SAINT-PAUL-TROIS-CHÂTEAUX
moindre. * D'après une hypothèse de l'abbé Barthélémy, cette agate représenterait la Pudeur abandonnant la terre pour se retirer au ciel avec sa compagne Astrée.
Saint-Paul eut beaucoup à souffrir des invasions des Barbares et puis des Sarrasins, de la guerre des Albigeois, et enfin, des luttes de la réforme.
Le seul monument remarquable de la ville est l'ancienne cathédrale, basilique romane duxue s., dont quelques parties, antérieures à cette époque, remonteraient, d'après l'abbé Jouve, jusqu'à l'époque carlovingienne. Cet édifice, classé parmi les monuments historiques, a la forme d'une croix latine. « L'abside principale est décorée de huit colonnes cannelées et rudentées, avec chapiteaux dans le style corinthien; il existe de plus, dans chacun des bras de la croisée, une autre abside demi-circulaire, orientée comme celle du chœur. L'intérieur de la grande nef, dont la hauteur est considérable eu égard à son peu de largeur, est décoré par deux ordres, dont les entablements, d'un profil simple et sévère, sont exécutés avec la plus grande perfection. La façade extérieure, au couchant, se fait remarquer par l'exécution du portail. La tour du clocher est de plusieurs époques. On voit encore l'ancien fronton à consoles, et, jusqu'à la hauteur de l'église, les pilastres, chapiteaux et corniches portent le caractère de l'antiquité. » — A l'intérieur, sous le triforium aveugle des deuxième et troisième travées, règne une draperie sculptée semblable à celle que l'on trouve dans quelques autres cathédrales d'une époque postérieure, notamment dans la cathédrale de Metz. L'église, restaurée, il y a quelques années, par M. Questel, architecte du gouvernement, renferme aussi des peintures curieuses.
Saint-Paul est la patrie de Raymond des Agyles, historien de la 1" croisade.
Du haut de la montagne de Sainte-Juste, qui domine Saint- Paul au S., et qui porte un ancien ermitage, on découvre une assez belle vue. A l'O. du plateau, il existe une carrière de pierres de taille, déjà connue du temps des Romains. Elle appartient aujourd'hui à M. le baron du Bord, qui occupe environ 300 ouvriers à extraire annuellement plus de 20 000 mèt. cubes d'une pierre
DE LYON A MARSEILLE
tendre, du grain le plus fin et résistant parfaitement à la gelée. L'exploitation actuelle s'étend sur une longueur de 400 à 500 met. et sur 11 mèt. de hauteur; le banc a env. 22 mèt. d'épaisseur sur une superficie équivalant à un carré de 2000 mèt. de côté.
DE PIERRELATTE A AVIGNON.
Au-dessous de Pierrelatte, on longe, à dr., le canal de Donzère et le ruisseau de Réalet. A g., sur la hauteur, est situé Saint- Restitut (1012 hab.), dont la jolie église romane, construite vers le xtie s. et nouvellement restaurée, a été, comme la chapelle voisine, classée parmi les monuments historiques. Divisée en trois travées et un hémicycle formant abside, elle présente dans son œuvre une longueur totale de 22 mèt. 40 cent., une largeur de 9 mèt. 10 cent., et du sol au sommet de la voûte, une hauteur de 12 mèt. 50 cent. La seule entrée — au midi de la première gravée — est précédée d'un porche remarquable, construit, selon toute apparence, avec les débris de quelque monument romain.
A l'église de Saint-Restitut est reliée une chapelle funéraire monumentale, fort ancienne et fort remarquable, c C'est, suivant M. de Caumont, un édifice carré comme une grosse tour, dont la partie inférieure, voûtée, renfermait : 1° le tombeau de saint Re^titut, monument refait, à ce qu'il parait, à une époque peu ancienne et qui ne contient plus les restes de l'apôtre des Tricastins, brûlés au xvie s.; 2° une chapelle à l'étage supérieur, couverte par une voûte un peu ovale. » Cette chapelle présente, à l'intérieur, un carré parfait de 5 mèt. 85 cent, de côté, avec les caractères saillants de l'architecture carlovingienne, tels qu'on les rencontre encore dans plusieurs églises des bords du Rhin. A l'extérieur, sur les quatre faces, règne une grande frise sculptée, représentant, entre autres scènes variées, le Jugement dernier, d'après l'Apocalypse; mais, dit M. de Caumont, « toutes ces figures sont d'une extrême barbarie. »
Au sortir du bois des Mattes% jadis infesté de bandits et en grande partie détruit, on quitte le département de la Drôme pour entrer dans la vallée de Vaucluse, qui s'étend jusqu'aux Alpes.