PONT-SAINT-ESPRIT
puis par les protestants en 1566, cette ville résista, en 1567, au comte de Suze, et à Lesdiguières en 1578. — Henri IV fit commencer en 1595, la première partie de la citadelle (nord, pavillons 14 et 25). Le reste fut construit sous Louis XIII, de 1625 à 1627. — Après la révocation de l'édit de Nantes, pendant la guerre des camisards (1704), le maréchal de Montrevel fit élever sur la rive g. un petit fort en terre qui porte encore son nom.
Depuis sa construction, le pont du Saint-Esprit a subi diverses réparations. Bâti en pierres de taille, sur l'un des endroits les plus rapides du Rhône et formant un angle obtus, il passe pour un chef-d'œuvre d'élégance et de solidité ; il est composé de 19 grandes arches et de trois petites. Les grandes varient de 25 à 35 mèt. d'ouverture ; les petites n'ont pas 8 mèt. Il est long de près de 800 mèt. Chaque pile est armée de deux avant-becs ou éperons. La clef des arcs externes nord et sud de chaque arche, porte pour ornement la célèbre Croix du Languedoc ou de Toulouse.
Il y avait autrefois sur la pile, entre la première et la deuxième arche, une tour carrée qui occupait toute la largeur du pont, et, sur l'avant-bec de la pile, après la treizième arche, une chapelle élevée à saint Nicolas, patron des mariniers. Au-dessus de la pile qui suit la dix-neuvième arche, se voyait une fort belle porte en forme de tour, flanquée de deux petites tours jumelles et ornée de deux bas-reliefs représentant le Rhône. Ces constructions ont été détruites au commencement de ce siècle lorsque l'on a pratiqué l'encorbellement des piles, nécessaire pour l'élargissement de ce pont où deux voitures ne pouvaient se croiser, et, ensuite, quand on a supprimé les deux premières arches pour les remplacer par une seule arche en fonte, mutilation coûteuse et regrettable mais que la nécessité justifia. Le peu de largeur des arches et la violence du courant rendaient ce passage périlleux pour les navigateurs.
Après le pont, on doit visiter : la citadelle et sa jolie chapelle de Notre-Dame du Plan; les jardins de Yhôpital et son église, où se voit encore, sur l'autel, la Vierge de l'ancien oratoire du Saint- Esprit, plus tard de Notre-Dame des Miracles; l'ancienne maison consulaire sur la place de Beaucaire (autrefois des Pas-Perdus), et deux anciennes maisons des Templiers, rue Saint- Jacques.
72 DE LYON A MARSEILLE
Sur le coteau qui domine la ville, au N., se trouve l'ermitage de Saint- Pancrace,