‹ Itinéraire de Paris à Jérusalem (volume 4)Chapitre 9 sur 111 · AE OR · texte numérisé non relu

AE OR

des républiques ? Ils se-repentent aujourd’hui d'avoir favorisé l'indépendance ; soit. Mais que ne rachètent-ils eux-mêmes leurs péchés ? La Grèce n'avait pas besoin que leur repentir retombât sur elle; elle se serait bien passée d’avoir été choisie pour accomplir leur pénitence, +

On a laissé se former des républiques en Amérique, et par compensation on veut du despotisme dans la Grèce : mauvais jeu pour la monarchie, La royauté qui se place entre des démocraties et des gouvernements arbitraires se met dans un double péril : la crainte de la-tyrannie peut précipiter dans des libertés populaires. Que les couronnes délivrent la Grèce, elles se ferout bénir : les bénédictions. font vivre,

- Le second chef d'accusation porte sur le caractère des Grecs, et la conduite qu'ils ont tenue depuis qu’ils combattent pour leur indépendance, DURE.

Quels sont ici les accusateurs? Ce sont, en général, de petits traficants qui craignent toute concurrence. La Grèce est encore ingénieuse et vaillante : libre, elle deviendrait promptement une

épinière de hardis matelots et de marchands industrieux. Cette rivalité future que l'on prévoit donne de l'humeur. Mais, pour conserver le monopole des huiles et du miel de l’Attique, des cotons de Sères, des tabacs de la Macédoine, des laines de l'Olympe et du Pélion, des fabriques d’Ambélakia, du vermillon de Livadie, des raisins de Corinthe, des gommes de Thessalie, de l'opium de Salonique, et des vins de l'Archipel, faut-il vouer tout un peuple à l’extermination? faut-il qu'une nation appelée à son tour aux bienfaits de la Providence soit immolée à la jalousie de quelques marchands? |

Les Grecs, nous disent leurs ennemis, sont menteurs, perfides, avares, lâches et rampants ; et l'on oppose à ce tableau, qu’un intérêt jaloux a tracé, celui de la bonne foi des Turcs et de leurs vertus singulières, à

Les voyageurs qui, sans intérêts commerciaux, ont parcouru le Levant. savent à quoi s’en tenir sur la bonne foi et les vertus des pachas, des beys, des agas, des spahis, des janissaires ; espèce d’animaux cruels, les plus violents quand ils ont la supériorité, les plus irailres quand ils ne peuvent triompher par Ja force,

Défions-nous de nos préjugés historiques, relativement aux Grecs du Bas-Empire et de leurs malheureux descendants: nous sonimes fascinés par nos études ; nous sommes, plus que nous ne

. Je pensons peut-êlre, sous le joug des traditions. Les chroniqueurs

des croisés, et les poëtes qui depuis chantèrent les croisades, rejetèrent les malheurs des Francs sur la perfidie des Grecs; les Latins , qui prirent et saccagèrent Constantinople, cherchèrent à

justifier ces violences par la même accusation de perfidie. Le

schisme d'Orient vint ensuite nourrir Jes inimitiés religieuses. Enfin la conquête des Turcs et l'intérêt des commerçants se plorent à propager une opiuion qui servait d’excuse à leur barbarie et à leur avidité”: Je malheur a tort: qu

Mais du moins aujourd'hui il faut rayer de l'acte d'accusation ce reproche de lâcheté qu'on adressait si gratuitement aux Grecs. Les femmes soulioles se précipitant avec leurs enfants dans les vagues ; les exilés de Parga emportant les cendres de leurs pères ; Psara s'ensevelissant sous ses ruines; Missolonghi, presque sans fortifications, repoussantdes Barbares entrés deux fois jusque dans ses murs; de frêles barques transformées en flottes formidables, attaquant, brûlant, dispersant les grands vaisseaux de l'ennemi : voilà les actions qui consacreront la Grèce moderne à cet autel où est gravé le nom de Ja Grèce antique. Le mépriswest plus permis là où se trouve tant d'amour de la liberté et de la patrie : quand on est perlide et corrompu, on n'est pas si brave. Les Grecs se sont refaits nalion par leur valeur ; la politique n’a pas voulu réconuaitre leur légitimité ; ils en ont appelé à la gloire.

Si on leur objecte quelques pirates qu'ils n’ont pu réprimer et qui ont sonillé leurs mers, ils montreront les cadavres des femmes de Souli, qui ont puritié ces mêmes flots.

Pour que le caractère général attribué aux Grecs par la mal- Veillance eût d’ailleurs une apparence de vérité, il faudrait que

les Grecs fussent aujourd’hui un peuple homogène, Or les Klephtes de Ja Thessalie, les paysans de la Morée, les manufacturiers de la Romélie , les soldats de l’Épire et de l’Albanie, les marins de l'Archipel, ont-ils-tous les mêmes vices, les mêmes vertus! doiton leur prêter les mœurs des marchandsde Smyrne et des princes du Fanar? Les Grecs ont desdéfauts : quelle nation n’a les siens? et comment les Francais (plus équitables dans leur jugement sur les autres peuples que ces peuples ne le sont envers eux). comment les Français sont-ils traités par les historiens dela Grande- Bretagne? Le ‘ Après tout, dans la lutte actuelle des Grecs et des Tures, on. n'est point appelé à juger des vertus relatives des deux peuples, mais de la justice de la cause qui a mis les armes à la main des Grecs, Si les Grecs ont des vices que leur a-.donnés l'esclavage, l'iniquité serait de les forcer à supporter cet esclavage en eonsi-, dération des vices mêmesqu'ils devraient à cet escla vage. Détrnisez ; la cause, vous détruirez l’effet Ne calomuiez pas les Greës parce’, que vous ne voulez pas les secourir ; pour vous juslifier d'êtreles amis du bourreau, n'accusez pas la victime. JD dort Enfin il y a dans une nation chrétienne, par cela senl qu’elle est chrétienne, plus de principes d'ordre et de qualités morales : que dans une nation mahométane. Les Tures, eussent-ils quel-: ques-unes de ces vertus particulières que donne l'usage du com. mandement et qui peuvent manquer aux Grecs, ont moins de ces . vertus publiques qui entrent dans la composition de la société, : Sous ce seul rapport, l'Europe doit préférer un peuple qui seconduit d'après les lois régénératrices des lumières, à un penple qui détruit partoul la civilisation. Voyez ce quesont devenues, sons la , domination des Tures, | Europe, l'Asie etl’Afrique mahométanes. : Après les reproches généraux faits au caractèredes Grecs, vien: , nent les reproches particuliers relatifs à leur position du moment. : « Les Grecs ont appliqué à des intérêts privés l'argent qu'on. leur avait prêlé pour les intérêts de leur liberté; les Grecs ad- : mettent dans leurs rangs des aventuriers; ils souffrent des in trigues et des ambitions étrangères. Les cupitani sont divisés et avides ; la Grèce est plongée dans l'anarchie, etcs; Blfe-P 2 Mans Des compagnies françaises s'étaient présentées pour remplie, l'emprunt de la Grèce. Si elles l'avaient obtenu, elles n'auraient. pas fait des reproches si amers à la nation qu'elles auraient $en!, courue : on sait en France que quelques désordres. sont insépa=:, rables des grands malheurs ; on sait qu'un peuale qui sort lumultuairement de esclavage n'est pas un peuple régulier, versé , dans cet art de l'administration, fruit de l’ordre politique et de la | progression du lemps. On ne croit point en France que les ser | vices rendus donnent le droit d'insulte et autorisent un langage offensif et hautain. Si des particuliers avaient délourné à leur profit l'argent prêté à la Grèce, comment la Grèce aurait-elle depuis cinq ans fourni aux frais de cinq campagnes aussi dispendieuses que meurtrières? Qn sait de plus que les Hellènes avaient. acheté des vaisseaux en Angleterre et aux États-Unis. Ces forces seraient arrivées, si les sources n’en avaient été taries par l’Eu- : rope chrétienne. NOT CR « Les Grecs admettent dans leurs rangs des aventuriers; ils souffrent des intrigues ét des ambitions étrangères. ». Admetlons ce reproche, si tel est le fait; mais à qui la faute ?: Les Grecs abandonnésde tous les gouvernements réguliers et chrétiens reçoivent quiconque leur apporte quelque secours, Que des” intrigues étrangères s’agitent au milieu d'eux, ils ne peuvent les empêcher : mais loin de les favoriser, ils les désapprouvent, car ils sentent qu’elles ne peuvent que leur nuire. Sauvez les Grecs par une intervention favorable, et ils n'auront plus besoin des enfants perdus de la fortune, N'assimilons pas toutefois à quelques particuliers inconnus ces hommes généreux qui, abandonnant leur patrie, leurs familles et leurs amis, accourent de toutes. | les parties de l’Europe pour Verser leur sang dans la cause de la. Grèce, [ls savent que la Grèce ne peut rien pour eux, qu’elle est pauvre et désolée ; mais leur cœur bat pour sa gloire et pour son jufurlune, et ils veulent parlaser l'une et l’autre.

« L’anarchie règne dans la Grèce, les capitani sont divisés : donc le peuple est indigne d’être libre, donc il faut le laisser périr. »

C’est aussi 1a doctrine que l'Europe monarchique a suivié pour Ja Vendée : les chefs étaient désunis, la Vendée a été abandonnée. Qu’en dit aujourd’hui l'Europe monarchique ?

Nous voyons les Grecs au moment de la lutte : peut-on s'élonner que les difficultés sans nombre qu'ils ont à surmonter ne fassent pas naître chez eux divers sentiments, diverses opinions ? Les Grecs sont divisés, parce que la nature de leurs ressources pécuniaires et militaires sont inégales, ainsi que leurs populations ; parce qu’il est tout simple que les habitants dés iles et des diverses parties du continent aient des intérêts un peu opposés. Refuser de reconnaîlre ces causes naturelles de divergence et en faire un crime aux Grecs, serait grande injustice.

Loin de s’éton-

ITINÉRAIRE DE PARIS À JÉRUSALEM. | en ne à RS re

cueilli l’acté du congrès qui, violant la foi publique, déclarait que ces mêmes billets n'auraient plus cours selon leur valeur nominale, mais selon leur valeur de convention : quel récit un pareil voyageur aurait-il fait de la situation des choses et du caractère des chefs dans les États-Unis? N'aurait-il pas représenté l'insurréction d'outre-mer éomme une honteuse anarchie, comme un mouvement prêt à finir? naurait-il pas peint les Américains comme une race d'hommes divisés entre eux, d'hommes ambitieux, incapables à la liberté à laquelle ils prétendaient ; d'hommes avides, sans foi, sans loi et au moment de succomber sous les armes victorieuses de la Grande-Bretagne?

L'événement et la prospérité actuelle des États-Unis auraient aujourd'hui donné un démenti au récit de ce voyageur, et pourtant il aurait dit ce qu'il aurait cru voir à l'époque de sa course. Combien néanmoins les Américains étaient dans une position plus

ner que les Grecs

favorable que les

Grecs pour travail-

né soient pas tout

ler à leur indépen-

à fait d'accord, il

dance ! Ils n'étaient

faut plutôt s'émer- .

veiller qu'ils soient parvenus à former un lien commun, une défense commune. Nest-ce pas par ‘un véritabie miraclequ’un peuple esélave, à la fois insulaire et continental, ait pu, sous le bâton et le cimeterre des Turcs, sous le poids d’un immènse empire, se créer des armées de terre et.

de mer, soutenir des siéges, prendre des places, remporter des victoiresnavales, établir un gouvernement qui délibère, commande, contracte des em- : | prunts, s'occupe d’un code de lois financières, administratives, civiles et politiques? Peut-on , avec une apparence d'équité, mettre en balance ce qu'ont fait les Grecs dans le cours de leur lutte héroïque, avec quelques désordre cruelle position ?

( un voyageur eût visité les États - Unis après la perle de la bataille de Brooklyn, lors dé la prise de New-York, de l'invasion du New-Jersey, de la défaite à Brandywine, de la fuite du congrès, de l'occupation de Philadelphie et du soulèvement des royalistes ÿ S'il avait rencontré de méchantes milices, sans vêtements, CA ° Pate, Sans nourriture, souvent sans armes; s’il avait vu la aroline méridionale soumise , l’armée républicaine de Pensyl-

y “ . vie * LE T7: 3 3 . *! U anie Insurgée; S'il avait été témoin des conjurations et des trabisons ; s’il avait lu |

nion, qui déclarait que l'Amérique était devenue la proie de l'avidité des chef. s, l'objet du mépris de ses ennemis et de La douleur de ses amis; Si ce VOYageur s'était peine sauvé au milieu des guerres civiles et des égorgements judiciaires dans diverses cités de l’'Union; si on lui avait donné en échange de son argent des billets de crédit dépréciés, au point qu’un chapeau rempli de ces billets - suffisait à peine pour ächeter üne paire de Souliers ; s'il avait re-

— Chateaubriand et son janissaire.

es inséparables de leur.

LIU les proclamations d'Arnold, général de l'U-

pas esclaves; ils avaient déjà l’habitude d’une administration organisée ; chaque État se régissait dans une forme de gouvernement régulier, ét jouissait de cetle force qui résulle d’une civilisation avancée.

Qu'un voyageur viennedonc maintenant nous faire le tableau de lanarchie qu'il aura trouvée ou cru trouver en Grèce, il ne peindra que la situation naturelle d'une nation dansl’enfantement pénible de sa liberté. Il serait beau-

coup plus extraordinaire qu’on nous apprit que tout est calme et. florissant dans la Morée, au milieu de l'invasion d Ibrahim , que de nous dire que les Grecs sont agités, que les ordres s'exécutent. mal, que la frayeur a atteint des âines pusillanimes ; que quelques , ambitieux, et peut-être quelques traîtres, cherchent à profiter des troubles de leur patrie.

Et certes, sans manquer de courage,, il faut avoir une âme d’une trempe extraordinaire pour envisager d’un œil tranquille la suile que pourraient avoir les succès de.ce Barbare à qui l’'Afrique envoie incessamment de nouveaux assassins. L'auteur de cette Note a jadis connu Ibrahim. On lui pardonnera de rappeler, dans l'intérêt du moment, ce qu'il a dit de son entrevue avec.

bef. 3 à : Le lendemain de notre arrivée au Caire, 1°° novembre 1806, nous montâmes au châleau, afin d'examiner le puits de Joseph, Ja mosquée, etc. Le fils du, pacha habitait alors ce château, « Nous présenlâmes nos hommages à Son Excellence, qui pouvait avoir qualorze ou quinze ans. Nous la trouvämes assise sur « un tapis, dans un cabinet délabré, et entourée d'une douzaine de complaisants qui s’empressaient d'obéir à ses caprices. Je n'ai jamais vu un spectacle plus bideux. Le père de cet enfant

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« qui devait con- « duire des hom- «mes; dansunau- « tre coin on frap- « pait une mon- « naie du plus bas & aloï. Et afin que « les habitants du « Caire reçussent « sans murmurer « l'or altéré et le « chef corrompu « qu’on leur pré- « parait, les ca- « nons étaient « pointés sur la « ville (1). »

Voilà l’homme peut-être destiné à exterminer la race grecque, et à la remplacer dans Ja terre natale des beaux-arts et de la liberté, par une race d’esclaves nègres!

Sait-on bien ce que c’est pour les Osmanlis que Île droit de conquête, et de conquêle sur un peuple qu'ils regardent comme des chiens révoltés ? Ce droit, c'est le massacre des vieillards et des hommes en étatde

orter les armes (2), l’esclayage des femmes, la prostitution des enfantssuiviede la circoncision forcée et de la prise du turban. C’est ainsi que Caadie, l'Albanie et la Bosnie, de chrétiennes qu’elles . étaient, sont devenues mahométanes. Un vé-

ritable chrétien peut-il fixer les yeux, sans frémir, sur ce résultat de l’asservissement de la Grèce? Ce nom même, qu'on ne peut prononcer sans respect et sans atlendrissement, n’ajoute-t-Ù

LR rs page ee était à peine maître du Caire, et ne possédait ni la Haute ni la Bassé-Égypte. C'était dans cet état de choses que douze misé- ! rables Sauvages nourrissaient des plus lâches flatteries un jeune Barbare enfermé pour sa sûreté dans un donjon. Et voilà le maître que les Égyptiens attendaient après tant de malheurs! - « On dégradait dans un coin de ce château l'âme d’un enfant

Arrivée de Chateaubriand en Grèce,

ler

nace ce pays de la gloire et des souvenirs? Qu’irait désormais chercher le voyageur dans les débris d'Athènes? les retrouverait-il ces débris? et s’il lesretrouvait, quelle affreuse civilisation rétraceraient-ils à ses yeux? Du moins le janissaire indiscipliné, enfoncé dans son imbécile barbarie, vous laisserait en paix, pour quelques sequins, pleurer sûr tant de monuments détruits; l'A-

byssinien discipli-

- né ou le Grec mu-

sulman vous présenterasa consigne:

ou sa baïonnette. :

Il faut considérer l'invasion d'Ibrahim comme une nouvelle invasion de la chrétienté par les musulmans, Maiscette seconde invasion est bien plus formidableque la première : celle-ci ne fitqu'enchainerles corps; celle-là tend à ruiner les âmes :

ce nest plus la guerreauchrétien, c'est la guerre à la Croix. |

Nous n’ignorons pas qu'on murmure à l'oreille

des hommes qui

s'épouvantent de cel avenir un secret tout extr&ordinaire . fbrahim n'a point l’intention de rester en Grèce; tous les maux qu'il fait à ce pays ne sont qu’un jeu; il passe par la Morée avec ses Nègres et ses Arabes pour devenir roi en Égypte.” Etquile fera roi?! Lui-même? Il n’avaitpas besoin d’aller si loin, de faire” tant de dépenses, de perdre une partie de ses troupes

nouvellement dis-"-

ciplinées.

Est-ce pour a-°

Suerrir ces troupes

qu'il s'est donné

ce passe-lemps? Les Grecs l'auraient volontiers dispensé du voyage.” Est-ce le Grand Seigneur qui mettra la couronne sur la tête d'Ibrahim? Mais apparemment qu'il ne la lui donnera que pour .

‘ « , "3 4 ‘ ENT pas quelque chose de plus douloureux à la catastrophe qui me- | récompense de l'extermination des Grecs, et il ne se contentera

(1) Itineraire, vie partie,

(2) Sous Mahomet I, les habitants d’une bourgade près de Modon furent, au nombre de cinq cents, sciés par Je milieu du corps : sous Bajazet, toute la population de Modon au-dessous de douze aus fut massacrée, etc.

(Essai historique sur l’ecat de la Grèce, par M. VILLEMAIN.)

pas d’un simulacre de guerre. Quand un pacha a rendu des ser-" vices à la Porte, ce n'est pas ordinairement üne couronne qu'elle lui envoie. Les ennemis des Grecs en sont pourtant réduits à cette politique et à ces excuses!

La cour de Rome, dans les circonstances actuelles, s’est mon-

Re trée humaine et compatissante; cependant, nous os0n$ le dire, si elle a connu ses devoirs, elle n’a pas assez senti sa force.

« Pontifes du Très. Haut (dit d'une manière admirable V'Essai €, historique sur l’état des Grecs (1), successeurs des Bossuet et « des Fénelon , comment n'a-t-on pas entendu votre voix dans « cette cause sacrée? [/ Église de Fränce n’a-t-elle pas, hélas! à « l'époque la plus affreuse de nos troubles civils, connu toutes « les tortures de la persécution, et ne trouve-t-elle pas de la pitié « ous ses souvenirs ? Vers la fin du moyen âge, dans la chaleur s es dissensions réveillées par le concile de Florence, le pape « Calixte fit publier des indulgences, et ordonna des prières dans © lous Les temples d'Europe pour les chrétiens de la Grèce qui

€ combattaient les infidèles ; il oubliait leur schisine, et ne voyait %.que leur malheur!

- € Ne craint-on pas, si | € pas de préparer à l’aven « nement! Les & ils dénués de & bares ? Non.

a Grèce achève de périr, ne craint-on ir un terrible suj et de blâmne et d’étonpeuples chrétiens de l'Europe, dira-t-on. étaientforce et d'expérience pour lutter contre les Bar- & portés si loi jopais tous les aris de la guerre n'avaient été « daine ns 5 Catastrophe fut-elle trop rapide el trop So” « prévenir ? Ne 5 politique ait eu le temps de caleuler et de à PE avant que lous les prêlres fussént éxorgés tous eMples brûlés, toutes les croix abattues dans la Grèce. » Qu il eûl.été louchant de voir le père des fidèles réveiller les Unes Chrétiens, les appeler au secours de l'humanité . se dé” pi Ui-même, comme Eugène III, comme Pie Il, le chef d'une | trade pour le moins aussi sainte que les premières ! Il aurait pu dire aux chrétiens de nos jours ce qu'Urbain IL disait aux prenr (nous empruntons cette éloquente traduetion à SAHSIIEDIE, complète et capitale Histoire des Croisudes (2) : - selle voix humaine pourra jamais raconter les persécutions « Sa À lourments que souffrent les chrétiens ? La rage impie des ù RTEAAIRS n'a point respecté les vierges chrétiennes; ils ont : argé de fers les mains des infirmes et des vieillards ; des enans arrachés aux embrassements maternels oublient mainte-

e A . AE publiques Man d

€ Sain -Do

DS à Tbrahir:

rreut Aussi a-t-on aient jamais sonog :

les Es de Has entreprendre une campagne d'hiver; mais : | - HeHÈnes ont senti ail fallai “miner vile ; que si on laissait la ut senti qu’il fallait les exterminer vile ;

événement inattend sauver.

(N Par M. VILLEYAIN, — (2) Par M. Micuaun.

< sacrifice dura cinq äns; plus de cinq ans

PE

Eh bien! s'il est trop tard aujourd'hui, siles Grecs doivent succomber, s'ils doivent trouver tous les cœurs fermés à la pilié, tous les yeux à la lumière; que les victimes échappées au fer et à la flamme se réfugient chez les peuplesdivers ; que, dispersées sur la terre, elles accusent notre siècle auprès de tous les hommes devant la dernière postérité ! Elles deviemdront, commetles débris de leur antique palrie, l'objet de l'admiration et de la douleur, et montreront les restes d’un grand peuple. Alors justice sera faite, et justice inexorable. Heureux ceux qui n'auront point été chargés de la conduite des affaires au jour de l'abandon dela Grèce! mieux vaudra cent fois avoir été l'obscur chrétien dont Ja prière sera montée inutilement vers les trônes! Mille fois plus en sûreté sera la mémoire du défenseur sans pouvoir des drvits:de la religion persécutée et de l'humanité souftrante |

pe

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