‹ Itinéraire de Paris à Jérusalem (volume 4)Chapitre 98 sur 111 · SOLUTION. VE · texte numérisé non relu

SOLUTION. VE

Aufant qu'il est possible d'évaluer les finances d’un État dont la plupart des revenus sont annuellement aux enchères, et dont

‘une grande parlie consiste en vexalions, on peut faire monter à

vingt-quatre millions les revenus du bey de Tunis. Les objets qui les forment sont les douanes, les permissions de sortie pour les denrées, le bail des’ différentes sommes d’argent que donne Chaque nouveau gouverneur, et dont la somme est toujours plus

considérable par les enchères annuelles ; le reyenu de son do-

maine, la dîme qu'il prend sur les terres, le produit des prises , la vente des esclaves, etc., etc. Ils’en faut que les dépenses con-

‘Somment annuellement le revenu, dont une partie est mise en

réserve chaque année.

Il n'y a point de doute qué le bey n'ait un trésor considérable, et qu’il augmente sans cesse, la plus sordide avarice étant un de ses défauts. La paix de l'Espagne vient d’enflér ce trésor de quelques millions, et Vénisé ne tardera pas à eit faire de même.

” Alger et Constantine font parfois de fortes saignées à ce trésor, que le gouvernement de Tunis pourrait garantir de leurs atléintes, s'il en employait une partie à l'entretien de ses places, à

celui de sa marine et de quelques troupes disciplinées,

. QUESTION VIle. | sd Y at-il beaucoup d'esclaves chrétiens à Tunis? Eu at-il été racheté dans les dernières années, ét à quel prix ? De quelle nation étaient-ils ? T4 Depuis l’époque du prince Paterno le rachat ordinaire à été fixé à trois cents sequins véuitiens, et six cents piastres les rachats doubles.

SOLUTION Vie.

Le nombre des esclaves chrétiens à Tunis est assez considéble, et s'est beaucoup accru depuis quelques années, en raison de la jeunesse et de l'esprit militaire du bey, qui encourage la course en faisant sortir lui-même beaucoup de corsaires. On ne peut précisément savoir le nombre de ses esclaves, parce qu’on

en prend et qu’on en rachète fréquemment : ils sont ‘en général napolituins, vénitiens, russes el impériaux. Dans ce moment-ci Naples fait racheter les siens le plus qu’elle peut, Gênes parfois, Malte presque jamais; mais la relizion fait quelquefois des échanges, dans lesquels Tunis gagne toujours, ne relàch Uii ju= mais qu’un Malluis pour deux, trois et quatre musulmans,

mm

Le rachat des esclaves appartenant au bey, qui sont le plus grand nombre, est fixé à deux cent rente sequins vénitiens pour les matelots, et à quatre cent soixante pour les capitaines et les femmes, de quelque âge qu’elles soient ; les particuliers suivent assez ce prix, dont ils se relâchent cependant quelquefois, soit à raison de la vieillesse de l'esclave, soit à cause de son peu de talent. Quel mensonge | pour ne pas dire plus. On peut assurer que le sort des esclaves à Tunis est en général fort doux ; plusieurs Y restent Où Y reviennent après avoir ‘été rachetés ; quelques-uns obtiennent leur liberté à la mort de leur maître ou de son vivant.

QUESTION VIIle,

Quel est le nombre des troupes qu’entretient le bey et de quelle nation sont-elles? Combien lui coûtent-elles? Sont-elles un peu disciplinées et aguerries? Où sont-elles placées ? |

IL n’y à aujourd’hui que deux com Yiron vingt-cinq chacune,

Nota. À l'expédition de Tripoli, Il a enrôlé quasi tous les jeunes Kro Qui fait qu'aujourd'hui les troupes ré Par an.

le bey a fait une augmentation considérable dans les troupes. ugoulis du royaume, au nombre de plus de douze cents; ce glées coûtent au gouvernement environ sept cent mille piastres

SOLUTION Ville.

Le bey entr

elient environ vingt mille hommes, cinq mille Turcs, Mamelu

cks où Krougoulis : ces derniers sont naturels du Pays, mais fils de Turcs où de Mamelucks, ou de leur race; deux mille Spahis maures, sous le commandement de quatre 434$, Savoir : l’aga de Tunis > du Kairouan, du Ref et de Bejea ; Qualre cents Ambas maures, sous le commandement du bachitenba leur chef; deux mille ou deux mille cinq cents Zouaves Maures de tous les pays, sous les ordres de leur hodgia. Il existe environ vingt mille hommes enrôlés dans le corps de Zouaves, mais le gouvernement n’en paie que deux mille cinq cents au Plus : lès autres ne jouissent que de quelques franchises, et servent dans les occasions extraordinaires.

Onze à douze mille Arabes de la campagne, des races des Berbes, Auledt, Seïds, Auledt-Hassan, etc., compris tous colleclivement sous le nom de Mazerguis : ceux-ci servent pour ac- Compagner les camps et les troupes réglées, pour veiller sur les Mouvements des Arabes tributaires » et particulièrement sur quelques chefs d'Arabes indépendants qui sont campés sur les confins de Tunis et de Constantine,

É-ce Hs Mamelucks et Krougoulis, qui représentent l'an-

Ce, coûtent aujourd’hui au gouvernement sept cent Mille piastres de Tunis, et plus, par an.

à plus grande partie des Mamelucks est destinée à la garde

u bey, divisée en quatre compagnies, chacune de vingt-cinq Mamelucks. Ceux-ci, outre leur paie, ont tous les six mois vingt Piastres de gratification et quelques petites rétributions en étoffes

et en denrées. Ils sont aussi porteurs des ordres que le gouvernement fait passer aux Souverneurs et cheiks. Lorsque ces ordres ont po

ur objet des contestations de particuliers, c’est à Ceux-ci à les entretenir pendant leur mission.

Quelques Turcs et Krougoul du bey, et on leur fait à Mamelucks : le gouver aires qui ont rapport à la milice.

Maures et des Spahis.

‘rès de la moitié des soldats est à Tunis, Elle est destinée à

is Sont aussi employés à la garde peu près les mêmes avantages qu'aux

Il en est de même des Ambas

Baruison de la ville et au camp : le reste est réparti sur les fronüères ; SAVOIR :

A Tabarque , Mabagiais st ga 4 600 a nn tie,e 75 Gerbis.. 52% 7: at 75 MR RE EUR 19 à:

Gelipiars, VONT Eee: 50

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PIÈCES JUSTIFICATIVES

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On comple environ huit cents Zouaves employés dans les garnisons ;

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