‹ Itinéraire de Paris à JérusalemChapitre 15 sur 63 · AT0K.H.1A>0>T0N...T0X · texte numérisé non relu

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4 no...EnAPXOCAirrnTOï

Ligne première, TO. 11 est évident que c'est l'article tov.

Ibidem, ligne première,... QTATONAÏTOKPATOPA. Il est également clair que c'est une épithète donnée à l'empereur Dioclétien; mais , pour la trouver, il faut chercher un supci lalil qui se termine en toxa-Tov, [)ar un oméga (et non par un omicron , ce qui serait i)lus facile et plus commun), et ensuite qui convienno particulièrement à ce prince. Je crois que c'est ô^'.wTarov, très saint : qu'on ne soit pas surpris de cette épithète ; je la vois donnée à Dioclétien sur une inscription grecque découverte dans la vallée de Thymbra (aujourd'hui Tliimbrck-Déré), près la plaine de Bounar-Bachi, et rapportée par Lechevalicr, n° 1 , page 256 de son Voyage dans la Troade , seconde édition, Paris, an VU, in-8". On y lit : TON OCIQTATQN IIMQN ArrOKPATppoN AIOKAHTIANOr KAI MAEIMIANOÏ; c'est-àdire de nos très-saints empereurs Dioclétien et Maximien. Sur une autre inscription d'une colonne voisine, ils partagent avec Constance Chlore ce même titre , ôaiwcaroi, très-saints, dont les empereurs grecs et chrétiens du Bas Empire ont hérité , comme je l'ai ohservé ibidem, page 249.

Ligne 2, TON HOAIOYXON AAESANAPEL\C. C'est proprement le protecteur, le génie tutélairc d'Alexandrie. Les Athéniens donnaient le nom de r.ohov/oG à Minerve, qui présidait à leur ville el la couvrait do son égide. Voyez ce que dit Span/ieim sur le 53<" vers de l'hymne de Callimaque, sur les bains de Pallas, page GG8 etsuiv., tome II, édition d'Ernosti.

Ligne 3, AIOK.H.IANON. Le A et le T sont détruits; mais on reconnaît tout de suite le nom de Dioclétien, AIOKAllTLANON.

Jbid., ligne 3 , TON... TON. Je crois qu'il faut suppléer CLBaC- TON , c'est-à-dire Auguste , tôv c7£Sa<7TÔv. Tout le monde sait que Dioclétien prend les deux, titres d'eùacêri; et deasoaa-oç, pius Augustus, sur plusieurs médailles, et celui de ffcSaffxo;, Auguste, sur presque toutes , notamment sur celles d'Alexandrie , et le place immédiatement après son nom. Voyez M. Zoëga, pag. 335 et suiv. de ses i\ummi .Egyptii imperatorii, Eomœ, 1787, /;i-4''.

Quatrième et dernière ligne, 110. C'est l'abréviation si connue de IlôêXioc, Publius. Voyez Corsini, pag. 55, col. I , de JSotis Grœcorum, Florentiœ, 1749, in-folio; Gennaro Sisti, pag. 51 de son Jndirizzo per la lettura greca dalle sue oscurità rischiarata , in Napoli, 1758, iw-S", etc. Les Romains rendaient le même nom de Publius par ces deux lettres PV. Voyez page 328 d'un ouvrage fort utile, et totalement inconnu en France, hilitulé : Notœ et siglœ quœ

in nummis et lapidibiis apud Romanos obtinebant, explicatœ, par mon savant et vertueux ami feu M. Jean-Dominique Coletti, ex-jésuite vénitien, dont je regretterai sans cesse la perte. Ses estim.ables frères, les doctes M.M. Coletti, les Aides de nos jours, ont donné cet ouvrage classique à Venise, en 1785, in-4°.

Peut-être la lettre initiale du nom suivant, entièrement effacé, de ce préfet d'Egypte, était-elle un M, qu'on aura pu joindre mal à |)ropos dans celte occasion aux lettres piécédenles IIO. Alors on aura |iu croire que IlOM. était une abréviation de nOMOHIOC, Pompée, lient le nom est quelquefois indiqué par ces trois lettres, comme dans une inscription de Sparte, rapportée n"" 24S, page 38 des luscriplioneset Epigrammata grœca et latina, repcrta a Cyriaco Anconitano , recueil publié à Rome, i/2-/oZ. : en 1654, par Charles Moroni, bibliothécaire du cardinal Albani. Yoyez'aussi Maffei , pag. GG de ses Siglœ Grœcnrinn lapidariœ, Veronœ, 1746 , in-d," ; Gennaro Sisli, l. c. pag 51 , etc. Cette erreur en aurait engendré une autre, et aurait donné lieu à la dénomination vulgaire et fausse de colonne de Pompée. Les seules lettres no suffisaient pour accréditer cette opinion dans les siècles d'ignorance.

Quoi qu'il en soit de cette conjecture, les historiens qui ont parlé du règne de Dioclétieu ne m'apprennent pas le nom totalement dé- Iniil de ce préfet d'Egypte , et me laissent dans l'impossibilité de suppléer cette petite lacune , peu importante , et la seule qui reste maintenant dans cette inscription. Serait-ce Pomponius Januarius, qui fut consul, en 288, avec Maximien?

Je soupçonne, au reste, que ce gouverneur a pris une ancienne colonne, m(mument d'un âge où les arts (lorissaient, et l'a choisie pour y placer le nom de Dioclétien , et lui faire sa cour aux dépens de ranlicpiilé.

A la fin de cette inscription , il faut nécessairement sous-eutendre , suivant l'usage constant, àvÉ9r,y.îv, y.-d'jTr.at^, ou ".vx-'r^^vj, ou à?-.;pojcrav , ou quelque autre verbe semblable, qui désigne que ce préfet a érigé, a consacré ce monument à la gloire de Dioclétien. L'on ferait un volume presque aussi gros que le recueil de Gruter, si l'on voulait entasser toutes les pierres antiques et accumuler toutes les inscriptions grecques où se trouve cette ellipse si commune dont plusieurs antiquaires ont parlé, et cette construction avec l'accusatif sans verbe. C'est ainsi que les Latins omettent souvent le verbe POSVIT.

Il ne reste plus qu'à tâcher de déterminer la date précise de cette

inscription. Elle ne paraît pas pouvoir être antérieure à Tannée 296 ou 297, époque de la défaite et de la mort d'Achillée, qui s'était emparé de l'Egypte , et s'y soutint pendant environ six ans. Je serais tenté de croire qu'elle est de l'an 302 , et a rapport à la distribution abondante de pain que l'empereur Diodélien fit faire à une foule innombrable d'indigents de la ville d'Alexandrie, dont il est appelé, pour cette raison, le génie tutélaire, le conservateur, le protecteur, TToÀioOxo?. Ces immenses largesses continuèrent jusqu'au règne de Justinien, qui lesabolit. Voyez le Chronicon Paschale , à l'an 302, pag. 276 de l'édition de du Cange, et Y Histoire secrète de Procope , cliap. XXVI , pag. 77 , édition du Louvre.

Je crois maintenant avoir éclairci toutes les difticnllés de cette inscription fameuse. Voici la manière dont je l'écrirais en caractères grecs ordinaires çursifs; j'y joins ma version latine et ma traduction française :

Tôv ôffitûTaTOv aÙToxpaTOpa,

Tov TioXioùxov 'AXs^avSpsta; ,

AioxXTiTtavov TOV ceêaaTov,

n66Xio;.., ëTtapxo; Aîyutctou. ^

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