‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 165 sur 360 · STATION. - MONTÉLIMAR · texte numérisé non relu

STATION. - MONTÉLIMAR

11 kil. de la Coucourde. — 662 kil. de Paris. — 202 kil. de Marseille.

Voitures de correspondance pour : — (39 kil.) Aubenas, 5 fr. 30 c, 3 fr. 95 c, 3 fr. 50 c; — Buis d'Aps, Châteauneuf de Masenc, 1 fr. 30 c. et 1 fr. ; — (28 kil.) Dieu-le-Ftt, 2 fr. 25 c. et 2 fr.; — Labatie-Roland, 1 fr. et 75 c. ; — (16 kil.) la Bégude, 2 fr. et 1 fr. 50 c; — (4 kil^ le Teil, 65 c, 45 c. et 40 c; — Saint-Jean-le-Centenier, Villedieu, k fr. 10 c, 3fr. 05 c, et 2 fr., 70 c. ; — (24 kil.) Villeneuve de Berg, 3 fr. 10 c, 2 fr. 35 c. et 2 fr. 10 c.

Montélimar (hôt.rde la Poste, du Palais -Royal, des Princes, du Lion-d'Or; — libraire : Chabert), V. de 12 044 hab., ch.-l, d'ar-

MONTÉLÎMAR.

rond, du départ, de la Drôme, est pittoresquement situé, à 83 mèt. d'alt., au pied d'une colline, au confluent du Roubion et du Jabron.

Cette ville, assez bien bâtie, est percée de quatre portes, dont l'une, celle du N., se fait remarquer par son architecture élégante et simple. Au delà de la porte du S., où ont été trouvés plusieurs fragments antiques, on traverse le Roubion et le Jabron sur un très-beau pont en pierre. A 1*0. de la ville, du côté de la station, est situé le Champ de Mars, ombragé d'ormes; entre

Montélimar.

cette promenade, la plus fréquentée de la ville, et la station, s'étend un magnifique jardin public, planté d'arbres fruitiers et de rosiers.

Montélimar, ville trôs-ancienne, est VAcusium des Romains, nom qu'elle devait, sans doute, à la montagne en forme de pyramide qui la domine au nord-est. Une des portes s'appelle encore Porte d'Aigu. C'était alors une simple mansio, entre Novem Cravis (le Logis de Berre) et Batiana (Bance, près de Mirmande).

Plus tard, Montélimar prit le nom de Montilium; elle relevait de l'église de Valence, lorsque, à la suite des conquêtes carlovingicnnes, une famille puissante, appelée Aymar ou Adhémar. s'en empara et lu donna son nom. D'où Montilium Aymari {Montélimar),

50 DE LYON A MARSEILLE

La souveraineté des Adhémar s'étendait sur le pays de la Valdaine, comprenant les deux vallées du Roubion et du Jabron ; aussi Montélimar était-elle une des quatre grandes seigneuries du Dauphiné. Au commencement du xi" siècle, Girald Aymar lui octroya plusieurs franchises et privilèges que ses successeurs confirmèrent et firent graver, en 1198, sur une table de marbre qui se voit encore à l'hôtel de ville, à droite, en entrant.

Des Adhémar, la cité féodale passa successivement aux comtes de Valentinois et aux dauphins de Viennois. Louis XI la réunit à la couronne. En 1662, elle fut prise tour à tour par les protestants et les catholiques. Assiégée par Coligny, elle lui résista. Dans ce siège mémorable, Montélimar eut, comme Beauvais, sa Jeanne Hachette. Au plus fort de l'action, une femme, Margot Délaye, parut sur les remparts entr'ouverts , repoussa les assiégeants, tua un de leurs chefs et ramena les habitants vainqueurs, après avoir perdu un bras dans la bataille. On lui érigea une statue qui se voyait encore sur les remparts avant 1830. Prise d'assaut par Lesdiguières en 1585, Montélimar fut reprise et de nouveau perdue par le comte de Suze en 1587, après un combat des plus sanglants. Les protestants restèrent maîtres d'une ville à moitié détruite et dépeuplée.

Montélimar, quia réparé tous ses désastres, a vu naître Daniel Charnier, pasteur protestant, l'un des rédacteurs de Fêdit de Nantes, le conventionnel Sautayra, Faujas de Saint-Fond et M. de Genoude.

« Montélimar, dit M. Delacroix, est le point où passe la ligne qui sépare la langue qu'on peut appeler provençale de celle qui appartient plus particulièrement au Dauphiné.... »

Montélimar possède peu de monuments remarquables. Son église paroissiale, dite de Sainte-Croix, n'a pas de style ; mais la tour carrée qui lui sert de clocher est assez élégante. Il ne reste plus rien des anciens remparts, ni du monastère de Notre-Dame a" Aigu; l'église et le cloître des Bêcollets font aujourd'hui partie du collège. Les touristes n'ont guère à visiter que la citadelle (c'est e nom qu'on donne au château), un des monuments militaires les plus anciens et les plus intéressants du midi de la France. Au nord s'élève une tour carrée, appelée Tour de Narbonne, construction romane dont on ne peut préciser l'origine ni raconter l'histoire. De belles fenêtres cintrées éclairent l'étage supérieur, et les colonnes qui supportent les archivoltes sont ornées • de cannelures et de rinceaux. De ce château, qui sert aujourd'hui de prison, la vue s'étend fort loin : au N.,la montagne escarpée

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