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déserte de la ville de Didon; mais sans doule cette colonie n’y prospéra pas, puisque Marius ne trouva à Carthage que des cabanes et des ruines. Jules César, étant en Afrique, fit un songe : il erut voir pendant son sommeil une grande armée qui l’appelait en répandant des pleurs. Dès lors, il forma le projet de rebâtir Corinthe et Carthage, dont le rêve lui avait apparemment offert les guerriers. Auguste, qui partagea toutes les fureurs d’une révolution sanglante, et qui les répara toutes, accomplit le dessein de César. Carthage sortit de ses ruines, et Strabon assure que de son temps elle était déjà florissante. Elle devint la métropole de l'Afrique, et fut célèbre par sa politesse et par ses écoles. Elle vit naître tour à tour de grands et d'heureux génies. Tertullien lui adressa son Apologétique contre les Gentils. Mais, toujours cruelle dans sa religion, Carthage persécuta les chrétiens innocents, comme elle avait jadis brûlé des enfants en l'honneur de Saturne. Elle livra au martyre l’illustre Cyprien, qui faisait refleurir l’éloquence latine. Arnobe et Lactance se distinguèrent à Carthage : le dernier ÿ mérita le surnom de Cicéron chrétien. Soixante ans après, saint Augustin puisa dans la capitale de d'Afrique ce goûtdes voluptés sur lequel, ainsi queleroi-prophète, il pleura le reste de sa vie. Sa belle imagination, touchée des
fictions des poëtes, aimait à chercher les restes du palais de Didon. | Le désenchantement que l’âge amène, et le vide qui suit les :
plaisirs, rappelèrent le fils de Monique à des pensées plus graves. Saint Ambroise acheva la victoire, et Augustin, devenu évêque d'Hippone, fut un modèle de vertu. Sa maison ressemblait à une espèce de monastère où rien n était affecté ni en pauvreté ni en richesses. Vêtu d’une manière modeste, mais propre et agréable, le vénérable prélat rejetait les habits somptueux, qui ne convenaient, disait-il, ni à son ministère, ni à son corps cassé de vieillesse, ni à ses cheveux blancs. Aucune femme n’entrait chez lui, pas même sa sœur, veuve et servante de Dieu. Les étran-
gers trouvaient à sa table une hospitalité libérale ; mais, pour lui, ji ne vivait que de fruits et de légumes. I] faisait sa principale occupation de l'assistance des pauvres et de la prédication de la sarole de Dieu. Il fut surpris dans l'exercice de ses devoirs par les Vandales, qui vinrent meltre le siége devant Hippone, l'an 431 |
de notre ère, et qui changèrent la face de l'Afrique. Les Barbares avaient déjà envahi les grandes provinces de
V’empire ; Rome même avait été saccagée par Alaric. Les Van-
dales, ou poussés par les Visigoths, ou appelés par le comte Boniface, passèrent enfin d’Espagne en Afrique. Ils étaient, selon Procope, de la race des Goths, et joignaient à leur férocité naturelle le fanatisme religieux. Convertis au christianisme , mais ariens de secte, ils persécutèrent les catholiques avec une rage inouie, Leur cruauté futsans exemple : quand ils étaient repoussés devant une ville, ils massacraient leurs prisonniers autour de cette ville. Laissant les cadavres exposés au soleil, ils chargeaient, pour ainsi dire, le vent de porter la peste dans les murs que leur rage n’avait pu frapper. L'Afrique fut épouvantée de cette race d'hommes, de géants demi-nus, qui faisaient des peuples vaincus des espèces de bêtes de somme, les chassaient par troupeaux devant eux, et les égorgeaient quand ils en étaient las.
Genseric établit à Carthage le siége de son empire : il était digne de commander aux Barbares que Dieu Jui avait soumis. C'était un prince sombre, sujet à des accès de la plus noire mélancolie , et qui paraissait grand dans le naufrage général du monde civilisé, parce qu'il était monté sur des débris.
Au milieu de ses malheurs une dernière vengeance était réservée à la ville de Didon. Genseric traverse la mer et s'empare de Rome : il la livre à ses soldats pendant quatorze jours et quatorze
nuits. Il se rembarque ensuite ; la flotte du nouvel Annib:l ap-| porte à Carthage les dépouilles de Rome, comme la f'otte de.
a -HEL à . pi ‘4 | Scipion avait apporté à Rome les dépouilles de Carthage. Tous les vaisseaux de Genserie, dit Procope, arrivèrent hetireusement ‘en Afrique, excepté celui qui portait les dieux. Solidement établi
dans son nouvel empire, Genseric en sortait tous les ans pour
Travager l'Italie, la Sicile, l'Illyrie et la Grèce. Les aveugles con-
quérants de celte époque sentaient intérieurement qu’ils n'étaient rien en eux-mêmes, qu'ils n’élaient que des instruments d’un conseil éternel. De là les noms qu’ils se donnaient de Fléau de Dieu, de Ravageur de l'espèce humaine ; de là celte fureur de détruire dont ils se sentaient tourmentés, celte soif du sang qu'ils ne pouvaient éteindre; de là cette combinaison de toutes choses pour leurs succès, bassesses des hommes ; absence de courage, de vertus, de talents, de génie : car rien ne devaitmettre d obstacles à l’accomplissement des arrêts du ciel. La flotte de PAPE était prête; ses soldats étaient embarqués : où allait-il ? Il ne le savait pas lui-même. « Prince, lui dit le pilote, quels peuples « allez-vous attaquer? — Ceux-là, répond le Barbare, que Dieu « regarde à présent dans sa colère. » Si 4 Genseric mourut trente-neuf ans après avoir pris Carthage. C'était la seule ville d’Afrique dont il n’eût pas détruit les murs. Il eut pour successeur Honorie, l’un de ses fils. 1 Après un règne de huit ans, Honoric fut remplacé sur le trône par son cousin Gondamond : celui-ci porta le sceptre treize années, et laissa la couronne à Transamond son frère. Le règne de Transamond fut en tout de vingt-sept années. lderic, fils d'Honoric et petit-fils de Genseric, hérita du royaume de Carthage. Gélimer, parent d’'Ideric, conspira contre lui, et le fit jeter dans un cachot. L'empereur Justinien prit la défense du monarque détrôné, et Bélisaire phssa en Afrique. Gélimer ne fit point de résistance. Le général romain entra victorieux dans Carthage. 11 se rendit au palais, où, par un jeu de la fortune, il mangea des viandes mêmes qui avaient été préparées pour Gélimer, et fut servi par les officiers de ce prince. Rien n'était changé à la cour, hors le maître; et c’est peu de chose quand il a cessé d’être heureux. | Bélisaire au reste était digne de ses succès. C'était un de ces hommes qui paraissent de loin à loin dans les jours du vice, pour interrompre le droit de proscription contre la vertu. Malheureusement ces nobles âmes qui brillent au milieu de la bassesse, ne produisent aucune révolution. Elles ne sont point liées aux affaires humaines de leur temps ; étrangères et isolées dans le présent, elles ne peuvent avoir aucune influence sur l'avenir, Le monde roule sur elles sans les entraîner; mais aussi elles ne peuvent arrêter le monde. Pour que les âmes d'une haute nature soient utiles à la société, il faut qu’elles naissent chez un peuple qui conserve le goût de l’ordre, de la religion et des mœurs, et dont le génie et le caractère soient en rapport avec sa position morale et politique. Dans le siècle de Bélisaire, les événements étaient grands et les hommes petits. C’est pourquoi les annales de ce siècle, bien que remplies de catastrophes tragiques, nous révoltent et nous fatiguent. Nous ne cherchons point, dans l’histoire, les révolutions qui maïtrisent et écrasent des hommes, mais les hommes qui commandent aux révolutions, et qui soient plus puissants que la fortune. L’univers bouleversé par les Barbares ne nous inspire que de l’horreur et du mépris; nous sommes éternellement et justement occupés d’une petite querelle de Sparte et d'Athènes dans un petit coin de la Grèce. Gélimer, prisonnier à Constantinople, servit au triomphe de Bélisaire. Bientôt après, ce monarque devint laboureur. En pareil cas, la philosophie peut consoler un homme d'une nature commune, mais elle ne fait qu’augmenter les regrets d'un cœur vraiment royal. At On sait que Justinien ne fit point crever les Yeux à Bélisaire, Ce ne serait après tout qu'un bien petit événement dans la grande histoire de l'ingralitude humaine. Quant à Carthage, elle vit un prince sortir de ses murs pour aller s'asseoir sur le trône des Césars : ce fut cet Héraclius qui renversa le {ran Phocas. Les Arabes firent, en 647, leur première expédilion en Afrique. Cette expédition fut suivie de quatre autres dans l'espace de cinquante ans. Carthage tomba sous le joug musulman en 696. La plupart des habitants se sauvèrent en Espagne et en Sicile. Le patrice Jean, général de l’empereur Léonce, occupa la ville en 697, mais les Sarrasins y rentrèrent pour toujours en 698; et la fille
longue pointe de l'isthme de Carthage pour enclore au nord- | « restes d'
ouest ce qu’on appelle l'El-Mersa, est une chose absurde à supposer,
Enfin, après avoir pris le Cothon, Scipion attaqua Byrsa, ou la citadelle (Artex) ; le Cothon était done au-dessous de la cita-
delle; or, celle-ci était bâtie sur la plus haute colline de Carthage, colline que
l'on voit entre le midi et lorient. .
Le Cothon placé au nord-ouest aurait été trop éloigné de Byrsa, tandis que le bassin que j'indique est précisément au pied de la colline du sud-est.
Si je m'étends sur ce point plus qu'il n’est nécessaire à beaucoup de lecteurs, il yen a d’autres aussi qui prennent un vif intérêt auxsouvenirs de l’histoire, et qui ne cher-
.chent dans un ouvrage que des faits et des connaissances positives. N’estil pas singulier que, dans une ville aussi fameuse que Carthage, on en soit à chercher l'emplacement méme de ses ports, et que ce qui fit sa
“principale gloire soit précisément ce qui est le plus oublié ?
Shaw me semble avoir été plus heureux à l'égard du port marqué dans le premier livre de l’Enéide.
Quelques savants ont cru que ce port était une créalion du poëte; d'autres ont pensé que Virgile avait eu lintention de représenter, oule port d'Ithaque, ou
celui de Carthagène, ou la baie de Naples; mais le chantre de Didon était top serupuleux sur la peinture des lieux pour se Permelire une telle licence; ila décrit dans la plus exacte Ru un port à quelque distance de Carthage. Laissons parler le docteur Shaw : +
« L’Arvah-Reah, l’Aquilaria des anciens, est à deux lieues à « l’est-nord-est de Seedy-Doude, un peu au sud du promontoire « de Mercure: ce fut là que Curion débarqua les troupes qui « furent ensuite taillées en pièces par Saburra, Il y a ici divers
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$ ; ï Intérieur d’un caveau du sépulcre des rois
antiquités, mais il n’y en a point qui méritent de l'at- € tention. La montagne située entre le bord de la mer et le vil- € lage, où il n’y a qu’un demi-mille de distance, est à vingt ou € trente pieds au-dessus du niveau de la mer, fort artistement « taillée, et percée en quelques endroits pour faire entrer l'air & dans les voûtes, que l'on y a pratiquées : on voit encore dans « ces voûles à « des distances ré- “ glées, de gros- « ses colonnes et LL « des arches pour en « soutenirla monni hi. | lagne. Ce sont a A « ici les carrières | ( « dont parle Stra- « bon, d'où les a habitantsdeCar- « thage , d'Utique «et de plusieurs « autres villes voi- « sines pouvaient « tirer des pierres « pour leurs bâti- | « ments; et, coml | l « me le dehors de | « la montagne est il « lout couvert | « | «
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d'arbres, que les voûtes qu'on Ya faites s’ou- € vrent du côté « de la mer, qu'il grand « rocher de cha- « que côté de cet- Cte ouverture € vis-à-vis laquel- € le est l'ile d'Æ- € gimurus, ét que « de plus on y € trouve des sour- « ces qui sortent « du roc, et des « reposoirs pour « les travailleurs, “« on ne saurait « presque douter, « vu que les cir- « constances yl'É- « pondent siexac- « tement, que ce “ ne soit ici Ja Ca- « verne que Vir- .
« gile place quelque part dans le « golfe, et dont il « fait la descrip- «tion dans les « vers pee € quoiqu'il y ait des commentateurs qui ont eru que ce nes « qu’une pure fiction du poëte:
St in secessu longo locus : insula portum
Efficit objectu laterum ; quibus omnis ab alto Frangitur ,inque sinus scindit sese unda reductos, Hinc atque hine vastæ rupes, geminique minantur In cœlum scopuli, quorum sub vertice late | Æquora luta silent : tum sylvis scena coruscis Desuper, horrentique atrum nemus imminet umbra,
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Fronte sub adversa, scopulis pendentibus antrum F Intus aquæ dulces, vivoque sedilia saxo F Nympharum domus, etc.
(Virc., Æneid., lib. 1, v. 183-168.)
À résout que nous connaissons les ports, le reste ne nous retiendra pas longtemps. Je suppose que nous avons continué notre roule le long de la mer jusqu’à l'angle d’où sort le promontoire. e atthage,. Ce Cap, selon le docteur Shaw, ne fut jamais compris dans la cité. Maintenant nous quittons la mer, et, tournant à gauche, nous parcourons en revenant au midi les ruines de la ville, disposées sur l'amphithéâtre des collines. . Nous trouvons d’abord les Abris d'un très-grand édifice qui
semble avoir fait partie d’un palais et d'un théâtre. Au-dessus de ia est, on arrive aux belles citernes
pa | » en montant à A qui passent généralement ur être les seuls restes de Carth € :
elles recevaient peut-être les eaux d’un aqueduc dont on voit des fragments dans la campagne. Cet aqueduc parcourait un €space de cinquante milles, . rendait aux sources du Zawa@ 0 et de Zungar. Il y avait des temples au-dessus de ces sources : les plus grandes arches de laqueduc ont soixante-dix pieds de hauf; et les piliers de ces arches emportent seize pieds sur chaque face, Les citernes sont. immenses: elles formeñt une suite de voûtes qui prennent naissance les unes dans les autres, et qui sont bordées, dans toute leur longueur, par un corridor : c'est véritablement un magüifique ouvrage.
Pour aller des citernes publiques à la colline de Byrsa, on traverse un chemin raboteux. Au pied de la colline, on trouve un cimetière et un misérable village, peut-être le Tents de lady Montague (2). Le sommei de l’Acropole offre un lerrain uni,semé: de petits morceaux de marbre, et qui est visiblement l'aire d’un palais ou d’un temple. Si l'on tient pour le palais , ce sera le palais de Didon; si l’on préfère le temple, il faudra reconnaitre celui d'Esculape. Là, deux femmes se précipitèrent dans les flammes, l'une pour ne pas survivre à son déshonneur, Pautre, à sa pairie.
Soleil, dont les regards embrassent l'univers, Reine des dieux, témoin de mes affreux revers, Triple Hécate, pour qui daus l'horreur des ténèbres Retentissent les airs dé hurlements funèbres: Pâles filles du Styx, vous tous, lugubres dieux, Dieux de Didon mourante, écoutez tous mes vœux ! S'il faut qu’enfin ce thoustre, échappant au vaufrage, Soit poussé dans le port, jeté sur le rivage ; { Si c’est l'arrêt du sort, là volonté des cieux, Que du moins assailli d'un peup le audacieux, Errant dans les climats où son destin l’exile , Implorant des secours, mendiant ün asile, Redemandant son fils arraché de ses bras, De ses plus chers amis il pleure le trépas !…
é | Qu'’une honteuse paix suive une guerre afreuse ! l à. “y wi de réguer, une. mort malheureuse eve avant le temps! Qu'il meure saus SOUS,
Et que son corps sanglant reste en proie aux vautours à
Ç Voilà mon dernier vœu! Du Courroux qui m’enflamme
À Ainsi le dernier cri s’exhate avec mon âme.
{. + Et. toi, mon peuple, et toi, prends son peuple en horreur Didon audit de mort te lègue sa fureur! |
F Ea tribut à ta reine offre un sang qu’elle abhorre!
C’est ainsi que mon ombre exige qu’on l’honore. »'Sors, de ma cendre, sors, prends la flamme ct le fer, Toi qui dyis-me venger des enfants de Teucer! nie peuple latin, que les fils de Carthage, oséS par Les lieux, le soient plus par leur rage ! Que de leurs ports jaloux, que de leurs murs rivaux, Soldats contre sokdats , vaisseaux contre vaisseaux, +, Courent cuSigktnter ct la mer et la terre ! une haine éternelle éternise la guerre !
LSRSLN ALT. Far LI . . . . . LL LL
{4} On prononce dans le pays Zauvan. :
(2) Les écuries des éléphants, dont pie lady Montague, sont des chambres souterraines qui n'ont rien de remarquable,
. verte. On le déposait en temps de paix sur l'autel de l'abbaye de | Saint-Denis, parmi les tombeaux des rois, comme pour avertir
| que, de race eu race, les Français étaient fidèles à HAE xinge | età l'honneur. Saint Louis prit cette bannière des mains de L bbé,.
don (2) du pèlerin, que l'on appelait alors da consolation, €b
| habitude-de porter lorsqu'il allait en ftalie.
À peine elle achevait, que du glaive cruel
Ses suivantes ont vu partir le coup mortel, ? Ont vu sur le bûcher la reine défaillante,
Dans ses sanglantes mains l'épée encor fumante,
Du sommet de Byrsa l'œil embrasse les ruines de Carthage, qui sont plus nombreuses qu’on ne le pense généralement: elles ressemblent à celles de Sparte, n’ayant rien de bien conservé, mais occupant un espace considérable. Je les vis au mois de février; les figuiers, les oliviers et les caroubiers donnaient déja leurs premières feuilles; de grandes angéliques et des acanthes formaient des touffes-de verdure parmi les débris de marbre de toutes couleurs. Au loin je promenais mes regards sur listhme, sur une double mer, sur des iles lointaines, sur une campä riante, sur des lacs bleuâtres, sur des montagnes azurées; couvrais des forêts, des vaisseaux, des aqueducs, des villages maures, des ermilages mahométans, des minarets, et les maisons blanches de Tunis. Des millions de sansonnets, réunis en bataillons etressemblant à des nuages, volaientau-dessus de ia tête. Environné des plus grands et des plus touchants souvenits, je pensais à Didon, à Sophonisbe, à la noble épouse d'Asdrubal; je contemplais les vastes plaines où sont ensevelies les légions l'Annibal, de Scipion et de César; mes eux voulaient reco. iaitre l'emplacement d'Utique + Hélas iles débris des palais de Mière existent encore à € iprée, et l’on cherche en vain à Utique la place de la maison de Caton! Eufin, les terribles Vandale , les légers Maures passaient lour à tout deyant ma mémoire, qui m'offrait pour dernier tableau saint Louis expirant sur les ruines de Carthage. Que le récit de mont de ce prince termine ce Itinéraire: eureux de reuirer, pour ainsi dire, dans ma patrie, par un antique monument de ses xerus, et de finir au tombeau du
| roi de sainte mémoire ce long pèlerinage aux tombeaux des grands hommes.
Lorsque saint Louis entreprit son seçond voyage d’outre mer, il n'était plus jeune. Sa santé affaiblie ne lui permettait ni de rester longlemps à cheval, ni de soutenin le poids d’une armure ; mais Louis n'avait rien perdu dela vigueur de l'âme. 1l assemble à Paris les grands du royaume; il leu fait la peinture des walheugs de la Palestine, el leur déclare qu'il est résolu d’al x au SCCOUES de ses frères les chrétiens. En même temps il reçoit la croix des mains du légat, et la donne à ses trois fils ainés.
Une foule de seigneurs se eroisent avec lui : les rois de l'Europgse préparent à prendre la bannière. Charles de Sicile, Edouard d'Angleleyre, Gaston de Béarn, les rois de Navarre et d'Aragon. Les femmes montrèrent le même zèle: la dame de Poitiers, la
| comtesse de Bretagne, lolaude de Bourgogne, Jeanne de Tou- | louse, Isabelle de France, Anicie de Courtenay, quittèvent la
| queuouille que filaient alors les reines, et suivirent leurs maris - | outre mer. |
Sainl Louis fit son testament: il laissa à Agnès, la plus jeune le ses filles, dix mille francs pour se marier, et quatre mille francs à la reine Marguerite; il nomina ensuile deux régents du royaume, Mathieu, abbé de Saint-Denis, et Simon, sire de Nesle; après quoi il alla prendre l’oriflamme, 2
Cette bannière, gr l'on commence à voir paraitre dans ds armées sous le règne de Louis le Gros, était un étendard de attaché au bout d'une lance : il était d'un vermeil samit, à guise de gonfanon à trois queues , et avait aulour des houpes de 80
prince
L à è 1 selon l'usage. Il reçut en même terups lescarcelle (+) et le bour-
marque du voyage (2): coutume si ancienne dans la mon