‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 211 sur 360 · ARLES. — ÉDIFICES PUBLICS · texte numérisé non relu

ARLES. — ÉDIFICES PUBLICS

626, par saint Virgile, sous le vocable de saint Étienne, puis, en 1152, sous celui de saint Trophime, dont le corps y fut transféré de Saint-Honorat. Agrandie en 1430, elle subit, au xvne s., plusieurs changements dans le style grec. Sa forme est celle d'une basilique ; les arceaux, les pilastres, les ornements appartiennent au style roman, la nef au style de transition, tandis que l'abside et le chœur datent de la dernière période gothique.

La place Royale, l'église Saint-Trophime, l'Obélisque, l'hôtel de ville d'Arles.

Saint-Trophime a 80 mèt. de longueur sur 30 de large; la voûte s'élève à 20 mèt. et le clocher en mesure 42; la superficie totale de l'édifice comprend 2400 mèt. carrés.

On remarque surtout le grand portail, une des plus belles œuvres de l'art duxne s.; précédé d'un escalier de dix marches en pierre, il est couronné par un fronton surbaissé, dont les deux côtés reposent sur une corniche soutenue, d'espace en espace, par des consoles représentant des figures allégoriques ou des feuil-

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lages. A droite et à gauche du portail s'élèvent six colonnes aux chapiteaux variés, soutenues par des têtes de lion; elles forment cinq niches : deux sur le fronton, deux autres sur chaque côté rentrant, et une à l'angle. Dans celle-ci, l'artiste a sculpté la figure de saint Trophime ; dans les autres, celles des apôtres vêtus de longues robes. Une colonne de granit antique partage, dans sa largeur, la porte principale, profondément enfoncée sous une magnifique arcade à plein cintre, que supporte une colonnade portant sur un stylobate très-élevé. Sur la voûte est sculpté un immense drame religieux où, comme dans les conceptions du Dante, l'horrible et le grotesque se touchent dans une représentation animée du symbolisme chrétien tout entier.

L'intérieur de l'église est loin de répondre à la richesse du portail; c'est une construction du xir3 s., gâtée par des remaniements postérieurs. A dr., en entrant, on remarque une belle Assomption de la Vierge, en marbre blanc, à moitié ruinée, une Lapidation de saint Etienne, du peintre belge Finsonius, sur l'autel Saint-Jean, et, dans la chapelle des rois Mages, un retable peint par le même. A g., en entrant, sont les fonts baptismaux, tombeau gothique extrait des Alyscamps, surmonté de deux colonnes antiques de basalte noir. Au-dessus est une Descente de Croix. On voit encore à Saint-Trophime une chaire composée de plusieurs fragments de marbre antique, derrière laquelle est un tableau représentant un synode épiscopal qui juge un évôque simoniaque, et provenant de la salle capitulaire de Notre-Dame la Major. Au sommet de l'arceau du sanctuaire, on remarque une grande et belle fresque de Visconti de Milan, qui représente saint Trophime préchant l'Évangile dans l'amphithéâtre et abolissant les sacrifices humains; dans la chapelle de la Vierge, une belle statue de Notre-Dame de Grâce des Alyscamps, œuvre d'un sculpteur génois; dans celle du Saint-Sépulcre, un Christ au tombeau, scène grandiose composée de dix personnages. Nous signalerons, enfin, un grand nombre de tombeaux sculptés, entre autres ceux du chevalier de Lorraine et du cardinal Alleman, et plusieurs tombeaux chrétiens des premiers siècles.

Un escalier, qui s'ouvre du côté de la sacrislie, conduit au

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