PLUG RL RER ER DE
(t) Elle portait aussi le nom de Neblosa vers la fin du treizième siècle, comme on le voit par un passage de Brocard. Voyez la Dissertation de d’Auville.
tion qui n’est pas rare: feu le fruit d res : je sais Jeter au ë les maîlres ; Je Sas JE * é‘hioi ().
naître qu'on a fait MIEUX A® nous rendimes à la maison de Pi- Du quartier des Juifs Re fenêtre la mosquée du temple; il *examiner par Une : taire lé Re oi bébé sous peine CR LRE à DUR CE la ndu à 21 éserve ë de a vironne celle mosquée : UE le Jérusalem, A parvis qui en PR al monuments de Jé .
description forsque Je Fe de Pilate, nous trouvâmes la pisi e du pretloil } É i une ruine mette Ke { 1e palais d'Hérode : ce is est cine Proba ë à l'antiquité.
: ; ent à ; dont les fondations appartiennent, urd’hui consacré au soulage- Un ancien hôpital chrétien, Su |
: ra une
tira notre attention. On nous y mont £
ment des Tures, # a chaudière de sainte Hélène. Chaque Le
3 re lée : 5 immense chaudieretpl ait autrefois à cet hôpital recevait deux
- résen! 3 ‘ TRE aioumens L des légumes cuits à l'huile; le vendredi on ajou petits pains
fait à cette distribution du riz accommodé au miel ou au raisiné: tout cela n’a plus lieu; à peine reste-t-il quelque trace de cette charité évangélique, dont les émanations s’étaient comme attachées au mur de cet hôpital.
Nous traversàmes de nouveau la ville, et, revenant chercher la porte de Sion, Ali- Aga me fit monter avec lui sur les murs: le drogman n'osa pas nous y suivre. Je trouvai quelques vieux canons de vingt-quatre ajustés sur des affüts sans roues, et placés aux embrasures d’un bastion gothique. Un garde qui fumait sa pipe dans un coin voulut crier ; Mae Ali le menagça de le jeter dans le fossé s’il ne se faisait : et il se tul : je lui donnai une piastre. RS er is
Les murs de Jérusalem, dont j'ai fait trois fois le tour à pied, présentent quatre faces aux quatre, vents ; ils forment un carré long, dont le grand côté court d'orient en occident, deux pointes de la boussole au midi. D’Anville à prouve par les mesures et les positions locales que l’ancienne Jérusalem n'était pas beaucoup plus vaste que la moderne : elle occupait quasi le même empla-
e mes études, et recon-
= ES
(1) J'aurais pu piller Jés Mémoires de l'abbé Guénée, sans en rien dire, à l'exemple de tant d'auteurs qui se donnent l'air d'avoir puisé dans les sources quand ils n’ont fait que dépouiller des savants dont ils taisent 1e nome Ces fraudes sont très-faciles aujourd'hui, car dans ce siècle de abuse s l'ignorance est grande. On comiiehcé par écrire sans avoir rien lu, et l'on continue ainsi toute sa vie. Les véritables gens delettres gémissent en voyant cette nuée de jeunes auteurs qui auraient peut-être du talent s’ils avaient quelques études. K faudrait se souvenir que Boileau lisait Longin dans l'original, et que Racine savait par cœur le Sophocle et l'Euripide grecs. Dieu nous ramène au siècle des pédants! Trente Vadius ne feront jamais autant de mal aux lettres qu'un écolier en bonnct de docteur (4).
Un Français parmi les pères de l’église de Bethléem,
Je n’ai point la prétention de surpasser | cement, si ce n’est qu’elle enfermait toute la montagne de Sion, e
et qu’elle laissait dehors le Calvaire (1). On ne doit pas prendre à la lettre le texte de Josèphe lorsque cet historien assure que les murs de la cité s’avançaient, au nord, jusqu'aux sépulcres des rois : le nombre des stades s’y oppose: d’ailleurs, on pourrait dite.
encore que les murailles touchent aujourd’hui à ces sépulcres ;
car elles n’en sont pas éloignées de cinq cents pas.
. Le mur d'enceinte qui existe aujourd’hui est V’ouvrage de Soliman, fils de Sélim (2), comme le prouvent les inscriptions turques placées dans ce mur. On prétend que le dessein de Soliman élait d’enclore la montagne de Sion dans la circonvallation de Jérusalem, et qu'il fit mourir l'architecte pour n'avoir pas suivi ses ordres. Ces murailles flanquées de tours carrées, peuvent avoir à la plate-forme des bastions une trentaine de pieds de largeur, et cent-vingt pieds d’élévation; elles n’ont d’autres fossés. que les vallées qui environnent la ville. Six pièces de douze, ti-
rées à barbette, en poussant seule- TT nn ment quelques ga=
il bions, sans'ouvrir de tranchée, y feraient dans une nuit une brèche
sait que les Turcs se défendent très= bien derrière un mur par le moyen
faire de grands ouvrages avancés
et bâtir une citadelle sur la moôn-
Dans cet amas de décombres, qu’on appelle une ville, il a plu aux gens du pays de donner des noms de rues à des pas sages déserts.
Ces divisions sont assez curieuses, et méritent d'être rapportées, d'autant plus qu'aucun voyageur n’en a parlé ; toutefois les pères Roger, Nau, etc., nomment quelques portes en arabe: Je commence par ces dernières : À
Bab-el-Kzalil, la porte du Bien-Aimé : elle s'ouvre à l'ouest. On sort par cette porte pour aller à Bethléem, Hébron et Saint=. Jean du Désert. Nau écrit Bab-el-Khalil, et traduit, porte d'A= braham : c’est la porte de Jaffa de Deshayes, la porte des Pèlerins, ct qüelquefois la porte de Damas des autres voyageurs.
Bab-el-Nabi-Dahoud, la porte du prophète David : elle est au midi, sur le sommet de la montagne de Sion, presque en face du tombeau de David et du Saint-Cénacle, Nauécrit Bab-Sidi-Daod.
Elle est nommée Porte de Sion par Deshayes, Doubdan, Roger, M
Colovic, Bénard, etc.
Bab-el-Maugrarbé, la porte des Maugrabins ou des Barbaresques; elle se trouve entre le levant et le midi, sur la vallée
(1) Voyez la Dissertation de d’Anville, à la fin de cet Itinéraire, (2), En 4531,
praticable ; maison
des épaulements. - : Jérusalem est dominée de toutes parts; pour la ren= dre tenable contre une armée régu-… lière, il faudrait .…
à l’ouest etaunord, |
lagne des Oliviers.
. ville par celte por-
ITINÉRAIRE DE PARIS A JÉRUSALEM. nai
oo RC 2 0 Perte Te me M JR PUS
d'Annon, presque au coin du temple, et en regard du village de
Siloan, Nau écrit Bab-el-Megarebe. C'est la porte Stcrquilinaire
où des ordures, par où les J uifs amenèrent Jésus-Christ à Pilate
après l'avoir oris au jardin des Oliviers.
Bab-el-Darahie, la porte Dorée; elle est au levant et donne
- sur Je parvis du temple. Les Turcs Pont murée: une prédiction leur annonce que les chrétiens prendront un jour la
des rois à Naplouse ou Sichem, à Saint-Jean d’Acre et à Damas. Nau écrit Bab-el-Amond. Quand Simon le Cyrénéen rencontra Jésus-Christ chargé de la croix, il venait de la porte de Damas.
Les pèlerins entraient anciennement par cette porte, maintenant
ils entrent par celle de Jaffa ou de Bethléem; d’où il est arrivé qu’on a transporté les noms de la porte de Damas à la porte de Jaffa ou des Pèlerins. Cette observation n’a point encore élé faite,
te; on croit que
et je la consigne
Jésus-Christ entra
ici pour expliquer
à Jérusalem par
une confusion de
cette même porte
lieux qui embar-
le jour des Ra-
rasse quelquefois
meaux.
dans les récits des
Bab-el-Sidi-Ma-
voyageurs.
riam, la porte de
Venons mainte-
Ja Sainte-Vierge, à
nant au détail des
lorient, vis-à-vis la montagne des
rues. Les trois prin-
cipales se nom-
Oliviers. Nau l’appelle en arabe Heutla. Toutes les relations de la Terre - Sainte la nomment porte de Saint-Etienne ou de Marie, parce qu’elle fut témoin dumartyredesaint Étienne, et qu’elle conduit au sépulcre de la Vierge.
Du temps des Juifs elle se nommait {a porte des Troupeaux.
Bab-el-Zahara, la porte de l’Aurore ou du Cerceau, Cerchiolino:
elle regarde le septentrion, et conduit à la grotte des Lamentations de Jérémie. Les meilleurs plans de Jérusalem s’accordent à nommer celle porte, porte d'Ephraïm ou d'Hérode. Cotovic la supprime et la confond avec la porte de Damas; il écrit : Porta Damascena, sive Effraïm ; mais son Plan, trop petit et (rès-défectueux, ne se peut comparer à celui de Deshayes, ni encore moins à celui de Shaw. Le plan du Voyage €Spagnol de Vera est {rès-beau, mais chargé et inexact. Nau ne fe point le nom arabe de la porte d’Ephraïm ; il est peul-être Pr Yoyageur qui l'appelle porte des Turcomans. La porte Piraïm et la porte Sterquilinaire ou du fumier sont les deux Pelites portes de Jérusalem.
ae pl" Hamond où Bab-el-Cham, la porte de Ja Colonne ou amas : elle est tournée au nord-ouest, et mène aux sépulcres
Allaque de Bédouins,
ment :
Hammond, la rue de la Porte de la Colonne : elle 1raverse la ville du nord au midi.
Souk-el-Kebiz, la rue du Grand- Bazar : elle court du couchant au levant.
Harat-el-Allam, la Voie Douloureuse .: elle commence à la porte de la Vierge, passe au prétoire de Pilate, et va finir au Calvaire.
On trouve ensuite sept autres petites rues :
Harat-el-Muls-
Turcs, Harat-el-Nas-
sara, la rue des
Chrétiens : elle va
cre au couvent latin.
Harat-el-Asman, la rue des Arméniens, au levant du château, Harat-el-Youd, la rue des Juifs :
les boucheries de Ja ville sont dans celte rue. Harat-bab-Hotta, la rue près du Temple.
Harat-el-Zahara. Mon drogman me traduisait ces mots par |
strada Comparita. Je ne sais trop ce que cela veut dire. Il m’assurait encore que les rebelles et les méchantes gens demeuraient dans celte rue.
Harat-el-Maugrarbé, rue des Maugrabins. Cs Maugrabins,
comme je Fai dit, sont les Occidentaux ou Baroaresques. On compte parmi eux quelques descendants des Maures chassés d'Es+
. Harat-bab-el-
min, la rue des
du Saint-Sépul-.
manne + soil
De . OA
pagne par Ferdinand et Isabelle, Ces bannis furent reçus dans la ville sainte avec une grande Charité; onleur fit bâtir une mosquée : on leur distribue encore aujourd’hui du pain, des fruits et quelque argent. Les héritiers des fiers Abencerages, les élégants architectes de l'Alhambra, sont devenus à Jérusalem des portiers qu'on recherche à cause de leur intelligence, et des courriers estimés pour leur légèreté. Que diraient Saladin et Richard si, re- Venant {out à coup au monde, ils trouvaient leschevaliers maures transformés en concierges au Saint-Sépulcre, et les chevaliers | Chrétiens représentés par des frères quêteurs ? :
À l’époque du voyage de Benjamin de Tudèle, c’est-à-dire sous les rois français de Jérusalem , la ville avait trois enceintes de murailles, et quatre portes que Benjamin appelle porta Somnus Abrahæ, porta David, porta Sion, porta Jehosaphat. Quant aux {rois enceintes, elles ne s'accordent guère avec ce que nous savons du local de Jérusalem lors de la prise de cette ville par Saladin. Benjamin trouva plusieurs Juifs établis dans le quartier de la Tour de David : ils y avaient le privilége exclusif de la teinture des draps et des laines, moyennant une somme qu’ils PaYalent tous les ans au roi.
Les lecteurs qui voudront comparer la Jérusalem moderne avec la Jérusalem antique penvent avoir recours à d’Anville, dans sa Dissertation sur l'ancienne Jérusalem (1); à Reland, et au pére Lani, de sancta Civitate et Tempo.
: Nous rentrâmes au couvent vers neuf heures. Après avoir dé- Jeuné j'allai faire une visite au patriarche grec ét au patriarche aFmémen, qui m'avaient envoyé saluer par leurs drogmans.
Le couvent grec touche à l’église du Saint-Sépulere. De la terrasse de ce Couvent on découvre un assez vaste enclos, où croissent deux ou troisoliviers, un palmier et quelques cyprès : la hic des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem oceupait auce lerrain abandonné, Le patriarche grec me parut un
“bon homme. IL était dans ce moment aussi tourmenté par le FR CD pion de Saint-Sauveur. Nous parlâmes de la mit ne # emandai s’il possédait quelques manuscrits; on
or des Rituels et des traités des Pères, Après avoir bu le
café et reçu trois ou 4 #.
arménien. quatre chapelets, je passai chez le patriarche
Celui-ci s’a
dûést Tett pat Ar de la ville de Césarée en Cappa- | rt ERA WpoiEe de Scythopoli, el procureur patriarcarats dress RE pere son noin et ses litres en vai point chez lui l'arc Ré ct let que j ai encore Je ne trou- | rénarqué chez less € soutlrance et d’oppression que j'avais | Ventes ds leureux Grecs, esclaves partout. Le cou-
,., enIen est agréable, l'église charmante, et d'une pro- Prelé rare, Le pâtriarch É:péss blait à iche Turc, était PRET P e, qui ressemblait à un riche Turc, é d’ €l0ppé dans des robes de soie, et assis sur des coussins. Je bus PR A calé dé Moka. On m'apporta des confitures, de l'eau fée me a As blanches; on brûla du bois d aloès, et je
essence de rose au point de m’en trouver incommodé. Arsenios me parla des Turcs avec mépris. Il m’assura que l'Asie entière atténdait l’arrivée des Français : que s'il paraissait un seul soldat de ma nation dans son pays, le soulévement serait général. On ne saürait croire à quel point les esprits fermentent dans l'Orient (2). J'ai vu Ali-Aga se fâcher à Jéricho contre un Arabe qui se moquait de lui, et qui lui disait que, si l'empereur avait voulu prendre Jérusalem, il y serait entré aussi aisément : qu'un Chameau dans un champ de doura. Les peuples de l'Oren! sont beaucoup plus familiarisés que nous avec les idées d’in- Vasion, [ls ont vu passer tous les hommes qui ont changé la face de la terre : Sésostris, Cyrus, Alexandre, Mahomet, et le dernier | conquérant de l'Europe. Accoutumés à suivre les destinées d’un |
tt rie eme
È ñ " ‘ “ “ , JEU D E ; Fe je l'ai déjà raconté, el ils y vivaient à discrétion En retourtatl,
je rencontrai deux jeunes spahis armés de pied en cap, et faistnl,
ÉRUSALEM:
maître, ils n’ont point de loi qui les attache à des idées d'ordre. et de modération politique : luer quand on est le plus fort leur, semble un droit légitime; ils S'y soumettent ou | exercent ave la, même indifférence. Us appartiennent essentiellement à l'épée; ils aiment tous les prodiges qu'elle opére : le glaive est pour eux | la baguette d’un génie qui élève et détruit les empires, La, lie | berté, ils l'ignorent; les propriétés , ils n’en ont point : la force, est leur dieu. Quand ils sont longtemps sans voir, para re ces conquérants exécuteurs des hautes justices du ciel, ils ont l'air de soldats sans chef, de citoyens sans législateur, et d’une famille Fe NO.
En Pre visites durèrent à peu près une heure. De là j'entrai L dans l’église du Saint Sépulcre ; le Turc qui en ouvre les portes, avait été prévenu de se tenir prêt à me recevoir : je payai.de, nouveau à Mahomet le droit d adorer Jésus-Christ, J'étudiai ung seconde fois, et plus à loisir, les monuments de celle vénérables église. Je montai dans la galerie où je rencontrai le moine cophle et l’évêque abyssin : ils sont trés-pauvres, et leur simplicité vaps, pelle les beaux temps de l'Évangile. Ces prêtres, demi-sauvagess le teint brûlé par les feux du tropique, portant pour seule marque. de leur dignité une robe de toile bleue, et n’ayant point d'autre,
abri que le Saint-Sépulcre, me touchèrent bien plus que le cher, des papas grecs et le patriarche arménien. Je défierais l'imagie.
nation la moins religieuse de n être pas émue à celte renconire, de tant de peuples au tombeau de Jésus-Christ, à ces prières prog
noncées dans cent langages divers, au lieu même où les apôtresy reçurent du Saint-Esprit le don de parler toutes les langues del F terre. x de.
Je sortis à une heure du Saint-Sépulcre, etnous rentrâmes tb couvent. Les soldats du pacha avaient envahi l’hospice, ainsi qué n
hier
à ma cellule, et traversant le corridor avec le drogman Michel
ün bruit étrange : il est vrai qu'ils n'étaient pas bien redoutables, car, à la honte de Mahomet ils étaient ivres à tomber. Ausss | sitôt qu’ils m'aperçurent,ils me fermèrent le passage en jet ot de grands éclats de rire. Je m arrélai pour altendre la fin 40, ces jeux. Jusque-là il n’y avait point de mal ; mais bientôt un de ces Tartares, passant derrière moi, me prit la tête, me: la cb uba | de force, tandis que son camarade, baissant le collet de mon has,
| bit, me frappait le cou avec le dos-de son sabre nu, Le drogmätl
se mit à beugler. Je me débarrassai des mäins des spahis ; je saur, tai à la gorge de celui qui m'avait saisi Par la tête : d’une mul lui arrachant la barbe, et de l’autre ] élranglant contre le mur, je le fis devenir noir comme mon chapeau; après quoi je le làs chai, lui ayant rendu jeu pour jeu et insülte pour insulte. L'autre, spahi, chargé de vin et étourdi de mon action, ne songea poitil à venger la plus grande avanie que Fon puisse faire à un Turd celle de le prendre par la barbe. Je me retirai dans ma chambre ét je me préparai à tout événement. Le père gardien n’étail pis trop fâché que j'eusse un peu corrigé ses perséculeurs; mais 1 craignait quelque catastrophe : un Turc bumilié n’est jamais. dangereux, et nous n'entendimes parler de rien.
Je dinai à deux heures, et je sortis à trois avec ma petite troupe accoutumée. Je visitai les sépulcres dés rois; de là, fus sant à pied le tour de la ville, je m’arrêlai aux tombeaux d'Al: salon, de Josaphat et de Zacharie dans la vallée de Josaphat. J'ai dit que les sépulcres des rois étaient en dehors de la porté d'Ez phraïm, vers le nord, à trois ou quatre portées de fusil de la gro
: de Jérémie. Parlons des monuments de Jérusalem.
J'en distingue de six espèces : 4 4° Les monuments purement hébreux ; 2% les monument
| grecs el romains du temps des païens; 3 les monuments grecs |
(1) Voyez cette Dissertation à la fin de cet Itinéraire.
(2 M. Seetzen, qui passa à Jérusalem quelques mois avant moi , et qui à voyagé, plus tard dans l'Arabie, dit, dans sa lettre à M. de Zach, que les habitants du pays ne firent que lui Parler des armées françaises. (Ann. des Voyages, par M. Malte-Bruu.)
et romains sous le christianisme ; 4 les monuments arabes 0 moresques ; 5° les monuments gothiques sons les rois françaiss Ge les monuments turcs. : | Venons aux premiers.
On ne voit plus aucune trace de ceux-ci à Jérusalem, si ce n'est
het
orne in nantes
ÉTÉ à la piscine Probaltique; car je mets les sépulcres des rois et les tombeaux d’Absalon, de Josaphat et de Zacharie au nombre des monuments grecs et romains exéculés par les Juifs.
Il est difficile de se faire une idée nette du premier et même du second temple d'après ce qu’en dit l’Écriture et d'après la description de Josèphe ; mais on entrevoit deux choses: les Juifs avaient le goût du sombre et du grand dans leurs édifices, comme les Égyptiens; ils aimaient les petits détails et les ornements recherchés, soit dans les gravures des pierres, soit dans les ornements en bois, en bronze ou en or (m).
Le temple de Salomon ayant été détruit par les Syriens, le second temple, rebâti par Hérode l’Ascalonite, rentra dans l’ordre de ces ouvrages moilié juifs, moitié grecs, dont je vais bientôt
arler.
Il ne nous reste donc rien de l’architecture primitive des Juifs à Jérusalem, hors la piscine Probatique. On la voit encore près de la porte Saint-Etienne, et elle bornait le temple au septention. C’est un réservoir long.de cent cinquante pieds, et large de quarante. L'excavation de ce réservoir est soutenue par des murs, et ces murs sont ainsi composés : un lit de grosses pierres jointes ensemble par des crampons de fer; une maçonnerie mêlée appliquée sur ces grosses pierres; une couche de cailloutage collée sur cette maçonnerie; un enduit répandu sur ce cailloutage. Les quatre lits sont perpendiculaires au sol, et non pas horizontaux : l’enduit était du côté de l’eau, et les grosses pierres s’appuyaient et s’appuient encore contre la terre.
Cette piscine est maintenant desséchée et à demi comblée; il y croit quelques grenadiers et une espèce de tamarin sauvage, dont la verdure est bleuâtre : l'angle de l’ouest est tout rempli de nopals. On remarque aussi dans le côté occidental deux arcades qui donnent naissance à deux voûles : c'élait peut-être un aqueduc qui conduisait l’eau dans intérieur du temple.
Josèphe appelle cette piscine Stagnum Salomonis , l'Évangile la nomme Probatique, parce qu'on y purifiait les brebis destinées aux sacrifices. Ce fut au bord de cette piscine que Jésus- Christ dit au paralytique :
« Levez-vous et emportez votre lit. »
Voilà toul ce qui reste aujourd’hui de la Jérusalem de David et de Salomon. :
Les monuments de la Jérusalem grecque et romaine sont plus
noubreux, et forment une classe nouvelle et fort singulière dans les arts. Je commence par les tombeaux de la vallée de Josaphat et de la vallée de Siloé.
… Quand on a passé le pont du torrent de Cédron, on trouve au pied du Mons Offensionis le sépulcre d’Absalon. C’est une masse carrée, mesurant huit pas sur chaque face; elle est formée d’une seule roche, laquelle roche a été taillée dans la montagne voisine, dont elle n’est séparée que de quinze pieds. L’ornement de ce sépulere consiste en vingt-quatre.colonnes d’ordre dorique sans canvelure, six sur chaque front du monument. Ces colonnes sont à demi engagées et forment partie intégrante du bloc, ayant été prises dans l’épaisseur de la masse, Sur les chapiteaux règne la frise avec le triglyphe. Au-dessus de cette frise s'élève un socle qui porte une pyramide triangulaire, trop élevée pour la hauteur totale du tombeau. Cette pyramide est d’un autre morceau que le corps du monument.
Le sépulcre de Zacharie ressemble beaucoup à celui-ci; il est taillé dans le roc de la même manière, et se termine en une pointe un peu recourbée comme le bonnet phrygien ou comme un monument chinois. Le sépuicre de Josaphat est une grotte dont la porte, d'un assez bon goût, fait le principal ornement. Eufin, le sépulcre où se cacha l'apôlre saint Jacques présente
sur la vallée de Siloé un portique agréable. Les quatre colonnes
qui composent ce portique ne posent point sur le sol, mais elles Son! placées à une certaine hauteur dans le rocher, ainsi que la colornade du Louvre sur le premier étage du palais.
La tradition, comme on le voit, assigne des noms à ces tombeaux. Areulfe, dans Adamannus (De Locis Sanctis, lib. 1, cap. x),
Vilalpandus, (Antiquæ Jerusalem Descriptio), Adrichomius Sententia de loco sepuleri Absalon), Quaresmius (lom. 1, cap. 1v et v), et plusieurs autres, ont ou parlé de ces noms, Où épuisé sur ce sujet la critique de l'histoire. Mais, quand la tradition ne serait pas Ici démentie par les faits , l'architecture de ces monuments prouverait que leur origine ne remonte pas à la première antiquité judaïque. , | | wi
S'il fallait absolument fixer l’époque où ces mausolées ont été construits, je la placerais vers le temps del alliance des Juifs et des Lacédémoniens , sous les premiers Machabées. Le dorique dominait encore dans la Grèce : le corinthien n'envahit V’architecture qu’un demi-siècle après. lorsque les Romains commencèrent à s'étendre dans le Péloponèse et dans l’Asie (1).
Mais, en naturalisant à Jérusalem l'architecture de Corinthe et d'Athènes, les Juifs y mélèrent les formes de leur propre style, Les sépulcres de la vallée de Josaphat, et surtout les tombeax dont je vais bientôt parler, offrent l'alliance visible du goût de l'Égypte et du goût de la Grèce. Il résulta de cette alliance une sorte de monuments indécis, qui forment pour ainsi dire le passage entre les Pyramides et le Parthénon ; monuments où l'on distingue un génie sombre, hardi, gigantesque, et une imagination riante, sage et modérée (2). On va voir un bel exemple de celte vérité dans les sépulcres des rois.
En sortant de Jérusalem par la porte d'Ephraïm, on marche pendant un demi-mille sur le plateau d’un rocher rougeâtre où croissent quelques oliviers. On rencontre ensuile au milieu d’un champ une excavation assez semblable aux travaux abandonnés d'une ancienne carrière. Un chemin large et en pente douce vous conduit au fond de cette excavalion, où l’on entre par une arcade. On se trouve alors au milieu d’une salle découverte taillée dans le roc. Cette salle a trente pieds de long sur trente pieds de large, et les parois du rocher peuvent avoir douze à quinze pieds d’élévation.
Au centre de la muraille du midi vous apercevez une grande porté carrée, d'ordre dorique, creusée de plusieurs pieds de profondeur dans le roc. Une frise un peu capricieuse, mais d’une délicatesse exquise, est sculp'ée au-dessus de la porte : c’est d’abord un triglyphe suivi d’un métope orné d’un simple anneau ; ensuite vient une grappe de raisin entre deux couronnes et deux palmes. Le triglyphe se représente, et la ligne se reproduisait sans doute de la même manière le long du rocher; mais elle est actuellement effacée, A dix-huit pouces de cette frise règne un feuillage entremêlé de pommes de pin et d’un autre fruit que je n'ai pu reconnaitre, mais qui ressemble à un petit citron d’Egypte. Cette dernière décoration suivait parallèlement la frise, et descendait ensuite perpendiculairement le long des deux côtés de la porte.
Dans l’enfoncement et dans l'angle à gauche de cette grande porte s’ouvre un canal où l'on marchait autrefois debout, mais où l'on se glisse aujourd’hui en rampant, Il aboutit par une pente assez raide, ainsi que dans la grande pyramide, à une chambre carrée, creusée dans le roc avec le marteau et le ciseau. Des trous de six pieds de long sur trois pieds de large sont pratiqués dans les murailles, ou plutôt dans les parois de celle chambre, pour y placer des cercueils. Trois portes voütées conduisent de celte première chambre dans sept autres deineures sépulerales d'inégale grandeur, toutes formées dans le roc vif, et dont il est difficile de comprendre le dessein, surtout à la lueur des flaine beaux. Une de ces grottes, plus basse que les autres, et où l’on descend six degrés, semble avoir renfermé les principaux cercueils. Ceux-ci étaient généralement disposés de la manière sui-
(1) Aussi trouvons-nous à cette dernière époque un portique coriuthien dans le temple rebäti par Hérode, des colonnes avec des inscriptions grecques et latines, des portes de cuivre de Gorinthe, etc. *,
(2) C'est ainsi que, sous Frauçois ler, l'architecture grecque se ma au style gothique, et produisit des ouvrages charmants.
* Joseru., de Bell. Judaic., lib, va, Cape XIVe
i en face de vante : le plus considérable était au fond d LE Eu ee avait préla porte d'entrée, dans la niche ou ne ns étaient réserparé; des deux côtés de la porte deux petites
4" ne pour les gardes
vées pour les mortsles moins illustres, EP ob, Le cer- > < . », . In z
de ces rois qui n’avaient plus beso taient de pierre et
cucils, dont on ne voit que les fragments, € ornés d'élégantes arabesques.
Ce qu’on admire le plus dans ce des chambres sépulcrales ; elles ue lesquels elles tournent. Eure ainsi que les gonds et era avaient été taillées
resqu »g v œeurs on :
Fe cela esl visiblement Hair le prouve très-bien le père Nau- La Ge AU de pierres, € lant un peu la poussière on aperçoit Le Sn élé posées avec « qui y ont élé mises après que . Le dant gratté la pous- € leurs pivots dans les trous. » qe CEA de it porte qui sière, et je n’ai point vu ces marques au D®$ t ietées en dedans reste debout : toutes les aatres sont brisées €° J
des grottes.
j & de les En entrant dans ces palais de la mort, je fus tenté d
Ï ine, tels que ceux de ins d'architecture romaine, e prendre pour des bains d’arc de Me ie que de
l'antre de Ja Sibylle près du lac Av RSS Dien l'effet général pour me faire comprendre; © d Adamann.), qui que j'étais dans des tombeaux-. Arculfe (Apu gi é 4 Hu les a décrits avec nne grande exactitude (Sepulcra Vs AL "
rali collis rupe, etc.), avait vu des ossements dans + Re Plusieurs siècles après, Villamont y trouva parelreme cendres qu'on y cherche vainement aujourd’hui. Ce monumen souterrain était annoncé au dehors par {roIs pyramides, dont une existait encore du temps de Vilalpandus. Je ne sais ce qu il faut croire de Zuellard et d’Appart qui décrivent des ouvrages extérieurs et des péristyles. 3 Le Es
Une question s'élève sur ces sépulcres nommés Séputcres des rois. De quels rois s'agit-il? D’après un passage des Paralipomènes et d’après quelques autres endroits de l'Écriture on voit que les tombeaux des rois de Juda étaient dans la ville de Jérusalem : Dormitque Achaz cum patribus suis, et sepelierunt eum in civitate Jerusalem. David avait son sépulcre sur la montagne de Sion; d’ailleurs le ciseau grec se fait reconnaitre dans les ornements des sépulcres des rois. :
Josèphe, auquelil fautavoir recours, cite trois mausolées fameux.
Le premier était le tombeau des Machabées, élevé par Simon leur frère : «II élait, dit Josèphe, de marbre blanc et poli, si « élevé qu’on le peut voir de fort loin. Il y a tout à l’entour des « Yoûles en forme de portiques , dont chacune des colonnes qui « le soutiennent est d'une seule pierre. Et pour marquer ces sept € personnes, il y ajouta sept pyramides d'une très-grande hau- « teur et d’une merveilleuse beauté 1). »
Le premier livre des Machabées donne à peu près les mêmes détails sur ce tombeau. Il ajoute qu’on l'avait construit à Modin, et qu'on le voyait en naviguant sur la mer : Ab omnibus navigantibus mare. Modin était une ville bâtie près de Diospolis, sur une montagne de la tribu de Juda, Du temps d’Eusèbe, et même du temps de saint Jérôme, le monument des Machabées existait encore, Les sépulcres des rois, à la porte de Jérusalem , malgré leurs sept chambres funèbres et les pyramides qui les couronnaient, ne peuvent donc avoir appartenu aux RHRE DHAnenss
Josèphe nousapprend ensuite qu Hélène, reine d Adiabène, avait fait élever, à deux stades de Jérusalem, trois pyramides funèbres, et que ses os et ceux de son fils Izate y furent renfermés par les soins de Manabaze (2). Le même historien, dans un autre ouvrage (3), en lraçant les limites de la Cité sainte, dit.que les Le passaient au septéntrion vis-à-vis le sépulcre d'Hélène. Tout cela convient parfaitement aux sépulcres des rois, qui, selon Vilalpandus , élaient ornés de trois pyramides, et qui se trouvent encore au nord de Jérusalem, à la distance marquée par Josèphe.
£ ; a s tombeaux, ce sont les portes nt de la miême pierre que la
(1) Antiq. Judaï. — (?) Antiq. Judaï. — (3) De Bell, Jud,
Saint Jérôme parle aussi de ce sépulcre. Les savants qui se sont. occupés du monument que j'examine ont laissé échapper un passage curieux de Pausanias (1) ; il est vrai qu’on ne pense guère à Pausanias à propos de Jérusalem. Quoi qu'il en soit, voici Je passage ; la version latine et le texte de Gédoyn sont fidèles : « Le second tombeau était à Jérusalem. C'était la sépulturé « d’une femme juive nommée Hélène, La porte du tombeau, qui « étaitde marbre comme tontle reste, s’ouvrait d’elle-mème à cer « ain jour de l'année et à certaine heure, par le moyen d’une ma= « chine, etse refermait peu de temps après. En tout autre temps; « si vous aviez voulu l'ouvrir vous l’auriez plutôt rompue. » Cette porte, qui s’ouvrait et se refermait d'elle-même par une machine, semblerait, à la merveille près, rappeler les portés extraordinaires des sépulcres des rois. Suidas et Étienne de Byzance parlent d’un Voyage de Phénicie et de Syrie publié pan Pausanias. Si nous avions cet ouvrage, nous y aurions sans douté. trouvé de grands éclaircissements sur le sujet que nous traitons: Les passages réunis de l'historien juif et du voyageur grec sembleraient donc prouver assez bien que les sépulcres des rois … ne sont que le tombeau d'Hélène; mais on est arrêté dans celt@ conjecture par la connaissance d’un troisième monument. A Joséphe parle de certaines grottes qu'il nomme les Cavernés royales, selon la traduction littérale d’Arnaud d’Andilly : mal= heureusement il n’en fait point la description ; il les place au stp tentrion de la ville sainte, tout auprès du tombeau d'Hélène Reste donc à savoir quel fut le prince qui fit creuser ces @ vernes de la mort, comment elles étaient ornées, et de quels rois elles gardaient les cendres. Josèphe, qui compte avec tant de soin les ouvrages entrepris ou achevés par Hérode le Grand, l met point les sépulcres des rois au nombre de ces ouvrages ; nous apprend même qu'Hérode, étant mort à Jéricho, fut enterré avec une grande magnificence à Hérodium. Ainsi, des f E vernes royales ne sont point le lieu de la sépulture de ce princes mais un mot échappé ailleurs à l’historien pourrait répant r quelque lumière sur cette discussion. 4 En parlant du mur que Titus fit élever pour serrer de plis près Jérusalem, Josèphe dit que ce mur, revenant vers la région boréale, renfermait le sépulcre d'Hérode. C’est la position des cas, vernes royales. Celles-ci auraient donc porté également le nom de Cavernes royales et de Sépulcre d'Hérode. Dans ce cas cet Hérode ne serait point Hérode l’Ascalonite, mais Hérode le Tétrarque. Ce dernier prince était presque aussi magnifique que s0n père : il avait fait bâtir deux villes, Séphoris et Tibériade ; et quoi=
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- qu'il fût exilé à Lyon par Caligula (2), il pouvait très-bien s'êlre
préparé un cercueil dans sa patrie : Philippe son frère lui avait donné le modèle de ces édifices funèbres, e
Nous ne savons rien des monuments dont Agrippa embellit Jérusalem.
Voilà ce que j'ai pu trouver de plus satisfaisant sur cette ques= lion; j'ai cru devoir la traiter à fond, parce qu’elle a jusqu'ici été plutôt embrouillée qu’éclaircie par les critiques. Les anciens pès lerins qui avaient vu le sépulcre d'Hélène l'ont confondu aves] les cavernes royales. Les voyageurs modernes, qui n’ont point retrouvé le tombeau de la reine d’Adiabène, ont donné le n0m de ce tombeau aux sépultures des princes de la maison d’Hérodes Il est résulté de tous ces rapports une étrange confusion : confus sion augmentée par l’érudition des écrivains pieux qui ont voulu enseyelir les rois de Juda dans les grottes royales, et qui n'ont pas manqué d’autorités. fi
La critique de l’art ainsi que les faits historiques nous obligent à ranger les sépulcres des rois dans la classe des monuments grecs à Jérusalem, Ces sépulcres étaient très-nombreux , et la poss, térité d’Hérode finit assez vite ; de sorte que plusieurs cercueils,
(1) J'ai vu depuis que l'abbé Guénée l'a indiqué dans les excellents Mémoires dont j'ai parlé, 1 dit qu’il se prôpose d'examiner ce passage dans WA autre Mémoire : ille dit, mais il n’y revient plus : c'est bien dommage,
(2) Joscrn,, Ant, Jud,, lib, xvis ; Srnas., lib. xvit
eme tte TT get he à sr Ur.
auraient attendu vainement leurs maitres : il ne manquait plus, pour connaître toute la vanité de notre nature, que de voir les tombeaux d'hommes qui ne sont pas nés. Rien, au reste, ne forme un contraste plus singulier que la frise charmante sculptée
ar le ciseau de la Grèce sur la porte de ces chambres formidables où reposaient les cendres des Hérodes. Les idées les plus tragiques s’atlachent à la mémoire de ces princes ; ils ne nous sont bien connus que par le meurtre de Mariamne, le massacre des Innocents, la mort desaint Jean-Baptiste, etla condamnation de Jésus-Christ. On ne s’allend donc point à trouver leurs tombeaux embellis de guirlandes légères, au milieu du site effrayant de Jérusalem, non loin du temple où Jéhovah rendait ses terribles oracles, et près de la grotte où Jérémie composa ses Lamentations. : |
M. Casas a très-bien représenté ces monuments dans son Voyage pittoresque de la Syrie : je ne connais point l'ouvrage plus récent de M. Mayer. La plupart des voyages en Terre-Sainte sont accompagnés de gravures et de vignettes. Il faut distinguer celles de la Relation du père Roger, qui pourraient bien être de Claude Mellan. |
Les autres édifices des temps romains à Jérusalem, téls que le théâtre et l’amphithéâtre, les tours Antonia, Hippicos, Phasaële et Psephima, n’existent plus, ou du moins on n’en connaît que des ruines informes.
Nous passons maintenant à la troisième sorte des monuments de Jérusalem, aux monuments du christianisme avant l'invasion des Sarrasins. Je n’en ai plus rien à dire, puisque je les ai décrits en rendant compte des saints lieux. Je ferai seulement une remarque : comme ces monuments doivent leur origine à des chrétiens qui n’étaient pas Juifs, ils ne conservent rien du caractère demi-égyptien, demi-grec, que j'ai observé dans les ouvrages des princes asmonéens et des Hérodes; ce sont de simples églises grecques du temps de la décadence de l’art.
La quatrième espèce de monuments à Jérusalem est celle des monuments qui appartiennent au temps de la prise de cette ville par le calife Omar, successeur d’Abubeker, et chef de Ja race des Ommiades. Les Arabes qui avaient ‘suivi les étendards du calife s’emparèrent de l'Égypte; de là, s’avançant le long des côtes de l'Afrique, ils passèrent en Espagne , et remplirent de palais enchantés Grenade et Cordoue. C’est donc au règne d'Omar qu’il faut faire remonter l’origine de cette architecture arabe dont l’Alhambra est le chef-d'œuvre, comme le Parthénon est le miracle du génie de la Grèce. La mosquée du Temple, commencée à Jérusalem par Omar, agrandie par Abd-el-Maleck, et rebâtie sur un nouveau plan par El-Oulid, est un monument très-curieux pour l’histoire de l’art chez les Arabes. On ne sait point encore d’après quel modèle furent élevées ces demeures des fées dont l'Espagne nous offre les ruines. On me saura peut-être gré de dire quelques mots sur un sujet si neuf, et jusqu’à présent si peu éludié.
Le premier temple de Salomon ayant été renversé six cents ans avant la naissance de Jésus-Christ, il fut relevé après les soixante-dix ans de la captivité, par Josué, fils de Josédé, et Zorobabel, fils de Salathiel. Hérode l’Ascalonite rebâtit en entier ce Second temple. Il y employa onze mille ouvriers pendant neuf ans. Les travaux en furent prodigieux, et ils ne furent achevés que longtemps après la mort d’Hérode. Les Juifs ayant comblé des précipices et coupé le sommet d'une montagne, firent enfin celle vaste esplanade où s'élevait le temple à lorient de Jéru- Salem, sur les vallées de Siloé et de Josaphat. jppraie jours après sa naissance, Jésus-Christ fut présenté FE ES temple ; la Vierge y fut purifiée. À douze ansle Fils il y fn ne ; LT pl il en chassa les marchands ;
Re F PASS ee é par le démon; il y remit les péchés à le aie RE ; à Y te Ja parabole du bon Pasteur, nüplal Tee êe ans, celle des Vignerons et celle du Banquet dalohes Pi ans ce méme temple qu'il entra au milieu des
S et des branches d’olivier, le jour de la fête des Rameaux;
enfin il y prononça le Reddite que sunt Cæsaris Cæsari, et que sunt Dei Deo ; il y fit Péloge du denier de la veuve.
Titus ayant pris Jérusalem la deuxième année du règne de Vespasien, il ne restà pas pierre sur pierre du temple où Jésus- Christ avait fait tant de choses glorieuses, et dont il avait prédit la ruine. Lorsque Omar s’empara de Jérusalem, il paraît que l'espace du temple, à l’exception d’une très-pelite partie, avait été abandonné par les chrétiens. Saïdebn-Batrik (1), historien arabe, raconte que le calife s’adressa au patriarche Sophronius, et lui demanda quel serait le lieu le plus propre de Jérusalem pour y bâtir une mosquée. Sophronius le conduisit sur les ruines du temple de Salomon. RE
Omar, satisfait d'établir sa mosquée dans une enceinte si fameuse , fit déblayer les terres et découvrir une grande roche où Dieu avait dû parler à Jacob. La mosquée nouvelle prit le nom de cette roche, Gémeat-el-Sakhra, et devint pour les musulmans presque aussi sacrée que les mosquées de la Mecque et de Médine. Le calife Abd-el-Maleck en augmenta les bâtiments et renferma la roche dans l’enceinte des murailles. Son successeur, le calife El-Oulid, embellit encore El-Sakbra , et la couvrit d’un dôme de cuivre doré, dépouille d’une église de Balbeck. Dans la suite, les croisés convertirent le temple de Mahomet en un sanctuaire de Jésus-Christ ; et lorsque Saladin reprit Jérusalem, il rendit ce temple à sa destination primitive. €
Mais quelle est l'architecture de celte mosquée, type ou modèle primitif de l’élégante architecture des Maures? C'est ce qu’il est très-difficile de dire. Les Arabes, par une suile de leurs mœurs despotiques et jalouses, ont réservé les décorations pour l'intérieur de leurs monuments; et il y a peine de mort contre toutchrétien quinon-seulemententrerait dans Gâmeat-el-Sakhra, mais qui meltrait seulement le pied dans le parvis qui Penvironne. Quel dommage que l'ambassadeur Deshayes, par un vain scrupule diplomatique, ait refusé de voir cette mosquée où les Turcs lui proposaient de l’introduirel J’en vais décrire l'extérieur:
On voit la grande place de la mosquée, autrefois la place du temple, par une fenêtre de la maison de Pilate.
Cette place forme un parvis qui peut avoir cinq cents pas de longueur sur quatre cent soixante de largeur. Les murailles de la ville ferment ce parvis à lorient et au midi. Il est borné à l’occident par des maisons turques, et au nord par les ruines du préloire de Pilate et du palais d’Hérode.
Douze portiques, placés à des distances inégales les uns des autres, et tout à fait irréguliers comme les cloîtres de l’'Alhambra, donnent entrée sur ce parvis.Îls sont composés de trois ou quatre arcades, et quelquefois ces arcades en soutiennent un second rang; ce qui imite assez bien l'effet d’un double aqueduc. Le plüs considérable de tous ces portiques correspond à l’ancienne Porta Speciosa, connue des chrétiens par un miracle de saint Pierre, Il y a des lampes sous ces portiques.
Au milieu de ce parvis on en trouve un plus petit qui s’élève de six à sept pieds comme une terrasse sans balustres, au-dessus du précédent. Ce second parvis a, selon l'opinion commune, deux cents pas de long sur cent cinquante de large; on y monte de quatre côtés par un escalier de marbre; chaque escalier est composé de huit degrés. ;
Au centre de ce parvis supérieur s’élève la fameuse mosquée de la Roche. Tout auprès de la mosquée est une cilerne qui tire son eau de l’ancienne fontaine Scellée (2), et où les Turcs font leurs ablutions avant la prière. Quelques vieux oliviers et des cyprès clair-semés sont répandus çà et là sur les deux parvis.
Le temple est octogone : une lanterne également à huit faces, et percée d'une fenêtre sur chaque face, couronne le monument. Cette lanterne est recouverte d’un dôme. Ce dôme était autrefois de cuivre doré, il est de plomb aujourd’hui; une flèche d’un
{t) C'est Eutychius, patriarche d'Alexandrie, Nous avons ses Annales arabes, imprimées à Oxford, avec une version latine, (2) Fons signaltus,
Re, te ne assez bon goût, terminée par un croissant, surmonte tout l’édifice, qui ressemble à une tente arabe élevée au milieu du désert, Le père Roger donne trente-deux pas à chaque côté de f'oclogone, deux cent cinquante-deux pas de circuit à la mosquée en dehors, et dix-huit ou vingt toises d'élévation au monument entier, Les murs Sont revêlus extérieurement de petits carreaux ou de briques peintes de diverses couleurs ; ces briques sont chargées d arabesques et de versets du Coran écrits en lettres d’or. Les huit fenêtres de la lanterne sont ornées de vitraux ronds et coloriés. [ci nous trouvons déjà quelques trails originaux des édifices moresques de l'Espagne : les légers portiques des parvis et les riques peintes de la mosquée rappellent diverses parties du Généralife, de l’Alhambra et de la cathédrale de Cordoue.
. Quant à l’intérieur de cette mosquée, je ne l’ai point vu. Je fus bien tenté de risquer tout pour satisfaire mon amour des arts ; mais la crainte de causer la perte des chrétiens de Jérusalem mn arrêla, Guillaume de Tyr et Deshayes disent quelque chose de ] intérieur de la mosquée de la Roche; le père Roger en fait une description fort détaillée et vraisemblablement très-fidèle (n).
Cependant elle ne suffit pas pour prouver que l’intérieur de la mosquée de Jérusalem a des rapports avec l'intérieur des mohuments moresques en Espagne. Cela dépend absolument de la manière dont les colonnes sont disposées dans le monument; et c'est ce que le père Roger ne dit pas. Portent-elles de petites arcades? sont-elles accouplées, groupées, isolées, comme à Cordoue et à Grenade? Mais, si les dehors de celte mosquée ont déjà tant = rrehiencs avec quelques parties de l'Alhambra , n'est-il chitecture? Je le croirais d'autant plus facilement que les marbres et les colonnes de cet édifice ont été dérobés aux. églises chréliennes, et qu’ils doivent offrir ce mélange d'ordres et de proporlions que l’on remarque dans la cathédrale de Cordoue.
Ajoutons une observation à ces. conjectures, La mosquée abandonnée que l’on voit près du Caire parait être du même style que la mosquée de Jérusalem : or, cette mosquée du Caire est évidemment l'originalde la mosquée de Cordoue. Celle-ci fut bâtie par des princes, derniers descendants de la dynastie des Grosninden ; et Omar, chef de leur famille, avait fondé la mosquée
e Jérusalem.
bru sptumanfs vraiment arabes appartiennent donc à la preÿnastie des califes et au génie de la nation en général : bre Rs dons pas, comme on l’a cru jusqu'ici, le fruit du ta A nn PL
a A numents ans l Orient, | ir qe Jôr irai plus loin, Je crois apercevoir dans l'archi- Es pa “yPlenne, si pesante, sl ma;eslueuse , si vaste, si du-
voie, 1e germe de cette architecture sarrasine, si légère, 'si riante, Si pelle, si fragile ; le minaret est limitation de l'obélisque ; les moresques sont des biéroglyphes dessinés au lieu d'hiéroglyphes gravés. Quant à ces forêls de colonnes qui composent l’intérieur des mosquées arabes, et qui portent une voûle plate, les temples de Memphis, de Denderah, de Thèbes, de Méroué, offraient en core des exemples de ce genre de construction, Placés sur Ja frontière de Metzraïm, les descendants d’Ismaël-ont eu néces- Sairement l'imagination frappée des merveilles des Pharaons : ils n'ont rien em prunté des Grecs qu’ils n’ont point connus, mais ils on! cherché à copier les arts d'une nation fameusequ’ilsavaient sans cesse sous les yeux, Peuples vagabouds, coquérants; voyageurs, ils ont imilé en courant l’immuable Egypte : ils se sont fait des obélisques de bois doré et des hiéroglyphes de plâtre, qu'ils pou- Yaient emporter avec leurs tentes sur le dos de leurs chameaux.
Je n'ignore pas que ce système, si c'en est un, est sujet à quelques objections, et même à des objections historiques, Je Sas que le palais de Zehra, bâti par Abdoulrabam auprès de Curdoue, fut élevé sur le plan d’un architecte de Constantinople, el que les colonnes de ce palais furent taillées en Grèce; je sais qu’il existe une architecture née dans la corruption de l'art, qu’on peut appeler architecture justinienne, et que cette architecture
Présumer que les dedans conservent le même goût d’ar-
a quelques rapports avec les ouvrages des Maures; je sais enfin. que des hommes d'un excellent goût et d'un grand savoir, tels“ que le respectable M. d'Agincourt et l'auteur du magnifique Voyage en Espagne, M. de La Borde, pensent que toute archi= tecture est fille de la Grèce; mais quelles que soient ces difficultés etces autorités puissantes, j'avoue qu’ellesne me fontpointchanger d'opinion, Un plan envoyé par un architecte de Constantino} des colonnes taillées sur lesrives du Bosphore, des ouvriersg travaillant à une mosquée, ne prouvent rien : on ne peut li d'un fait parliculier une conséquence générale. J'ai vu à Co tantinople l'architecture justinienne. Elle a, j'enconviens, que ressemblance avec l'architecture des monumentssarrasins, com le rétrécissement de la voûte dans les arcades, ete. Toutefois. conserve une raison, une froideur, une solidité qu'on ne marque point dans la fantaisie arabe, D'ailleurs cette architeel justinienne me semble être elle-même l'architecture égyptie rentrée dans l’architecture grecque. Cette nouvelle: invasion des l’art de Memphis fut produite par l'établissement du christit nisme : les solitaires qui peuplèrent les déserts de la Thébaïde et dont les opinions gouvernaient le monde, introduisirent les églises, dans les monastères, et jusque dans les pal portiques dégénérés appelés -cloitres, où respire le génied l'Orient. Remarquons, à l'appui de ceci, que la véritable détério tion de l’art chez les Grecs commence précisément à l'époqu la translation du siége de l'empire romain: à Constantino qui prouve que l'architecture grecque n'enfanta pas l'a ture .orientale, mais que l'architecture orientale se gliss l'architecture grecque par le voisinage des lieux. J’incline donc à croire que toute architecture est so l'Égypte, même l'architecture gothique ; car rien n’est w Nord, hors le fer et la dévastation, Mais cette architectur tienne s’est modiliée selon le génie des peuples : elle ne cl guère chez les premiers Hébreux, où elle se débarrassa seules des monstres et des dieux de l’idolâtrie, En Grèce, où elle fi L troduite par Cécrops et Inachus, elle s'épura et devint le mo de ous les genresde beautés; Elle parvintà Rome par les Tos colonie égyptienne. Elle y conserva sa grandeur, mais elle. teignit jamais sa perfection comme à Athènes. Des apôlres courus de l'Orient la portèrentaux Barbares du Nord : sans perl parmi ces peuples son caractère religieux el sombre, elle s'éleva avec les forêts des Gaules et de la Germanie; elle présenta à, singulière uuion de la force, de la majesté, de Ja tristesse dé l’ensemble, et de la légèreté la plus extraordinaire dans les tails. Enfin, elle prit chez les Arabes les traits dont nous 8} parlé; architecture du désert, enchantée comme les oasis, M gique comme les histoires contées sous la tente, mais que vents peuvent emporter avec le sable qui lui servit de prem fondement, 4 Je pourrais appuyer mon opinion d’un million de fai riques ; je pourrais montrer que les premiers temples de la Gr tels que celui de Jupiter à Onga, près d'Amyclée, étaient de rilables temples égypliens; que la sculpture elle-mêm él égyptienne à Argos, à Sparte, à Athènes, du temps de Dédale dans les siècles héroïques, Mais j'ai peur d'avoir poussé trop loi ; cetle digression, et il est plus que temps de passer aux 172 ments gothiques de Jérusalem. - ee De Ceux-ci se réduisent à quelques tombeaux. Les monumen Godefroy et de Baudoin sont deux cercueils de pierre, portés quatre petits piliers. Les épilaphes qu’on a lues dans la des tion de Deshayes sont écriles sur ces cércueils en lettres gothiq Tout cela en soi-même est fort peu de chose : cependant J! très-frappé par l’aspeet de ces tombeaux, en entrant au 5 Sépulcre : leurs formes étrangères, sur un sol étranger, noncèrent d'autres hommes, d’autres mœurs, d’autres pays; me crus transporté dans un de nos vieux monastères : jé comme l’Otaïlien quand il reconnut en France un arbre de Spas trie. Je contemplai avec vénération ces mausolées gothiques EL renfermaient des chevaliers français, des pèlerins devenus ral
EEE 0 M EE D EE a le À pe DERALS mr
dans la bouche de Godefroy :
des néros de la Jérusalem délivrée; je me rappelai les paroles que le Tasse met
.Ghi sia di noi, ch’ esser sepülto schivi, ; Ove i membri di Dio fur già sepuiti?
… Quant auxeñionuments turcs, derniers témoins qui attestent à
© Jérusalem les-révolutions des empires, ils ne valent pas la peine
qu'on s’y arrête ‘j'en ai parlé seulement pour avertir qu’il ne faut pas du tout confondre les ouvrages des Tartares avec les travaux des Maures. Au fond, il est plus vrai de dire que les Turcs ignorent absolument l'architecture; ils n'ont fait qu'enlaidir les édifices grecs'et les édifices arabes, en les couronnant de dômes massifs et de pavillons chinois. Quelques bazars et des oratoires de santons sont tout ce que les nouveaux tyrans de Jérusalem ont ajouté à cette ville infortunée.
Ge lecteur connaît maintenant les divers monuments de la Cité sainte, |
En revenant de visiter les sépulcres des rois qui ont donné lieu aux descriplions précédentes, je passai par la vallée de Josaphat.
Le soleil se'couchait derrière Jérusalem; il dorait de ses derniers |
rayons cet amas de ruines et les montagnes de lä Judée. Je renvoyai mes compagnons par la porte Saint-Étienne, et je ne gardai avec moi que le janissaire. Je m'assis au pied du tombeau de Josaphat, le visage tourné vers le temple : je tirai de ma poche un volume de Racine, et je relus Athalie.
A ces premiers vers :
Oui, je viens dans son temple adorer l'Éternel, etc.,
il m'est impossible de dire ce que j'éprouvai. Je crus entendre les cantiques de Salomon et la voix des prophètes; l'antique Jérusalem se leva devant moi ; les ombres de Joad, d'Athalie, de Josabeth sortirent du tombeau; il me sembla que je ne connaissais
que depuis ce moment le génie de Racine. Quelle poésie ! puisque : je la trouvais digne du lieu où j'étais! On ne saurait s'imaginer
ce qu'est Athalie lue sur le tombeau du saint roi Josaphat, au
- bord du torrent-de Cédron, et devant les ruines du temple. Mais
qu'est-il devenu ce temple orné partout de festons magnifiques ?
Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé? Quel est dans ce lieu saint ce pontife égorgé? Pleure, Jérusalem, pleure, cilé perfide, Des prophètes divins malheureuse homicide ; ‘De son amour pour toi ton Dieu s'est dépouillé; Ton encens à ses yeux est un encens souillé... Où menez-vous ces enfants et ces femmes?
Le Seigneur a détruit la reine des cités :
Ses prêtres sont captifs, ses rois sont rejetés ; Dieu ne veut plus qu’on vienne à ses solennités : Teriple, renverse-toi, cèdres, jetez des flammes Jérusalem, objet de ma douleur, Quelle main en un jour t'a ravi tous tes charmes ? Qui changera mes yeux en deux sources de larmes : . . Pour pleurer ton malheur? :
tr DRE EE AZARIAS.
. © saint temple! JOSABETH.
% ie O David !
tr LE CHOEUR,
| Dieu de Sion, rappelle, Rappelle en sa faveur tes antiques bontés.
La plume tombe des mains : on est honteux de barbouiller encore du papier après qu'un homme a écrit de pareils vers,
Je passai une partie de la journée du 9 au couvent, pour m’oc: cuper des détails de la vie privée à Jérusalem ; je n’avais plus rien d’essentiel à voir, soit au dedans soit au dehors de la ville si ce n'ésl le puits de Néhéinie , où l’on cacha le feu sacré temps de la captivité, les sépuicres des juges, et quelques autres lieux ; je les visiai le soir du 9: Come ils n'oùt rien de remar-
quable, éxcepté les noms qu’ils portent, ce n’est pas a peine d’en entretenir le lecteur. EE :
- Je viens done à ces petits détails qui piquent la curiosité, en raison de la grandeur des lieux dont on parle, On ne se peut figurer qu'on vive à Athènes et à Sparte comme chez soi. Jérusalem surtout, dont le nom réveille le souvenir de‘tant de mystères, effraie l'imagination ; il semble que tout-doive être extraordinaire dans cette ville extraordinaire. Voyons ce qu'il entést,
| et commençons par la description du couvent des Pères latins. On y pénètre par une rue voûlée qui se lie à une autre voûle assez longue et très-obseure, Au bout de cette voûté on rencontre une cour formée par le bûcher, le cellier et le pressoir du couvent. On aperçoit à droite, dans celle cour, un escalier de douze à | quinze marches; cet escalier monte à un cloître qui règne au- | dessus du cellier, du bûcher et du pressoir, et qui, par conséquent, a vue sur la cour d'entrée, A lorient de ce cloître s'ouvre un vestibule qui communique à l’église : elle est assez jolie : elle a un chœur garni de stalles, une nef éclairée. par un dôme, un | autel à la romaine et un petit jeu d’orgues : tout cela est renfermé | dans un espace de vingt pieds de longueur sur douze de largeur. Une autre porte, placée à l'occident du cloître dont j'ai parlé, conduit dans l’intérieur du couvent. « Ce couvent, dit un pèle- « rin (1) dans sa description aussi exacte que naïve, ce coavent est fort irrégulier, bâti à l'antique et de plusieurs pièces rapportées, hautes et basses, les officines petites et dérobées, les chambres pauvres et obscures, plusieurs petitescourcelles, deux petits jardins, dont le plus grand peut avair quinze ou seize perches, et tenant aux remparts de la ville: Vers la partie occidentale est une autre cour et quelques petits logements pour les pèlerins, Toute la récréation qu'on peut avoir dans ce lieu, c’est que, montant sur la terrasse de l'église, on découvre toute la ville, qui va toujours en descendant jusqu’à la vallée de Josaphat : on voit l’église du Saint-Sépulcre, le parvis du temple de Salomon, et plus loin, du même côté d’orient, la montagne des Olives : au midi le château de la ville et le chemin de Bethléem, et au nord la grotte de Jérémie. Voilà en peu de paroles le plan et le tableau de ce couvent qui ressent « extrêmement la simplicité et la pauvrelé de celui qui, en ce « même lieu, propter nos egenus factus est cum esset dives. » (I Cor., vin.) | La chambre que j'occupais s'appelle {a Grande Chambre des Pèlerins. Elle donnait sur une cour solitaire, environnée: de murs de toutes parts. Les meubles consistaient en un lit d'hôpital avec des rideaux de serge verie, une table et un coffre ; mes domestiques oceupaient deux cellules assez loin de moi. ‘Une ruche pleine d’eau et une lampe à l'italienne complétaient mon ménage. La chambre, assez grande, était obséure et ne tirait de jour que par une fenêtre qui s’ouvrait sur la cour dont j'ai parlé. | Treize pèlerins avaient écrit leurs noms sur la porte, en dedans ! de la chambre : le premier s'appelait Charles Lombard, et il se | trouvait à Jérusalein en 1669; le dernier est John Gordon, et la | date de son passage est de 1804 (2). Je n’ai reconnu que trois
noms français parmi ces treize voyageurs. rro
Les pèlerins ne mangent point avec les Pères commne à Jaffa, | On les sert à part, et ils font la dépense qu’ils veulent. S'ils sont | pauvres, on les nourrit ; s'ils sont riches, ils paient ce qu’on achète pour eux : le couvent w’en retire pas une obole. Le loge. ment, le lit, le linge, la lumière, le feu, sont toujours pour rien
et à titre d’hospitalité. , |. On avait mis un cuisinier à mies ordres. Je ne dinais presque | jamais qu'à la nuit, au retour de mes courses. On me servait d'a. | bordun potage à l'huile et aux lentilles, ensuite du veau aux con combres où aux ognoiis, du chevreau grillé -ou du mouton au riz: Onne mange point de hœuf, etla viande de baffle a un goût
SR EE tr AR NREE
SRRRARRRRARARRRERER A
(1) DouBDAN:
(2) C'est apparemment le même M, Gordon qui a fait analyser à Londres une bouteille d'eau de la wer Morte, L
sauvage. Pour rôti, j'avais des pigeons, et quelquefois des perdrix de l’espèce blanche, appelée perdrix du désert. Le gibier est fort commun dans fa plaine de Rama et dans les montagnes de Judée : il consiste en perdrix, bécasses, lièvres; sangliers et gazelles. La caille d'Arabie qui nourrit les Israélites est presque
inconnue à Jérusalem ; cependant on en trouve quelques-unes dans la vallée du
Jourdain, Pour légumes on m’a continuellement four-
L'huile revient à trois piastres le rolt.
Les légumes sont fort chers : on les apporle à Jérusalem de Jaffa et des villages voisins.
Celte année, 1806, le raisin de vendange s’éleva jusqu'à vingt-sept piastres le quintal. ;
Passons à quelques autres détails.
Un homme qui ne voudrait point descendre aux kans, ni demeurer
ni des lentilles, des fèves, des concombres et des ognons.
chez les Pères de Terre-Sainte, pour-
rait louer une ou
Le vin de Jéru-
plusieurs cham-
salem est excel-
bres dans une mai-
lent : il a la cou-
son à Jérusalem;
leur et le goût de
mais il n'ye serait
nos vins de Rous-
sillon. Les coteaux
qui le fournissent sont encore ceux
d'Engaddi près de Bethléem. Quant aux fruits, je mangeai, comme à Jaffa, de gros raisins, des dattes, des grenades, des pastèques , . des pommes et des figues de la seconde saison : celles du sycomore ou figuier de Pharaon étaient passées. Le pain, fait au couvent, était bon et
pas en sûreté dela vie. Selon la petiesse ou la grandeur, la pauvreté ou la richesse dé la maison, chaque chambre coûteraît par mois, depuis deux jusqu’à vingt piastres. Une maison entière, où Von trouverait une assez grande salle et une quinzaine de trous qu'on appelle des chambres , se paierait Par an cinq mille piastres.
Un maitre où-
savoureux,
Venons au prix de ces divers comestibles.
Le quintal de Jérüusalem est composé de cent rolis, le rolt de neuf cents drachmes.
Le rolt vaut deux oques et un quart, ce qui revient à peu près à huit livres de France.
Le mouton se vend deux piastres dix paras le rolt.
La piastre turque, continuellement al on par les beys et les pachas d'E- :
gyDte, ne sève pas en Syrie à plus de trente-frois ss que
etlers, et le para à plus de dix deniers. Or, le rolt étan … P près de huit livres, la livre de viande de mouton, à Jérusalem, revient à neuf sous quatre deniers et demi.
Le veau ne tôle qu’une piastre le rolt; le chevreau, une piastre et quelques paras. ; ; x
Un très-grand veau se vend trente ou rente-cinq Din un grand mouton, dix ou quinze piastres; une chèvre, six où huit,
Le prix de la mesure de blé varie de huit à neuf piastres,
Chateaubriand bivouaquant au bord de la mer Morte,
vrier, maçon, menuisier, charpenlier, reçoit deux piastres par jour, et il fant le nourrir : la journée d'un garçon ouvrier coûle une piastre.
Il n’y a point de mesure fixe pour la terre; le plus souvent on achète à vue le morceau que l'on désire :
on estime le fonds sur ce que ce MOrceau peut produire en fruit, bléou vigne. à La charrue na
point de roues; elle est armée d'un petit fer qui effleure à peine la terre : OR
oure avec des bœufs, | à br récolte de l'orge, du froment, du doura, du maïs et du A ton. On sème la sésame dans le même champ où l’on cultive ranle coûle cent ou deux cents piastres, selon sa Dent un âne vaut depuis quinze jusqu’à cinquante piastres. On ME quatre-vingls Ou cent piastres pour un cheval conne estimé en général que l'âne ou le mulet; mais un cheva
ver
- que des pas de la .
race arabe bien connue est sans prix. Le pacha de Damas, .Abdallah-Pacha, venait d'en acheter un trois mille piastres. L’histoire d’une jument fait.souvent l’entretien du pays. On racontait lorsque j'élais à Jérusalem, les prouesses d’une de ces cavales merveilleuses: Le Bédouin quila montait, poursuivi par lessbires du gouverneur, s'était précipité avec elle du sommet des montagnes qui dominent Jé- - .
richo. La jument était descendue au grand galop presque perpendiculairement, sans broncher, laissant les soldats dans l’admirationet l’épou-. - .
vante de cette fuite. Mais la pauvre gazelle creva en entrant à Jéricho, et le Bédouin, qui ne voulut point.
J’abandonner , fut pris pleurant sur Je corps de sa comagne. Celte jument a un frère dans le désert; il est si fameux que les. Arabes savent toujours où il à assé, où il est, ce u’ilfait,comment il se porte. Ali-Aga .
m'areligieusement montré dans les montagnes , près de Jéricho, la mar-
jument morle en voulant sauver son maître : un Macédonien n'aurait pas regardé avec plus de respect la trace des pas de -.
Bucéphale.
Parlons à présent des pèlerins.
Les relations modernes ont un peu exagéré les richesses que les pèlcrins doiventrépan= dre à leur passage dans la Terre- Sainte. Et d’'abord, de quels pèlerins sagit-il? Ce n'est pas des pèlerins latins, car il n’y en a plus, et l’on en convient généralement. Dans l’espace du dernier siècle, les Pèrès de Saint-Sauveur n'ont peut-être pas vu deux cents. voyageurs catholiques; y compris les religieux de leurs ordres et les missionnaires au Levant. Que les pèlerins latins n'ont jamais été nombreux, on le peut prouver par mille exemples. Thévenot raconte qu’en 1656, il se trouva, lui vingt-deuxième,, au Saint-Sépulere.
Très-souvent les pèlerins ne montaient pas au nombre de douze, puisqu'on était obligé de. prendre des religieux pour G4: LAGNY,— linprimerie de ViaLar et Ce,
compléter ce nombre dans la cérémonie du Javement des pieds, le mercredi saint (1). En effet, en 1589, soixante-dix-neuf ans avant Thévenot, Villamont ne rencontra que six pèlerins francs à Jérusalem (2). Si, en 1589, au moment où Ja religion était si florissante, on ne vit que sept pèlerins latins en Palestine, qu’on juge combien il y en devait avoir en 1806! Mon arrivée au cou- = vent deSaint-Sasveut fut un véritable événement.
M. Seelzen, qui sy trouvait à Pàques de la même année, c'est-à-dire sept mois avant moi, dit qu'il était Je seul catholique {3).
Les richesses dont le Saint-Sépulcre doit regorger, n'étant point apportées à Jéru+ salem par les pèlerins Catholiques; le sont donc par des pèlerins juifs, grecs et arméniens ? Dans ce caslà même je crois les calculs très-enflés. 6 w9'
La plus grande dépense des pèlerins consiste dans.
les droits qu'ils sont . obligés de payer aux Tures et aux Arabes, soit pour l’entrée des sain{s Jieux, soit pour les caffari ou permissions de pas-
Vue intérieure de l’église du Saint-Sépulere,
Sage. Or. tous ces objets réunis ne montent qu’à soixante-cinq piastres vingt-neuf paras. Si vous porlez la piastre à son maximum, à Cinquante sous de France, et le para à cinq liards ou
quinze deniers, cela vous donnera
. centsoixante-quatre livres six sous trois , deniers; si
FE __.. Vous calculez la piastre à son minimum, c’est-à-dire à {rente-trois sous de France et quatre deniers, et le para à {rois liards et un denier, vous | aurez cent huit livres neuf sous Six deniers.
Voict le compte tel que je le tiens du père Procureur du couvent de Saint-Sauveur. ? |
Je le laisse en italien, que tout le monde entend aujourd’hui, .
(A) Tuëv., chap. xuit, pag. 391, L (9) Liv. 11, chap, XIx, page 250,
(3) Ann. des Voy., par M, Maite-Baux, tom, 11, pag, 343,
| RS ET D s | R : RES ‘ ES, RéportimiMt M: 028 90 :
avec les noms propres des Turcs, etc.; caractères originaux qui Éhègs 25 204 allestent leur authenticité : ie LOT CE REA RE IES Al Muccaro. se ss. CLÉ. DCR Te «.. 00! 20 > | à x : : Cavalcatura per Michelle andare, e ritornar da Rama. . 008. 29 Spesa ratée. che fe un pelerina en la sua intrata ‘ Giafja sin k Cavalli per andare a Betlemme al Giordano, . «.. 080 » a Gerusalemme, e nel ritorno a Giaffa (A). A portinaro della città. « 4. « » + ++ + + +. -.. 001 93 4 Piast, Par. Apértura del Smo-Sepolero. « + + + - « L'ÉNSENERE 0017 25% Caffari In Giaffa dopo il suo sbarco, Caffaro. . . . . 5 20 Regallo alli portinari del Sme-Sepolcro 7 persone. . . . 030 » bin Giaffa prima del imbarco al suo ritorno. . 5 20 Ali figlio, che chiamano li Turchi per aprire la porta, . Of 9% # Cavalcatura sin a Rama, e portar al Aravo (2), che accom- Al Chavas del governatore PRISES acompagniato il sige | pagna sin à Gèrusalemme. .. «ee. +. A 20 dentro della città, et fuori à cavallo. Me male Où8 » Pago al Aravo che accompagna. . . . «+ D 10 30 Item. À un Dalati, cioe, guardia del Zambarakgi Pari, . 004 » Al vilano che accompagna da Gerasma. . , . 5 30 . Per 5 cavalli per audare al Monte Olibette, e altri luoghi, ; Cavalcatura per venire da Rama, ed altra per ritornare. 40 » et seconda yolle al Potza di Jeremia, e la madona. . 016 30 Caffari nella strada 4 46 cadi medni 20 », , . . . . .. 4 16 AI genisero per companiare il sig® a Betlemme. . . , , 003 920 Intrata nel SSmo Sepulcro. AI Meheah governatorc. E sta- Item. Al genisero per avere andato col sige per la cittas 001 35 der del tempio. LED ee os FRS" ue ee 42 ottobre per la apertura del Swe-Sepolero. . ... , , , 001 » Intrata nella città Ciohadari del eadi e governatore. Sbirro TS É E portinaro. . . 10.61 27070 4" 4 a eo 6 6 STE » 45 189 10 , Primo e secundo drogpmang, : . + « «4 « «+ 3 30 ann 65 29 Spese fatte da Michel, per ordine del Sige. , = = P Piast, Par, | Si le èlerin al Ï 1 ] 1 à nico In vari luoghi secte CONCIRE pi 0 A LE RERO ETS SE » CL P lait ag JPA il Faudrait ajouar à ces frais In tabaco per li villani, et la compania Al viagio per il | + ON LE 1 F L P 4 la somine de douze piastres. [at | E fi 1. 4 LA 4 à 54. L ; © { Giordano, e per li vIlani di Sa Saba, rer t or nro vis 006 20 #gr; lin j'ai pensé que, dans nne discussion de faits, il y a des In candelle per Sn Saba, e servitapi, : + « + + +... . , 006 » lecteurs qui verraient ayeg laisir les détails de ma propre dé- Per li sacrestuni greci, € ali, ; 5: 2e... .... 006 20 que à Jérusalem. Si lon considère que j'avais des chevaux, Regallo nella casa della Mylent RERO 6 nella tuto di ta es janissaires. des escortes à mes ordres ; que je vivais com Simione, e nel convento dell Surlani, e nel spitale qi “A à Paris quant à | Fles à mes ordres ; que J 115 COMME Sa Elena, e nella casa di Anas, e nella singoga delliEbrei. 009 40 Penteais ans ces er GNU: AUX (EPS des Pepné, Blé; QUE Item. Regallo nel convento delli Armeni di Sn Giacomo, à En ak RAA: + Le LU heures inusitées ; ue alli servitori, sacrestino, € génisapis # + + . . .. . , . 028 » « able ne RQ mêmes lieux, payais dix fois les droits, les Regallo nel Sepolero della Madona alli sacrestani, e nel 44) eallari et mille autres exactions des Tures, on s'élonnera que Monte-Olibette, ,; : . . + + - RUN: à PRES hr: «TE . 008 20
j'en aie été quitte à si bon marché. Je donne les comptes origimaux avec les fautes d'orthographe du drogman Michel : ils ont eela de curieux qu'ils conservent pour ainsi dire l'air du pays, On y oil tous mes mouvements répélés, les noms propres de plusieurs personnages, le prix de divers objets, ete. Enfin, ces comptes sont des lémoins fidèles de la sincérité de mon récit. On verra même que j'ai négligé beauconp de choses dans ma relation, et que j'ai visité Jérusalem avec plus de soin encore que je ne l'ai dit, | Dépense à Jaffa :
à Piast, Pare er un messo à Gerusalemime. 4 : ss este: !Ù 20 Altro Hiéseo à Rama. 4 à à à PNR Es + GES 3 » Alro per avisare agli Apayhe : ses +1: | , â ; s, 4 2 Orso in Rama per gli vale épedeer: tétert À > Per il cavallo del servitore di Giaffa in Rama, , , , . . 2 20 Gaflaro alli Aravi, . «, + SR OÙ 08 PEAR D D: E 27 2 36 Al cavaliero che adato jl govre di A r-.-...... 15 » Per il cavalle che porto sua Eces à Gerpsalemme. . . .. 15 » -Regallo ali servitor de gli cavalli, : +45... 3 » Regallo al Mucaro Menume : & # st 5 »
Tulto pe + 57 16
Dépense à Jérusalem :
Spesa fatta per il sig° dal giorno del suo arrivoa Gierusa- À lemme ali 4 di ottobre 1806.
: : Piast, Par, Hgiorno del suo arrivo, per cavaleria da Rama, a Gierusanu 0 «0 os ate.s.s see + 010 »
Gompania per li Arabi, 6 isolote per testa. . + . , , . : 013 20 sts “Ps à
À reporter, + « « 028 20
k PRE SENS 5 Ut d :
(1) Les comptes suivants varient un peu dans leurs sommes totales, parce que la piastre éprouve chaque jour un mouvement en Syrie, tandis que le para reste fixe : d'où il arrivé qué la piastre n’est pas toujours composée du mème nombre de paras,
-{2) Arayo pour Araho, Ghapgement de lettres très-commun dans la langue franque, dans le gree modirne £t dans le grec ancien. ;
A1 servitore del governatore il negro, € nel castello. Per layare la robba del sige e suoi servifgri, . . . .
Alli poyeri ip tutto Î RirO, : + + LED : «5 We 008 OE PE Regallo nel convento delli Greci in chiesa al sacrestano ; : ‘eh
e alli servitori , et ali geniseri. 4, , : ; . . . , « . QI8 » | & cavalcature per il sige, suo dragomano, suo servitore,
e Michelle da Gierusalemme fino a Giaffu, e quella di Mi-
chelle per andare, e ritornare la segonda volta: . : « 016 » Compania a 6 isolote, ogni persona delli sigri . « . . . 013 20 LUTTER ER PES. - + cs cv 08 La CARD EE 0e 44 TEE Re, - + 0 à. UNS . 84 Regallg alli geniseri. 4; . sg e 020 » £ Regallo a Gogh di Sn Geremia . . :,,, ....,...00 » ,
Regallo alli dragomani , ;
PRE ce SRE:
Regallo al communieré, ss gsepeugse..tiee. QU » AL Portinaro Malia, , ss ss. dû : »
AI Spenditare. ; ,s se css tpesee PAT
In Bellemme una cavalcatura per là provisione del Giordano , orzo 4 Arabi, due villanj ; regallo alli capi, v
génvitori un. tee RME ee + ce 17? ÿ »
Ali-Agha figlio d’Apugiahfar, , ; : 5» # + « . 4. sv 140 Item. Zbirri, poveri, e guardie nel calare al Smo-Sepole: o l'ultimo giorngs , ss see teste eee «+ + ; DID n151 sf À Méchele Gasar 80 : Aleucsnaro 20 . . . . .... ,, 400 » 90% 29 ————
I faut donc d'abord réduire ce grand nombre de pèlerins, du » moins quant aux catholiques, àtrès-peu dechose, ouà rien du toulé car sept, douze, vingt, trente, même cent pèlerins ne valent pas la peine d'être comptés. |
Mais, si cette douzaine de pèlerins qui paraissaient chaque an+
née au Saint Sépulcre, il y a un ou deux siècles, étaient de pauvres voyageurs, les Pères de Terre-Sainte ne pouvaient guère s'enrichir de leur dépouille. Ecoutons le sincère Doublan :
« Les religieux qui y demeurent (au couveni de Saint-Sauveur) « militants sous la règle de saint François, y gardent une pans « vrelé lrès-étroite et ne vivent que des aumônes etcharités qu'on
« leur envoie de la chrélienié, et que les pèlerins leur donnent;
meer -
« chacun selon ses facultés : mais, comme ils sont éloignés de « leur pays, et savent les grandes dépenses qui leur restent à « faire pour le retour, aussi n’y laissent-ils pas de grandes au- « mônes, ce qui n'empêche pas qu’ils n'y soient reçus et lraités « avec grande charité (1). » :
Ainsi les pèlerins de Terre-Sainte qui doivent laisser des trésors à Jérusalem ne sont point des pèlerins catholiques; ainsi la partie de ces trésors qui devient l’héritage des couvents ne tombe point entre les mains des religieux latins. Si ces religieux recoivent des aumônes de l'Europe, ces aumônes, loin de les enrichir, ne suffisent pas à la conservation des lieux saints qui croulent de toutes parts, et qui seront bientôt abandonnés faute de secours. La pauvreté de ces religieux est donc prouvée par le témoignage unanime des voyageurs. J'ai déjà parlé de leurs souffrances ; $'il en faut d’autres preuves, les voici :
« Tout ainsi, dit le père Roger, que ce fut un religieux fran- « çais qui eut possession des saints lieux de Jérusalem , ainsi le « premier religieux qui a souflert le martyre fut un Français « nommé frère Limin, de la province de Touraine, lequel fut « décapité au Grand-Caire, Peu de temps après, frère Jacques et « frère Jérémie furent mis à mort hors des portes de Jérusalem. « Frère Conrad d’Alis Barthélemy, du mont Politian, de Ia pro- « vince de Toscane, fut fendu en deux, depuis la tête jusqu'en « bas, dans le Grand-Caire, Frère Jean d'Éther, Espagnol de la « province de Castille, fut taillé en pièces par le pacha de Casa,
Sept religieux furent décapités par le sultan d'Égypte. Deux « religieux furent écorchés tout vifs en Syrie.
« L'an 1637, les Arabes martyrisèrent toute la communauté « des frères qui élaient au sacré mont de Sion, au nombre de « douze. Quelque temps après, seize religieux, tant clercs que laïques, furent menés de Jérusalem en prison à Damas (ce fut lorsque Chypre fut pris par le roi d'Alexandrie, el y demeurèrent cinq ans, tant que l’un après l’autre y moururent de nécessité. Frère Cosme de Saint-François fut tué par les Tures à la porte du Saint-Sépulere , où il prêchait la foi chrétienne. Deux autres frères, à Damas, reçurent tant de coups de bâton qu'ils moururent sur la place. Six religieux furent mis à mort
ar les Arabes, une nuit qu’ils étaient à matines au couvent bâti à Anathot,en la maison du prophète Jérémie, qu'ils brülèrent ensuite. Ce serait abuser de la patience du lecteur, de déduire en particulier les souffrances et les persécutions que nos pauvres religieux ont soufferies depuis qu'ils ont eu en garde les saints lieux. Ce qui continue avec augmentation, depuis l'an 4627 « que nos religieux y ont élé établis, comme on pourra con- « naîlre par les choses qui suivent, ete, (2). »
L'ambassadeur Deshayes tient le même langage sur les perséeutions que les Turcs font éprouver aux Pères de Terre-Sainte. . « Les pauvres religieux qui les servent sont aussi réduits au- « cunes fois à de si grandes extrémités, faute d’être assistés de la « chrétienté, que leur condition est déplorable. Hs n'ont pour g tout revenu que les aumônes qu'on leur envoie, qui ne sufli- « sent pas pour faire la moitié de la dépense à laquelle ils sont « obligés; car, outre leur nourriture et le grand nombre de lu- « winaives qu'ils entretiennent, il faut qu'ils donnent continuel- 4 lement aux Turcs, s'ils veulent vivre eu paix; et, quand ils « n'ont pas moyen de satisfaire à leur avarice, il faut qu’ils en- « lrent en prison.
€ Jérusalem est tellement éloignée de Constantinople, que & l'ambassadeur du roi qui y réside ne saurait avoir nonvelles des « oppressions qu'on leur fait, que longlemps après, Cependant Q ils souifrent et endurent s'ils n’ont de l'argent pour se rédimer ; «et bien souvent les Turcs ne se contentent pas de les travailler # en leurs personnes, mais encore ils conyertissent leurs églises « en mosquees (3). »