Morée (f).
Athènes vit alors arriver de l'Occident de nouveaux maitres.
(a) 1263. Pachym. lib. 3.— (b) 1269. Pachym. lib. 4, = (c) 1275. Pach. 1 5. — (d) 1293 Pach. 1. 9.—(e) 1300, Pachs 1, 41. — (f) 1305, Tache Ve AU ele + (D
Cuisine de Joseph et du janissaire,
Béotie, eut pour:
successeur un de ses parents nommé :
Nérius. Celui-ci fut chassé de ses États par son frère Antoine IL, etilne :
rentradanssa principauté qu'après la mort de l’usurpa-
teur (f).
Bajazet faisait alors trembler l’Europe et l'Asie; il menaçait d se jeter sur la Grèce. Mais je ne vois nulle part qu’il se soit emparé d’Athènes, comme le disent Spon et Chandler, qui ont d’ailleurs confondu l’ordre des temps, en faisant arriver les Catalans dans l’Atlique après le.prétendu passage de Bajazet.
Quoi qu’il en soit, la frayeur que ce prince répandit en Europe produisit un des événements les plus singuliers de l'histoire. Théodore Porphyrogène, despote de Sparte, était frère d’Andro- ; nie et d'Emmanuel, tour à tour empereurs de Constantinople. Bajazet menaçait la Morée d’une invasion : Théodore, ne croyant pas pouvoir défendre sa principauté, voulut la vendre aux che valiers de Rhodes (9). Philibert de Naillac, prince d'Aquitaine et grand-maître de Rhodes, acheta au nom de son ordre le despotat de Sparte. Il y envôya deux chevaliers français, Raymond de Leytoure, prieur de Toulouse, et Élie du Fossé,*commandeur de :
(1) On voit quelques traces de cette invasion dans CANTACUZÈNE, 1. I, ch. XXXIX+
(a) 1312. Pach. 1, 11, Pac. Notiz. del. due. d'Ath.; Fan, Athen, antie,; Spon. t. 1: me om. 2. — (6) 1343. Cant. Hist, de l'emp. ott. 1. 2, — {c) 1336, Cantac. l. 3. cap. pe (a) 1342. Cantae, 1, 3, cap. 74. — (e) 1370. Pac. Notis, del. duc. d'Athen.; Fanell. Ale anlic.; Mart, Crus. 1, 2, ete, —’f) 1390, jusqu’à 1400, Auct. supr, cit, — (y) 1400. er:
J Ch, de Malte. La Guillett, Lacéd. anc, et mod.
sas
che is
bref.
“cipauté de la La-
tantinople , fut le
Lioet Lune à HR. ES Sainte-Maixance, prendre possession de la RATS de bycurgue: Le traité fut rompu, parce que Bajazet, obligé de repasser 3 Asie, tomba entre les mains de Tamerlan, Les deux chevaliers, qui s'étaient déjà établis s Corinthe, rendirent celle ville, et Théo: dore remit de son côté l'argent qu’il avait recu pour le prix de Lacédémone.
Le successeur de Théodore fut un autre Théodore, neveu du premier , et fils do
cus la fit emprisonner (a). Gette malheureuse princesse avait un jeune fils, qui porla à son tour ses plaintes à Mahomet. Celui-ci, vengeur intéressé du crime, ôta l’Atlique à Francus, et ne lui laissa que la Béotie. Ce fut en 1455 qu’Athènes passa sous le joug des Barbares. On dit que Mahomet parut enchanté de Ja $ ville, qu’il ne: ra-
- vagea point, et
- qu'il visita avec
soin la citadelle. IL
exempla de toute imposition le cou-
l’empereur Em-
ventdeCyriani, si-
manuel, Théodore
tuésur le mont Hy-
IL épousa une Ita- Jienne dela maison de Malatesta. Les chefs de cetteillus-
melle, parce que les clefs d'Athènes loi furent présentées par l'abbé de
tre:maison prirent
ce couvent, Fran-
dans la suite, à cau-
cus Acciajuoli fut
se de celle alliance, le titre de ducs de Sparte (a).
Théodore laissa à son frère Constantin, surnommé Dragazës, la prin-
conie. Ce Constantin, qui monta sur le trône de Cons-
dernier empereur d'Orient.
Tandis qu’il n’était encore que prince de Lacédémone, Amurat IL envahit la Morée, et se rendit mailre d'Athènes (b). Mais cette ville retourna promptement sous la domination de la famille Reinier Acciajuoli.
L'empire d'Orient n'existait plus, et les derniers resles de la grandeur romaine venaient de s'évanouir (c); Mahomet IL était entré à Constantinople. Toutefois Ja Grèce , menacce d’un prochain esclavage, ne porlait point encore lÎes chaînes qu'elle se hâta de demander aux musulm fils du second Antoine, appela Mahomet 11 à pouiller la veuve de Nérius (1). Le sult querelles intestines à l'accroissement parli de Francus, et relégua Ja veuv
ans. Francus, Athènes, pour déan, qui faisait servir ces de sa puissance, favorisa le e de Nérius à Mégare Fran-
(1) On ignore le temps de Ja mort de Nériue :
(e) 1410. Mart, Crus, Tureo-Gæe. 1. 23 Guill. Lacid, ane. et mod. — (b) 1420. Cautem,
List, ottom, lib, 2, (e 1444. Canteim, Hit, Ollour.; Mait, Crus. Turco-Græc: lib. 4:
Chateaubriand achetant des médailles.
mis à mort quelque lemps après, pour avoir conspiré contre le sultan (b).
I ne nous reste plus à connaître que le sort de Sparte ou plutôt de Mi- Sitra J'ai dit qu’elle était gouvernée par Constantin, surnommé Dragazès (c). Ce prince, élant allé prendre à Constantinople la, couronne qu'il perdit avec la vie, parlagea la Morée entre ses deux frères, Démétrius et Thomas. Démétrius s'établit à Mi-
. sitra, et Thomas à Corinthe (d). Les deux frères se fi rent la guerre , et eurent recours à Mahomet, meurtrier de leur famille et destructeur de leur empire. Les Turcs chassèrent d’abord Thomas de Corin-.
the. fl s'enfuit à Rome, en emportantle chef de saint André, qu'il enleva à Ja ville de Patras, Mahomet vint alors à Misitra ; il engagea le gouverneur à lui remettre la citadelle, Ce malheureux sé Jaissa séduire ; il se livra aux Mans du sultan, qui le fil scier par le milieu du corps: Démétrius fat exilé à Andrinople, et sa fille devint la femme de Mahomet, Ce conquérant estima et craignit assez cetle jeune princesse pour ne pas l'admettre à sa couche,
(a)14#4. Fanell. Ath ant,; Pacifie, Net, del due. d’At.; {c) Chicond, Hist. Ture, lib. 10, — d) Turéc-Gruc, bb 1.
Spon.; Chandl, — (9) 1458, — Ducas, Hist, c, 45. Sansow. Ann, Ture,; Mart. Crus, ,
Prois ans après cet événement, Sigismond Malatesta, prince de Rimini, vint mettre le siége devant Misitra ; il emporta la ville, mais il ne put prendre le château. et il se retira en Italie (a). Les Vénitiens descéndirent au Pirée en 146#, surprirent Athènes, la pillèrent , etse réfugièrent en Eubée avec leur butin (b) Sous le règne de Soliman er, ils ravagèrent la Morée el s'emparèrentde Coron; ils en furent peu après chassés par les Turcs(c). Ils conquirent de nouveau Athènes et toute la Morée, en 1688 ; ils reperdirent la première presque aussitôt, mais ils gardèrent la seconde jusqu'à l'an 1715, qu'elle retourna au pouvoir «des musulmans. Catherine Il, en soulevant le Péloponèse, fit faire à ce malheureux pays un dernier et inutile effort en faveur de la liberté (d).
Je n’ai point voulu mêler aux dales historiques les dates des voyages en Grèce. Je n’ai cité que celui de Benjamin -de Tudèle :
il remonte à une si haute antiquité , et il nous apprend si peu de:
choses, qu’il pouvait être compris sans inconvénient dans la suile des faits et annales. Nous venons done maintenant à Ja chronologie des voyages et des ouvrages géographiques.
Aussitôt qu'Athènes, esclave des musulmans, disparaît dans l’hisloire moderne, nous voyons commencer pour celle ville un autre ordre d'illustration plus digne de son ancienne renommée : en cessant d’être le patrimoine de quelques princes obscurs, elle repril, pour ainsi dire, son antique empire, ét appela tous les arts à ses vénérables ruines. Dès l'an 4465, Francesco Giambetti dessina quelques monumentsd’Athènes (e) [Le manuscrit de cel archi: tecte était en vélin, et se voyait à la bibliothèque Barberini , à Rome. {1 contenait, entre autres choses curieuses, le dessin de la
tour des Vents, à Athènes, el celui des masures de Lacédémone, à quatre ou cinq milles de Misitra. Spon observe à ce sujet que Misitra n’est point sur l'en peer de Sparte, comme l'avait
avancé Guillet, d’après Sophianus, Niger et Ortelius. Spon ajoute ;
« J’estime le manuscrit de Giambetti d'autant plus curieux, que
« les dessins en ont été tirés avant que les Turcs se fussent ren- « dus maîtres de la Grèce, et eussen! ruiné plusieurs beaux monu- « ments qui étaient alors enleur entier » L'observation est juste quant aux'monuments, mais elle est fausse quant aux dates : les Tures étaient maitres de la Grèce en 4465,
-Nicolas Gerbel publia à ble, en 1550, son ouvrage intitnlé :
Pro declaratione picturæ, sive descriptions Græciæ Sophiani libri septem (f). Gette description, excellente pourle temps es claire, est courte, et pourtant substantielle, Gerbel ne parle suère | de l’ancienne Grèce: quant à Athènes moderne, i] dit : Æneas Sillius Athenas-hodie parvi oppiduli speciem gerere dicit, cujus munitissimam adhuc arcem Floreutinus quidam Mahometi tradiderit, ut nimis vere Ovidius dicerit : mt
Quid Pandionæ restant, nisi nomen, Athenæ? :
O rerum humanarum miserabiles vices ! Q tragicam humanæ poteutiæ pérmutationem ! Civitas olim muris, navalibus, æilificiis, armis, Opibus. viris, prudendia atque omai sapienlia florentissima, in oppidulum, seu potius vicum, reductäest. Olim libera, et suix legibus vivens ; nunc immanissimis belluis, servitutis juyo obstricta. Proficiscere Athenas, et pro magnificentissimis overibus, videto rudera et Lamentabiles ruinas. Noli, noli nimiurm fidere viribus tuis; sed in eum confidito qui dicit : Ego Dominus Deus vester.
d Cetie àpos{rophe d'un vieux et respectable savant, aux ruines Le ne très-touchante : nous ne sanrions avoir trop de re-
la balle aent pour les hommes qui nous ont ouvert les routes de : quité,
BUPIBE] (y) Soutenait qu'Athènes n'était plus qu'une petite 50e; EXposée aux ravages des renards et des loups. Laurenberg (4), ue
dans sa Description d'Athènes, s'écrie : Fuit
(a) 1463. Guill. Lacéd. ane. et mod b 3
} - + — .b) 1464. Chandi, T 1555. Cantem. Hist. . 1. 33 Cor. Desc. À : . Trav. — (ce) 1599.
ottom 3; Cor. Desc. de la Morée. — (d 1633. Auet. supr. cit. ; ca Choiseul. Voyag. de
la Grèce. — (e) 1465. Francesco Giauibelti. —{f) 1550 € È Laurenberg. (P) 1550 Gerbal — (9) 1554. Dupinet. — (4) 1554,
guère. que
quondam Græcia. fuerunt Athenæ : nunc neque in Græcia Athez ne, neque in ips& Græcia Græcia est. | K Ortelins (a). suraomiué le Ptolémée de son temps, donna quels, ques nouveaux renseignements sur la Grèce dans son Theatrums, orbis terrarum, et dans sa Synonima Gcographia, réimprimée sous le titre de Thesaurus Géoyraphicus ; mais 1] confond al at
propos Sparte e! Misitra : il croyait aussi qu'ik n'y avait plusà © . Athènes qu'un château et quelques chaumières : Nunce casul@r
tantum supersunt quædam. r 10 PE Marlin Crusius (b), professeur de grec et de latin à l'université: de Tubinge. vers la in du seizième siècle, s'informa diligemmente du sort du Péloponèse et de lAitique. Ses huit livres, intitulés! Turco-Graæcia, vendent cômpte de l’état de la Grève depuis l'anai née 1444, jusqu'aux temps où Crusius écrivail. Le premier livret contient l'histyire politique, et lo seçoqd, | hisloire ecclésiastique | de cet intéressant Piys : les six aulres livres sont composés des lettres adressées à différentes personnes par des Grécsimodértetts Deux de ces lettres contiennent quelques détails sur Athènes qui méritent d'être connus: 6
ra 204f FA APIETA a (0) i « . 5 1
Au docte Martin Crusius, prafesseur des lattres grecques et latines à ; l’univérsite de Tubinge, et {res-élier en J.-C.
CRE 0 EX EME TS QU COS CE RTC n .
ai qui gui ne Naples ville qu floponèse pen lent « d'Athènes, j'ai sauvent yu cetle derniére ville J'ai recherché
avee soin les ehoses qu'elle renferme, l'Aréopige, l'antique
Académie, le Lycée d'Arislole, enfin le Panthéon, Cet élifice ‘est le plus élevé, et sense tous les autres en beauté, On y « voit en dehors, seul tée tout autour, Fhistoire les Grecs et des « dieux, On remarque surtou’, an-dessus de la porte principale, s des 6 je vaux qui paraissent vivants et qu'on croirait entendre « bennir 1. On dit « u ils sont l'ouvrage de Praxitèle ; l'âne et « le génie de l’homme ont passé dans la pierre A y a dans ce: « lieu plusieursautres choses dignes d'être vues Je ne parle point} « de la colline apps , sur laquelle florissent des sinples der « loute espèce, uliles à la médecine 2} golline que j'appelle le € jardin 'Adonis. Je ne parle pas non plus de la douceur dé” a air lu oné deg ur Des quypragréments d'Athènes ÿ & d'ab il aprive que ses habiigpls, tombés mainlenant dans 1aÿ « barbarie, conservent toutefois quelques souventrsidece qu'ils « ont été. On les reconnait à la purelé de leur langage : commet & des srrènes , ils eharment ceux qui les écoutent par la variété] « de leurs accents. Mais pourquoi parlerais-je davantage d'A= « fhènes, la peau de l'agimal reste; l'animal lui-même a péri eu Constantinople, 1575.
« À jamais voire ami, Théodore Zycoworas.
« Protonotaire de la grande église de Constantinople. » LA
(1) DpuaT Top VOUS CEE) cipra : je n’entends pas cela. La version! latine donne : T'anquam f.ementes in carnem humanam. Spon, qui tra= duit une partie de ce passage, s’en est tenu à la version latine, tout aussi! obscure pour m i que l'original. Spon dit : Qui semblent vouloir se repaitre de chair humaine. Je ai osé admettre ce sens, qui mé parait bizarre ; à moins qu’ou ne dise que Zygomalas lait ici allusion aux jugements de D'omèdes
Telle était cette note daus la première édition. J: m'émpresée d'y ajouter l'observation que je dois aux recherches de M. Boissonule : 26
« Les mots ppuascopévons &ydiouêus c4pra, cités dans la uote, sont « pris de lépigramme XVI d'Appolouidas. (Anal, tom. 1, pag. 336.)
Ezivoy brnyteu Dadua ratsidousv Nois Graca PP" » « fi ‘ , k Héoy 7” 2v0pouËuv apr YpIUTT IL" Y0U, :
x : Lis , 6 à Poniris paTins To/L0S 10 VOS zis ÈU0Y buuu h rt < : i Co Hubs: d'efüur deitipoy Hparkéu:
. > « . r e « I ne peut plus y avoir de doute sur l'inteution de Zygomais, et il a « évidemment fait allusion aux chevaux de Dioméde: » . (2) Apparemment le mont Hymette.
(a) 1578. Ortelius, — (b) 1584. Crusius, ou Kraus. — (eo) Zygomalas,
nt RTS sas 1
Ce Der hs Re Ts »
RC TS
- rnmsséisanetinrenréreti Ex
Cette lettre fourmille d'erreurs; mais elle est préciense à cause de l'ancienneté de sa date. Zygonalas fit connaitre l'existence du temple de Minerve, que lon.croyait détruit, et qu'il appelle mal à propos le Panthéon.
La secondé lettre, écrite à Grusius par nncertain Cabasilas de Ja ville d’Acarnanie, ajoute quelque chose aux renseignements du protonotaire (a). |
« Athènes était composée autrc'ois de trois parties également « peuplées. Aujourd’hui la pr: aière partie, située dans un lieu élevé, comprend la citadelle.et un temple dédié au, Dieu In- « conti : celle première partie est habitée: par les Tures. Entre «celle-ci et la troisième se trouve la seconde partie où sont réu- «-nis les chrétiens. Après cette seconde partie vient la: troisième, «sur la porte de laquelle on lit cette inscription :