‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 205 sur 360 · EXCURSION A SAINT-REMY · texte numérisé non relu

EXCURSION A SAINT-REMY

C'est à la station de Tarascon qu'il faut quitter le chemin de fer, si l'on veut aller visiter les monuments romains de (16 kil.) Saint- Remy. On passe d'abord au hameau de Laurade (50 hab.), puis, au delà du canal du Yigueirat, on traverse les villages de Saint- Étienne du Grès et du Mas -Blanc. A dr., la vue se porte sur la chaîne des Alpines; à g., sur là petite Crau.

Saint-Remy (6348 hab.), ch.-l. de c. des Bouches-du-Rhône, est situé non loin des ruines de l'ancien Glanum. Après la destruction de cette cité gallo-romaine, en 480, les habitants se réfugièrent, les uns, dans les plaines marécageuses de Molléges et de Noves, les autres, à l'endroit où s'élève aujourd'hui Saint- Remy. Ils y bâtirent, sous le vocable de saint Pierre, une église, que saint Remy visita, dit-on, lorsqu'il accompagna Clovis au siège d'Avignon. Au moyen âge, les comtes de Provence y possé-

TARASGON. — SAINT-REM Y. 125

daient un château et un hôtel des monnaies dans un champ encore appelé Tor de la Mounedo, Tour de la Monnaie. Alors la ville était ceinte d'un double rempart percé de trois portes et défendu t par un fossé qui, comblé aujourd'hui, forme le Cours.

Saint-Remy possède une église moderne, bâtie sur une autre plus ancienne, dont l'architecte a conservé le clocher, élevé, en 1330, par le pape Jean XXII, et remarquable par sa solidité et la hauteur de sa flèche. Au milieu d'une vaste place publique s'élève

Arc de triomphe de Saint-Remy, ruines de Glanum.

une fontaine en forme de pyramide. On trouve dans le voisinage de beaux et nombreux vestiges d'aqueducs romains.

Saint-Remy est la patrie de Nostradamus. Sa maison porte cette inscription : SoliDeo. Saint-Remy a vu naître aussi Expilly.

Au pied des Alpines, du côté de PEM se trouve l'ancien prieuré de Saint-Paul de Mausole, ainsi appelé à cause du mausolée romain dont il est peu éloigné (environ 300 mèt.). Cet édifice remarquable est aujourd'hui un asile d'aliénés.

126 DE LYON A MARSEILLE

A 2 kil. N. de Saint-Remy, s'élèvent, dans un site sauvage, sur un plateau d'où l'on découvre une vue magnifique, les ruines de l'antique Glanum. Simple marché d'abord, puis colonie florissante sous les Romains, Glanum, avant sa destruction par les Barbares, avait ses temples, ses aqueducs, et s'étendait, depuis l'entrée du défilé qui conduit à la ville des Baux, jusque sur le plateau où se trouvent, à 13 mèt. de distance l'un de l'autre, le Mausolée et l'Arc de triomphe. Ces deux monuments, assez bien conservés, sont tout ce qui reste de cette ancienne ville.

Le Mausolée s'élève, en forme de pyramide, sur un socle carré, formé de gros blocs de pierre. Il se compose de deux étages ornés de pilastres, de frises et de corniches. Au premier étage, qui est une espèce de portique ouvert de quatre côtés par un nombre pareil d'arcades, les angles sont ornés de pilastres d'ordre corinthien. Sur l'architrave de l'arcade occidentale, se lit l'inscription suivante :

SEX L. M. IVLIEI C F. PARENTIBVS SVEIS....

Cette inscription a été diversement interprétée. Voici la traduction qu'en donne M. Malosse, de la Société des Antiquaires :

Sextus, Lu dus, Muscus, de la race des Jules, ont fait élever ce monument à la gloire de leurs parents*

Aux quatre faces du piédestal sont des bas-reliefs très-frustes. M. Malosse y voit la représentation des victoires de Jules César dans les Gaules. D'après M. Mérimée, au contraire, rien dans les détails de l'ornementation pas plus que dans l'ordonnance générale ne rappellerait l'époque de Jules César ; le bas-relief du midi représenterait une chasse; celui du levant, le Combat des Amazones ; celui du couchant, la Mort de Patrocîe ; celui du nord, un Combat de cavalerie. Au-dessus du piédestal règne une lourde guirlande soutenue par trois génies grotesques. Au deuxième étage, dans la frise, on remarque des groupes de tritons et de chevaux marins, aux ailes de chauve-souris. Sous la coupole qui couronne le Mausolée, s'élèvent deux petites statues drapées, mais décapitées. On met ce vol artistique sur le compte d'un Anglais.

Page 1