VIENNE. — ÉDIFICES PUBLICS
l'abside primitive il ne subsiste que deux colonnes en marbre qui portaient l'arc triomphal ; le reste de l'abside et le clocher construit en avant de la façade primitive sont du xn" s. Les travaux de restauration, récemment entrepris à Saint-Pierre, on amené la découverte d'un grand nombre de tombeaux, et en particulier de celui qui, selon toutes les apparences, contenait, au x- s., les restes de saint Mamert. L'épitaphe du saint, dégagée du badigeon qui la couvrait, s'est retrouvée à la place où elle était du temps de Chorier, vers le milieu du xvne s. Mais le tombeau ayant été ouvert, on a constaté qu'il avait été violé. Il ne restait plus, en effet, du corps qu'il avait renfermé, que le petit nombre d'ossements que la main du ravisseur, en passant par un trou pratiqué tout exprès , n'avait pu atteindre et ramasser. « Ainsi, dit M. Alfred de Terrebasse, le corps de saint Mamert, possédé par la ville d'Orléans, n'a point été l'objet d'une de ces translations solennelles qui s'opèrent au grand jour : il a été dérobé avec effraction, nuitamment et à la hâte. » Le sarcophage de saint Léonien, évôque de Vienne au ve et au vr» s., offre aussi quelque intérêt. Saint-Pierre, depuis longtemps, n'est plus cons crée au culte; elle est destinée à servir de musée.
Saint-André le Bas, églive située sur la place du Jeu-de- Paume , appartient au style romano-byzantin , sauf la façade. Fondée par Ancemond, duc de Bourgogne, elle fut bâtie sur remplacement d'une autre église brûlée au xi« s. par les Sarrasins. C'était la chapelle des rois de Bourgogne. Une jolie tour romane, composée de quatre étages avec fenêtres cintrées, couronne ce remarquable édifice et lui sert de clocher. Au xvne s., elle était surmontée d'une flèche fort élevée. Saint-André a été grossièrement badigeonné ; pilastres et colonnes sont peints en imitation de marbre et les chapiteaux bariolés en couleur de bronze. Le cloître, qui offrait des détails charmants, mais qui est complètement défiguré, sert aujourd'hui de cour à une maison voisine.
Saint-André le Haut, qui date du siècle dernier, renferme de beaux tableaux, entre autres une Adoration des Mages, de l'école vénitienne. On remarque, dans son voisinage, une trèsbelle porte, du style de la Renaissance.
Saint-Martin a été rebâtie au xvie s, et restaurée en 18^5.
DE LYON A MARSEILLE
La chapelle de V hôpital Saint-Paul possède quelques tableaux qui paraissent appartenir, en partie, à l'école italienne.
Vhôtel de ville est un édifice moderne, construit dans le style néo-étrusque, et situé sur la place Neuve ; il se compose d'un corps principal et de deux ailes en fer à cheval. Au rez-de-chaussée, régnent des galeries voûtées, percées de 35 arcades. Une salle du premier étage est ornée de cinq vues de Vienne, par Schneider.
— Le palais de Justice a été bâti sur l'emplacement de l'ancien palais des Préteurs, et plus tard des rois de Bourgogne. — La nouvelle halle s'élève à l'extrémité du cours Romestang. Les caves peuvent contenir environ 4000 hectol. de vin. — Le collège a été bâti en 1605 par les Jésuites, dâns la partie la plus élevée de Vienne, vis-à-vis du couvent des Carmes et sur l'emplacement du palais Impérial. La façade en est régulière. Massillon y professa la théologie. Le tableau du maître autel de la chapelle, représentant V Adoration des Mages(èco\e vénitienne), mérite une mention.
— Le théâtre s'élève près de la place du Pilori. On y arrive par une arcade à plein cintre, débris précieux du forum romain.
Le pont de Gère, le premier qui se présente en remontant la Gère, date du xvie s. Le second pont, dit Pont Saint-Martin, formé d'une arche très-hardie en cintre surbaissé, date du xve s.
Sur les bords de la Gère, dans la rue Cuvière, on remarque une élégante maison romane; une maison gothique dans la rue de V Éperon; une maison de la Renaissance dans la rue des Orfèvres; deux jolies portes, l'uae derrière le collège et- l'autre à l'angle de la rue des Sarrasins; plusieurs sculptures antiques dans la rue de la Cocarde, un pan de mur du xr3 s., ayant appartenu à l'église Saint-Sévère, et plusieurs maisons anciennes dans les rues des Clercs, du Port-Plantier, etc.
Promenades et excursions.
Le cours Romestang, la place du Quartier et le champ de Mars, situé au sud de la ville, sont les seules promenades de Vienne. Mais les environs de la ville offrent des sites charmants et pittoresques. Des montagnes qui la dominent, on découvre de beaux paysages sur la vallée du Rhône, la vallée de la Gère et les montagnes du Forez. Au sommet du mont Salomont, se dressent les
VIENNE. — PROMENADES. ly
restes du château de la Bâtie, élevé, en 1250, par Jean de Bournin, archevêque de Vienne, sur les ruines d'une ancienne tour romaine, et démoli sous Louis Xllf, en 1633. Sur le mont Sainte- Blandine, se voient encore les ruines du château de Pipet, si célèbre dans le moyen âge. — Une statue colossale de la Vierge a été érigée, en 1860, sur le mont Pipet.
Le boulevard de la Pyramide, récemment ouvert, deviendra une agréable promenade.
On peut visiter aussi les nues de fa Gère, bordées d'usines ou de fabriques, les mines de plomb de Gère, dont l'une traverse entièrement la montagne de Pont-l'Évôque , et enfin le bourg de Sainte-Colombe, sur la rive droite du Rhône. Ce bourg, qui doit son nom à un monastère de Bénédictins, fondé vers le vme s., dépendait déjà de Vienne sous les Romains; il communique aujourd'hui avec la ville par un joli pont suspendu qui date de 1829.
On a retrouvé près de Sainte-Colombe de nombreux débris de sa splendeur sous les Romains, entre autres un grand Médaillon représentant une lutte de l'Amour avec le dieu Pan, et déposé au musée de Lyon, une statue de Latone, et une statue d'Hygie, deux chefs-d'œuvre qui ornent un musée particulier (Mme Michoud ).
Outre son couvent de Bénédictins, entièrement détruit, Sainte- Colombe en possédait un autre de Cordeliers, où Philippe le Bel vint s'établir avec toute sa cour, pendant la durée du concile de Vienne, qui abolit, en 1312, l'ordre des Templiers. L'église des Cordeliers, aujourd'hui l'église paroissiale, subsiste encore.
A quelques pas de Sainte-Colombe, sur la route de Givors, on voit encore les restes du Palais du Miroir, ainsi nommé de ce que les murs recouverts de plaques de marbre éblouissaient les yeux ; soufc ces ruines, se trouvent de belles caves, et, à côté, les restes des thermes ou bains. C'est là, à ce que Ton suppose, que Valentinien fut étranglé, en 392, par Arbogaste.