LYON. — INDUSTRIE
L'industrie des soieries occupait à Lyon, depuis 1650 jusqu'à 1680, de 9000 à 12000 métiers; après la révocation de l'édit de Nantes jusque vers Tan 1760, ce nombre était réduit à 3000 ou 4000 environ; de 1789 à 1780, il se relevait à 18 000, pour retomber à 3000 ou 4000 en 1794; de 1804 à 1812, il remontait à 12 000, et, en 1816, à 20000; en 1827, il atteignait 27 000; en 1837 il était de 40 000, et à l'époque de la révolution de Février, 50 000 métiers fonctionnaient à Lyon ; aujourd'hui le nombre des métiers s'élève en pleine prospérité, à 70000, chiffre donné par la chambre de commerce de Lyon. Ils sont dispersés dans l'agglomération lyonnaise, le département du Rhône et les départements voisins.
« Il est reconnu que chaque métier donne du travail à deux personnes, ce qui porte, par conséquent, à 140000 le nombre des ouvriers, hommes et femmes, attachés à l'industrie des soieries et y trouvant des moyens d'existence. » (Dictionnaire du commerce et de la navigation.)
La production des articles dans lesquels la soie domine est évaluée, par M. Arlès-Dufour, à 375 millions par an, dont 125 millions en main-d'œuvre et 250 millions en matières premières.
Le nombre des maisons de fabrique à Lyon est d'environ 300 ; comme quelques-unes ont plusieurs associés, on compte 450 à 500 noms de fabricants. Pour saisir le rapport de la fabrique de Lyon avec les autres fabriques de soieries françaises, il convient de savoir que les étoffes de soie pure et celles où la soie domine occupent en France environ 130 000 métiers, qui produisent une valeur d'à peu près 360 millions, dont 150 à 180 millions pour Lyon, comme nous venons de le constater ; l'exportation embrasse la moitié de la fabrication totale, tandis qu'elle absorbe plus des trois cinquièmes de la production lyonnaise, qui trouve ainsi à l'extérieur son marché le plus important.
Rue Saint-Polycarpe s'élève un bâtiment construit en 1089 par M. Gay et appelé la Condition des soies. Cet établissement, créé par un décret du 23 germinal an xiii, avait pour but de ramener à un degré uniforme d'humidité toutes les soies qui y étaient déposées. Le poids auquel la dessiccation les avait réduites faisait foi entre le vendeur et l'acheteur. Une ordonnance royale du
23 avril 1841 a complètement changé le procédé de conditionnement prescrit par le décret de fondation, et celui qui est actuellement suivi a pour base la dessiccation absolue de la soie.
Promenades.
Il y a quelques années, Lyon ne possédait pas — à part le Jardin des Plantes détruit en partie pour l'établissement du chemin de fer de la Croix-Rousse, et converti en square — de promenades proprement dites. Les allées de la place Bellecour, le cours Napoléon, les plantations des quais, le cours Rambaud. le cours d'Herbouville ne méritaient pas un pareil nom. Mais, en 1856, on a établi ou plutôt construit de petits jardins anglais audessus des rochers qui dominent la rive g. de la Saône entre le pont de Serin et la passerelle Saint- Vincent. De ces jardins, qui forment l'un des côtés du nouveau cours Rouville ou des Chartreux, au-dessous de l'église et du couvent de ce nom, on découvre de beaux points de vue.
Enfin, Lyon a depuis 18S7, son bois de Boulogne,, le parc de la Tête-d'Or, situé, à 1700 mèt. seulement de la place des Terreaux, sur la rive g. du Rhône, à l'extrémité du quai d'Albret, l'un des plus beaux quais de Lyon qui sert d'avenue au parc.
Le parc de la Tête-d'Or couvre une superficie d'environ 114 hectares, acquise des hospices de Lyon à des conditions très-modérées. 11 est limité : à l'ouest, par le Rhône, au nord, par la chaussée qui prolonge le viaduc du chemin de fer de Genève, à l'est, par le bourg des Charpennes, au sud, par la ligne des fortifications qui enceignent le territoire des Brotteaux. 11 a été dessiné d'après un plan de M. Bûlher, architecte paysagiste de Paris, présenté par M. Bonnet, ingénieur en chef de la ville de Lyon, et approuvé, le 25 octobre 1856, par l'administration municipale. Il est divisé du sud au nord en deux parties à peu près égales. Toute la porlion du parc située à l'ouest de cette chaussée n'est autre chose que l'ancien domaine de la Tête-d'Or, dont l'excellent territoire se prête à toute espèce de culture. C'est dans cette moitié, garantie des envahissements du fleuve par une double ligne de chaussées, qu'ont été établis les parterres, les jardins botaniques, les collections d'arbustes exotiques du Jardin des Plantes.