ARLES. — DESCRIPTION
42e STATION. - ARLES.
21 kil. des Ségonnaux. — 278 kil. de Lyon. — 790 kil. de Paris.
74 kil de Marseille.
Situation.— Aspect général.
Arles (hôt. : du Forum et du Nord, sur la place des Hommes ; tous deux recommcmdables. On peut visiter dans l'hôtel du Nord des souterrains désignés sous le nom de Catacombes, et qui sont très-curieux.— Libraires : Paulin Février, Martin), Arelas ou Arelate, ch.-l. d'arr. du département des Bouches-du-Rhône, V. d-j 25 543 hab., est située à 32 mèt. d'altitude, sur un plateau rocheux, qui, d'un accès facile au nord, à l'ouest et au midi, mais escarpé du côté de l'est, domine la rive gauche du Rhône, un peu au-dessous de l'angle du delta de la Camargue. Jadis, ce plateau et les collines qui l'environnent, baignés par la mer, formaient une lie appelée Moleirès. Le Rhône coulait plus à l'ouest, par les marais de Bellegarde, passait à Saint-Gilles, et se jetait dans la mer aux environs d'Aigues-Mortes.
Une belle avenue, plantée de tilleuls, conduit de la station à la porte de la Cavalerie. Arles a conservé une partie de ses vieux remparts, dont le circuit embrassait une superficie de 78 hect. Ses rues, pavées en cailloux roulés de la Crau, assez rudes pour les étrangers, sont étroites et tortueuses. Une machine hydraulique fournit aux habitants les eaux du Rhône, distribuées par des bornes- fontaines. Un port a été créé sur le Rhône. Les quais, pavés en dalles, sont larges et animés. Les faubourgs sont au nombre de quatre; le plus considérable et le plus ancien est celui de Trinquetaille (V. plus bas); les autres, nouvellement construits, sont situés : celui du Temple, en dehors de la porte de la Cavalerie ; celui des Alyscamps, peu considérable, à Test ; il occupe en partie l'emplacement de l'ancienne nécropole d'Arles; et celui des Carmes, au sud-ouest, entre le port du canal de navigation et la promenade de la ville. Arles n'a que trois places : la place Royale, autour de laquelle s'élèvent l'hôtel de ville, l'ancien archevêché, le musée et la façade de l'église Saint- Trophime (elle sert de marché, de promenade l'hiver, et quelquefois de cirque pour les courses de taureaux); au nord le
DE LYON A MARSEILLE
Plan de la Cour, place plus petite en forme de parallélogramme, où se dresse la façade nord de l'hôtel de ville, et qui sert de promenoir en été; et la place des Hommes, entourée d'hôtels et de cafés, la plus fréquentée en toute saison.
c Je n'ai point rencontré dans mes courses, disait, il y a quelques années, Chateaubriand, de site qui m'ait plus tenté pour mourir que le site d'Arles. » Rien, en effet, ne rappelle mieux la campagne romaine. Par un rare privilège, la Rome gauloise a conservé le prestige de ses anciens jours. C'est à la fois la ville des ruines et « des beautés vivantes. »
Ce qui frappe surtout les regards de l'étranger, dans la ville d'Arles, « ce qui le captive, c'est, dit M. Jules Canonge, la beauté des femmes.... Il n'est pas rare d'y rencontrer les trois types grec, romain et sarrasin, dans leur pureté originelle.... Les analogies physiques sont rendues encore plus manifestes par l'analogie dans le caractère : délicate et rieuse comme l'hétaïre grecque, capable de grandes pensées et de dévouements héroïques comme la forte Romaine ,'1'Arlésienne a la grâce coquette de l'Espagnole...; elle aime les fleurs, raffole des parfums; la poésie ne lui est point étrangère ; le bruit la charme, le mouvement l'enivre; elle se plait aux promenades, recherche les fêtes, court aux bals, aux sérénades1. »
Chapelle et Bachaumont parlent des mouches qui couvraient le visage des Arlésiennes, qu'ils admirèrent à la promenade sur la Lice. M. de Stendhal trouve que la renommée n'est qu'équitable quand elle célèbre leur beauté. D'autres ont vanté leur coquetterie, leurs yeux bleus « comme le ciel d'Orient, » ou noirs « comme l'aile du corbeau ; » la sonorité de leur accent, leur bras qui se replie « comme l'anse d'une amphore ; » leur taille élégante, leur pied mignon et leur costume pittoresque. Avant la Révolution, ce costume ressemblait à celui des dames romaines au temps des Goths. Depuis , il a subi l'invasion des modes de Paris. Aujourd'hui, les Arlésiennes ne portent plus le chapeau plat, incliné sur Poreille, ni le drolet, à larges basques flottantes, mais un justaucorps très-court d'une étoffe noire sur un jupon
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