FAIS TON DEVOIR
La place Pie, qui doit son nom au pape Pie IV, est le principal marché de la ville. Elle a été beaucoup agrandie dernièrement par la démolition de plusieurs maisons et des anciennes halles. Vers l'un des angles se dresse une belle tour, récemment restaurée avec goût. Les bâtiments aux murs crénelés attenants à cette tour, du côté du couchant, sont les derniers vestiges d'une cora- • manderie de Saint-Jean de Jérusalem, occupée de nos jours par une salle d'asile et une école primaire.
Il ne reste plus trace des deux vieilles forteresses de Quiquengrogne et de Quiquenparle , ni du fort Saint-Martin , que la foudre fit sauter en 1650; mais on voit encore à Avignon plusieurs vieilles maisons avec des tourelles gothiques ou des façades de la Renaissance. On peut visiter l'hôtel Crillon, rue de la Masse, et l'ancienne maison du roi René, rue Hercule. Quelques coins de rues sont encore ornés de statuettes de la Vierge placées sous des dais gothiques.
DE LYON A MARSEILLE
Musées. — Collections.
G Le musée Calvet est situé rue Calade, dans l'élégant hôtel du marquis de Villeneuve, ambassadeur de France à Constantinople sous Louis XV.
Avignon ne fut pas compris dans les quinze villes où le décret du premier Consul organisait des musées; mais, en 1810, le docteur Calvet, savant médecin d'Avignon, légua à sa ville natale tous ses biens et toutes ses collections, augmentées depuis par des legs et des dons particuliers, ou par des acquisitions. Aujourd'hui, le musée d'Avignon, qui a pris le nom de son fondateur, est l'un des plus intéressants de France. Il renferme les collections suivantes dont nous signalerons à l'attention des visiteurs les principales richesses.
La bibliothèque, ouverte au public quatre jours par semaine, se compose d'environ 80 000 volumes et 2000 manuscrits. On y remarque, parmi les imprimés : un grand nombre d'incunables, une précieuse collection d'ouvrages relatifs à l'histoire ou à la littérature des provinces méridionales ; parmi les manuscrits : le Missel de l'antipape Clément VII, les Heures de saint Pierre de Luxembourg, le Psautier du maréchal de Boucicaut, et de nombreux documents (bulles, chartes, etc.), concernant l'histoire.
Le médaillier, renfermant 22 000 pièces de toutes les époques, est surtout riche en pièces anciennes de la Grèce et de Rome, et en monnaies de la Provence, du Dauphiné, d'Orange et du Comtat Venaissin. Une des pièces les plus curieuses de la collection des bulles de plomb et des sceaux-matrices est le sceau original du gouvernement de la Corse sous Paoli.
La collection épigraphique comprend : une inscription gauloise, 26 inscriptions grecques, dont quelques-unes découvertes dans le pays et les autres provenant du musée Nani de Venise, 168 inscriptions romaines ou gallo-romaines, 58 du moyen âge ou de la Renaissance, une inscription en caractères inconnus, etc.
La galerie de sculpture et d'architecture antiques possède, outre un grand nombre de statues, bustes, colonnes, etc.: quelques belles mosaïques, 46 marbres du musée Nani, les bustes en marbre de plusieurs empereur* romain*, un torse de. l'Apollon Sau-
roctone, du plus beau style, un guerrier gaulois et plusieurs bas-reliefs très-utiles pour l'étude de la mythologie des peuples anciens.
La galerie de sculpture et d'architecture du moyen âge, fort riche en débris de toute espèce provenant des palais et châteaux féodaux, des abbayes et des églises, renferme plusieurs tombeaux, parmi lesquels on remarque ceux du pape Urbain V, du cardinal de Brancas, du cardinal Lagrange, celui du maréchal de la Palisse, gracieux spécimen de la sculpture de la Renaissance, et un tombeau chrétien du iv° s.; de belles colonnes romanes des cloîtres de Notre-Dame des Doms d'Avignon et de Saint-Siffrein de Garpentras. La cheminée de la salle des gardes de l'hôtel Grillon attire aussi l'attention des visiteurs.
Les collections archéologiques tiennent le premier rang, par la quantité et la nature de leurs richesses, parmi les collections de tous les musées de province. On y distingue, au milieu d'une foule d'objets soigneusement classés, appartenant à l'antiquité égyptienne, grecque, étrusque, celtique ou romaine, au moyen âge ou à la Renaissance : une collection de bronzes (plus de 200 figures de divinités, d'hommes et d'animaux); une collection de vases grecs, donnés en partie, en 1847, par M. Théophile Clauseau; une collection de lampes (plus de 400 variétés), et surtout une collection de verres antiques, l'une des plus belles de l'Europe.
L'œil rapide du visiteur indifférent ou pressé ne sait où s'arrêter; mais les connaisseurs attentifs distinguent, entre autres objets précieux : un buste de Jupiter en calcédoine; une statuette du môme dieu en argent; un bel Apollon en bronze; un buste d'Hercule également en bronze; une curieuse charge de Tempereur Caracaila, représenté en marchand de petits pâtés; une enseigne militaire ; une ascia en fer trouvée à Saint-Didier, près de Venasque; deux urnes cinéraires en albâtre oriental; deux vases en argent ciselé, décorés de sujets mythologiques, trouvés par des pêcheurs dans le Rhône; une jatte et plusieurs vases en verre bleu d'une grande rareté ; un triptyque byzantin ; un ciboire ; deux pyxides émaillées; une crosse provenant de l'ancienne abbaye de Sénanquo et représentant le Couronnement de la Vierge; une croix processionnel ie en aigent, du commence-
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ment du xive s. ; les éperons et le couteau de saint Pierre de Luxembourg, etc.
Dans la galerie de sculpture moderne on admire : la Cassandre, de Pradier; la Moissonneuse endormie, de Véray; le Faune, de L. Brian; la Baigneuse, d'Espercieux ; V Art étrusque de Symian; une réduction du Moïse de Michel-Ange; une réduction du Milon de Crotone de Puget; plusieurs bustes en marbre ou en bronze, etc.
La galerie de tableaux possède des toiles de toutes les écoles, depuis le xiv° s. jusqu'à nos jours. Le catalogue contient l'indication de 391 tableaux; mais, depuis son impression (1856), le musée a acquis ou reçu 49 autres toiles, provenant presque toutes de la collection de M. Requien. Nous signalerons plus particulièrement :
5. Antigua. L'orage. — 11. Berghem. Paysage montagneux. — 16. Bidauld. La fontaine de Vaucluse. Chef-d'œuvre de mauvais goût. — 30. Bloemen. L'Abreuvoir. — 39. Bourdon {Sébastien). Baptême de Jésus-Christ par saint Jean.— 40. Le même. Bacchanales.— 48. Breughel (de Velours). Le Feu.— 73. Corot. Paysage— 80. Credi (Lorenzo di). La Vierge et l'enfant Jésus. — 85. Daubigny. Vue des Iles Vierges à Bezons. — 86. David. Mort de Joseph Barra. Charmante ébauche, un des plus remarquables ouvrages de David. — 95. Dughet. Paysage. — 101. Van Eeckhoudt. Calvaire. D'une belle couleur. — 182. Floris (Franz). Crésus, roi de Lydie, montre ses trésors à Solon. Les détails d'ameublement sont surtout remarquables. — 110. Géricault. Combat de Nazareth, d'après une esquisse de Gros. — 114. Granet. Réception de Jacques de Molay dans l'ordre du Temple, en 1265.— 116, 117. Grimou. Portraits. — 124. Hobbema. Paysage. — 125. Holbein. Portrait. — 131, 132. Faut Muet. Paysages. — 146. Largillière. Portrait de Marie de Mancini. — 152. Lebrun (Mme). Portrait de Mme Grassini. — 157. Lenatn (les frères). Portrait de la marquise de Forbin, abbesse d'un couvent de religieuses en Provence, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. — 176. Mignard. Deux enfants caressant un agneau. — 179. Le même. Portraits de Mme de Montespan et de ses fils. — 187. Monnoyer. Fleurs. — 227. Léopold Robert. Portrait d'un de ses amis. Son second essai en peinture, fait en 1813, faible, mais intéressant. — 239, 240. Ruysdaël. Paysages. — 264. Subleyras. Saint Benoit. — 270. Toi (Dominique Van) . Saint Antoine en méditation. — 282 et suivants. Vernet (Claude-Joseph). Marines. — 299 et 300. Vemet (Horace). Mazcppa. Deux originaux du môme tableau, qui a beaucoup vieilli. — 302. Vien. Le Centenier aux pieds de Jésus-
Christ. Jolie esquisse. — 310. Withoos. Intérieur d'une chambre basse.
— 385. Laurens (Jules). Vue des environs de Téhéran. — Devers. L'Astronomie. Tableau peint sur lave, d'après Lesueur.— A. Bigand. Portraits.
— Ach. Devéria. La fuite en Egypte. — E. Devéria. Portrait de M. Calvet.
— Géricault. Tête de femme. — Girodel. Buste d'un Turc. — Gleise. Le Tintoret s'apprêtant à peindre sa fille morte. — Annibal Carrache. Polyphême et Galathée. — G. Hoët. Armide s'apprêtant à suivre Renaud.
— Ekels. Vue d'une ville de Hollande. — /. André. La fontaine des chênes. — Le Poittevin. Rêve de Cendrillon. — Ph. de Champaigne. Portrait. — Van-der-Neer. Effet de lune. — Careno de Miranda. Portrait.
— Lanoue. Vue du rocher des Nasons.
On voit aussi, dans la galerie des tableaux, des retables du xive et du xve s., et une série de peintures sur bois, très-anciennes et fort intéressantes pour l'étude des costumes.
Dans le jardin du musée, on remarque le cippe élevé en 1823, par l'Anglais Kelsall, en mémoire de Laure.
La galerie de portraits des illustrations ou notabilités vauclusiennes contient de très-anciens portraits de Laure et de Pétrarque, ceux du brave Grillon, du duc de Mahon, du connétable de Luynes, de Louis de Perussis, du chevalier Folard, d'Althen, de Fléchier, de l'abbé Poulie, du bienheureux César de Bus, du cardinal Maury, des sculpteurs Bernus et Péru, des peintres Nicolas Mignard,Parrocel et Joseph Vernet, des savants J. M. Suarès, le P. Lorin, le P. Al. de Rhodes, dom Malachie d'Inguimbert, Galvet, Artaud et Requien, de M. Castil-Blaze, etc....
La collection de dessins et d'estampes possède de remarquables dessins de Boucher, Sébastien Bourdon, Cagliari ou Paul Véronèse, Gampanella, baron Camuccini, Antoine Chantron, Charlet, Constantin, David, Drolling, Achille- et Kugène Devéria, Lafage, J. B. et Jules Laurens^ Lutherburg, Mantegna, Van der Meulen, Nicolas Mignard , Nicolas Poussin , Pierre Prud'hon , Léopold Robert, Jules Romain, Mme Rosalba Viguier, Van Dyck, Verdussen, Carie et Horace Vernet. On distingue encore, dans la collection des dessins, les esquisses originales des ports de France, par Joseph Vernet; dans celle des estampes, diverses gravures de Marc-Antoine Raymond, de Balechou, de Raphaël Mengs, de Morghen, une belle épreuve de la gravure de l'hémicycle du palais des Beaux-Arts, exécutée par Henriquel Du-
pont ; enfin l'œuvre gravée de J. Vernet (268 estampes dont près de 40 avant la lettre).
Le musée Requien, succursale du musée Galvet (à Saint-Martial), possède une nombreuse bibliothèque d'histoire naturelle, une riche collection de zoologie, des collections de coquilles, des sujets des trois règnes, etc.; tous les produits géologiques, paléontologiques et minéralogiques des départements de Yaucluse et de la Corse, et l'un des herbiers les plus riches de France.
Le Jardin des Plantes, sur l'emplacement duquel a été récemment construite une caserne, est actuellement dans les terrains dépendant de Saint-Martial, à côté des collections d'histoire naturelle.
Commerce et industrie.
Avignon a une grande importance commerciale ; elle possède : un établissement de condition publique des soies, un entrepôt des douanes, un magasin général de dépôt des marchandises et deux docks pour les garances et cocons de soie, dont la fabrication constitue sa principale industrie. Le travail de la soie occupe 600 à 700 ouvriers pour la filature, autant pour Touvraison, et près de mille métiers. Elle produit annuellement dix millions de francs environ. Les florences d'Avignon ont une renommée européenne. La fabrication des garances et de tous les produits qui en dérivent donne lieu à un mouvement d'affaires de 25 à 30 millions et emploie 800 ouvriers environ. On trouve également, à Avignon, plusieurs fabriques d'indiennes et de mousselines, des teintureries et des tanneries, trois brasseries, des fabriques de pâtes, des fabriques de fruits confits, des ateliers de machines mécaniques, des fonderies et des corderies. Le mouvement général annuel des affaires de cette place importante est de 60 à 70 millions. Enfin, une succursale de la Banque de France a été fondée à Avignon en 1850.
Promenades.
Les principales promenades d'Avignon sont : les belles avenues d'arbres qui entourent ses remparts ; la promenade d'été, près de la porte de l'Ouïe; la promenade d'hiver, sur le. cours Saint-