VILLE FRANCHE
des flammes, le plombier, qui avait eu l'imprudence de laisser un réchaud allumé au haut de la tour pour aller prendre son repa3, se sauva à toutes jambes. On se mit à sa poursuite ; il fut rattrapé à Liergues, traîné devant l'église et brûlé vif sans autre forme de procès, aux acclamations de la populace. Pendant ce temps le clocher brûlait aussi et tombait sans endommager les maisons voisines. Cette flèche, peut-être un peu maigre, vient d'être reconstruite.
Les deux autres parties de la façade, le portail, la fenêtre et la rose qui le surmontent, et le singulier contre-fort sculpté qui
Bords de la Saône, près de Villefranche.
le soutient à g., sont de la fin du xve et du milieu du xvie siècle. D'importantes restaurations y ont été faites sous la direction de M. Desjardins. Sept statues nouvelles y ont été placées. Ses jolies portes de bois sculpté méritent d'attirer l'attention. Derrière la chapelle absidale, où l'on peut voir des sculptures plus qu'indécentes, s'élève une tour carrée du xive s.
L'intérieur de Notre-Dame des Marais se compose d'une nef et de bas côtés flanqués de chapelles. La nef n'a pas, malheureusement, une largeur proportionnée à sa hauteur. Des débris d'anciens vitraux décorent quelques fenêtres.
La rue Nationale, qui s'ouvre près de l'église, conduit à la place de la Sous- Préfecture, qui est ornée d'arbres et d'une fontaine, et dont V Hôtel-Dieu, construit en 1666, forme l'un des côtés.
Dans la partie haute de Villefranche, du côté du chemin de fer, s'ouvre à droite une vaste place plantée d'arbres et ornée d'une fontaine. De la terrasse qui termine cette promenade, on découvre un paysage animé, terminé par les montagnes du Beaujolais. En face de soi, on a le château de Belle- Roche, qui appartient à M. de Belle-Roche; sur la droite s'élève le séminaire qui a été construit en 1853 par les jésuites et qui compte 250 élèves. De nombreuses maisons de campagne entourées d'arbres s'étagent sur les deux versants de la vallée du Morgon.
Le premier couvent de Gordeliers établi en France fut fondé à Villefranche par Guichard III, à son retour d'une ambassade à Gonstantinople.
V École normale primaire du département du Rhône a été établie à Villefranche. Cette école, dans laquelle l'État entretient deux bourses, le départ, du Rhône vingt-deux, a pour destination principale de former de bons instituteurs communaux et des secrétaires de mairie. Les cours d'études sont de trois ans. A cet établissement est annexée une école d'application qui reçoit 100 à 120 enfants auxquels les élèves-maîtres et un instituteur titulaire donnent l'enseignement primaire, conformément au programme universitaire.
Quand on s'éloigne de Villefranche par le chemin de fer, on commence à bien voir sur la gauche, le beau groupe du Mont-d'Or. Au delà d'une longue tranchée haute de près de 5 mèt., on longe sur la droite la route de terre qui avait donné lieu à ce proverbe bien connu, mais certainement exagéré :
De Villefranche à Anse
La plus belle lieue de France.
On aperçoit à dr. Limas et Pommiers, dont les carrières ont fourni pendant douze siècles des pierres à la ville de Lyon, et, sur la rive g. de la Saône, Saint-Bernard, qu'un pont relie à la rive dr., puis on entre dans une tranchée, haute de 5 mèt. 65 c.