‹ Itinéraire de Paris à JérusalemChapitre 62 sur 63 · DE POMPÉI ET D'HERCULANIBI · texte numérisé non relu

DE POMPÉI ET D'HERCULANIBI

« Herculanum et Pompéi sont des objets si importants pour l'histoire de l'antiquité, que pour bien les étudier il faut y vivre , y demeurer.

" Pour suivre une fouille très-curieuse, je me suis étabU dans la

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maison de Diomède ; elle est à la porte de la ville , près de la voie des Tombeaux , et si commode, que je l'ai préférée aux palais qui çont près du forum. Je demeure à côté de la maison de Salluste.

« On a beaucoup écrit sur Pompéi, et l'on s'est souvent égaré. Par exemple, un savant, nommé Matorelli, fut employé pendant deux années à faire un mémoire énorme pour prouver que les anciens n'avaient pas connu le verre de vitre; et quinze jours après la publication de son in-folio on découvrit ime maison où il y avait des vitres a toutes les fenêffes. Il est cependant juste de dire que les anciens n'aimaient pas beaucoup les croisées; le plus communément le jour venait par la porte : mais enfin , chez les patriciens , il y avait de trèsbelles glaces aux fenêtres, aus^i transparentes que notre verre de Bohême ; et les carreaux étaient joints avec des listels de bronze de bien meilleur goût que nos traverses en bois.

« Un voyageur de beaucoup d'esprit et de talent, qui a publié des lettres sur la Morée, et un grand nombre d'antres voyageurs, trouvent extraordinaire que les constructions modernes de l'Orient soient absolument semblablesà celles dePompéi. Avec un peu de réflexion, cette ressemblance paraîtrait toute natarelle. Tous les arts nous viennent de l'Orient ; c'est ce qu'on ne saurait trop répéter aux hommes qui ont le désir d'étudier et de s'éclairer.

« Les fouilles se continuent avec persévérance , et avec beaucoup d'ordre et de soin : on vient de découvrir un nouveau quartier et des thermes superbes. Dans une des salles,- j'ai particulièrement remarqué trois sièges en bronze , d'une forme tout à fait inconnue, et de' la plus belle conservation. Sur l'un d'eux était placé le squelette d'une femme oont les bras étaient couverts de bijoux, en outre des bracelets d'or dont la forme était déjà connue ; j'ai détaché un collier qui est vraiment d'un travail miraculeux. Je vous assure que nos bijoutiers les plus experts ne pourraient rien faire de plus précieux ni d'un meilleur goût.

« Il est difficile de peindre le charme que l'on éprouve à toucher ces objets sur les lieux mêmes où ils ont reposé tant de siècles, et avant que le prestige ne soit tout à fait détruit. Une des croisées était couverte de très-belles vitres, que l'on vient de faire remettre au musée de Naples.

'i Tous les bijoux ont été portés chez le roi. Sous peu de jours ils seront l'objet d'une exposition publique.

« Pompéi a passé vingt siècles dans les entrailles de la terre; les nations ont passé sur son sol ; ses monuments sont restés debout ,

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et tous ses ornements intacts. Un contemporain d'Auguste , s'il revenait, pourrait dire : « Salut, ô ma patrie I ma demeure est la seule o sur la terre qui ait conservé sa forme, et jusqu'aux moindres ob- « jets de mes afTections. Voici ma couche ; voici mes auteurs favoris. « Mes peintures sont encore aussi fraîches qu'au jour où un artiste « ingénieux en orna ma demeure. Parcourons la ville, allons au tliéâ- « tre : je reconnais la place où pour la première lois j'applaudis aux « belles scènes de Térenceet d'Euripide. »

<-- Rome n'est qu'un vaste musée; Pompéi est une antiquité vi' vante. »

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