MONTEREAU
qui venait de faire ses premières armes à côté de lui, et qui implora la grâce des vaincus (2*2 octobre 1427).
Pendant les guerres de religion, Montereau fut tour a tour occupée par les deux partis. Du 15 avril 1590, date de l'entrée d'Henri IV, jusqu'au 18 février 1814, elle jouit des bienfaits de la paix- mais ce jour-là elle devint une fois encore, un champ de bataille.
Un corps de troupes alliées, fort de 25 à 30 000 hommes, et commandé par le général Bianchi, avait passé la Seine à Montereau, et s'était avancé par la rive g. du fleuve jusqu'à Fontainebleau, en même temps que le gros de l'armée de Schwarzenberg descendait vers Paris, en suivant les routes de la rive dr. Quand Schwarzenberg, attaqué par Napoléon, se replia sur Troyes, le corps du général Bianchi dut revenir à Fossart, hameau situé à 3 kil. de Montereau. Napoléon résolut de le devancer à Fossart pour lui couper la retraite. Il donna donc l'ordre au maréchal Victor d'occuper, le 17 février au soir, les ponts de Montereau, qui étaient faiblement gardés. Le maréchal ne se mit en mesure d'obéir que le 18 au matin. Pendant la nuit, un corps de Wurtembergeois s'était établi sur les hauteurs de Surville, en avant de Montereau, de manière à couvrir la ville et les ponts. Quand Napoléon arriva, à deux heures de l'après-midi, par la route de Valence, les Wurtembergeois résistaient encore avec avantage aux attaques du maréchal, dont le gendre, le général Château, venait d'être tué. « Un effort vigoureux, dit M. A. de Vaulabelle, le rend bientôt maître «les hauteurs qui dominent le confluent de la Seine et de l'Yonne. Puis, à l'aide de batteries qu'il y fait établir à mesure qu'arrivent les pièces, il foudroie les masses wurtembergeoises, alors concentrées sur les ponts et dans les rues de Montereau. 11 pointe lui-môme les canons de sa garde et commande les décharges. Le feu de l'artillerie ennemie n'est ni moins vif ni moins meurtrier; les boulets sifflent de tous les côtés ; bon nombre de canonniers sont tués sur leurs pièces; à côté de l'empereur, qui conserve son calme et continue de prodiguer les encouragements et les ordres. Les soldats, auxquels il est mêlé, murmurent de le voir exposer ainsi sa vie : « Allez, mes amis, répond- « il en souriant à ceux qui insistent pour qu'il se retire, le boulet qui « doit me tuer n'est pas encore fondu. »
Au bout de quelques heures d'un feu terrible, l'empereur lance sur le faubourg le plus rapproché un corps de gardes nationaux bretons, arrivés depuis quelques jours, et que commande le général Gérard : le faubourg est emporté. On arrive près des ponts. Le général Pajol s'y précipite à la tête de sa cavalerie, et les enlève avec tant de vigueur et de rapidité que les Wurtembergeois n'ont pas le temps.de faire sauter une seule arche. On les poursuit dans toutes les rues, sur tous les chemins; leurs pertes sont énormes, mais cette journée du 18 février, glorieuse pour nos armes, est une victoire inutile. La résistance des Wurtember-
geois avait atteint son but : pendant la bataille, le gros des forces de Bianchi défilait rapidement à une demi-lieue de là; et, quand nos troupes arrivèrent à Fossart, elles purent apercevoir au loin, sur la route de Sens, les dernières colonnes de ce corps d'armée, dont l'a r ri ère-garde servait de point de ralliement aux fuyards de Montereau.
Vèglise de Montereau appartenait avant la Révolution à un chapitre de chanoines qui n'existe plus. Elle été bâtie à deux époques différentes. Le portail, dont les maisons beaucoup trop rapprochées dérobent entièrement la vue, date de la Renaissance. Il est lourd et disgracieux. On y enclavé une ancienne porte gothique. L'intérieur se compose d'une nef, d'un chœur et de quatre bas côtés. Toute la partie inférieure est du xnr8 s. ; toute la partie supérieure, du xvr8. La voûte manque. On l'a remplacée, en 1812, par un affreux plafond. Au second pilier du chœur, à la hauteur de la frise (et non à la voûte, comme on Ta dit souvent), on remarque une épée suspendue, la pointe tournée vers le sol. Cette épée est en acier et non en bois; elle passe à tort pour avoir appartenu à Jean sans Peur, car elle date du xvne s.
A l'entrée de Montereau, à g., s'élève Vhôpital appelé au-? jourd'hui Asile Napoléon. P ar derrière, se dressent les cheminées de la fabrique de porcelaine opaque, qui occupe les bâtiments de l'ancien couvent des Récollets.
Quand on a franchi les ponts de l'Yonne et de la Seine, reconstruits au siècle dernier, il faut monter sur la colline crayeuse que couronne le château de Surville. De cette colline, transformée actuellement en verger, on découvre une vue très-étendue et trèsbelle sur la ville, lajonction de l'Yonne et de la Seine et le cours de ces rivières.