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ZAAW À es: LAGNY.— Imprimerie de ViaLar et Cie,
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vouement en allant continuelle
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arrêla heureusement le cours en l’assassinant (10 juin 1702). La branche de Mahmed-Bey se trouvant éteinte par ce meurtre, Ibrahim pouvait sans peine se faire reconnaître bey par le divan et par la milivé, Dans la suite, avant été fait prisonnier dans une bataille qu'il perdit contre À remplacer, Hassan-ben-Aly, petit-fils d’un renégat grec. Une nouvelle dynastie commença avec lui, et elle s’est soutenue jusqu'à CE Jour sans interruption. Le nouveau bey sentit bien qu’il ne serait pas sûr de son pouvoir tant qu'Ibrahim serait vivant. Cette considération le porta à tenter divers moyens pour l’attirer auprès de Jui, fl y réussit en publiant qu'il n'était que dépositaire de l'autorité d'Ibrahim, et qu'il n'attendait que sa présence pour abdiquer. Ibrahim, trompé par cette soumission apparente, se rendit à Porto-Farina, où on lui trancha la tête (10 janvier 1706). Hassan-ben-Aly régnait Paisiblement; il ne manquait à son bonhéur que de se voir un hérilier, mais ne pouvant avoir d’enfant d'aucune des femmes qu'il avait prises, il se décida à désigner pour son successeur Aly-Bey, son neveu, qui commandait les camps. Plusieurs années se passèrent ainsi, lorsqu'il se trouva, dans üne prise faite par les corsaires de la régence, une femme genoise qui fut mise dans le harem d’Assan-ben-Aly. Cette femme, qui lui plat, devint enceinte; lorsque sa grossesse fut constatée, il assembla son divan, et lui demanda si, en cas que cette femme qu'il avait en vain sollicitée de se faire Turque vint à lui donner un prince, il pouvait être reconnu et Ini succéder : le divan opina que cela ne pouvait être, à moins que l’esclave chrétienne n’embrassât la loi de Mahomet, Hassan-ben-Aly fit de nouvelles inslances auprès de son odalisque, qui se décida enfin à se renier. Elle accoucha d’un prince, qui fut nommé Mahmed-B. y, eten eut ensuite deux autres, Mahmoud et Aly-Bey. Hassan-be -Aly, se Voyant trois héritiers, fit connaitre à son neveu Aly-Bey que, le ciel ayant changé l'ordre des choses , il ne pouvait plus lui laisser le trône après lui, mais que, voulant lui donner une preuve constante de son amitié, il allait acheter pour lui la place de pacha que la Porte nommait encore à Tunis. Le jeune bey se soumit à la volonté de son oncle, accepta la place promise, et prit le litre d’Aly-Pacha. Son ambition parut satisfaite; mais il affeclait un contentement qu'il n'éprouvait pas, pour couvrir les grands desseins qu’il avail conçus : il souffrait impatiemtment de voir passer le sceptre en d'autres mains que les siennes; et, pour S épargner celle honte, il s'enfuit dé Tunis à la montagne des Osselelis, se mit à la tête d’un parti qu’il s'était fait secrètement. et vint attaquer son oncle, Hassan-ben-Aly. Le succès ne répondit Pas à son altente. Il fut défait, et, se voyant obligé de quitter on asile, il se réfugia à Alger; pendant son exil il intrigua , et, à force de promesses, il cngagea les Algériens à lui donner des secours (1735). Ils s’y décidèrent, marchèrent à Tunis, et, après une vicloire complète, ils obligèrent Hassan-ben-Aly à quitter sa Capllale et à se réfugier au Kairouan, À la suite de la guerre ci-
vile, qui amena la famine, ce prince fugitif quitta le Kairouan pour aller à Sousse.
Un capitaine français de la Ciotat, était attaché depuis longtemps, lui donna des preuves de son dé-
ment lui chercher des blés et des vivres : le prince lui en faisait ses obligations, qu'il devait remplir en cas que la fortune le remit sur le trône. Mais elle lui devint de plus en plus contraire ; et, privé de toute ressource , il se déeida à envoyer ses enfants à Alger, qui semble être le refuge de tous les princes fugilifs de Tunis, espérant pouvoir les y rejoindre : mais lorsqu'il s’y disposait, Younnes-Bey, fils ainé d'Aly-Pacha, lésurprit dans sa fuite, et lui trancha lui-même la tête. Aly-Pacha, défait de son plus dangereux ennemi, paraissait devoir jouir d’un sort paisible; mais sa tranquillité fut troubiée par la division qui se mit entre ses enfants. Mahimed- Bey, l’un ‘d'eux; et pour lequel il avait de la prédilection, forma le projet d'enlever à Younnes-Bey, son aiué, le trône qui lui était dévolu. Il âcha’en Conséquence d'indisposer son père contre son frère, et y réussit. Aly-Pacha, séduit par ses raisons, voulut
les Algériens, l’armée élut, pour le :
nommé Mareilbier, qui ni
nn +
PIÈCES JUSTIFICATIVES
le faire arrêter; Younnes l’apprit, se révolta, et s’empara du chà-
(eau de la Gaspe et de la ville de Tunis : il y fut forcé par Aly-
Pacha et obligé de se réfugier à Alger. Mahmed-Bey, dé d’un concurrent dan
barrassé gereux, songea aussi à se défaire de son cadet,
et il lui fit donner du poison, Il se fit reconnaitre héritier pré
ses crimes J lui avaient préparé, lorsque les choses changèrent de face. TR
somplif, et paraissait devoir jouir un jour du sort que
ville d'Alger éprouva une de ces révolutions si fréquentes dans les gouvernements militaires; un nouveau dey fut nommé. et le choix de la milice tomba sur le Turc Aly-Tchaouy Il av: été précédemment en ambassade à Tunis, et y avait reçu un al front de ce même Younnes-Bey, qui se voyait réduit à implorer sa protection. Loin d’avoir égard à ses prières, il prit, pour se
venger, le parli des enfants d'Hassan-ben-Aly, en leur donnant |
des troupes, Cotimandées par le bey de Constantine,
pour le replacer sur lé trône.
Le succès couronna leur entreprise ; ils saccagèrent la ville de alement
Tunis, et firent prisonnier Aly-Pacha, qui fut immédi étranglé, Malhined-Bey, fils aîné d'Hassan-ben-Aly, fat mis sur le trône. Ce bon prince ne régna que deux ans et demi, el laissa deux enfants en bas âge, Mahmoud et Ismaïl-Bey. , à Aly-Bey, son frère, lui succédx, avec Promesse, dil-on, dere-. mettre le trône aux enfants de son frère, lorsque l’ainé serait en élat de l’occuper. Le désir de le perpétuer dans sa propre race l'empêcha de la tenir. Il chercha peu à peu à éloigner ses neveux du gouvernement et à y élever son fils, I montra le jeune Hamoud au peuple, lui donna le commandement des camps, et enfin sollicita pour lui, à la Porte, le litre de pacha: il assura par lle suffrage du peuple à son filsset, à force d'égards, il se rendit si bien maitre de l'esprit de ses neveux, qu'à s
tion, et ceux qui pourraient en exciter paraissaient trop bien unis au bey pour leur en supposer l'envie, y Le souvenir des malheurs passés, le spectacle des troubles d'AE ver, ont trop appris aux Tunisiens à quel point il faut se m ier de l'esprit inquiet et remuant des Tures, pour les admettre dans le gouvernement, Aussi les beys ont-ilspeu à peu cherché à: lir l'autorité que les Tures avaient Usurpée : ils se sont'att AL à les éloigner des places importantes de l'administration réservées aux indigènes et aux Géorgiens , et à ne leur laisser absoihitet que celles qui n'ont plus qu'une ombre d'autorité. Ainsi donc | quoique la famille régnante soit regar ëeCoinme turque, puisque
Hassan-ben-Aly descend d'un renégat grec, le gouvernement doit être considéré comine maure.
QUESTIONS 1e, XVe, XVIIe,
[LUA SA
Quelles sont les nations de l'Europe auxquelles Tunis a accordé des capi-
tulations? À quelle époque et à quels conditions ont-elles été accordées? À Existent-elles eucore?
xvlie,
Quelles sont les nations qui ont des consuls à Tunis? Y atil des nations qui permettent à leurs cousuls de faire le commerce ? -
# ‘ ‘3 ‘ XviILe, |
r Combien y a-til d: maisons étrangores établivs à Tunis pour leur commeree, et de quelles nalions ces maisons sont-elles ? Sout-elles toutes daus la capitale (4)? ’ Se.
SOLUTIONS le, XVI, XVI. |
La France, l'Angleterre, la Hollande, la Suède, le Danemark ec PEspague, sont les nations européennes auxquelles lauis à
(1) On à réuni ces questions, ainsi que quelques autres suivantes, À cause du rapprochement qu'elles ont entre elles. «
à mort, arrivée en 1782 (26 mai 1782), ils se désistèrent eux-mêmes de leurs pré” tentions, et furent les premiers à saluer Hamoud-Pacha eur cousin, unique bey de Tunis.
Depuis cette époque, l’'Élat n’a été troublé par aucune révolt
- PIECES JUSTIFICATIVES. 195
p— on TN Et 7 accordé des traités ;on peüt même comprendre dans ce nombre
nise M. dont le pavillon n'a été abattu qu'en raison de sa ruplure avec la Porte. Les Ragusaïs, comme tributaires du Grand Seigneur, ont aussi leur traité, mais sans pavillon et sans commerce, et seulement pour la franchise de leurs navigations.
Les capituluions de la France avec Tunis sont les plus anciennes : elles “latent de 1685, quoiqu'il ÿ en ait d’antécédentes et qui n'existent plus, et qui ne sont pas rappelées dans te trailé. Celui de l'Angleterre a été fait cinq ou six mois après, et celui de la Hollande, peu d’années ensuite. La paix des autres nations nommées ci-dessus.n’a pas une époque plus reculée que celle de quarante à einquante ans. En donnant ici un résumé des capitulations de la France,on peut juger de celles des autres nations,
puisque c’est sur cés capitulations qu’on a à peu près calqué les.
Jeurs. Par un article des traités, et relativement à ce qui se pratique à la Porte envers les ambassadeurs, le consul de France à Tunis a le pas sur les autres consuls. Sa. Majesté lui accorde le ütre de con8ul général et de chargé des affaires, parce que, d’un côté, il est dans le cas d’administrer la justice aux maisons établies sur l'Échelle et aux navigateurs qui y abordent; et que, d’un autre, il traite des intérêts des deux puissances. Tous les consuls ont le droit-de faire de commerce, à l'exception de celui de France, auquel ‘cela est défendu, sous peine de destitution. Cette sage défense est fondée sur ce qu'il pourrait se trouver juge et partie en même temps, et de plus un concurrent trop puissant
our les marchands, puisque la considération attachée à sa place ui ferait aisément obtenir la préférence dans les affaires.
‘ Les autres nations n’ayant aucun négociant établi sur PÉchelle, par une conséquence coutraire, permettent à leurs consuls de faire le commerce.
Il ya (en 1787) huit maisons de commerce établies à Tunis toutes françaises, et fixées dans la capitale, s
QUESTION Jlte,
A combien fait-ou monter la population de, l'empire? Sont-ce les Maures
ou les Arabes qui sont les plus nombreux? Paient-ils l'impôt par tribun ou
-par individu ? Y a-t-il quelques proportions dans les impositions? Y a-ti} des Arabes fixés dans la ville ?
SOLUTION Ille.
On faisait monter à quatre ou cinq millions d’âmes Ja popula- ‘tion de l’empire avant la peste ; mais on peut dire qu'elle en a “enlevé environ un huitième: le nombre des Arabes surpasse ce-
lui des Maures.
Il estdes impôts quise paient par tribus et d’autres par individus : ‘iln’y a absolument aucune règle pour mettre quelque proportion
dans les impôts, et rien en général ne dépend plus de l'arbitraire. Il y a des Arabes fixés dans {a ville, mais ce ne sont pas les citadins les plus nombreux,
QUESTION IVe,
Y a-t-il dans le cœur du royaume, ou sur les frontières, beaucoup de tribus qui se refusent aux impositions? Sont-ce les Maures ou les Arabes qui sont Jes plus indociles ? Quels sont les plus riches, des Maures ou des Arabes? Les hordes errantes afferment-elles quelquefois les lurres des babitants des villes pour les cultiver où pour y faire paitre leurs troupeaux? En quoi con: ‘sistent ces troupeaux ? :
SOLUTION IVe.
[ya quelques tribus sur les frontières qui se refusent parfois aux impositions, mais les camps qu’on envoie pour les prélever les contraignent bientôt à payer. Cesont en géneral les Arabes qui sont li; plus indociles. [1 est à présumer que les Maures sont plus riches, «nge qu'ils se :ivrent en même lemps à l'agriculture au comimerce, aux manulactures et aux emplois, tandis que Les premiers se bornent à l'agriculture ; les hordes errantes afferment souyent des terresdes habitants des villes, soit pour les cultiver,
malsré la guerre actüelle qu'elle a avec cette régence ..
soit pour y faire paître leurs troupeaux, qui consistent en gros
et en menu bétail, en chameaux, qui leur serveat pour le trans-
port, dont ils filent le poil, et dont le lait leur sert de nourriture : ils se nourrissent souvent de l’animal lui-même.
Les beanx chevaux sont dévenus très-rares, les Arabes 8’étant dégoûtés d’en élever, fatigués de voir le gouvernement on ses employés leur enlever à vil prix le moinäre cheval passable.
QUESTION Ye. rer wi
Y a-t-il beaucoup de propriétaires de terres? Ces propriétaires SRE US dans les villes, ou y en a-t-il encore dans des maisons isolées ou dans des villages? Ces derniers ne sont-ils pas exposés aux brigandages des hordes errantes ?
SOLUTION Ve.
Quoique le bey possède beaucoup de terres, quoiqu'il y en ait beaucoup dont les revenus appartiennent à la Mecque, il ne laisse dant d'y avoir quantité de propriétaires ; ils sont dans dans les villages, et même dans des habitalions isoion , peu exposés aux brigandages des
pas cepen les villes, lées, et, dans cette "posit hordes errantes.
QUESTION VIe.
A combien peut s'élever le revenu de l'État? Quels sont les objets qui le forment? Les dépenses ordinaires le consomment-elles en entier, ou peut-on en mettre une partie en réserve? Croit-on que le bey ait un trésor, êt un trésor considérable ? en MES