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© (1) Chap xuvur, pag. 376
- (2) De cription de tu Texre-S inte ton de [a Texre-Srinte, pag. 43 (3) Voyage di Levant, pag. 109. "
Je pourrais composer des volumes entiers de témoignages semblables consignés dans les Voyages en Palestine; je n’en produirai plus qu'un, et il sera sans réplique. + Edape
Je le trouve, ce témoignage, dans un monument d'iniquité et d'oppression peut-être unique sur la terre, monument d'une autorité d'autant plus grande, qu'il était fait pour demeurer dans un éternel oubli. us
Les Pères m'avaient permis d'examiner la bil/iothèque ét les archives de leur couvent. Malheureusement ces archives el cette bibliothèque furent dispersés il y a près d’un siècle : un pacha fit mettre aux fers les religieux, et les emmena captifs à Damas. Quelques papiers échappèrent à la dévastation, en particulier les firmans que les Pères ont oblenus, soit de la Porte, soit des souverains de lPÉgypte, pour se défendre contre l'oppression des peuples et des gouverneurs.
Ce carlon curieux est intitulé :
Registro delli Capitolazioni, Cattiscerifi, Baratti, Comendamenti, Ogetti, Attestazioni, Sentenze, Ordini dei Bascia’, Giudici'e Polizze, che si trovano nell’ Archivio di questa Procura generale di Terra-Santa.
Sous la lettre H, n° 4, pag. 369, on lit :
Fnstrumento del re saraceno Muzafar contiene : che non $ia dimandato d1 vino da i religiosi franchi. Dato alli 43 della luna di Regeb del anno 414.
Sous le n° 2 :
Instrumento del re saraceno Matamad contiene : che li religios franchi non siano molestati. Dato alli 2 di Sciaval del auno 504.
Sous le n° 5, pag. 370.
Instrumento con la sua copia del re saraceno Amed Ciakmak contiene : che li religiosi franchi uon paghino a quei ministri, che non yengono per gli affari dei frati... possino sepelire i loro morti, possino fare vino provizione….. non siano obligati a montare cavalli per forza in Rama; non diano visitare loco posséssioni : che nessuno pretenda d’ esser drogloromanno, se ñon alcuno appoggio. Dato alli 10 di Sefer 609.
Plusieurs firmans commencent ainsi :
Copia autenticata d’ui commendamento ofttenuto ad instanza dell ambas- .
ciadore di Francia, etc.
On voit donc les malheureux Pères, gardiens du tombeau de Jésus-Christ, uniquement occupés, pendant plusieurs siècles, à se défendre, jour par jour, de tous les genres d'insultes et de tyrannie. 1 faut qu’ils obtiennent la permission de se uourrir, d’ensevelir leurs morts, ele, ; tantôt on les force de monter à cheval sans nécessité, afin de leur faire payer des droits ; tantôt un Turc se déclare leur drogman malgré eux, et exige un salaire de la communauté, On épuise contre ces infortunés moines les inventions les plus bizarres du despotisme oriental (1). En vain ils obliennent à prix d'argent des ordres qui semblent les mettré à couvert de tant d’avanies ; ces ordres ne sont point exécutés : chaque année voit une oppression nouvelle, et exige un nouveau firman. Le commandant prévaricateur, le prince, prolecteur en apparence, sont deux tyrans qui s'entendent, l'un pour commettre une injustice avant que la loi soit faite, l’autre pour vendre à prix d’or une loi qui n’est donnée que quand le crime est commis. Le registre des firmans des Pères est un livre bien précienx, bien digne à tous égards de la bibliothèque de ces apôtres qui, au milieu des tribulations, gardent avec une constance invincible le tombeau de Jésus-Christ. Les Pères ne connaissaient pas la valeur de ce catalogue évangélique ; ils ne cro qu'il pût m'intéresser; ils n'y voyaient rien de curieux : souffiv leur est si naturel qu'ils S'élonnaient de mon élouner
(1) On yonut une fois massacrer deux r sg chat. était tombé dans la citerne du couvent, (Koyer, päg. 3304 .
aient pas ucnt.
ieux à Jérusuun parce qu'un
___——————nn amenant
J'avoue que mon admiration pour tant de malheurs si courageusemen! supportés était grande et sincère ; mais combien aussi j'étais touché en retrouvant sans cesse cette formule: Copie d’un firman obtenu à lo sollicitation de M. l'ambassadeur de France, etc. Honneur à un pays qui, du sein de l'Europe, veille jusqu’au fond de l'Asie à la défense du misérable, et protége le faible contre le fort! Jamais ma patrie ne m’a semblé plus belle et plus glorieuse que lorsque j'ai retrouvé les actes de sa bienfaisance, cachés à Jérusalem dans le registre où sont inscrites les souffrances ignorées et les iniquités inconnues de l’opprimé et de l’oppresseur.
J'espère que mes sentiments particuliers ne m’aveugleront jamais au point de méconnaitre la vérité : il y a quelque chose qui marche avant toutes les opinions; c’est la justice. Si un philosophe faisait aujourd’hui un bon ouvrage; s’il faisait quelque chose de mieux, une bonne action; s’il montrait des sentiments nobles et élevés, moi chrétien, je lui applaudirais avec franchise. Et pourquoi un philosophe n’en agirait-il pas ainsi avec un chrétien ? Faut-il, parce qu’un homme porte un froc, une longue barbe, une ceinture de corde, ne lui tenir compte d'aucun sacrifice? Quant à moi, j'irais chercher une vertu aux entrailles de la terre, chez un adorateur de Wishnou ou du grand Lama, afin d'avoir le bonheur de l’admirer : les actions généreuses sont trop rares aujourd'hui pour ne pas les honorer sous quelque habit qu'on les découvre, et pour regarder de si près à la robe du prêtre où au manteau du philosophe.