‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 105 sur 360 · SAINT-GEORGES. — VILLEFR ANCHE · texte numérisé non relu

SAINT-GEORGES. — VILLEFR ANCHE

une grande affluence de fidèles dans les temps de sécheresse. Au sortir d'une tranchée, longue de plus d'un kil. et haute de 3 mèt., 86 cent., on découvre a g. une jolie vue, en traversant, sur un remblai, l'ancien lit de la Vauxonne. Le château de Boitray, entouré d'un beau parc, se trouve situé à peu près à égale distance de la route de terre et de la Saône (1 kil. environ). Au delà du bois Baron, on croise la route de terre, près à'Arnas, qu'on laisse à dr. Sur la rive g. de la Saône se montrent Fareins et Beauregard. On traverse le Nizerand, puis, au delà d'une moitié de Villefrancbe, le Morgon.

63e STATION- - VILLEFRANCHE.

9 kil. de Saint-Georges. — 478 kil. de Paris. — 34 kil. de Lyon.

On trouve à la station de Villefranche des Voitures de correspondance conduisant à Ars (10 kil. pour 50 cent., y compris le péage du pont. Ce petit village est le but d'un pèlerinage trèsfréquenté depuis la mort du vénérable curé Vianney (1859), dont la canonisation s'instruit à Rome. M. Bossan y a construit une belle église); — Cogny (12kil.), par Lacenas et Denicé (60 cent.);— Salles, parBlacé et Saint-Julien (15 kil. pour 75 cent.); — Tarare (33 kil. pour 1 fr. 10); — Theizé (14 kil. pour 70 cent.); — Vaux, par Saint-Étienne-Lamarenne (16 kil., pour 80 cent ).

Des omnibus mènent à tous les trains de la station dans la ville et vice versa, pour 15 c. avec 10 kilog. de bagages, et kO c. avec de 11 à 30 kil.

Villefranche (hôtel de Provence), actuellement chef-lieu d'arrondissement du département du Rhône, a été la capitale du Beaujolais. Dans le principe, il se bâtit un certain nombre de maisons près d'une tour où les seigneurs de Beaujeu faisaient percevoir les droits de péage et traille foraine du grand chemin de Bourgogne à Lyon. Ce village devint un bourg, puis une ville qui prit le nom de Villefranche, quand Guichard Ier, sire de Beaujeu, lui eut accordé, en 1151, des franchises confirmées et étendues par Guichard II et Humbert III. Parmi ces privilèges, nous citerons les suivants, t Le seigneur doit avoir crédit à Villefranche pour douze jours seulement.,.. Tout habitant de Villefranche a le droit de battre sa femme pourvu que la mort ne .

s'ensuive pas.... » Cette dernière immunité attira sans doute un grand nombre d'habitants dans la ville nouvelle, qui s'entoura de murs et qui, vers le milieu du xin8 s., possédait déjà, outre une église paroissiale, plusieurs établissements de bienfaisance. Les seigneurs de Beaujeu respectèrent toujours ses privilèges. Sous la domination des ducs de Bourbon, elle devint, de fait, la capitale du Beaujolais, et, quand le Beaujolais eut été réuni à la couronne, elle conserva son titre.

Vers la fin du xvir3 s. (1695), une Académie, qui a joui d'une certaine célébrité, se fonda à Villefranche. Le Régent s'en déclara le protecteur, et ce titre a été porté depuis par les chefs de la famille d'Orléans. Si l'on doit en croire certains écrivains, c'est d'elle que Voltaire aurait dit : C'est une honnête fille qui n'a iamais fait parler d'elle,

La population de Villefranche s'élève à 11 650 hab. C'est une ville industrielle et commerçante; elle fabrique des tissus de coton, des toiles estimées, des basins, des nankins, des toiles peintes, etc.; elle possède, en outre, des tanneries, des teintureries, des indienneries, des filatures; elle vend surtout des chanvres, des lins, du coton, de la draperie, de la mercerie et des bestiaux. Ses marchés du lundi sont très-fréquentés.

On remarque, dans la rue principale (la route de terre), outre l'hôtel de ville, ancienne maison de la Renaissance, plusieurs maisons de la même époque, n°« 142, 150 (les cours du café du Grand-Cerf et du n° 202 sont surtout curieuses et l'église Notre- Dame des Marais, érigée en collégiale le 25 février 1683 et classée récemment parmi les monuments historiques. Cette église a dû, d'après la légende, son origine à une statue de la Vierge qui, découverte par des bergers dans un marais et transportée dans l'église de Sainte-Madeleine, retourna dans son marais où on lui éleva une chapelle devenue depuis l'église actuelle. Commencée dans les dernières années du xive s., elle n'a été terminée qu'au xvi4 s. Sa façade se compose de trois parties qui ne datent pas de la môme époque. A dr. s'élève une tour carrée construite en 1518. Elle était alors surmontée d'une flèche très-haute, de forme octogone et couverte en ardoises. le feu y prit en 1566 par la négligence d'un plombier et la consuma entièrement. A l'aspect

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