LYON. — PLAGES. — RUES
décorée, en 1852, d'une statue équestre de Napoléon III, par M. de Niewerkerke, élevée avec les produits d'une souscription et d'une loterie.
La place Impériale a été ouverte, en 1856, dans la rue de ce nom, à l'endroit où cette rue fait un coude; une assez jolie fontaine, en pierre de Crussol, la décore. Le passage de l'Argue et la galerie de l'Hôtel-Dieu viennent y aboutir.
La place Saint- Jean est la place qui se trouve devant la cathédrale (F. page 331); le marché aux fruits y a été établi Au milieu s'élève un charmant monument en marbre blanc servant de fontaine, et exécuté sur les dessins de M. Dardel, dans le style de la Renaissance. Sous la coupole, 'supportée par quatre pilastres, est un groupe en bronze coulé, par le sculpteur Sayé, d'après le modèle de M. Bonnassieux, de Lyon. Ce groupe représente Jésus baptisé par saint Jean.
Le 15 août 1858, la statue du maréchal Suchet, par M. Dumont, a été érigée au milieu de la place Tholozan, près de laquelle se trouve la maison où le futur duc d'Albuféra passa dans l'obscurité d'un comptoir les premières années de sa jeunesse. Cette statue a été coulée en bronze, dans les ateliers de MM. Eck et Durand.
Les autres places de Lyon ne se distinguent ni par leur étendue, ni par leurs souvenirs, ni par des monuments. Mais nous devons encore mentionner ici un monument élevé aux Brotteaux (près de la place Saint-Pothin, à dr. du pont Morand) en souvenir des victimes de la Terreur, sur l'emplacement où 210 Lyonnais furent fusillés ou plutôt mitraillés après le siège de Lyon, par Collot-d'Herbois. Ce monument a la forme d'un tombeau. Une vaste barrière en fer lui sert d'enceinte. Des capucins, qui y sont à demeure, y célèbrent l'office divin.
Rues. — Passages.
Les plus belles rues de Lyon sont : — la rue Impériale , percée en 1855 et 1856. Cette rue réunit la place du Grand-Théâtre à la place Bellccour. Elle n'est pas tout à fait droite, elle fait un
1. Une belle percée a été faite en face du pont de Tilsitt, pour mettre le quai en communication avec la cathédrale.
coude près de l'Hôtel-Dieu, et la place, appelée place Impériale, la sépare en deux parties. Sa largeur est de 22 mèt. , sa longueur de 1200 mèt. La Banque et le palais du Commerce y ont été bâtis. Elle est bordée de beaux et riches magasins; — la rue Centrale, percée en 1847, mais trop étroite, reliant la place Saint-Nizier à la place de l'Impératrice ; ses deux prolongements sont la rue Gasparin, de la place de l'Impératrice à la place Bellecour et la rue Saint- Pierre , de la place Saint-Nizier à la place des Terreaux; — la rue de V Impératrice, allant du palais des Arts à la place Bellecour par la place de la Préfecture, — la rue Bourbon, de la place Bellecour à la gare du chemin de fer ; — - la rue de la Bourse, de la rue du Garet à la place des Cordeliers ; — les rues du Commerce et de VAnnonciade.
Les amateurs de vieilles maisons en trouveront encore un certain nombre dans les anciens quartiers de la noblesse et de la magistrature, c'est-à-dire le long de la rive droite de la Saône, au-dessous de Fourvières, entre Saint-Paul et Saint-Georges, surtout la rue de la Juiverie.
Un passage couvert a été construit en 1858 en face de l'hôtel de ville. Auparavant, Lyon n'avait que deux passages proprement dits, dont l'un, la galerie de l'Argue, conduit de la place de l'Impératrice ou plutôt de la rue Centrale à la rue Impériale. Cette galerie, ouverte en 1828, a plus de 150 mèt. de longueur, mais elle est beaucoup trop étroite. Elle est surtout fréquentée par les ouvriers. On y trouve plusieurs cafés et théâtres populaires. La galerie de VHôtel-Dieu, qui mène de la place Impériale au quai de l'Hôtel-Dieu, ebt plus large et plus belle, mais moins fréquentée que la galerie de l'Argue.
Le service des eaux.
Jusqu'à l'année 1856, la ville de Lyon, qui a si souvent et si cruellement souffeit des inondations de ses deux fleuves, a manqué d'eau. Le 15 août 1856, eut lieu l'inauguration du service général, concédé en 1853 à la Compagnie générale des eaux de France, et organisé par M. Bonnet, ingénieur en chef de la voierie de Lyon, et M. Aristide Dumont, ingénieur des ponts et chaussées, auteur du projet. L'acte de concession avait été basé sur