HOTES
Villes. Juifs.
Lunel 300
Beaucaire 40
Saint^^iilles 100
Arles 200
Marseille 300
Gènes 20
Lucques 40
Rome 200
Capoue 300
Naples 600
Salerne 600
Malfi 20
Bénévent 200
Malchi 200
Ascoli 40
Trani. 200
Tarente. 300
Bardenis 10
Otrante 500
Corfou 1
Leptao 100
Achilon 10
Patras 50
Lépante 100
Crissa 200
Corintlie 300
Thèbes 2,000
Egrifou 100
Jabustérisa 100
Sinon-Polamon 40
Gardegin ( quelques Juifs ),
Armilon 500
Bissine 100
Séleucie 500
Mitricin 20
Darman 140
Villes. Jlifs.
Caaislliol 20
Constantinople 1,000
Doroston 100
Galipoline 200 '
Galas 50
Mityles(uue uuiversilé ;.
Gibam 500
Ismos 300
Rhodes 500
Dopliros ( assemblée de juifs )
Laodicée 200
Gébal 120
Birot 40
Sidon 20
Tyr 500
Akadi 100
Oi^rée 10
Luz 1
Bertbgebarin 3
Torondolos (aiîtrefois SuDara ' 3o
Nob 2
Ramas 3
Joppé I
Ascalon 240
Dans la même ville, juifs samaritains 300
Ségura I
Tibétiaùe • 50
Timin 20
Ghalmal 50
Damas 3,000
Tliadmur 4,000
Siha 1,500
KelagU-Geher 2,0C0
Dakia TOO
Hbaran 700
Achabor 2,000
Xisibis 1,000
ITI>FJ — T 'I. 'f
Villes. Jlifs.
Gezir-Ben-Gliamar 4,000
Al-Mutsal ( autrefois Assur ) • . 7,000
Rahaban 2,000
Karkésia 5,000
Al-Jobar 2,000
Hhanian • 15,000
Ghukbéran 10,000
Bagdad 1,000
Géhiaga 5,000
Dans un lieu à vingt pas de Gégaiga 20,000
Hhilan 10,000
Naphahh 200
Alkotsonath 300
Rupha . 7,000
Sépliitbib ( une synagogue ).
Juifs qui habitent dans les villes et autres lieux du
pays de Théma . 300,000
Chibar 50,000
Vira , fleuve du pays d'Eliraan ( au bord ) 3,000
Néasat 7,000
Bostan 1,000
Samiira 1,500
Chuzsetham 7,000
Robard-Bar 2,000
Vaanath 4,000
Pays de Molliheatli ( deu\ synagogues ).
Charian 25,000
Hhendam 50,000
Tabarethan 4,000
Asbaham 15,000
Scapbas 10,000
Ginat 8,000
Samareant 50,000
Dans les montagnes de Xisbon , appartenant au roi de Perse, on dit qu'il y a quatre tribus d'Israël , savoir : Dau , Zabulon , Aser et Nepbtali.
Cherataan 500
Villes.
Juifs.
K^tlïipban 50,000
Pays de Haalam (les jnifs, an nombre de vingt familles ).
Ile de Cheneray 23,000
Gingalan 1^000
L'Ynde ( une grande quantité de juifs ).
HhalaTan ,^30o
^^ïisraïm 2,000
Gossen ,,ooo
AlBubug 200
Ramira 70q
Lamlihala 50o
Alexandrie 3^000
Damiette 200
Tunis 40
Messine. 20
Palerme 1.50o
Total 765,865
Benjamin ne spécifie point le nombre des juifs d'Allemagne; mais il cite les Tilles où se trouvaient les principales synagogues ; ces villes, sont : Coblentz, Andernach, Caub, Creutznach , Bengen, Germersheim, Munster, Strasbourg, Mantern, Freising , Bamberg, Tsor et Reguespurch. En parlant des juifs de Paris , il dit ; In qua sapientium discipuli sunt omnium qui bodie in omni regione sunt doctissimi. •
Note 9 , page 56.
Cette citation faisait partie du texte dans les deux premières éditions :
Josèphe parle ainsi du premier temple :
« La longueur du temple est de soixante coudées , sa liauteur « d'autant , et sa largeur de vingt. Sur cet édifice on en éleva un au- « tre de même grandeur; et ainsi, toute la hauteur du temple était « de six vingts coudées. Il était tourné vers l'orient, et son portique « était de pareille hauteur de six vingts coudées , de vingt de Ions et
« de six de laige. Il y avait à l'entour du temple trente chambres en « forme de galeries , et qui servaient au dehors comme d'arcs-bou- « tants pour le soutenir. On passait des unes dans les autres , et cha- « cune avait vingt coudées de long, autant de large , et vingt de hau- « leur. Il y avait au-dessus de ces chambres deux étages de pareil « nombre de chambres toutes semblables. Ainsi, la hauteur des trois « étages ensemble, montant ensemble à soixante coudées, revenait « justement à la hauteur du bas édifice du temple dont nous venons « de parler ; et il n'y avait rien au-dessus. Toutes ces chambres étaient « couvertes de bois de cèdre, et chacune avait sa couverture à part, « en forme de pavillon; mais elles étaient jointes par de longues et « grosses poutres, afin de les rendre plus fermes, ^t ainsi elles ne « faisaient ensemble qu'iin seul corps. Leurs plafonds étaient de bois « de cèdre fort poli, et enrichis de feuillages dorés, taillés dans le « bois. Le reste était aussi lambrissé de bois de cèdre, si bien tra- « vaille et si bien doré, qu'on ne pouvait y entrer sans que leur éclat « éblouît les yeux. Toute la structure de ce superbe édifice était de « pierres si polies et tellement jointes , qu'on ne pouvait pas en aper- « cevoir les liaisons ; mais il semblait que la nature les eût formées « de la sorte, d'une seule pièce, sans que l'art ni les instruments « dont les excellents maîtres se servent pour embellir leurs ouvrages , <t y eussent en rien contribué. Salomon fit faire dans l'épaisseur du « mur, du côté de l'orient, où il n'y avait point de grand portail , « mais seulement deux portes, un degré à vis de son invention pour « monter jusqu'au haut du temple. 11 y avait dedans et dehors le « temple des ais de cèdre , attachés ensemble avec de grandes et for- « tes chaînes, pour servir encore à le maintenir en état.
« Lorsque tout ce grand corps de bâtiment fut achevé, Salomon le « fit diviser en deux parties, dt)iit l'une, nommée le Saint des Saints « ou Sanctuaire , qui avait vingt coudées de long , était particuliè- « rement consacrée à Dieu, et il n'était permis à personne d'y rnu trer; l'autre partie, qui avait quarante coudées de longueur, fut « nommé le Saint- Temple, et destinée pour les sacrificateurs. Ces « deux parties étaient séparées par de grandes portes de cèdre, par- « faitemenl bien taillées et fort dorées, sur lesquelles pendaient des « voiles de lin, pleins de diverses fleurs de couleur de pourpre , d'hya-
« cinthe et d'écarlate -
« Salomon se servit, pour tout ce que je viens de dire, d'un ou- I vrier admirable, mais principalement aux ouvrages d'or, d'argent
ÎTOTES. 221
« et de cuivre , nommé Chiram , qu'il avait fait venir de Tyr, dont « le père , nommé Ur, quoique habitué à Tyr, était descendu des Is- « raélites, et sa mère était de la tribu de Nephtali. Ce même homme « lui fit aussi deux colonnes de bronze qui avaient quatre doigts d'éfi paisseur, dix-huit coudées de haut, et douze coudées de tour, au- « dessus desquelles étaient des corniches de fonte en forme de lis, de « cinq coudées de hauteur. 11 y avait à Tenlour de ces colonnes des « feuiilapes d'or qui couvraient ces lis , et on y voyait pendre en deux « rangs deux cents grenades aussi de fonte. Ces colonnes furent placées « à l'entrée du porche du temple : l'une, nommée Jachim, à la main
" droite; et l'autre nommée Boz , à la main gauche
« Salomon fit bâtir hors de C€tte enceinte une espèce d'autre tem- « pie d'une forme quadrangulaire, environné de grandes galeries, « avec quatre grands portiques qui regardaient le levant, le couchant, « le septentrion et le midi, et auxquels étaient attachées de grandes « portes toutes dorées; mais il n'y avait que ceux qui étaient purifiés '■ selon la loi, et résolus d'observer les commandements de Dieu, « qui eussent la permission d'y entrer. La construction de cet autre '< temple était un ouvrage si digne d'admiration , qu'à peine est-ce « une chose croyable ; car, pour le pouvoir bâtir au niveau du haut « de la montagne sur laquelle le temple était assis, il fallut remplir, « jusqu'à la hauteur de quatre cents coudées , un vallon dont la pro- « fondeur était telle qu'on ne pouvait la regarder sans frayeur. Il fit <. euvironner ce temple d'une double galerie soutenue par un double « rang de colonnes de pierres d'une seule pièce ; et ces galeries, dont « toutes les portes étaient d'argent , étaient lambrissées de bois de o cèdre '. »
11 est clair par celle description que les Hébreux , lorsqu'ils bâlirent le premier temple, n'avaient aucune connaissance des ordres. Les deux colonnes de bronze suffisent pour le prouver : les chapiteaux et les proportions de ces colonnes n'ont aucun rapport avec le premier dorique, seul ordre qui fût peut-être alors inventé dans la Grèce; mais ces mêmes colonnes , ornée» de feuillages d'or, de lleurs de lis et de grenades, rappellent les décorations capricieuses de la colonne égyptienne. Au reste, les chambres en forme de pavillons, les lambris de cèdre doré , et tous ces détails imperceptibles sur de grandes masses, prouvent la vérité de ce que j'ai dit sur le goût des premiers Hébreux.
' Histoire des Juifs, trad. d'Arnaud d'Andillv.
Note 10 , page 69,
Cette citation faisait partie du texte dans les deux premières éditions.
Le pins ancien auteur qui ait décrit la raos(iuée de la Roche est Guillaume de Tyr : il la devait bien ccnnaitre, puisqu'elle sortait à peine des mains des chrétiens à l'époque où le sage archevêque écrivait son histoire. Voici comment il en parle :
« Nous avons dit , au commencement de ce livre , qu'Omar, fils de
« Calab, avait fait bâtir ce temple et c'est
« ce que prouvent évidemment les inscriptions anciennes gravées au « dedans et au dehors de cet édifice »
L'historien passe à la description du parvis , et il ajoute :
« Dans les angles de ce parvis il y avait des tours extî-êmement « élevées, du haut desquelles, à certaines heures, les prêtres desSar- « rasins avaient coutume d'inviter le peuple à la prière. Quelques- « unes de ces tours sont demeurées debout jusqu'à présent ; mais les « autres ont été ruinées par différents accidents. On ne pouvait en- « trer ni rester dans le parvis sans avoir les pieds nus et lavés. . . .
« Le temple est bâti au milieu du parvis supérieur ; il est octogone « et décoré, en dedans et en dehors, de carreaux de marbre et d'ou- « vrages de mosaïque. Les deux parvis, tant le supérieur que l'infé- « rieur, sont pavés de dalles blanches pour recevoir pendant l'hiver « les eaux de la pluie qui descendent en grande abondance des bâti- K ments du temple, et tombent très-hmpides et sans limons dans les «t citernes au dessous. Au miheu du temple, entre le rang intérieur « des colonnes, on trouve une roche un peu élevée; et sous cette roche « il y aune grotte pratiquée dans la même pierre. Ce fut sur cette « pierre que s'assit l'ange qui, en punition d« dénombrement du « peuple, fait inconsidérément par David, frappa ce peuple jusqu'à « ce que Dieu lui ordonnât de remettre son épée dans le fourreau. « Cette roche, avant l'arrivée de nos armées, était exposée nue et « découverte ; et elle demeura encore en cet état pendant quinze an- « nées; mais ceux qui dans la suite furent commis à la garde de ce « lieu, la recouvrirent, et ccnstniisirent dessus un chœur et un autel, « pour y célébrer l'office divin ».
Ces détails sont curieux , parce qu'il y a huit cents ans qu'ils sont écrits; mais ils nous apprennent jieu de chose sur l'intérieur de la mosquée. Les plus anciens voyageurs, Arculfe dans Adamannus,WiI-
libaldiis, Bernard le Moine, Ludolphe, Breydenbach , Sanut , etc. , n'en parlent que par ouï-dire, et ils ne paraissent pas toujours bien instruits. Le fanatisme des musulmans était beaucoup plus grand dans ces temps reculés qu'il ne l'est aujourd'hui, et jamais ils n'auraient voulu révéler à un chrétien les mystères de leurs temples. Il faut donc passer aux voyageurs modernes , et nous arrêter encore à Deshayes.
Cet ambassadeur de Louis XIII aux lieux saints refusa , comme je l'ai dit, d'entrer dans la mosquée de la Roche ; mais les Turcs lui en firent la description.
. « Il y a, dit-il , un grand dôme qui est porté au dedans par deux « rangs de colonnes de marbre, au milieu duquel est une grosse pierre, « sur laquelle les Turcs croient que Mahomet monta quand il alla au « «iel. Pour cette cause, ils y ont une grande dévotion ; et^ceux qui •t ont quelque moyen fondent de quoi entretenir quelqu'un, après « leur mort , qui lise l'Alcoran , à l'entour de cette pierre , à leur in- « t«ntion.
« Le dedans de cette mosquée est tout blanchi, hormis en quel- « ques endroits, où le nom de Dieu est écrit en grands caractères « arabiques. »>
Ceci ne diffère pas beaucoup de la relation de Guillaume de Tyr . Le père Royer nous instruira mieux ; car il paraît avoir trouvé le moyen d'entrer dans la mosquée. Du moins voici comment il s'explique :
« Si uu chrétien y entrait (dans le parvis du temple), quelques «c prières qu'il fît en ce lieu , disent les Turcs , Dieu ne manquerait « pas de les exaucer, quand même ce serait de mettre Jérusalem entre « les mains des chrétiens. C'est pourquoi, outre la défense qui est « faite aux chrétiens non-seulement d'entrer dans le temple, mais « même dans le parvis, sous peine d'être brûlés vifs ou de se faire « Turcs, ils y font une soigneuse garde, laquelle lut gagnée de mon « temps par un stratagème qu'il ne m'est pas permis de dire , pour « les accidents qui en pourraient arriver, me contentant de dire toutes « les particularités qui s'y remarquent. «
Du parvis il vient à la description du temple.
« Pour entrer dans le temple, il y a quatre portes situées à l'orient, « occident, septentrion et raidi; chacune ayant son portail bien éla- « bouré de moulures, et six colonnes avec leurs piéds-ii'eslailetcha- « piteaux,le tout de marbre et dje porphyre. Le dedans est tout de « marbre blanc : le pavé même est de grandes tables de marbre de
«diverses couleurs, dont la i^lus grande partie , tant des colonnes « que du marbre, et le plomb, ont été pris par les Turcs, tant en l'é- « glise de Bethléem qu'en celle du Saint-Sépulcre, et autres qu'ils « ont démolies.
« Dans le temple il y a trente deux colonnes de marbre gris en « deux rangs, dont seize grandes soutiennent la [tremière voûte, et « les autres le dôme, chacune étant posée sur son pied-d'estail et N leurs chapiteaux. Tout autour des colonnes, il y a de très-beaux « ouvrares de fer doré et de cuivre, faits en forme de chandeliers, '< sur lesquels il y a sept mille lampes posées, lesquelles brûlent d'e- « puis le jeudi au soleil couché jusqu'au vendredi matin ; et tous les << ans un mois durant, à savoir, au temps de leur ramadan, qui est « leur carême.
« Dans le milieu du temple , il y a une petite tour de marbre , où « l'on monte en dehors par dix-huit degrés. C'est où se met le cadi '< tous les vendredis , depuis midi jusqu'à deux 4ieures, que durent << leurs cérémonies, tant la prière que les expositions qu'il fait surles « principaux points de l'Alcoran.
(c Outre les trente-deux colonnes qui soutiennent la voûte et le « dôme, il y en a deux autres moindres, assez proches de la porte « de l'occident, que l'on montre aux pèlerins étrangers , auxquels ils " font accroir'e que lorsqu'ils passent librement entre ces colonnes, « ils sont prédestinés poiH" le paradis de Mahomet, et disent que si « un chrétien passait entre ces colonnes, elles se serreraient et l'écra- « seraient. J'en sais bien pourtant à qui cet accident n'est pas ar- ■( rivé, quoiqu'ils fussent bons chrétiens.
« A trois pas de ces deux colonnes il y a une pierre dans le pavé , « qui semble de marbre noir, de deux pieds et demi en carré, élevée « un peu plus que le pavé. Eu cette pierre il y a vingt-trois trous où « il semble qu'autrefois il y ait eu des clous, comme de fait il en «■ reste encore deux. Savoir à quoi ils servaient , je ne le sais pas : '(même les mahométans l'ignorent, quoiqu'ils croient que c'était « sur cette pierre que les prophètes mettaient les pieds lorsqu'ils «descendaient de cheval pour entrer au temple, et que ce fut sur M cette pierre que descendit Mahomet lorsqu'il arriva de l'Arabie « Heureuse, quand il fit le voyage du paradis pour traiter d'affaires « avec Dieu. »
Note 11 , page 1 19.
Cette note faisait partie du texte dans les deux premières éditions.
(c CepenJant la barque s approclia , et Septimius se leva le prête niier en pieds qui salua Pompeius, en langage romain, du nom « d'imperator, qui est à dire, souverain capitaine, et Acliillasle sa- « lua aussi en langage grec, et luy dit qu'il passas! en sa barque, « pource que le long du rivage il y avoit force vase et des bans de sa- « ble, tellement quil n'y avoit pas assez eau pour sa galère ; mais en K mesme temps on voyoit de loing plusieurs galères de celles du roy, « qu'on armoit en diligence, et toute la coste couverte de gens de n guerre , tellement que quand Pompeius et ceulx de sa compagnie « eussent voulu changer d'advis, ils n'eussent plus sceu se sauver, « et si y avoit d'avantage qu'en monstrant de se deffier, Hz donnoient « au m.eurtrier quelque couleur d'exécuter sa meschanceté. Parquoy « prenant congé de sa femme Cornelia, laquelle desjà avant le coup « faisoit les lamentations de sa fin, il commanda à deux centeniers «t qu'ilz entrassent en la barque de rÉgyi)tien devant luy, et à un de « ses serfs affranchiz qui s'appeloit PhiUppiis, avec un autre esclave « qui se nommoit Scynes. Et comme jà Achillas luy tendoit la main « de dedans sa barque, il se retoinna devers sa femme et son filz, et m. leur dit ces vers de Sophocle :
Qui ea maison de prinee entre devient Serf, quoy qu'il soit libre quand il y vient.
« Ce furent les dernières paroles qu'il dit aux siens, quand il passa « de sa galère en la barque : et pource qu'il y avoit loing de sa galère «jusqu'à la terre ferme, voyant que parle chemin personne ne lui « entamoit propos d'amiable entretien, il regarda Septimius au visage, " et luy dit : 11 me semble que je te recognois, compagnon , pour « avoir autrefois esté jà la guerre avec moy. » L'autre lui feit signe H delà teste seulement qu'il estoit vray, sans luy faire autre réponse « ne caresse quelconque : parquoy n'y ayant plus personne qui dist « mot, il prist en sa main un petit livret, dedans lequel il avoit es- « cript une harengue en langage grec, qu'il vouloit faire à Ptolemaeus, « et se met à la lire. Quand ilz vindrent à approcher de la terre, Cor- « neUa, avec ses domestiques et familiers amis, se leva sur ses pieds, « regardant en grande détresse quelle seroit l'issue. Si luy sembla « qu'elle devoit bien espérer, quand elle apercent plusieurs des gens
« du roy, qui se présentèrent à la descente comme pour le recueillir « et l'honorer : mais sur ce poinct ainsi comme il prenoit la main de « son affranchy Philippus pour se lever plus à son aise , Seplimuis « vint le premier par derrière qui luy passa son espée à travers le « corps, après lequel Salviuset Achillas desgaisnerent aussi leurs esu pées , et adonc Pompeius tira sa robe à deux mains au-devant de «sa face, sans dire ny faire aucune chose mdigne de luy, et endura « vertueusement les coups qu'ilz luy donnèrent, en soupirant un peu « seulement ; estant aagé de cinquante-neuf ans , et ayant achevé sa « vie le jour ensuivant celny desa nativité. Ceulx qui estoient dedans « les vaisseaux à la rade, quand ils aperceurent ce meurtre jetterent « une si grande clameur, que l'on l'enlendait'jusques à la coste, et « levant en diligence les anchres se mirent à la voile pour s'enfouir, à tt quoyleur servit le vent qui se levaincontinent frais aussi tost qu'ilz « eurent gaigné la haute mer de manière que les Egyptiens qui s'appa- « reilloient pour Yoguer après eulx, quand ils veirent cela, s'en dos- « portèrent, et ayant coupé la teste en jetterent le tronc du corps rt hors de la barque, exposé à qui eut envie de veoir un si misérable « spectacle.
« Philippus son affranchy demoura toujours auprès, jusques à ce a que les Egyptiens furent assouvis de le regarder, et puis l'ayant a lavé de l'eau de la mer, et enveloppé d'une sienne pauvie chemise, « pource qu'il n'avoit autre chose, il chercha au long de la grève, « où iltrouva quelque demouranl d'un vieil bateau de pescheur, dont '<■ les pièces estoient bien vieilles, mais suffisantes pour brusier un « pauvre corps nud, eLencore non tout entier. Ainsi comme il les « amassoit et assembloit , il survint un Romain homme d'aage, qui en (c ses jeunes ans avoitestéàla guerre sous Pompeius : si luy demanda, « Qui es-lu, mon amy, qui fais c'est apprest pour les funérailles du « grand Pompeius? » Philippus lui respondit qu'il esloit un sien af- « franchy. «< Ha! dit le Romain, tu n'auras pas toJt seul cest hon- « neur, et te prie, veuille-moy recevoir pour compagnon en une si « saincte et si dévote rencontre, afin que je n'aie point occasion de <i me plaindre en tout et partout de m'estre habitué en pays estran- « ger, ayant , en recompense de plusieurs maulx que j'y ay endurez , « rencontré au moins cette bonne adventure de pouvoir toucher avec « mes mains, et aider à ensepvelir le plus grand capitaine des Ro- « mains. " Voilà comment Pompeius fut ensepulturé. Le lendemain « Lucius Lenlulus ne sachant rien de ce qui estoit passé, ains venant « de Cypre , alloit cinglant au long du rivage , et aperceul un feu de
« funérailles , et Philippus auprès-, lequel il ne recogneut pas du pre- « mier coup : si luy demanda, « Qui est celuy qui, ayant ici achevé « le cours de sa destinée , repose en ce lieu? » Mais soubdain , jettant « un grand soupir, il ajouta : Hélas! à l'adventure est-ce toi , grand « Pompeius? » Puis descendit en terre, là où tantost après il fut pris « et tué. Telle fut la fin du grand Pompeius.
« Il ne passa guère âe temps après que Cœsar n'arrivast en Egypte « ainsi troublée et estonnée , là où luy fut la teste de Pompeius pre- « sentée ; mais il tourna la face arrière pour ne la point veoir, et ayant « en horreur celui qui la luy presentoit comme un meurtrier excom- « munie, se prit à plorer : bien prit-il l'anneau duquel il cachetoit ses « lettres, qui luy fut aussi présenté , et où il y avoit engravé en la « pierre un lion tenant une espée ; mais il feit mourir Achillas et Po- « thinus : et leur roy mesme Ptolomapus ayant esté dèsfait dans une « bataille ?.u long de la rivière de >'il, disparut, de manière qu'on « ne sceut oncquespuis ce qu'il estoit devenu. Quant au rhestoricien « Theodotus, il escbappa la punition de Cœsar : car il s'enfouit de K bonne-heure, et s'en alla errant çà et là par le pays d'Egypte , este tant misérable et bai de tout le monde. Mais depuis , Marcus Bru- « tus , après, avoir occis Caesar, se trouvant le plus fort en Asie , le «< rencontra par cas d'adventure , et après lui avoir feit endurer tous « les tourments dont il se peut adviser, le feit finablement mourir. « Les cendres du corps de Pompeius furent depuis rapportées à sa « femme Cornelia , laquelle les posa en une sienne terre qu'il avait « près la ville de Alba. »
Note 12, page 159.
Fragment d'une Lettre de J. B. d'Jnsse de Filloison , membre de V Institut de France, au professeur Millin, sur l'inscription grecque de la prétendue colonne de Pompée.
Le professeur Jaubert vient de rapporter d'Alexandrie une copie
de l'inscription fruste qui porte faussement le nom de Pompée. Cette
copie est parfaitement conforme à une autre que j'avais déjà reçue.
La Toici avec mes notes et avec ma traduction :
1 TO...QTATONAYTOKPATOPA
2 TOXnOAIOrXONAAEÏANAPEIAC