‹ Itinéraire de Paris à Jérusalem (volume 4)Chapitre 53 sur 111 · FEES · texte numérisé non relu

FEES

ET

ITINÉRHAIRE

Onaimes distinguer dans ces usages quelques traces des mœurs des anciëns jours, et à retrouver chez les descendants d'Isnaël dés Souvenirs d'Abraham at de Jacob, | . {1

Les Arabes, partout où je les ai vus, en Judée, en Égypte, él mêtne en Barbarie, m'ont paru d’une taille plutôt grande que petite. Leut démarché est fière. Ils sont bien faits et légers. [Is ont la tête ôvale, le front haut et arqué, le nez aquilin, les yeux grands él évüpés En amandes, le regard humide et singulièrement doux : rien n’annoncerail chez eux le Sauvage s'ils avaient LonJours la bouche fermée; mais aussitôt qu’ils viennent à parler, on entend ne langhe bruyante et fortement aspirée, on aperçoit de longues défis éblouissantés de blancheur. comme celles des chacals et dés onces : différents en cela du Sauvage américain, dont la férocité est dans 16 fegard, et l'expression humaine dansla bouche.

“Les femimiës äfäbes ont la taille plüs baute en proportion que celle des homes. Leur port est noble; et, par la régularité de leurs iraits , là beauté de leurs formes et la disposition de leurs voiles, ellés rappellent ün peu les statues des prêtresses et des Muses. Ceci doit s'entendre avec restrichon : ces belles sta lues Soht Souvent drapées avec des lambeaux; l'air de misère, de Fe ét de Souffrance dégrade cés fortnes si pürés; un teint cuivré cache la régularité des traits; ei un mot, pour Voir ces femmes telles qué jé viens de les dépeinidre, il faut les contempler d'un Es pat sé contenter de l’ensémblé, et ne pas entrer dans les

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ne Plüpart des Arabes portent üne tunique nouée autour des de. Li pe ceinture. Tantôt ils ôtent un bras de la manche dé Hé ave lé etils sont alors drapés à la manière antique; tantôt Méta loppent dans une couverture de laiñé blanche, qui leur où 4° tes mänteau où de voile, selon qu'ils la toulent autéte1lé à Suspendent à leurs épaules, où la jettent sur leur

7: 18 marchent pieds nüs, [ls sont armés d’un poignard, d’une latite où d'u long f a ER Het à la file: Le chameau de tête est attaché Pr PRES ta ‘de bourre de palier au cou d’un âne qui est le

ai dti À cs chef, est exempt de tout farbeaux + a A prit lèges ; Che les tribus riches les chas Léna | “à free de banderoles et de plumés. it irons” Fear di à noblesse de leurs races, sont traitées avec trêtiié: On: fie ae mais loujours avec une rigueur exexposés à ont Vu es chevaux à l'ombre ; on lès laisse par les quatré pie] ‘al ü soleil, ätlachés en terre à des piquels leüt-ôte mb "ee 4 manière à les rendre iminobiles ; on - €t°ne mangent EME ÿ “OVER ils ne boivent qu’une seule fois, träitétibnt à “Hp pe: d'orge en vingt-quatre heures. Un

Létépae patin ee a A RE EIRE RENE bo Se dt M a vitesse, J'ai suuvent admiré un cheval éparssdlabiôte va ans le sablé brûlant, les crins descendants d'ontbrent fie ssée entre ses jambes pour trouver un peu stir- on cmältpes de tomber de son œil sauvage un regard oblique étéssvous Élaneé Sur nn PE ou pieds des entraves, vous terre ; la trompette Te Fe PASS ne rie ae Le lehevbdet Jôtn ; L ons (1)! et vous reconnaissez Va rie sr. 2 . lo des Arabes pour les contes es

gs exemple : pendant la nuit que nous vemons de-passer sur la grève de la mer Morte, nos Bethléémiles étaient assis autour de leur bûcher, leurs fusils couchés à terre à leurs côtés, les chevaux attachés à des piquets, formant un second cercle en dehors. Après avoir bu le café et parlé béaucoup ensemble; ces Arabes tombèrent dans le silénte, à l'excéption du scheik. Je voyais à la lueur du feu ses gestes expréssifs, sa barbe noire; ses dents blanches, les diverses forines qu'il donnail à son vélement en continuant son récit. Ses compagnons Lécoutaient dans une attention profonde, tous penchés en avant,

s (1) Fervens et fremens sorbet terram; ubi audierit buccinam, dicit : ah!

usil, Les tribus voyagent en caravane; les ‘

je visage sur la flamme, tantôt poussant un. cri. d'admiration, janlôt répétant avec emphase les gestes du conteur; quelques têtes de chevaux qui s’avançaient au-dessus de la troupe, el quise dessinaient dans l’ombre, achevaient de donner à ce tableau Je : caractère le plus pittoresque, surtout lorsqu'on y Joignait an coin du paysage de la mer Morte ét des montagnes de Judée. pe to Si j'avais étudié avec tant d'intérêt au bord de leurs lacs, lès

hordes américaines, quelle autre espèce de Sauvages ne contem-

plais-je pas toit J'avais sous les yeux les descendants de la race primitive des hommes, je les voyais avec les mêmes mœurs qu'ils ont conservées depuis les jours d'Agar et d’Ismaël; je lès voyais dans le même désert qui leur fut assigné par Dieu en hé: ritage : Moratus est in solitudine, habitavitque in deserto, Pharan, Je les renconlrais dans la vallée du Jourdain, au pied dés montagnes de Samarie, sur les chemins d’Habron, dans les lieux où la voix de Josué arrêta le soleil, dans les champs de Gomorrhe encore fumants de la colère de Jéhovah, et qe consolèrent en-

fleuves immenses; l'Arabe, pour ainsi dite jeté sur le grand ch ss à thin du monde, entre l'Afrique et l'Asie, erre dans les brill rites |

datte, la pastèque, le lait de thameat { il veut à ses sis del chair et du sahg. Il n'à point tissu le poil de chèvre pour se relli À l'abri sous des lentes t l’ortñé lotmbé de vétusté fournit l'é à sa huile, Il n'a poiñt domplé | ut | gazelle + il prend lui-même l | Ja course. Il ne tient point | par son origine à de grandes halions Bivilisées; on ne rencontté hoitit le tom de ses ancôtres dans les fastes des empires : los cô= Éénpotains dé 8es aïéUx sont dé ieux chênes encore debout. Motuineuts dé la naturéet non de l’histoire, les tombeaux desé res s'élèvent inconnus dans les forêts ignoréés. En un môt. oütannonce chez l'Américain le Sauvage qui n’est point encôfé parvenu à l’élatde civilisation ; tout indique chez Arabe l'hofihé M civilisé retombé dans l'état sauvage. nor 02184 Nous quittâmes la source d’Élisée le 6, àtrois hétires dé l'après”

4 » LÉ 50. SR éval pour poursuivre là

midi, pour retourner à Jérusalem. Nous laissâmes"à"droité le

monl de là Quärantaine, qui s’élève au-dessus dé Jéricho, pré clsément en face du mont Abarim, d’où Moïse, avant de inioutif,… aperçut là terre de Proinission. En rentrant dans la môntagné de

Judée, nous vimes les restes d’un aqueduc romain. L'abbé Ma

riti, poursuivi par le souvenir des moines, veut éntore que cet

aqueduc ait appartenu à une ancienne commuñatté, où qu'il ait servi à arroser les terres voisines lorsqu'on cultivait la canuë à sucre dans la plaine de Jéricho. Si la seule inspection dé Pou* vrage ne suffisait pas pour détruire cette idée bizarré, on pour rait consulter Adrichomius (Theatrum Terre-Sanrtæ) VE ciatio historica Terræ-Sunetæ@ de Quaresmius, et la plépart des voyageurs déjà cités. Le chemin que nous suivions dans là mode tagne élait large et quelquefois pavé; c'est peutsêtre urié auciende voie romaine. Nous passämes au pied d’une montatne courotfiée autrefois par un château gothique qui prôtégéail et férdiait 1e chemin: Après celle montagne nous descendimestdaris une vallée noire et profonde, appelée en hébreu Adommin où Le lieu dé sang. {y avait là une petite cité de la tribu 1e Juda; et ce fut daus cet endroit solitaire que le Sainäritain!secourut lé voyageur

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blessé. Nous y rencontrâmes la cavalerie du pacha qui allait faire de l’autre côté du Jourdain l'expédition dont j'aurai occasion de parler. Heureusement la nuit nous déroba à la vue de cette soldatésque. |

Notis passâmes à Bahurim, où David, fuyant devant Absalon, faillit d’être lapidé par Seinéi. Un peu plus loin, nous mimes pied à terré à la fontaine où Jésus-Christ avait coutume de se reposer avec les apôtres en révenänt de Jéricho. Nous commencimes à wravir les revérs de la montagne des Oliviers ; nous lraversâmes le village de Béthanie, où l’on montre les ruines de la maison de Martlie et le sépulcre de Lazare. Ensuite nous descendimes la monlägne des Oliviers, qui domine Jérusalem, et nous traversâmes le torrent de Cédron dans là vallée de Josaphat Un sentir qui circule au pied du temple, et s’élève sur lé mont Sion, nous conduisit à la porte dés Pèlérins, en faisant le tour entier de la ville. I était minuit. Ali-Aga se fit ouvrir. Les six Arabes rélournèrent à Bethléein: Nous réntrâines au éouvent. Mille brüuils chieux s’élaient déjà répandus sur notre Conipte ‘on disait que tious avions élé tués par les Arabes où par la cavalerie du pacha: on fine bläimait d’avoir entrépris ce voyage avec une escorte aussi faible; chose qu'on rejetait sur lé caractère iinprudent des Français. Les événietnents qui suivirent prouvèrenlt pourtant que, si je n'avais pas pris ce parti el inis à profit les preinières héüres dé mon arrivée à Jérusalem, jé n'aurais jamais pu pénétrer jusqu’au Jourdain (1).

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