‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 202 sur 360 · STATION. - TARASCON · texte numérisé non relu

STATION. - TARASCON

9 kil. de Graveson. — 763 kil. de Paris. — loi kil. de Marseille.

Tarascon (hôt. des Empereurs), ch.-l. de c. de 13 489 hab., est situé sur la rive g. du Rhône, en face "de Beaucaire, avec lequel il communique par un pont suspendu. La station est élevée au-dessus de la ville et du Rhône de toute la hauteur du beau viaduc qui traverse le fleuve pour relier le chemin de Marseille à celui de Beaucaire à Nîmes. La ville, d'ordinaire trop calme, ne s'anime qu'à l'époque de la foire de Beaucaire. Ses rues sont bien percées. Celle qui conduit à la place de l'Hôtel-de-Ville et qu'on appelle la rue des Arcades, à cause de ses portiques, offre un aspect pittoresque.

Tarascon, que Ptolémée range parmi les villes des Salycs ou Salyens, était originairement un comptoir des Massaliotes situé dans une île du

DR LYON A MARSEILLE

Rhône, appelée par les anciens Jarnica ou Jovarnica (Jovis-arxin-aqua, la citadelle de Jupiter dans l'eau), aujourd'hui le faubourg Jarnègues.

Les Romains y bâtirent un castrum sur les ruines duque l s'éleva, en 1291, un château que le roi René fit reconstruire entièrement dans les premières années duxv's. ; le pape Urbain II y séjourna en 1096, et les prélats et barons de la province y furent convoqués, en 1146, pour rendre hommage et prêter serment de fidélité à Raymond Bérenger II, comte de Provence.

a Cependant, dit M. de Villeneuve dans sa Statistique des Bouchesdu-Rhôney Tarascon avait conservé le régime municipal dont il jouissait au temps des Romains; les comtes n'y exerçaient que la haute juridiction, et y percevaient des droits de péage et de navigation dont ils exemptèrent les moines de Saint-Victor et de Mont-Majour, » qui y possédaient plusieurs propriétés. Raymond-Bérenger IV s'étant fait céder en 1226 le consulat de la ville, « il arriva bientôt que des empiétements furent faits sur les droits des Tarasconais. Le parti populaire, froissé dans ses intérêts, voulut rompre le traité et courut aux armes, mais on calma les esprits en prenant pour arbitre l'envoyé de l'empereur Frédéric II; celui-ci, accompagné de l'évôque d'Avignon et de Perceval Doria, po lestât de cette ville, rendit le 28 juin 1233 une sentence par laquelle ii ne laissa au comte de Provence que les droits de souveraineté, et il remit la communauté en possession du consulat. »

Après les Cent- Jours, Tarascon prit une part sanglante à la réaction royaliste. « Des assassins, dit M. Amédée Pichot, s'y armèrent de fusils et de pistolets : un de ces hommes qui profitent souvent des troubles civils pour venger d'un seul coup leurs injures personnelles et celles de leur parti, brûla la cervelle à sa victime en plein café; une bande alla dans la campagne égorger un propriétaire venu de Paris, et qui avait été, disait-on, joaillier de la reine, titre traduit légèrement ou à dessein par celui de geôlier de l'infortunée Marie-Antoinette». » Depuis ce temps, jusqu'à la grande inondation du Rhône, en 1856, la ville de Tarascon n'a plus fait parler d'elle.

D'après une ancienne tradition, sainte Marthe, sœur de Marie- Madeleine, serait venue apporter la foi chrétienne dans ce pays alors ravagé par un dragon tellement hideux qu'on l'appelait ordinairement Tarasque, ce qui veut dire laid et difforme. Elle l'exorcisa et le livra au peuple, qui le mit à mort.

Tarascon, en mémoire de sa délivrance par sainte Marthe, cé-

Page 1