‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 18 sur 360 · SAINT-MAMMÈS. — MONTEREAU · texte numérisé non relu

SAINT-MAMMÈS. — MONTEREAU

à la ville, et de la ville à la gare, pour 20 c. aux bureaux et aux hôtels, 40 c. à domicile (30 et 50 c. de minuit à 5 h. du matin), avec 30 kilog. de bagages.

Montereau-Fault-Yonne (hôt. du Grand-Monarque), V. de 6217 hab., ch.-l. de c, est située sur la rive g. de la Seine, à l'endroit où l'Yonne se jette (fault) dans ce fleuve. De nombreuses routes viennent y aboutir, et le chemin de fer de Troyes s'y embranche sur celui de Lyon. Elle a su profiter habilement de tous les avantages de sa position; elle fait un commerce considérable de

grains, de vins, de bestiaux, de bois, de charbons; elle possède, en outre, des fabriques de porcelaine opaque, de faïence brune carmélite et façon anglaise, de pipes, des tanneries, etc.

Sous la domination romaine , Montereau s'appelait Condate. Elle doit son nom actuel à un monastère dédié à saint Martin et fondé dans les premiers siècles de l'ère chrétienne; au xe s., elle faisait partie du comté de Sens; et, vers 1026, Raimond, comte de Joigny, y construisit un château fort, à la jonction de l'Yonne et de la Seine, pour prélever un péage sur les deux rivières. Une ville se forma peu à peu autour de ce châ-

teau, dont Charles le Mauvais s'empara sous le roi Jean, et que reprit le dauphin, depuis Charles V.

En 1419, le pont de l'Yonne, à Montereau, fut le théâtre d'un crime royal qui eut pour la France les plus déplorables conséquences, l'assassinat de Jean sans Peur.

Le duc de Bourgogne, n'ayant pas voulu céder aux prétentions exagérées du roi d'Angleterre Henri V, s'était rapproché du dauphin. Une première entrevue avait eu lieu à Pouilly-le-Fort, sur le pont, à une lieue de Melun. Ils s'étaient mutuellement promis la paix, Rengageant à chasser le roi Henri d'Angleterre hors de France. Mais les intrigants qui exploitaient la faiblesse du dauphin, et dont la guerre civile avait fait la fortune, voyaient avec angoisse la fin imminente de leur grandeur. Ils se fiaient peu d'ailleurs au pardon du duc de Bourgogne, et savaient que Jean sans Peur n'oubliait guère. Ils résolurent de l'assassiner. Leur complot tramé, ils l'invitèrent de la part de leur maître à une seconde entrevue, afin de délibérer ensemble « des grandes affaires touchant la séparation des royaumes. » Le lieu du rendez-vous proposé était Montereau, où se trouvait déjà le dauphin avec un nombreux corps d'armée amené des provinces du Midi. Jean sans Peur, qui était à Troyes, refusa d'abord, puis il céda aux instances de Mme de Giac, sa maîtresse qui le trahissait. Cependant, arrivé à Bray, il hésitait encore. L'évêque «le Valence, envoyé à sa rencontre, le détermina, sans se douter du rôle qu'on lui faisait jouer. On convint que le duc aurait le château de Montereau pour logis, que le dauphin aurait la ville, et que la conférence se tiendrait sur le pont de l'Yonne, qui joint la ville au château. « Sur le pont durent être faites barrières, et au milieu une manière de parc (ou de loge) bien fermé, où il y aurait une entrée du côté du château et une autre du côté de la ville, à chacune desquelles entrées était un huis (porte) qui se fermerait et garderait par les gens de chacun des deux princes. » Le dauphin et le duc Jean devaient entrer dans la loge chacun avec dix compagnons. Contre l'usage accoutumé en ce temps de défiance et de trahisons, les Dauphinois, qui construisirent la loge, n'établirent point de barrières entre les deux partis dans l'intérieur.

Les avertissements ne manquèrent pas au duc de Bourgogne; il n'en tint aucun compte. Seulement, il envoya à la découverte le sire de Giaccelui-ci, qui trahissait son maître, revint en disant qu'il n'avait rien trouvé d'alarmant.

« Le 10 septembre 1419, vers trois heures de l'après-midi, dit M. Henri Martin, le duc descendit au château de Montereau, et, laissant ses gens d'armes à la porte qui regardait la ville, il s'avança, suivi de neuf seigneurs et d'un secrétaire, sur le pont où l'attendait le dauphin. Le duc et ses compagnons, suivant les conventions arrêtées, ne portaient que la cotte et Tépée. Jean sans Peur eu fit l'observation à Tannegui Duchâtel

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