‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 128 sur 360 · LYON. — PROMENADES. — EXCURSIONS · texte numérisé non relu

LYON. — PROMENADES. — EXCURSIONS

— On y a élevé une galerie d'histoire naturelle, et desserres destinées à recevoir les collections autrefois réparties entre le Jardin des Plantes et le Palais des Arts. — La digue du Grand -Camp est prolongée jusqu'à Jonage, point où l'escarpement des balmes viennoises, rejoignant le Rhône, oppose à ses emportements une berge de 15 à 20 met. d'élévation. Cette chaussée, longue de 14 à 15 kil., a rendu de vastes terrains à l'agriculture.

Le parc de la Tôte-d'Or s'embellit chaque année. Un joli pont de rocaille a été jeté, en 1862, sur la rivière qui sépare la grande lie du reste du parc. On peut faire des promenades en bateau sur le lac, et le chalet (restaurant, café) a des objets de consommation pour toutes les bourses.

Excursions.

Les étrangers peuvent faire, dans les environs de Lyon, un grand nombre d'excursions intéressantes. Nous leur indiquerons brièvement celles qui nous paraissent les plus dignes d'être recommandées. Déjà nous avons parlé de Fourvières (p. 299), des forts (p. 326), du chemin des Étroits (p. 316), de la jonction du Rhône et de la Saône (p. 318); nous n'y reviendrons pas ici.

L'île Barbe (omnibus, pont de la Feuillée, kO cent., station du chemin de fer) est à 5 kil. environ du pont de la Feuillée, d'où partent les omnibus. La route qui y conduit longe la rive g. de la Saône. Au delà du pont de Serin (F. p. 313) on passe au-dessous de la tour de la belle Allemande, ancienne dépendance de l'abbaye de l'Ile Barbe, et célèbre dans les vieilles chroniques du Lyonnais comme ayant appartenu à l'épouse de Cléberger, le bon Allemand (V. p. Zlk). Cette tour, qui dépendait d'une vaste propriété aujourd'hui morcelée, a donné lieu, du reste, à de nombreuses légendes. Les coteaux de la Saône sont couverts de villas, grandes et petites; quelques-unes attirent les regards par la beauté de leur position, l'élégance de leurs constructions et l'épaisseur de leurs ombrages. Un vaste établissement hydrothérapique y a été élevé dans une belle position.

L'Ile Barbe, placée au milieu de la Saône qu'elle partage en deux bras, a la forme d'un navire; sa longueur est de 560 mèt., sa largeur

de 125. Les titres plus anciens rappellent insula barbara. En 440, c'est le premier fait certain de son histoire, elle contenait déjà un monastère florissant, placé à son extrémité septentrionale, sous le vocable de saint André et des Apôtres. Vers la fin du vne s , ces religieux prirent la règle de saint Benoît. En 725, les Visigoths détruisirent leur couvent, qui, rebâti sous Charlemagne, doté par ce puissant empereur, et consacré à saint Martin de Tours, devint, aux xi* et xii* s., une des plus riches et des plus puissantes abbayes du royaume de France. Plus tard, la discipline s'y relâcha à tel point que le pape Paul III se vit obligé de remplacer les Bénédictins par des chanoines. En 1562, les Huguenots envahirent l'Ile, pillèrent le couvent et incendièrent ensuite l'église, bâtie en 985, et la chapelle de Notre-Dame de Grâce, élevée en 1070 sur le bord oriental. Ces deux églises furent restaurées à la fin du xvf s. et dans les premières années du xvir». Après la réunion de l'Ile Barbe au Chapitre de Saint-Jean, le cardinal de Tencin y transporta, dans la maison abbatiale, le séminaire de Saint-Pothin, où l'on recevait les prêtres âgés et des pensionnaires. Quand ce séminaire eut été supprimé, les comtes de Saint-Jean morcelèrent cette propriété, qu'ils louèrent à divers particuliers. Enfin, en 1793, l'Ile Barbe, divisée en 23 lots, estimée 26226 livres, fut adjugée sur enchère au citoyen Perrussel, au prix de 166 000 livres; et la plupart de ses anciennes constructions tombèrent sous le marteau des démolisseurs.

« Si l'on s'avance vers la pointe de l'île, en amont sur la rive droite, on trouve dans une muraille, dit M. Mérimée, un bas-relief qui paraît avoir occupé l'intérieur d'un tympan.... 11 représente trois personnages debout, revêtus de longues draperies, la tête entourée d'un nimbe, les pieds appuyés sur des animaux que je crois des lions. Sur l'archivolte est une inscription en lettres onciales presque indéchiffrable. La grossièreté du travail, la forme des lettres et l'exécution des draperies pourraient faire présumer que cette sculpture remonte au delà du xi* s. ; mais la mauvaise conservation de ce monument, qui parait avoir été changé de place, et dont l'origine est tout à fait inconnue, ne permet que des conjectures assez vagues. On voit à côté une inscription romaine tumulaire, encastrée dans la même muraille.

« Plus loin, dans un jardin, sont les ruines d'une église romane qui parait avoir été réparée dans la période gothique. La portion de ces ruines qui est romane offre elle-même des fragments qui m'ont paru plus anciens qu'elle : ce sont des médaillons d'un médiocre diamètre, tels que ceux qui, d'ordinaire, accompagnent les zodiaques. Le travail en est extrêmement grossier.

« A la pointe de l'Ile, en amont de la Saône, s'élève le château, construit sur des rochers. On y montre un pavillon dans lequel Charlemagne, me dit-on, s'asseyait pour voir défiler son armée sur la rive

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