‹ Itinéraire de Paris à Jérusalem (volume 4)Chapitre 89 sur 111 · ENCEINTR DE L'ANCIENNE JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

ENCEINTR DE L'ANCIENNE JÉRUSALEM

Le détail dans lequel Josèphe est entré des diverses murailles qui enveloppaient Jérusalem , renferme des circonstances qui âchèvent de nous instruire sur l'enceinte de cette ville.

Cet hislorien distingue trois murailles différentes. Celle qu’il nomme {a plus ancienne couvrait non-seulement Sion à l’égard des dehors de la ville, mais elle séparait encore cette partie d'avec la ville inférieure ou Acra ; et c’est même par cet endroitque Josèphe entame la deseri ption de cette muraille. Il dit que la tour nommée Hippicos, appuyant le côté qui regardait le nord, p76- Prey dE rue Éopiav amd roù Irrexo, éncipiens ad boream ab Hippico; elle s’étendait de là jusqu’au portique occidental du temple, par où nous devousentendre, comme le planen fait juger, son angle sud-ouest. On voit clairement que cette partie de muraille fait üne séparation de la Haute-Ville d'avec la Basse. Elle parait réem à l’enceirite méridionale de Ja ville moderne de Jérusaem, qui exclut Sion; en sorte qu’il y a tout lieu de présamer que la tour Hippicos donuton verra par la suite que la position rious importe, e uit élevee vers l'angle sud-ouest de l'enceinte

acluelle de, Jérusalem. Si on en. eroit plusieurs relations, cette enceinte est nn ouvrage de Soliman, qui en 4520 succéda à son père Sélim , auquel les Tures doivent la conquête de la Syrie et de l'Égypte. Cependant El-Edrisi, qui écrivait sa géographie pour Roger Le", roi de Sicile, mort en 1151, représente Jérusalem dans un état conforme à celui d'aujourd'hui, en disant qu’elle seed en longueur d'occident en orient. 11 exclut même formellement de son enceinte le mont de Sion; puisqu’au terme de sa description, pour aller à un temple où les chrétiens prétendaient dès lors que Jésus-Christ avait célébré la Cène, et qui est situé sur ce mont, 1] faut sortir de la ville par une porte dite de Sion, Bab- Seihun, ce qui s'accorde à l’état actuel de Jérusalem Benjamin de Tudèle, dont le voyage est daté de l'an 4173, remarque qu'il n'y ayait alors d'autre édifice entier sur le mont de Sion que cette église. Et ce qui se lit dans le Voyage fait par Willebrand d’Oldemboug, en 1214, à l’égard du mont de Sion, Nunc includitur muris civitatis, sed tempore Passionis Dominicæ excludebatur, doit être pris au sens contraire, quand ce ne serait que par rapport à ce dernier membre, excludebatur tempore Passionis. Il est très-vraisemblable, en général, que, dans les endroits où les parties de l’ancienne enceinte prennent quelque rapport à l'enceinte moderne, la disposition des lieux, les vestiges-même d'anciens fondements, ayant déterminé le passage de cette enceinté mo= derne, elle nous indique par conséquent la trace de l’ancienne. Il y à même une circonstance particulière qui autorise cette observation générale, pour la séparation de Sion d'avec Acra. C'est ce coude rentrant à l'égard de Sion, que vous remarquerez sur le plan, en suivant l'enceinte actuelle et méridionale de la ville

-de Jérusalem. dans la partie plus voisine de l'emplacement du

temple, ou du mont Moria. Car, si l'ou y prend garde, ce n’est en effet que de cette manière que le quaFher de Sion pouvait être séparé d'Acra, puisque, Comme nous l'avons observé en parlant d’Acra, l'endroit marqué haut-lieusur le plan, et duquel le coude dont il s’agit paraîl dépendre, désigne ipdubitablement une partie de l’éminence qui portait le nom d'Acra, et vraisemblablement

celle qui dominait davantage et qui par conséquent se dislinguait à

le plus d'avec Sion. ; à $

Josèphe, ayant décrit la partie septentrionale de l'enceinte de Sion, depuis la tour Hippicos jusqu au temple, la reprend à cette tour, pour la conduire par l'occident, et eusuile nécessairement par le midi, jusque vers la fontaine de Siloé. Cette fontaine est dans le fond d’une ravine profonde, qui coupe la partie inférieure de Sion prolongée jusque sur le bord de la vallée deCédron, et qui la sépare d’avec une portion de la ville située le long de celle vallée, jusqu’au pied du temple, A cette ravine venait abou= tir l’enfoncementou vallon qui distinguait le mont de Sion d'avec la colline d’Acra, et que Josèphe appelle rüy ruporor&, caseario= rum, ou des fromagers. Edrisi fait mention de ce vallon, et trèsdislinctement, disant qu’à la sortie de la porte dont il a fait men tion sous le nom de Sion, on descend dans un creux {in fossam, selon la version des Maronites) qui se nomme, ajoute-t-il, /& Vallée d'enfer ,et dans laquelle est la fontaine Seluan (ou Siloan). Cette fontaine n'était pas renfermée dans l'enceinte de la ville : saint Jérôme nous le fait connaître par ces paroles (in Maith. xx, 25) : In portarum exitibus, quæ Siloum ducunt.. Le vallon dans l'enfoncemnent duquel est Siloé remontant du sudest au nord-ouest, Josèphe doit nous paraître très-exact log dit que la muraille qui domine sur la fontaine de Siloé court d’un, côté vers le midi, et de l'autre vers lorient. Car c’est ainsi, selon le plan mème du local, et presque à la rigueur, que celle

muraille suivail le bord des deux escarpements qui forment la ras vine. L’Jtinéraire de Jérusalem s'explique convenablement sur

la fontaine de Siloé: Deorsum in valle, juxta murum, est piscinq quæ dicitur Siloa. Remarquous même la mention qui est faile de ce mur dans un écrit de l’âge du grand Constantin. Un en peut inférér que le rétablissement de Jérusalem, après la destruction de cette ville par Tite, rétablissément qu'on suit être l'ouvrage d'Adrien, sous le nouveau nom d’Ælia Capitolina, s'elendit à

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Sion comme au reste de la ville: Dé sofle que la: ruine de Sion, r’elle paraît aujourd’hui, ne peut avoir dé première catise que dans ce que souffrit cette ville de la part de Chosroës; roi de Perse, qui la priten 61#. Ce serait done à tort qu on prendrait à Ja lettre ce qu'a dit Abulpharage (Dynast. 7), quel Ælia d’Adrien était auprès de la Jérusalem détruite. Cela ne doit signifier autre chose, sinon que l'emplacement de cette ville, conforme à son état présent du temps de cet historien, et depuis ] établissement du mahomélisme, ne répond pas exactement à celui d’un âge lus reculé. fl ne fant pas imaginer que l'usage du nom d'Ælia, employé par Abulpharage, se renferme étroitement dans la durée de la puissance romaine , puisque les écrivains orientaux ermploient quelquefois la dénomination d'Ilia pour désigner Jérusalem. | ; 2 és Mais, pour reprendre la trace du-mur à la suite de Siloé, ce murétait:prolongé au travers d'Opbla, venant aboutir et se lerminer à la face orientale du temple ; ce qui nous eonduit en effet à son angle entre l’arient et le midi. Il est mention d'Olph'lou Ophel en plusieurs endroits de l'Écriture. Ge terme est même employé métaphoriquement, mais sans qu'on puisse décider par le sens de la phrase du texte original, s’il signifie plutôt présomption ou orgueil qu'aveuglement. Les commentateurs sont parlagés, les uns voulant qu'Ophel désigne un lieu élevé, les autres un lieu profond. La contrariélé de cette interprétation n'a, au reste, rien de plus extraordinaire que ce qu’on observera dans l'usage du mot latin altus, qui s'emploie quelquefois pour prefondeur comme pour élévation. La version grecque (Reg; 1v, v. 24) à traduit Ophel sxorse%x, lieu couvert. el pour ainsi dire ténébreux ; et, en effet, si l’on remarque qu'Ophla, dans Josèphe, se çencontre précisément au passage de la muraille dans ce terrain si profond, sur lequel il a été dit, en parlant du mont Moria, que dominait la face méridionale du temple, on ne pourra disconvenir que l'interprétation du nom Ophel comme d'un lieu enfoncé, pe soit juslifiée par une circonstance de cette nature, et hors de toute équivoque.

.… L'emplacement que prend Ojhel paraîtra convenable à ce que dit Josèphe (liv. vi de la Guerre des Juifs, chap. vu) parlant des factions ou partis qui tenaient Jérusalem divisée ; savoir que l’un de ces partis occupait le temple, et Opbla et la vallée de Cédron. ‘Dans Les Paralipomènes n, xxxut, 14), le roi Manasséest dit avoir renfermé Ophiel dans l'enceinte de la ville; ce qui est d’autant plus remarquable qu'il s'ensuivrait que la cité de David n'avait point jusque-là excédé les limites naturelles de la montagne de Sion, qui est réellement bornée par la ravine de Sileé. Voici la traduction littérale du texte : Ædificavit murum exteriorem civitati David, ab occidente Gihon , in torrente, procedendo usque ad portam Piscium, et cireuivit Ophel, et munivit eum. Ces paroles Murum exteriorem civitati David, feraient allusion à la conséquence que l’on vient de lirer de l'accroissement d'Opbhel, circuivit. Gihon, selon les commentateurs, est la même chose que Siloé; et, en ce cas, ab occidente doit s'entendre depuis ce qui est au couchant de Siloé , c’est-à-dire depuis Sion dont la position est véritablement occidentale à l'égard de cette fontaine, jusqu’au bord du torrent , in torrente, lequel il est naturel de prendre pour celui de Cédron, Je ne vois rien que la disposition du lieu même puisse approuver davantage que celte interprétation, laquelle nous apprend à mettre une distinction entre ce qui élait proprement Cité de David et ce qui a depuis été compris dans le même quartier de Sion. Nous avons donc suivi la trace de l’enceinte qui renfermait ce quarlier tout entier, et avec ce qui en dépendait jusqu’au pied du temple, . | second mur dont parle Josèphe n'intéresse point notre su- Jet: par la raison qu'il était renferiné dans la ville même. I commeuçait à la porte appelée Genuth, ou des Jardins, comme ce moi peut s’interpréler ; laquelle porte était ouverte dans le pre- Muer ‘les murs ou celui qui séparait Sion d'avec Acra. Et ce secoul nur, S'avançaut vers la partie septentrionale de la ville, se reliait sur la tour Autonia, où il venait aboutir. Donc ceuur

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n'était qu'une coupure dans l'étendue d'Acra, appü yée d'un côté sur le inür de Sion, de l'autre sur la tour qui couvrait l’angle nord-ouest du temple. La trace de £e mur pourrait répondre à une ligne poneluée que l'on trouvera tracée-sur-le plan, dans l'espace qu’Acra occupe. Il est natürel deeroire qu'il n'existait que parce qu'il avait précédé un mur ultérieur, ôu tel que celui qui donne plus de grandeur au quartier d’Acra, et dont il nous reste à parler. J'ajoute seulementque c'est à ce mur moité éeculé qu'il convient de s'attacher par préférence, si l'on veut suivre le détail de la réédification de l'enceinte de Jérusalem par Néhémie; étant plus vraisemblable d'attribuer aux princes Hasmonéens, el au temps même de la plus grande prospérité de leurs affaires, oi vrage d’un nouveau mur qui double celui-là, et qui embrasse plus d’espace. RE |

Le troisième mur, qui, joint au premier, achèvera la circon+ scription de l'enceinte de Jérusalem , se prend, en suivant Josèphe, à la tour Hippicos. La description de la première muraille nous a déjà servi à connaitre le lieu de celte tour. Ce que le même historien dit de la muraille dont il s’agità présent confirme cet emplacement. Gommencant donc à la Lour Hippicos, cette muraille s’étendait en droilure vers le seplentrion jusqu'à une autre tour fort considérable, nommée Psephina. Ov, nous voyons encore que l'enceinte actuelle de Jérusalem, conservant J avan: tage d’être élevée sur la pente de la colline qui servait d’assiette à la Basse-Ville ancienne, s'étend du midi an septentrion, depuis l'angle boréal de Sion ; où il eonvient de placer l'Hippicos, jusqu'au château qu'on nomme des Pisons. La tour Psephina, selon que Josèphe en parle ailleurs, ne cédait à aucune de c:Îles qui entraient dans les fortifications de Jérusalem. Le Castel-Pisano est encore aujourd’hui une espèce de citadelle à l'égard de cette ville. C’est là que logent l’aga et la garnison qu'il commande. Le Grec Phocas, qui visita les saints lieux de la Palestine lan 1185, et dont le Voyage a élé mis au Jour par Allatius, èn Symmictis sive Opusculis, dit que celte lour, ou plutôt ee châtean, pour répondre aux termes dont il se sert, æüg79s auus/ibéararos (turris insigni admodum magnitudine) était appelée par ceux de Jérusaz lem, La Tour de David. Il la place au nord de la ville; Égiphane l'hagiopolite, près de la porte qui regarde le couchant, ce qui es plus exact, eu égard surtout à la ville moderne de Jérusalem. Sez lon la relation du moine Brocard, que j'ai citée précédemment, la tour de David aurait été comprise dans l'étendue de Sion , et élevée vers l'encoignure que le vallon qui séparait ce moutd'avec Acra faisait avee l’escarpement occidental de Sion, situation plus convenable à l'Hippicos qu’à Psephina. Muiscela n empêche pas que, dans cette même relation, on ne trouve une mention partis culière du lieu qui se rapporte au Castel-Pisano. On le reconnaît distinctement dans ces paroles: Rupes illa, super quam ex parle occidentis erat eæstructus murus civitalis, erat valde eminens, præsertim in angulo, ubi occidentalis muri pars poanecheis aquilonari ; ubi et turris Neblosa dicta, et PEÉPMNR QI #0 s firmum, cujus ruinæ adhuc visuntur ; unde tola das: on nis, mare Mortuum , et alia plurima loca ; sereno es cie possunt. Cette dernière circonstance, qui fai voir tout po g de la situation dn lieu, est bien propre à déterminer rites nion sur l'emplacement qui peut mIeux uns pes tour Psephina, comme au Castel-Pisano A ets : ke Lu. plus: ce que Brocard nous rapporte 101 est con Fi és es lit dans Josèphe (lis. vi dela Guerre des he ant qu lever du soleil, la tour Psephine découvrant? © Le Le ‘4 nee H le pays le plus reculé de la Judée. Et, quoiqu : n + poio e vraisemblance que le château, de la maniere dont ilexiste, soil ; dout il tient la place,.et qu'on eût tort,

encore le même que celui | A9 EC:

comme Phocas l’a bien remarque de le rapporter à Dayid méme, cependant il ne s'ensuit pas qu'il fût différent quaut au lieu et à

l'assiette. Benjamin de Tudèle prétend même que les murailles construites par les Juifs ses ancêtres subsistaient encore de son temps, c'est-à-dire dans le douzième siècle, à la hautgur de dix coudes,

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S'il paraît déjà tant de convenance éntre Castel-Pisano et la tour Psephina, voici ce qui en décide d’une manière indubitable. Josèphe dit formellement que celle tour flanquait l'angle de la ville tourné vers le nord et le couchant, etcomme on vient de voir que Brocard s'explique sur le lieu que nous y faisons correspondre, bi occidentalis Muri pars connectebatur aquilonari. Or, vous Témarquerez qu'à la hauteur de la face septentrionale de Castel-Pisano, ou dela porte du couchant qui joint cette face, on ne peut exclure de l’ancienne ville le lieu du Calvaire, sans se replier du côté du levant. Done le Castel-Pisano, auquel nous avons été conduits par le cours de la muraille depuis la tour Hip- PiC0s, ou par une ligne tendante vers le nord, prend précisément cet angle de l’ancienne enceinte. Il faut ensuite tomber d'accord que, si le lieu de PHippicos avait besoin de confirmation, il la trouverait dans une détermination aussi précise de Psephina, en conséquence du rapport de situation.

Quant au nom de Castel-Pisano (car on peut vouloir savoir la raison de cette dénomination), j'avoue n’avoir point rencontré dans l’histoire de fait particulier qui y ait un rapport direct. Il est constant néanmoins, qu’en vertu de la part que les Pisans, trèspuissants autrefois, prirent aux guerres saintes , ils eurent des établissements et concessions à Acre, Tyr, et autres lieux de la Palestine, L'auteur des Annales de Pise, Paolo Tronci (page 35), attribue même à deux de ses compatriotes l’honneur d’avoir escaladé les premiers la muraille de Jérusalem, lors de la prise de cetle ville par Godefroy de Bouillon. On peut encore remarquer que le premier prélat latin qui fut installé dans la chaire patriarcale de Jérusalem après cette: conquête , fut un évêque de Pise nommé Daibert. Je pense, au reste, qu’il a pu suffire de: trouvér quelques écussons aux armes de Pise en quelque endroit du château, pour lui faire donner dans les derniers temps le nom qu’il porte. Du temps que Brocard était en Palestine, c'est-à-dire vers la fin du treizième siècle, nous voyons que ce château se nommait Neblosa, qui est la forme que le nom de Neapolis prend communément dans le langage des Levantins. Il n’est pas surprenant que ce religieux en: parle ‘comme d’un lieu ruiné où fort délabrék puisqu'il est vrai qu'environ trente-trois ans après Ja prise de Jérusalem par Saladin, et en l'an de l'hégire 616, de Ad rca 1219, Isa, neveu dece prince, régnant à Damas, fit Sr L'art Jérusalem, et que David, fils de ce-

pr 8 ANS aprés, une forteresse que les Francais avaient rétablie en cette ville. 3 se ES one Josèphe achève de {racer l'enceinte de NÉ partie septentrionale. Avant que Bezetha fit

In agrandissement à la ville, il n’eût été question; pour terminer l enceinte de ce côlé-là, que de:se rendre à la tour Antonia, près del angle nord-ouest du temple. Aussi nest-il fait aucune menps n ES tour dans ce ‘qui-regarde ‘la troisième muraille, pe pa. ro Pour revenir à la ligne de circonfépp ment edron ;:et nous. voyons en effet que l’en-

> dans laquelle le terrain de Bezetha est conservé, donne cet angle, et même une assez grande distance de l’angle nord-est du temple, où il convient d'aboutir. L’enceinte actuelle de Jérusalem, par son reculement à l'égard de la face septentrionale du temple, fournit à Bezetha une étendue qui ne cède guère à celle de la Basse-Ville, ce qui a tout lieu de paraître convenable et bien suffisant. Josèphe nous indique les Grottes Royales comme un lieu situé vis-h-vis du passage de l’enceinte, dans cette partie qui regarde le septentrion. Ces grottes se retrouvent dans le voisinage de celle que l’on nomme de Jérémie ; et on ne peut serrer de plus près ‘cette grotte qu'en prenant la trace de l'enceinte actuelle; comme il s'ensuit du plan de Jérusalem. Josèphe prétend que le nom de Bezetha revient à la dé: nomination grecque de #wivi-rène, la Nouvelle-Ville, ce qui lui est contesté par Villalpandoet par Lamy, qui produisent-d'autres interprétations. Agrippa, le premier qui régna sous CC nom, COMmença sous | empire de Claüde l'enceirte qui renfermait ee quartier; et ce qu'il n'avait osé achever, qui était d'élever ce nouveau

PIÈCES JUSTIFICATIVES

mur à une hauteur suffisante pour la défense, fut exécuté dans la suite par les Juifs.

C’est ainsi que non-seulement les différents quartiers qui composaient la ville de Jérusalém dans le plus grand espace qu’elle ait occupé, mais encore que les endroits même par lesquels passait son enceinte se font reconnaître. Avant que toutes ces circon=

slances eussent été déduites et réunies sous un point de vué;

qu'elles fussent vérifiées par leur application à la disposition même du local, un préjugé d’incertitude sur les moyens de fixer ses idées touchant l’état de l’ancienne Jérusalem pouvait induire à croire qu’il était difficile de conclure son étendue, -d’une comparaison avec l’état actuel et moderne. Bien loin que cette incertitude puisse avoir lieu, on verra, par la suite de cet écrit, qne les mesures du circuit de l’ancienne Jérusalem qui s’empruntent de V'antiquité même, ne prennent point d'autre évaluation que celle qui résulte d’une exacte combinaison avec la mesure actuelle et fournie par le local. Il est clair qu’une convenance de cette na=

ture suppose nécessairement qu’on ne se soit point mépris en te qui regarde l’ancienne Jérusalem.

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