‹ Itinéraire de Paris à Jérusalem (volume 4)Chapitre 88 sur 111 · DISCUSSION DES QUARTIERS DE L’ANCIENNE JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

DISCUSSION DES QUARTIERS DE L’ANCIENNE JÉRUSALEM

Josèphe nous donne une idée générale de Jérusalem, en disant (livré vi de la Guerre des Juifs, chap. vi) que cette ville était assise sur deux collines en face l’une de l’autre, et séparée par une vallée; que ce qui était appelé la Haute-Ville occupait la

lus étendue ainsi que la plus élevée de ces collines, et celle que l'avantage de sa situation avait fait choisir par David pour sa forteresse; que l’autre colline, nommée Acra, servait d’assiette à la Basse-Ville, Or, nous voyons que la montagne de Sion , qui est la première des deux collines, se distingue encore parfaitement sur le plan. Son escarpement plus marqué regarde le midi et l’océident, étant formé par une profonde ravine, qui dans l'Écriture estnommée Ge-be-Hinnom, ou la Vallée des Enfants d'Hinnom. Ce vallon, courant du couchant au levant, rencontre à l'extrémité du mont de Sion la vallée de Kedron, qui s'étend du nord au sud. Ces circonstances locales, et dont la nature même décide, ne prennent aucune partaux changements que le temps et la fureur des hommes ont pu apporter à la ville de Jérusalem. Et par là nous sommes assurés des limites de cette ville dans la partie que Sion occupait. C'est le côté qui s'avance le plus vers le midi; et ñon-seulement on est fixé de manière à ne pouvoir s'étendre plus loin de ce côté-là, mais encore l’espace que l’emplacement de Jérusalem peut y prendre en largeur se trouve déterminé, d'une part, par la pente ou l’escarpement de Sion qui regarde le couchant, et de l’autre, par son extrémité opposée vers Cédron et lorient. Celui des murs.de Jérusalem que Josèphe appelle Le plus ancien, comme étant attribué à David et à Salomon, bordait la crête du rocher, selon le témoignage de cet historien. A quoi se rapportent aussi ces paroles de Tacite, dans la description qu’il fait de Jérusalem (Hist., liv.v, ch. x1): Duos colles, immensum éditos, claudebant mur. extrema rupis abrupta. D'où il suit que le contour de la montagne sert encore à indiquer l’ancienne enceinte, et à la circonscrire, rep

La seconde colline s'élevait au nord de Sion, faisant face par son côlé oriental au mont Moria, sur lequel le temple étais assis, et dont celte colline n’était séparée que par une cavité, que les Hasmonéens comblèrent en partie, en rasant le sommet d’Acra,

comme on l’apprend de Josèphe (au même endroit que ci-dessus). Car, ce sommet ayant vue sur le temple, et en étant très-voisin, selon que Josèphe s’en explique, Antiochus Épiphane y avait construit une forteresse, pour brider la ville et incommoder le temple ; laquelle forteresse, ayant garnison grecque ou macédonienne, se soulint contre les Juifs jusqu’au temps-de Simon , qui la détruisit, et aplanit en même temps la colline. Comme il n’est même question d'Acra que depuis ce temps là, il y a toute apparence que ce nom n’est autre chose que le mot grec A4 qui si gnilie un lieu élevé, et qui se prend quelquefois aussi pour une forteresse; de la même manière que nous y avons souvent em: ployé le terme de Roca, la Roche. D'ailleurs le terme de Hakra, avec aspiration, paraît avoir été propre auxSyriens, ou du moins

adopté par eux, pour désigner un lieu fortifié. Et dans la para

phrase chaldaïque (Samuel, liv. n, chap. n, v. 7), Hakra-Dsiun estla forteresse de Sion. Josèphe donne une idée de la figure de la colline danssonassiette, par le terme de œupizvproc, lequel, selon Suidas, est propre à la lune dans une de ses phases entre Je croissant et la pleine lune, et, selon Martianus-Capella, entre la demilune et la pleine. Une circonstance remarquable dans le plan qui nous sert d’original, est un vestige de I éminence principale d’Acra entre Sion et le temple; etla circonstance estd autant moins équivoque que, sur le plan même, en tirant vers l’angle sud-ouest du temple, on a eu l'attention d'écrire lieu-haut. Me

Le mont Moria, que le temple occupait, n élant d’abord qu’une colline irrégulière, il avait fallu, pour étendre les dépendances du temple sur une surface égale et augmenter l'aire du sommet, en soutenir les côtés, qui formaient un carré, par d'immenses constructions. Le côté oriental bordait la vallée de Cédron, dite communément de Josaphat, et très-profonde. Le côté du midi, dominant sur un terrain-très-enfoncé, était revêtu de bas en haut d'une forte maçonnerie, et Josèphe ne donne pas moins de trois cents coudées d'élévation à cette partie du temple : de sorte même que, pour sa communication avec Sion, il avait été besoin d’un pont, comme le même auteur nous en instruit. Le côté occidental regardait Acra, dont l'aspect pour le temple est comparé à un théâtre par Josèphe. Du côté du nord, un fossé creusé, Tégpos de épopuxro, dit notre historien, séparait le temple d'avec une colline nommée Bezetha, qui fut dans la suite jointe à la ville par un agrandissement de son enceinte, Telle est la disposition générale du mont Moria dans l’étendue de Jérusalem. Dés

La fameuse tour Antonia flanquait l'angle du temple qui regardait le N. O. Assise sur un rocher, elle avait d’abord été con+ struite par Hyrcan, premier du nom, et appelée Bépsts, terme grec selon Josèphe, mais que saint Jérôme dit avoir été commun dans la Palestine, et jusqu'à son temps, pour désigner des maisons fortes et construites en forme de tours. Celle-ci reçut de grands embellissements de la part d'Hérode, qui lui fit porter le nom d'Antoine son bienfaiteur; et avant l'accroissement de Bezelha, l'enceinte de la ville ne s’étendait pas au delà du côtégdu nord. Il faut même rabaisser un peu vers le sud, à une assez pe; tite distance de la face occidentale du temple, pour exclure dela ville le Golgotha ou Calvaire, qui, étant destiné au supplice des criminels, n’était point compris dans l'enceinte. de la ville. La piété des chrétiens n’a souffert en aucun temps que ce lieu de+ meurât inconnu, même avant le règne du grand Constantin. Car l’aurait-il été à ces Juifs convertis au christianisme, que saint Épiphane dit avoir repris leur demeure dans les débris de Jérusalem, après la ‘destruction de celte ville par Lite, et qui y mez nèrent une vie édifiante? Constantin, selon le témoignage d'Eusèbe, couvrit le lieu même d’une basilique, lan 326, de laquelle parle très-convenablement à ce témoignage l'auteur de l’Jtinera= rium a Burdigala Hierusalem usque, lui qui était à Jérusalem en 333, suivant le consulat qui sert de date à cet [iinéraire : ibidem modo jussu Constantin Tmperatoris, Basilica facta est, id est dominicum, miræ@ pulchritudinis. Et bien qu'au commence= ment du onzième siècle, Almansor-Hakimbillà, calife de la race des Fatimites d'Égypte, eût fait détruire cette église, pour ne

182 PIÈCES. JUSTIFICATIVES

vouloir tolérer la supercher.e du prétendu feu saint des Grecs la veille de Pâques ; cependant l’empereur grec Constantin Monomaque acquit trente-sept ans après, et en 1048. du pelit-fils de Hakim, le droit de réédifier la même église ; et il en fit | comme on l’apprend de Guillaume, à chap. vu). D'ailleurs.

Bouillon en 1099 ne Ja

a dépense, archevêque de Tyr (liv. 1, la conquête de Jérusalem par Godefroy de ir Se isse pas un grand écoulement de temps deper l'accident dont on vient de parler. Or, vous remarquerez que les circonstances précédentes qui concernent l’ancienne Jérusalem n’ont rien d’équivoque, et sont aussi décisives que la disposition du mont de Sion du côté opposé.

Ï n’y a aucune ambiguité à l’écard de la partie orientale de Jérusalem. Il est notoire et évident que la vallée de Cédron servait de borne à la ville la face du temple, de cette vallée.

, Sur la même li:ne, ou à peu près, que tournée vers le même côté, décrivait au bord : On sait également à quoi s’en tenir pour le côté occidental de la ville quand on considère sur le plan du local que

élévation naturelle du terrain, qui borne l'étendue de Sion de ce côlé-1à, Comme vers le midi, continue, en se prolongeant vers le nord, Jusqu'à la hauteur du temple. Et il n’y a aucun lieu de donter que ce prolongement de pente, qui commande sur un vallon au dehors. de la ville, ne soit le côté d'Acra contraire à celui qui regarde le temple, La situation avantageuse que les murs de la ville conservent sur l’escarpement justifie. pleinement celle opinion. Elle est même appuyée du témoisnaze formel de Brocardus, religieux dominicain, qui était en Palestine l'an 4283, comme il nous l'apprend dans la description qu'il a faite de ce pays. C'est à la partie occidentale de l’enceinte de Jérusalem prolongée’ depuis Sion vers le nord, que se rapportent ces paroles tirées de la Description spéciale de cette ville : Vorago seu vallis, quæ procedebat versus aquilonem, faciebatque fossam civitatis juxta longitudinem ejus, usque ad plagam aquilonis : et super eam erat intrinsecus rupes eminens, quam Josephus Acram appellat, quæ sustinebat murum civitatis superpositum, cingentem ab occidente civitatem. usque ad portam Ephraïm,.ubi curvatur contra orientem. Cet exposé de la part d’un auteur qui a écrit en verlu des connaissances qu'il avait prises sur le lieu même, est partaitement conforme à ce que la représentalion du terrain,

ar le plan qu’il en est donné, vient de nous dictér : rupes im- Minens vOragini, sive fossæ. procedenti versus aquilonem, sustinebat murum civilatis, cingentem eam ab occidente usque dum Curvalur versus orientem. En voilà suffisamment pour connaitre

les différents quartiers qui composaient l’ancienne Jérusalem, leur assiette et Silualion respective. ‘ SE i

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