OO NT M ON PP EE
voir la couronne du martyre pendant le règne de Trajan (7). Les autres évêques que j'ai uommés, et qui nous conduisenl au temps d'Adrien, s’élablirent sur les débris de la Cité sainte et ils en
* conservèrent les traditions chrétiennes.
… Que les lieux sucrés fussent généralement connus an siècle d’A= drien, c’est ce que l’on prouve par un fait sans réplique, Cet empereur, en rétablissant Jérusalem c); éleva une, statue à Vénus sur le mont du Calvaire, etune statue à Jupiter sur le Saint- Sépulcre. La grotte de Bethléem fut livrée au culte d’Adonis (8), La folie.de l'idolätrie publia ainsi, par ses profanalions imprudentes, cette folie de la Croix qu'elle avait tant, d'intérêt à cacher, M La foi faisait des progrès si rapides en Palestine, avant la dernière édition des Juifs, que Barcochebas, chef de cetle sédition, avait persécuté les chrétiens pour les obliger à renoncer à leur culte (9j M À peine l'Église juive de Jérusalem fut-elle dispersée par | Adrien, l’an 137 de Jésus-Christ, que nous voyons coninencer M l'Église des Geutils dans la Ville sainte. Marc. en fut le premier évêque, et Eusèbe nous donne la liste de sessuccesseurs, jusqu'au M temps de Dioctétien. Ce furent: Cassien, Publius, Maxime, Julien, Caïus, Symmaque, Caïus II JulienIf, Capiton, Valens, Dolichiem Narcisse, le trentième après Les apôtres (10), Dius, Germanion, Gora dius (11), Alexandre (12), Mazubane (13), Hymenée (14), Zabdas, : Hermon (15), dernierévêque avantla persécution de Divclétien (d)s ; Cependant Adrien, si zélé pour ses dieux, ne persécuta point les chrétiens, excepté ceux de Jérusalem, qu’il regarda sans doute conime des Juifs, et qui étaient en effet de nation israélite. On croit qu'il fut touché des apologies de Quadrat el d’A,istide (16). ï écrivit même à Municius Fundanus (e), gouverneur d'Asie, ung letire dans laquelle il défend de punir les fidèles sans sujet. A7} À 1 est probable que les Gentils convertis à la foi vécurent en paix dans Ælia, ou la nouvelle Jérusalem, jusqu'au règne dem Dioclétien : cela devient évident par le catalogue des évêques de cette Eglise que j'ai donné plus haut. Lorsque Narcisse GER (1) Catéch. xvim. — (2) Act. Apost., cap. VI. — (3). 1bid., Cap. XV. kr à () S. Cyr., Cat: xvi, Jllum. — (5) Eus., Hist. ecci., lib: 111, cap. Y, 5 (6) Titus parut devant Jérusalem vers le temys de la tète de Pâques de ra née 70, et la ville fut prisé au mois de septembre de la mème année. (1) Eus., Hist. vceres. lib, nt, cap. Xxx, — (3) Hierox., Epist, ad Paül.? Rurk:; Sozom., Hist.erci.,lib.n,cap.1; SucRar., dès! 0002, Lib. 1, Cütps XYHG Sev, lib. u ; Nicers., lib. xvul. — (9) Eusep., lib. 1v, cap, Vie — (10) Lien, lib. v, cap. xt. — (11) dem, Lib. vi, cap. x. — (12). Idem, lib. vi, TUE . x1. — (13) fdem, HD. Vin, cap. v. — (14) Jde, Hb. Vi, Cap, xxVair, (15) fdem, Kb. vir, cap. XX — (16) TiLLem., Persec. sous Adr; Eus., lib.iv, cap. di. — (17) Eus , lib. iv, cap. vis
ta) 70,—-(b) 117.— (ce) 137. — (d) 102. Sous Comm. 211. Sous Sevère. 917, Sous Car 951. Suus Gallus, suus Alacrin, 284,,— Le) 126, ,
et
Ja chaire épiscopale , les-diacres manqièrent d'huile à la fête de Pâques (a, : Narcisse fit à celle occasion un miracle (1). Les chrétiens, à'celte époque, célébraieut done publiquement leurs ni YStères à Jérusalem; il yavait doncdes autels consacrés à leur culte.
Alexandre , autre évêque d'Ælia, sous le règne de l'empereur
Sévère, fondaune hibliothèque dans son diocèse (2) :or, cela supose paix, loisirs el prospérité des proscrits n’onvrent poin! une école publique de philosophie.
Si les fidèles n'avaient plus alors, pour célébrer leurs fêtes, la jouissance du Calvaire, du Saint-Sépulcre et de Bethléeim, ils ne pouvaient louletois perdre la mémoire de ces sancluaires : les idoles leur en marquaient la place. Bien plus, les païens mêtne espéraient que le temple de Vénns, élévé au Sominét du Calvaire, n'einpêcherait pas les chrétiens de visiter celte colline sacrées car ils se réjouissaient dans la pensée que les Näzarcens, en venant prier au Golgotha, auraient l'air d'adorer la fille de Jupiter (3). C'est une démonstration frappañte de la cétiiaissance entièté que l'Église de Jérusalem avait des saints lieux.
ya des auteurs qui vont plus loin, et qui prétendent qu'a vant la persécution de Dioclétieh, les chrétiens de la Judée ctaietit renirés en possession du Saint-Sépulcre (4). Il est certain que saint Cyrille (b), en parlant de l’église du Saint-Sépulcre, dit positivement * Il ny à pas longlemhs que Belhléein était un lieu « champèlre,et que la inontagne du Calväire était nn jardin dont « ‘on voit encoreles lraces (5).» Qu’étaient donc dev enusles édifices profanes? Tout porte à croire que les paiéns, en 0} petit Hombre à Jérusalem pour se soutenir contre la foüle croissante des fidèles, abandonnèrent peu à peu les temples d’Adrién Si l'Église eñcore persécutée n’osa relever ses autels au Giand-Tonibeau, lle eut du moins la consolation de l'adorer san: obstacle et d'y voir tomber en ruines les monuments de lidoltrie.
Nous voici parvenus à l'époque où les saints liédx commencent à briller d’un éclat qui ne s’effacera plus. Constantin (c), ayant fait monter la religion sur le {rône, écrivit à Mäväire. évêque de Jérusàlem. Il Jui ordouna de décorer le tomlieau dit Sauveur d’une &u-
erbe basilique (6). Helène, mèr e l'enbereur, se transporta
en Palestine, et fit elle-même ehéréher lé Saint-Sépulcré. 11 jui,
1 ÿ , it ré ; avait été caché sous la fondation d6$ éditices d'Adrien. apparemment chrétien, qui, Selon Sozomène, avait gardé des Mémoires de ses pères, indiqua là placé où devait se trottét Le y 4 , OrTRT « 1. :
tombeau. Héiène eut la gloire de tétidtre à la religion le monument sacre. Elle decouvrit encore trois Croix, dont l’une se fit recouvaitre à des miracles pour la croix du Rédenpteur (7). Nonseulement on bâtit une magnilique église auprès du Saint-Sépulcre, mais Hélène en fiteticore élever deux atitreg : Vüne sur . à aGs] à lou ! 14 , 1 à VAE 3 de \ia 4 [ la crèche du Messie à Bethléer, | uire sur là fôntaghe des Oliviers, en mémoire de l’Asceñsion du Seigneu (8). Des chapelles des oratoires, des -autels imärquèrent peu à pet tous les rat dite consacrés par les actions du Fils de l'Fômme : les tdiions orale rs ises À l'abhni Re PE e es furent écrites el mises à l'abri Le l'infidélité de la mémoire En effet Eusèbe, dans son Histoire de L Église däns sa Vie de . ? à 4 1, et dans s0 st juin et Tornrit | Constantit et QAbE son Onomusticum urbiuin et locorum Sacræ Scripluræ, nous décrit à peu pres les sain ; voyous aujourd'hui, Il par Saint-Sé :
les voy j: à parle du Saint-Sépulcre, du Calvaire, de Bethléem, de la montagne des Oliviers, de la grotte où Jésus Christ révéla les mystères aux apôtres (9) Abfés lui vient ant | SRE 7 Ress Era PAUL sait Cyrille, que j'ai déjà cité plusieurs Lois : il ous montre les sta tions sacrées lelles qu’elles étaient avant et après REA Ar GE “e L apres les travaux de Constantin el de sainte Hélène; Socrate SOzotniè Thé SE Te RP ae, S0z0tnène, Thésdoret, vagre, 5 à SUCCession de Plusieurs évêques de-
(1) Eus., lib. vi, cap. 1x, — (2) 1d., lib. VI, Cap. xx. — (3) Sozo., lil cap. 1. — (4) Epiton, Bell, Sacr., tom. vi. - (5) Cateches DE ré 1.1 (6) Eus., ên Con,6.; Lib. 1, cap. xxv-xeu ; Sour. lib, 1 Cap x — G AE COPRETTS PqEUNE lib. 11, cap. 1, — (8) Eus., in Const Nb. La Hé — (9) Eus. in Const, lih, UI, Cap XL er EEE
(a) 162. Suus Counu, — (b) 526, Sous Constantin, — (ce) 327,
À « rassem «
1 lieux Lels que nous |
puis Constantin. jnsq{'à Justinien : Macaire (1) Maxime (2), Cyrille (3). Herennius, Héraclius, Hilaire (4), Jean (5), Sulüste, Martyrius, Élie, Pierée, Mataire {L (6), et Jean (7), quatrième du uoin (4)
Saint Jérôme, retiré à Bethléém vers l'an 383, nous a laissé en divers endroits de ses éuvrages le tabléau le plus complet des lieux saints (8). « Il serait trop long, dit-il däns une de ses « lettres (9), de parcourir tous les âges depuis ’Ascènsion du « Seigneur jusqu’au temps où nous vivons, polir raconter com= bien d’évêques. combien de martyrs, combien de docteurs sont « venus à Jérusalem ; car ils auraient cru avoir moins de piété « et de science, s'ils n’eussent adoré Jésus-Christ dans les lieux & mêmes où PÉvangile commença à briller du-haut de la Croix,»
Saint Jérôné assure dans la même lettre qu'il venait à Jérusalem des pèlerins de l’Inde, de l'Éthiopie, de la Bretagne et de l'Hibernie (10); qu'on les entendait chanter dans des langues di: verses les lôuanges de Jésus-Christ autour de son tombeau. Il dit qu'on envoyait de toutes parts des aumônes au, Calvaire ; il nomme les principaux lieux de dévotion de la Palestine, et il ajoute que, dans la seulé ville de Jérusalem, il y avait tant de sanctuaires qu’on ne pouvait les parcourir dans un seul jour. Cette lettre est adressée à Marcelle, el censée écrite. par sante Paule et sainte Eustochie, quoique des manuscrits l’attribuent à saint Jérôme. Je demande si les fidèles qui, depuis les temps apostoliques jusqu'à la fin du quatrième siècle, avaient visité le tombeau dù Sauveur, je demande s'ils ignoraient la place de ce tonibeät ? | |
Le hême Père de l’Église, dans sa lettre à Eustochie sur la mor! dé Pâule (b), décrit ainsi les stations où la sainte dame ro= maine S'arréla : |
« Elle $e brosterna, dit-il, devant la Croix an sominet du Cal- & vaité: elle emibrassa au Saint-Sépulcre la pierreque l'ange avait & dérangée lorsqu'il ouvrit le tombeau, et baisa surtout avec res- & pect l’endroit touché par le corps de Jésus-Christ, Elle vit sur & là tlôtitagne de Sion la colonne où le Sauveur avait étéatiaché « et bätlu dé verges : cette colonne soutenait alors le portique « d’uné église. Lille se fit Conduire au lieu où les disciples étaient
és lorsque le Saint-Esprit descendit sur eux. Elle se rendit ensuite à Bethléem, el s'arrêta eu passant au sépulere de Rathel. Elé adora la crèche du Messie. et il lui semblait « y vôirencore léSiha es et les pasteurs. A Bethphagé elle trouva € 16 monument de Lazare et la maison de Marthe et de Marie. À « Sychar elle ädiñira une église bâtie sur le puits de Jacob, où « Jésus-Christ Patla à la Samaritaiie : enfin elle trouva à Sama- « rie le tothbeäu de saint Jean-Baptiste (11).» plais
Celte leltre est de lan 404; il ÿ a par conséquent 1406 ans qu'elle est écrite. On peut lire toutes les relations de la Terre- Sainté, depuis le Voyage d’Arculfe jusqu’à mon {tinéraire, et l’on verra que les pèlerins ont cotistauiment retrouvé et décrit les lieux marqués par saint Jérôme. Certes, voilà du moins une belle et imposante antiquité. , Has G Une preuve que les pèlerinages à Jérusalem avaient précédé le lernps ième dé saint Jérôme. comme le dit très-bien le savant douleur, se tire de l'Jtinéraire de Bordeaux à Jerusalem. Cet Liinéraire, selon les meilleurs critiques, fut compose.en 333, pout l’usage despèlerins des Gaules 12). Mannert (13) pense que c'était un tableau de route pour quelque personne chargée d’une mission du prince : il est bien plus nalurel de supposer que cet
RC
(4). Socr.,-lib. 1, cap, xvits — (2) Id, lib: 1, Cap. Xtiv; SO, lib, 1, cap xx. — (3) {d., lib. ut, cape XX- (4) POFO: lib. 1v, cap, XX, — (5) 44. lib. va, cap. xiv. — (6) ÉvAGR:, hb, 1Vs Cp, XXXVHIL, — (1) id., lib. v, cape xiv, — (3) Epist. XX, éte. De Situ ET nom. ve. hebraie., etc.
(9) Epist, ad Brarées —\10) Epist. xx. 2 (H) £pi$t. àd Eustôch. — (12) Voyez Wess, Pref: in Iin., pag, 5, 37, 47; Bençiër, Chem. de 'Emp. Ou trouvera l'itineruire à la fin de cet ouvrage, — (13) Geog. 1.
a) Suus Constantin, 361. Sous Julien, 384, Sous Valentinien, Théodose et Arcadius, 476 Sous
Justin, #79. Sous Tibère 11, 585, — (@ 404
me ie ere andre SRE EE ANSEE EREERNE NES
: ui avec étonnementles autant plus probable | passa lui-même en enninREs Lara Itinéraire avait un but général; cela est d'autant plus p ruines du Temple (1). FA “ee son de ce siècle. Elle fit . . 4 Li À à è r ’ e : e . J Er re nov nes de Nvsse blâme déjà l'abus des | doxie, femme de Théo ée alem et y finit ses jours (a) dans la PR re A En ee avait visité les saints | bâtir des monastères à Jérus: , èleri , 2 < AUI1-mMme - r : c) F : ‘ 0) re raire, le Saint-Sé- | retraite (2). te + ournit l’Jtinéraire | lieux en 379; il nomme en nr Fe ue EEE Le commencement du sixième siècle nous f vi t Bethléem.
pulcre, la montagne des Oliviers e
Voyage parmi les œuvres du saint évêque, sous le litre de Jter Hierosolymæ. Saint Jérôme cherche aussi à détourner saint Paulin du pèlerinage de Terre- Sainte (2).
Ce n’élaient pas
seulement les prêtres, les solitaires, les évêques, les docteurs, qui se rendaient de toutes parts en Pales- Une à l’époque dont nous parlons ; c'étaient des dames illustres, et jusqu’à des princesses et des impératrices ; jai déjà nommé sainte Paule et sainte Eustochie ; il faut compter encore les deux Mélanie (3). Le monasière de Beth- .
léem se remplit des plus grandes familles de Rome, qui fuyaient devant Alaric. Cinquante ans auparavant, Eutropie, veuve de Maximien Hercule, avait fait le voyage des saints lieux et détruit les restes de l'idoltrie qui se montraient encore à la foire du Térébinthe, près d’Hébron. Le siècle qui suivit celui de Saint Jérôme ne Nous laisse point P e de vue le €; c'était
: FE j env Saint - Sépulcre les” ‘ 4 * 8 palr ale. empereur renvoya au à j , SR "fn: FA nous | gnite palriarcale rs que Théodoret écrivait son Histoire ecclésiastique, où D ret
VOns souven encore dans la Vie de Pierre, anachorète
(1) Epist. ad Ambros, —
(4) Hist. relig., cap, vi,
t la chréti S N erc el où aÇ & e | 7 e e | | auteur . Saint =
pu D ici AG, Cap. xx; ZonanD., ff eo pures de Mur Théodoret (a) (1) Serm. 1, De Fine et Judicio. — (2) EvrAG., Cap. XX; ; > ACComplit le voyage
d'Antonin de Plai-
sance ; ildécrit tou-
tes les stations, comme saint Jérôme. Je remarque dans ce voyage un cimetière des Pèlerins, à la porte de Jérusalem, ce qui indique assez l'influence de ces.
pieux voyageurs, L'auteur trouvala Palestine couverte d’églises et de monastères. [l dit que le Saint-Sépulcre était orné de pier=
reries, de joyaux, (LL TA -
md ii LOS. D nos À
| ÿ | ji
de couronnes d'or, JAN PURE. AU de bracelets et de Je | colliers (3).
Le premier historien denotremonarchie, Grégoire |
de Tours (b), nous, parle aussi dans ce siècle des pèleri- -nages à Jérusalem.
Un de çses diacres!
était allé en Terré- Sainte, et, avec quatre autres voyageurs, ce diacre avait vu une étoile miraculeuse à Bethléem (4), 11 y avait alors à Jérusalem, selonle même hislorien, un’ grand monastère où l’on recevait les Lo voyageurs (5) : M - c’est sans doute ce M même hospice que Brocard relrouväa deux cents ans après. | Ce fut encore dansce mêmesiècle que Justinien (c) … éleva l’évêque de Jérusalem à la di-
PU UTÉ MI IUNT ITR LISE
Un kan en Laconie,
éni 1 rlé Theod., 1, sub fin. C'est cette illustré Athénienné TS | dans le prenier Mémoire de l'{ntroduction. (3) Jtin. de Loc. ‘ 4
| Ï . b 11 , ' = ec. Tur., de Martyr., Ub4 1, Cape HN (2) Epist, ad Paulin. — (3) Epist. xx. quos peramb. Ant. Plac. — (4) GREG
— (5) 1d., ibid., cap. xt.
cet tnt
mnt tests
mms
DIE NS NPRNS 2. NÉSSRR ESS: RES
bés en 455 dans les mains de Genseric, furent retrouvés (a) à Carthage par Bélisaire (1). ne |
Cosroës prit Jérusalem en 613; Héraclius rapporta (b) au tombeau de Jésus-Christ la vraie Croix que le roi des Perses avait enlevée. Vingt et un ans après (c), Omar s'empara de Ja cité sainte, qui demeura sous le joug des Sarrasins, jusqu’au temps de Godefroy de Bouillon. On verra dans l'Itinéraire l'histoire de l’église
et pourtant ce voyage est à peu près de l’an 690 : si l’on fait
. mourir Adamannus au mois d'octobre de l’année 704 (1). Au reste,
du temps de saint Arculfe, Jérusalem s'appelait encore Ælia. Nous avons, au huitième siècle, deux relations du voyage à Jé= rusalem (a), de saint Guillebaud (2); toujours description des mêmes lieux; toujours même fidélité de traditions. Ces relations sont courles, mais les stations essenitielles sont marquées. Le savant Guillaume Cave(3)
du Saint-Sépulcre pendant ces siècles de calamité. Elle fut sauvée par la constance invincible des fidèles de
indique un manuscrit du vénéra-
ble Bède, in Bibliotheca Gualtari Copi, cod. 169,
la Judée : jamais ils ne Pabandon-
sous le tilre de Libellus de Sanctis
nèrent; et les pè-
Locis. Bède naquit
en 672, et mourut
lerins, rivalisant
de zèle avec eux,
en 732, Quel que
soit ce petit livre
ne cessèrent point
d’accourir au saint
rivage.
Quelquesannées
‘surles lieux saints, il faut le rapporter au huilième siècle.
après la conquête
Sous le règne de
d'Omar, Arculfe
Charlemagne (6),
visita la Palestine.
aucommencement
Adamannus, abbé
du neuvième siè-
de Jona en Angleterre, écrivit, d'a près le récit de l'évêque français, une relation de la Terre-Sainte. Celte relation curieuse nous a élé conservée. Séranius la publia à Ingolstadt, en1619, sous ce titre : De Locis TerræSanctæ lib. II.
On en trouve un extrait dansles œuvres du vénérable Bède : De Situ Hierusalem et Locorum Sanctorum Liber. Mabillon a transporté l'ouvrage d’Adamannus dans sa grande collection. Acta SS, | | Ordin. Benedic- :
ti Il; 514.
Arculfe décrit les lieux saints tels qu'ils étaient du temps de saint Jé-
rôme , et lels que nôus Îcs voyons aujourd'hui. 1] parle de la basilique du Saint-Sépulcre comme d’un monument de forme ronde : il trouva des églises et des oratoires à Béthanie, sur la montagne des Oliviers, dans le jardin du même nom, et dans
. celui de Gethsémani, etc. Il admira la superbe église de Beth-
léem, elc. C'est exactement tout ce que l'on montre de nos jours ;
(a) 600, — (6) 615, 2 (e) 636, : 5@ LAGNYX,— Imprimerie de Vratar et Cie,
Chateaubriand visitant les ruines de Sparte.
cle, le calife Haroun- al -Raschild céda à l'empereur français la propriété du Saint-Sépulcre; Charles envoyait des aumônes en Palestine, puisqu'un de ses capitulaires reste avec-cel énoncé :
De Elcemosyna #millenda ad Jerusalem. Le patriarche de Jérusalem avait réclamé la protection du moparque d'Occident, Éginard ajouteque Charlemagne protégeait les chréliens d'outremer (4). A cette époque les pèlerins latins possédaient un hospice au nord du temple de Salomon, près du couvent de Sainte- Marie, et Charlemagne avait fait don à cet hospice d’une bibliothèque. Nous apprenons ces particularités de Bernard le Moine, qui se trouvait en Palestine vers Van 870. Sa relation, fort détaillée, donne toutes les positions des lieux saints (5).
-Seript. Eccles. Hist. litter,, pag. 398. — misit : CE Ross. ét Hist. seu Fr ; 2.8 Ban; tom. 11, page 4 ; Mamie. Il, 372, — (3) Guirr, Cav., Script. Eccles. Hist. litter., pag. 336. — (4) In Vit. Car, Mag. — (5) Mas, Act. SS. Ord. S. Ben., sect. 1, part. 2.
RS ame
lie, troisième du nom, patriarche de Jérusalem, écrivit à
Charles le Gros au commencement du dixième siècle (a). [lai de-"
mandait des secours pour le rétablissement des églises de Judée : « Nous n’entrerons point, dit-il, dans le récit de nos maux : ils % Vous sontassezconnus par les pèlerins qui viennent tous les Jours
€ visiter les saints lieux, et qui retournentdans leur patrie (4):
. Le onzième siècle, qui finit par les croisades, nous donne plu- Sleurs voyageurs en Terre-Sainte. Oldérie, évêque d Orléans, fut témoin de la cérémonie du feu sacré au Saint-Sépulere !?)- Il est Vrai que la Chronique de Glaber doit être lue avec précaution ; Mais ici il s’agit d’un fait et non d’un point de critique. Allatius, tn Symmictis sive Opusculis, etc., nous à conservé l'Itinéraire de Jérusalem du Grec Eugisippe. La plupart des lieux saints ÿ sont décrits, et ce récit est conforme à tout ce que nous connaissons: Guillaume le Conquérant envoya dans le cours de ce siècle des aumônes considérables en Palestine. Enfin, le voyage de Pierre 1 Ermite (b), qui eut un si grand résultat, et les croisades ellesmêmes prouvent à quel point le monde était occupé de cette religion lointaine où s'opéra le mystère du salt.
Jérusalem demeura entre les mains des princes français l’'es- Pace de quatre-vingt-huit ans, et durant celle période, les historiens de la collection Gesta Dei per Francos ne nous laissent rien ignorer de la Terre-Sainte. Benjamin de Tudéle passa en Judée vers lan 4173 (c..
. Lorsque Saladin eut repris Jérusalem sur les croisés, les Syriens rachetèrent par une somme considérable l’église du Saint-
Sépulcre (3); et malgré les dangers de l’entreprise, les pèlerins
Continuèrent à visiter la Palestine.
Phocas, en 1208 (4); Willebrand d’Oldenbourg, en 1211 ; Jacob Vetraco ou de Vetri, en 4231 (3); Brocard, religieux do- Minicain, en 1283 (6); reconnurent et consignèrent dans leurs Voyages lout ce qu’on avait dit avant eux sur les lieux saints.
. Pour le quatorzième siècle, nous avons Ludolphe (7), Maudeville (8), et Sanuto (9).
Pour le quinzième, Breidenbach (10), Tuchor (11), Langi(12).
Pour le seizième, Heyter (13), Salignac (14), Pascha (15), etc.
Pour le dix-septième, Cotovic, Nau, et cent autres.
Pour le dix-huitième, Maundrelle, Pococke, Shaw et Hasselquist (16). .
Ces voyages, qui se multiplient à l'infini, se répètent tous les nn les autres , el confirment les traditions de Jérusalem de Ja manière la plus invariable et la plus frappante. -
SPA RAA de corps de preuves en effet! les apôtres ont vu de l'Horn IS ; 11 connaissent les lieux honorés par les pas du Fils RE ‘ils transmettent la tradition à la première Église soigneus € de Judée ; la succession des évêques s établit, et garde Es RE cette tradition sacrée. Eusèbe parait, et l'histoire
FR sr commence; Socrate, Sozomène , Théodoret, bots + tie érôme la continuent. Les pèlerins accourent de ess g s. Depuis ce moment jusqu’à nos jours une suite de 2 ec Re es ompue nous donne, pendant quatorze siècles, EVER es se el les mêmes descriptions. Quelle tradition fut Von FA AR NE un aussi grand nombre de témoignages? Si Por ICI, 1 faut renoncer à croire quelque chose : encore Cause lout ce que j'aurais pu tirer des croisades. J'ajoutesul Dauer Spiciteg. tom. 11, edit. a Barr, — (2) Glab. Chron. lib. iv, Sanct. 11, — Pre — (3) San. Lib. Secret. fid. Cruc. sup. Terr. Sanict. (6) De Hieros ap. Allat. Symmict. — (5) Lib. de Terr. (7) De Terr. Sonse 120 Urb. Jerus- ét Loc. Terr. Sanct. exact. — Sacr.— (9) Lib. VU Hierosol. — (8) Descript. Jerusalem. Loc. grinat. ad Sepuichr FE ete, Vid. supra. — (10) foi. transmar. AE Gate (12) TS om. in Hieros. — (1) RARE Zip Hei x Orient., ete. — (14) De Dmniaie: — (13) Lib. Hist. Partium cum exact. Descrige = lieros. et Terr. Sanct. — (5) Raragr{rarto dé; + Jerus., ete: — (16) Je ne cite plus, et j'ai peut-être
ja trop cité : : 2 'omets : : té; On verra dans Itinéraire une foule d’autres Voyageurs que
meet TE do CT
rai à tant de preuves historiques quelques considérations sur là nature des traditions religieuses, et sur le local de Jérusalem.
Il est certain que les souvenirs religieux ne se perdent pas aussi facilement que les souvenirs purement historique : ceux-cine … sont confiés en général qu’à la mémoire d'un petit nombre d'hommes instruils qui peuvent oublier la vérilé ou la déguiser selon leurs passions ; ceux-là sont livrés à tout un peuple qui les transmet machinalement à ses fils. Si le principe de la religion est sévère, comme dans le christianisme ; si la moindre déviation d'un fait ou d’une idée devient une hérésie, il est probable que tout ce qui louche celte religion se conservera d'âge en âge avec une rigoureuse exactitude. 4
Je sais qu’à la longue une piété exagérée, nn zèle mal entendu une ignorance attachée aux temps et aux classes inférieures de la société, peuvent surcharger un culte de traditions qui ne tiennent pas contre la critique ; mais le fond des choses reste toujours Dix-huit siècles, qui tous indiquent aux mêmes lieux les mêmes faits et les mêmes monuments, ne peuventtromper. Siquelqnesob= jets de dévotion se sont trop multipliés à Jérusalem, ce n’est pas une raison de rejeter le tout comme une imposture. N'onblions pas d’ailleurs que le christianisme fut persécuté dans son bercean, et qu'il a presque toujours continué de souffrir à Jérusalem : or, l'on. sait quelle fidélité règne parmi des hoinmes qui gémissent en semble : tout devient sacré alors, et la dépouille d’un martyr est conservée avec plus de respect que la couronne d’un monarques L'enfant qui peut à peine parler connait déjà cette dépouillé; porté la nuit, dans les bras de sa.mère, à de périlleux autels, fl entend des chants, il voit des pleurs qui gravent à jamais dans sa tendre mémoire des objets qu’il n’oubliera plus, et, quand il ne devrait encore montrer que la joie, l'ouverture de cœur et tà 4 légèrelé de son âge, il apprend à devenir grave, discret et pra: dent : le malheur est une vieillesse prématurée. °°
Je trouve dans Eusèbe une preuve remarquable de cette vénéralion pour une relique sainte. Il rapporte que, de son temps, 4 les chrétiens de la Judée conservaient encore la chaise de saint. Jacques, frère du Sauveur, et premier évêque de Jérusalem Gibbon lui-même n'a pu s'empêcher de reconnaitre l'authentism cité des traditions religieuses en Palestine : « They fixed (chris= tians), dit-il, by unquestionable tradition , the scene of each mé-morable event. » —« Ils fixèrent (leschrétiens), par une tradition « non douteuse, la scène de chaque événement mémorable (1); , aveu d'un poids considérable dans la bouche d’un écrivain aus instruit que l'historien anglais, et d’un homme en même temps SEM peu favorable à la religion. |
Enfin les traditions de lieux ne s'altèrent pas comme celles dés faits, parce que la face de la terre ne change pas aussi facilement" que celle de la société. C'est ce que remarque très-bien d’'An=« ville, dans son excellente Dissertation sur l'ancienne Jérusalem 2 « Les circonstances locales, dit-il, et dont la nature même décidés « neprennentaucane part aux changements que le temps et la fu « reur des hommesont pu apporter à la ville de Jérusalem (2). » Aussi d'Anville retrouve-t-il avec une sagacité merveilleuse tout. le plan de l'ancienne Jérusalem dans la nouvelle. "
Le théâtre de la Passion, à l’étendre depuis la montagne des Oliviers jusqu'au Calvaire, n'occupe pas plus d’une lieue de ter= rain ; et voyez combien de choses faciles à signaler dans ce petit espace ! C’est d’abord une montagne appelée /amontagne des OL viers, qui domine la ville etle Temple à l'Orient; cette montigne F4 est là, et n’a pas changé : c’est un torrent de Cédron ; et ce (OF=\ rent est encore le seul qui passe à Jérusalem : c’est un lieu élevés à la porte de l’ancienne cité, où l’on mettait à mort les crimi= els; or, ce lieu élevé est aisé à retrouver entre le mont Sion et la porte Judicielle, dont il existe encore quelques vestiges. ne peut méconnaitre Sion, puisqu'elle était encore la plus haute colline de la ville. « Nous sonnnes, dit notre grand géographe;
(1) Gin. tom. 1v, pag. 401, — (2) D’Anv. Dissert. sur l’anc. Jésus pag. 4. Ou peut voir cette Dissurtation à la fin de cet Itineraire. |
» me Cl CU Ge (eme Ve mms
« assurés des limites de cette ville dans la partie que Sion occu- « pait. C'est le côté qui s’avance le plus vers le midi; et non- « seulement on est fixé de manière à ne pouvoir s'étendre pius & loin de ce côté-là, mais encore l'espace de l'emplacement que « Jérusalem peut y prendreen largeur se trouve déterminé, d'une « part par la pente ou l’escarpement de Sion qui regarde le couà chant; et de l’autre par son exfrémité opposée vers Cédron (1). » - Tout ce raisonnement est excellent, et on dirait que d’Anville j'a fait d’après l'inspection des lieux.
Le Golgotha était donc uné petite croupe de la montagne de Sion, à l’orient de cette montagne et à l'occident de la porte de Ja ville : cette éminence, qui porté maintenant l'église de la Résurrection, se distingue parfaitement encore On sait que Jésus- Christ fut enséveli dans un jardin au bas du Calvaire : or, ce jardin et la maison qui en dépendait ne pouvaient disparaitre au pied du Golgotha, monticule dont la base n’est pas assez large pour qu'on y perde un monument,
La montagne des Oliviers et le torrent de Cédron donnent ensuite Ja vallée de Josapbat : celle-ci détermine la position du Temple sur le mont Moria. Le Temple fournit la porte Triomphale et la maison d'Hérode , que Josèphe place à lorient, au bas de la ville et près du Temple. Le prétoire de Pilate touchait presque à la tour Antonia, et on connait les fondements de cette tour. Ainsi le tribunal de Pilate et le Calvaire étant trouvés, on place aisément la dernière scène de la Passion sur le chemin qui conduit de l’un à l’autre: surtout ayant encore pour ‘témoin un fragment de la porte Judicielle. Ce chemin est cette Via dolorosa si célèbre dans toutes les relations des pèlerins,
Les actions de Jésus-Christ hors de la cité sainte ne sont pas indiquées par les lieux avec moins de certitude. Le jardin des Oliviers, de l'autre côté de la vallée de Josaphat et du torrent de Cédron, est visiblement aujourd'hui dans la position que lui donue l'Évangile.
Je pourrais ajouter beaucoup de faits, de conjectures et de réflexions à tout ce que je viens de dire; mais ilest temps de mettre un terme à celle Introduclion, déjà trop longue, Quiconque examinera avec candeur les raisons déduites dans ce Mémoire conviendra que, s'il y a quelque chose de prouvé sur la terre, c'est l'authenticité des traditions chrétiennes à Jérusalem,
FIN DE L'INTRODUCTIOM
LTINÉRAIRE.