‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 209 sur 360 · ARLES. — LES ALYSCAMPS · texte numérisé non relu

ARLES. — LES ALYSCAMPS

donnés, et les Arlésiens eux-mêmes commencèrent à dépouiller leur nécropole de ses tombeaux antiques pour en faire présent à des princes ou à des villes. Charles IX en fit charger plusieurs navires qui sombrèrent dans le Rhône au pont Saint-Esprit. A Rome, le musée Barberini s'enrichit de plusieurs sarcophages de marbre tirés des Alyscamps ; Lyon eut celui de Servilius Marcianus ; et Marseille, ceux de Flavius Memorius et de Caecilia Aprula.

Aujourd'hui, ce n'est plus qu'un champ de dévastation : la voie ferrée en sillonne une partie et y a étendu ses ateliers , la colline des Moleirès a été aplanie, l'église de Saint-Pierre est convertie en ferme, celle de Saint-Honorat est encore inachevée. Bien plus, les sarcophages qui, en 1847, demeuraient épars çà et là, ont été enlevés et placés le long de la promenade qui conduit aux ruines de cette vieille basilique. Ainsi, Arles, comme Rome, a sa voie sacrée. A l'entrée, on remarque le tombeau des consuls d'Arles, morts de la peste en 1720. Plus loin, se trouvent les chapelles de la Genouillade ej de Saint- Accur se, et l'oratoire funéraire de la famille des Porcelets.

Bien des poètes, entre autres Dante et Arioste, ont célébré la nécropole d'Arles « où dorment du dernier sommeil les compagnons de Roland, de pieux évôques, et des morts moins illustres, dont quelques-uns, ajoute M. Amédée Pichot, avaient usurpé les sarcophages vides des païens, en traduisant le D. M. diis ifanibus de leurs inscriptions polythéistes, par le Deo Maximo du culte d'un seul Dieu, ou en sculptant sur le marbre de l'artiste romain le monogramme du Christ, la vigne, le poisson, l'arche, la colombe et les autres symboles de la primitive Église. »

A l'E. de la ville subsiste une ligne de remparts antiques, mais cette ancienne enceinte de la ville d'Arles a subi tant de changements depuis les Romains, qu'on y retrouve à peine quelques fragments de l'époque primitive. Toutefois on y voit encore un reste de porte romaine, flanquée de deux tours en ruine, par

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