‹ Itinéraire de Paris à Jérusalem (volume 4)Chapitre 69 sur 111 · LEZ · texte numérisé non relu

LEZ

que Charlemagne fut enterré avec l’escarcelle d'or qu'il

avait \ (1) Une esiuture, — (2) Un buon. (3) Solatia el indicia ilineris, D

-Loüis pria aû tombeau des martyrs, et mit son royaume sous la protection du patron de la France. Le lendemain de cette cérémonie, il se rendit pieds nus avec ses fils, du Palais de Justice à l'église de Notre-Dame. Le soir du même jour il partit pour Vincennész où il fit ses adieux à la reine Marguerite, gentille, bonne

réine, pléine.dée grand simplece, dit Robert de Sainceriaux; en-

suite il quitta pour jamais ces vieux chênes, vénérables témoins de sa justice et de sa vertu.

-« Maintefois ai vu que le saint homme roy s’alloit esbattre au

« bois de Vincennes, et s’asseyoit au pied d’un chesne, et nous

« faisoit seoir auprès de lui, et tous ceux qui avoient affaire à lui

« venoient lui parler sans qu'aucun huissier teur donnast empes- ,

«chement.. Aussi plusieurs fois ai vu qu’au lemps d’esté le bon « roy venoit au jardin de Paris, veslu d’une cotte de camelot, d’un

« sureot de tiretaine sans manches et d’un mantel par-dessus de ‘ &.sandal noir; et faisoit là ,estendre-des tapis pour nous asseoir

& auprès de lui, et.là faisoit depescher son peuple diligemment « comme au bois de Vincennes (1). »

. Saint Louiss’embarqua à Aigues-Mortesle mardi1:' juillet 1270. Trois.avis avaient été ouverts dans le conseil du roi avant de mettre à la voile: d'aborder à Saint-Jean d'Acre, d’attaquer l'É-

gypte, de faire une descente à .Tunis. Malheureusement saint.

Louis se rangea au dernier avis par une raison qui semblait assez décisive. L ivre dire fidus | . Tunis était alors sous la domination d’un prince que Geoffroy de Beaulieu et Guillaume de Nangis nomment Omar-el-Muley- Mostanca. Les historiens du temps ne disent point pourquoi ce prince feignit de vouloir embrasser la religion des chrétiens ; mais il'est assez: probable qu'apprenant l’armement des croisés, et ne sachant où tomberait l’orage, il crut le détourner en. envoyant des ambassadeurs en France, et flaltant le saint roi d’une conversion à laquelle il ne pensait point. Cette tromperie de l'infidèle fut précisément ce qui attira sur lui la tempête qu'il prétendait conjurer. Louis pensa qu'il suffirait de donner à Omar une occasion de déclarer ses desseins, et qu'alors une grande partie de l'Afrique se ferait chrétienne à l'exemple de son rince. | : es Une raison politique se joignait à ce molifreligieux : les Tunisiens infestaient les mers; ils enlevaient les secours que l’on faisait passer aux princes chréliens de la Palestine; ils fournissaient des chevaux, des armes et des soldats aux soudans d'Égyple; ils étaient le cenire des liaisons que Bondoc-Dari entretenait avec les Maures de Maroc et de l'Espagne. IL imporlait donc de détruire ce repaire de brigands, pour rendre plus facile les expéditions en Terre-Sainte, , À | Saint Louis entra dans la baie de Tunis au mois de juillet 4270. En ce temps-là un prince maure avait entrepris de rebâtir Car-

. thage : plusieurs maisons nouvelles s’élevaient déjà au milieu

des ruines , et l’on voyait un château sur la colline de Byrsa. Les croisés furent frappés de la beauté du pays couvert de bois d'oliviers, Omar ne vint point au-devant des Français: il les menaça au contraire de faire égorger tous les chrétiens de ses États si

l’on tentait le débarquement. Ces menaces n’empêchèrent point |

l'armée de descendre ; elle campa dans l’isthme de Carthage, et Vaumônief d’un roi de France prit possession de la patrie d'Anuibal en ces mots : Je vous dis le ban de Nostre-Seigneur Jésus- Christ, et de Louis, roy de France, son sergent. Ce même lieu avait entendu parler le gétule, le tyrien, le latin, le vandale, le grasl l'arabe, et toujours les mêmes passions dans des langues liverses, Lo anlens af is Sidranie eu

Saint Louis résolut de prendre Carthage avant d'assiéger Tunis, quiélait alors une ville riche, commerçante et fortifiée. 1 chassa les Sarrasins d'une tour qui défendait les citernes : le château fut emporté d'assaut, et la nouvelle cité suivit le sort de la forteresse, Les princesses qui accompaguaient leurs maris débar- Quérent au port; et, par une de ces révolutions que les siècles

(1} Sire de Joinville

AFAFA

Page 1